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Expresso

FR: Vonlanthen et la responsabilité des multinationales

En 2017, le conseiller aux Etats fribourgeois Beat Vonlanthen se prononçait pour un contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables. Mais ces dernières s’y opposent comme à l’initiative, craignant que le peuple préfère l’original à la copie. En mars 2019, le Conseil national adopte un contre-projet. Vonlanthen le combat aux Etats: il préside l’Association suisse des cimentiers dont l’un des principaux membres est la multinationale Lafarge Holcim. | Michel Rey

Mozambique: la Suisse tous azimuts

L’ambassadeur de Suisse au Mozambique a contribué de manière déterminante à la fin de la guerre civile dans ce pays.

Credit Suisse et une banque russe avaient accordé un crédit de 2 milliards de dollars à ce même pays, dont on sait qu’une partie a servi à financer l’achat d’armes pour la poursuite de cette guerre (DP 2145). | Jean-Daniel Delley

Médicaments: quels coûts justifient ces prix?

Les prix des nouveaux médicaments, notamment ceux issus de la biogénétique, atteignent des sommets: des centaines de milliers, voire des millions de francs. Pour leur défense, les entreprises pharmaceutiques évoquent la grande efficacité de ces nouveaux produits et la nécessité de financer la recherche.

Depuis des années, les dépenses de recherche de Novartis, par exemple, stagnent aux environ de 9 milliards de dollars. Par contre celles du marketing et de la distribution ne cessent d’augmenter, actuellement à plus de 12 milliards. | Jean-Daniel Delley

L’indécence de Sergio Ermotti

«La grande gueule de la nation», titrait la Wochenzeitung le 8 août. C’est de Sergio Ermotti, patron d’UBS, qu’il s’agit. Un homme qui ne cesse d’exiger moins de réglementation bancaire et des allégements fiscaux. Et qui évoquait il y a deux ans le départ d’UBS sous des cieux plus cléments.

Infosperber cite cette information du Fonds monétaire international: parce que les grandes banques suisses bénéficient de facto d’une garantie de l’Etat (too big to fail), elles peuvent se financer à des taux préférentiels. Un avantage estimé à 26,7 milliards de francs pour les années 2011/2012. | Jean-Daniel Delley

Détonante Fête des vignerons

Une fois par génération, des milliers de figurantes et figurants célèbrent à travers chants, danses et musiques les métiers de la vigne. Une fête populaire dont nous aurions aimé profiter au-delà du spectacle.

Mais quelle violence nous arrache à cette beauté durant plus d’une heure? Des avions militaires venus faire leurs cabrioles à 110 décibels au-dessus de nos têtes. De quoi faire fuir celles et ceux ne souhaitant pas associer la beauté du spectacle à des simulations de guerre. | François-Xavier Viallon

Quand le législateur ne se préoccupe pas des effets de ses décisions

La révision de la loi sur les prestations complémentaires (PC) a prévu à juste titre d’augmenter l’allocation logement. Mais elle a également réduit le montant de cette allocation pour les concubins et les colocataires, égalité de traitement avec les couples mariés oblige. Cette réduction va obliger nombre de bénéficiaires de PC en colocation à chercher un logement individuel ou une place dans un établissement de soins, ce qui leur donnera droit à une allocation plus élevée.

L’économie attendue de 7 millions se transforme en une dépense supplémentaire qui pourrait atteindre 50 millions de francs. | Jean-Daniel Delley

Une politique fiscalo-sociale pour les riches

Le Parlement a porté à 25’000 francs au maximum la déduction sur le revenu pour frais de garde des enfants. Or l’on sait que les déductions fiscales profitent d’abord aux revenus élevés, comme l’a montré Bernard Dafflon dans son ouvrage Panorama des impôts en Suisse (chap. 3). Car ces derniers sont plus à même de cumuler les déductions (frais professionnels, épargne, prévoyance…) et ces déductions cassent la progressivité du taux d’imposition. | Jean-Daniel Delley

SSR: le coût du fédéralisme

Dans le cadre de son programme d’économies, la SSR veut centraliser ses sites de production. Le Conseil national s’y oppose au nom du fédéralisme. Or la SSR est contrainte de faire des économies puisque les autorités ont plafonné ses ressources – baisse de la redevance, interdiction de la publicité en ligne. Les parlementaires n’ont pas compris que le fédéralisme a un coût. | Jean-Daniel Delley

L’angle mort du 2e pilier

Le faible niveau des taux d’intérêt et l’augmentation de l’espérance de vie exigent une réforme du 2e pilier. Les voix ne manquent pas qui proposent une réduction des rentes et une élévation de l’âge de la retraite.

Rudolf Strahm, un analyste vigilant et critique du dossier, rappelle que la gestion de fortune et l’administration des caisses de pension engloutissent chaque année plus de 5 milliards de francs, soit un franc sur sept versés aux rentiers. La crédibilité d’une prochaine réforme dépendra de la volonté politique de réduire ce fromage. | Jean-Daniel Delley

Médicaments en deshérence

Des centaines de médicaments et vaccins ne sont plus disponibles. Leur production est concentrée dans un petit nombre d’usines, souvent dans le tiers-monde, ce qui fragilise la sécurité de l’approvisionnement. Ils sont anciens et plus couverts par des brevets, donc bon marché. Ils n’intéressent plus l’industrie pharmaceutique qui préfère développer des médicaments contre les maladies rares et les cancers, plus profitables.

Va-t-on longtemps encore laisser le coût de la santé exploser du fait de géants soucieux surtout de satisfaire leurs actionnaires? | Jean-Daniel Delley

Pas de récession pour les agios

Les réserves d’agios affichent une croissance insolente. On le savait (DP 2211), c’est désormais confirmé: en l’espace de 8 ans, leur montant a largement triplé pour atteindre la somme astronomique de 1’411 milliards de francs! Les dividendes exonérés d’impôt ont encore de beaux jours devant eux, les limitations introduites par la RFFA ayant tout du cataplasme sur une jambe de bois. Il faut désormais multiplier par six les pertes fiscales chiffrées en 2012 (DP 1949)… | Danielle Axelroud Buchmann

Mixité parlementaire

Lors de leur dernière séance, en pleine année féministe, les membres de la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats (douze hommes et une femme) ont décidé par 6 voix contre 5 et une abstention de renoncer au seuil de représentation des sexes au sein des directions des sociétés cotées en bourse.

Ces messieurs sont-ils si certains d’être réélus? Gageons que nombreux seront les bulletins portant exclusivement le nom de femmes cet automne, lorsqu’il s’agira d’élire nos représentants aux Chambres… | Danielle Axelroud Buchmann

La Suisse au Parlement européen

Deux millions de ressortissants l’Union européenne vivent en Suisse. 1,7 million d’entre eux disposent du droit de vote et pourront désigner leurs représentants au Parlement européen en mai prochain.

La Suisse préfère rester à l’écart de l’Europe. Mais cette dernière est bien présente en Suisse. En quelque sorte, nous sommes Européens par procuration. | Jean-Daniel Delley

Relance: comme je dis, pas comme je fais

La conjoncture va ralentir. Tous les pronostics vont dans ce sens. C’est aussi le cas en Allemagne, généralement considérée comme le «moteur» des économies européennes, Suisse comprise. Partant de ce constat, Serge Ledermann écrit dans Le Temps: «L’Allemagne doit donc utiliser sa marge de manœuvre fiscale pour relancer sa machine économique en investissant dans des secteurs modernes et prometteurs.»

Pas la moindre allusion à la possibilité pour la Suisse d’en faire autant, elle qui dispose d’une marge de manœuvre fiscale encore plus importante… | Jean-Pierre Ghelfi

Schizophrénie parlementaire

Le Parlement se montre toujours très vigilant en matière de dépenses. Au cours de la présente session, il a raboté les prestations d’invalidité, en particulier celles des enfants, et durci les conditions d’octroi des prestations complémentaires.

Mais lorsqu’il s’agit d’infrastructures, la dépense ne lui fait plus peur. Pour le rail et la route, il a ajouté plusieurs centaines de millions aux demandes du gouvernement. | Jean-Daniel Delley

Marketing cantonal

La démographie vaudoise explose, mais le canton conserve son identité. Preuve en est sa 800’000e habitante, née le 28 décembre 2018, qui porte le double nom de famille de Matthey-Junod (24 Heures du 14.02.2019).

Saluons la performance des responsables cantonaux chargés d’enregistrer les statistiques démographiques de 309 communes vaudoises qui ont identifié une «vraie Vaudoise» pour marquer cette étape! | Michel Rey

Ces honnêtes contribuables suisses

«Les contribuables sont honnêtes et déclarent leurs revenus et leur fortune» déclarait le conseiller fédéral Maurer pour justifier le maintien du secret bancaire pour les résidents helvétiques.

A l’occasion de l’entrée en vigueur de l’échange automatique d’informations avec les fiscs étrangers, les contribuables suisses ont pu dénoncer leur «oubli» sans risquer de payer une amende. En 2018, près de 40’000 d’entre eux ont annoncé une fortune non déclarée qui avoisine les 10 milliards de francs. Depuis 2010, entre 100’000 et 150’000 personnes ont admis avoir caché au fisc une fortune totale de 40 à 50 milliards (NZZ). | Jean-Daniel Delley

Genevoiserie au cube

Le Grand Conseil genevois a réussi le tour de force d’adopter simultanément deux révisions de la loi sur la caisse de prévoyance du personnel de l’Etat. L’une prévoit le passage à la primauté des cotisations, l’autre maintient la primauté des prestations.

La gauche lance le référendum contre la première, alors que la droite attaque la seconde. Ne reste plus au peuple qu’à accepter les deux textes pour couronner cette confusion. | Jean-Daniel Delley

Parmelin ne sera pas le petit père des paysans

Le 14 décembre, l’hebdomadaire Agri jubile et titre sans hésitation: Guy Parmelin, le ministre providentiel des paysans. Le lendemain, le maître agriculteur de formation met les choses au point dans 24 Heures: «Je ne pourrai pas répondre à toutes les attentes. […] Ce que veulent surtout les agriculteurs, c’est de la stabilité. […] Ils ne sont pas contre le libre-échange, mais ils veulent savoir à quelle sauce ils seront mangés.» Les voilà prévenus: Parmelin n’est pas vegan. | Yvette Jaggi

Priorités budgétaires

Dans le cadre du débat budgétaire, l’Office fédéral du sport obtient 3 millions supplémentaires pour l’organisation des championnats du monde cycliste sur route à Martigny et Aigle en 2020.

L’Office fédéral de l’agriculture, lui, se voit refuser un supplément de 546’300 francs pour contrôler davantage de produits phytosanitaires à risque pour les eaux. Et le Conseil national retire 2 millions au Contrôle fédéral des finances, jugé peut-être trop curieux.

Rappel. L’excédent budgétaire prévu tourne autour de 1.2 milliard de francs. | Jean-Daniel Delley

Coup d’arrêt au moins-disant fiscal?

Les citoyens bernois ont refusé une baisse de la taxation du bénéfice des entreprises. Le projet aurait conduit à une baisse des rentrées fiscales d’environ 100 millions par année. Motif de cette proposition: rester compétitif face aux cantons qui ont réduit le taux d’imposition des entreprises ces dernières années.

Ce coup d’arrêt bernois devrait être l’occasion pour les cantons de cesser cette course suicidaire au moins-disant fiscal et de mettre en pratique cette solidarité confédérale si souvent proclamée. | Jean-Daniel Delley

Recherches bénéfiques

Les offres de thérapies pour maladies rares se multiplient, mais à des prix exorbitants. Raison invoquée par l’industrie pharmaceutique: les coûts élevés de recherche et développement pour un faible nombre de bénéficiaires. Raison effective: le déplafonnement des prix autorisé par les organes de contrôle officiels, de manière à inciter les pharmas à développer ce type de produits.

Dans le même temps, elles cessent de produire des vaccins et négligent la recherche de nouveaux antibiotiques, secteurs de bien moindre rentabilité. | Jean-Daniel Delley

Sainte-Croix et ses musées

Marie-Thérèse est au nombre des lectrices et lecteurs qui ont immédiatement identifié notre «petite ville dans la montagne» (DP 2217). Celle-ci compte deux musées qui montrent non seulement ces poupées articulées qui jouent de la musique et qu’on appelle des automates, mais aussi des androïdes contemporains signés François Junod. Sainte-Croix se bat pour trouver deux millions afin de racheter le Musée Baud sis à L’Auberson, et rassembler toute cette collection extraordinaire. | Charlotte Robert

L’économiste le plus influent de Suisse travaille outre-Sarine

Inspirateur de l’économie du comportement, Ernst Fehr, professeur à l’Université de Zurich, vient d’être, pour la cinquième année consécutive, proclamé l’économiste le plus influent de Suisse, selon un classement international des pays germanophones dont la méthode d’établissement fait autorité. Les résultats détaillés paraissent dans la NZZ. Qui envoie les économistes romands et tessinois se mesurer à leurs collègues français et italiens censés ne pas les oublier. | Yvette Jaggi

Logique agricole

Sécheresse et canicule touchent sévèrement les agriculteurs, qui appellent à l’aide les pouvoirs publics. Pourtant le changement climatique ne tombe pas du ciel. Les paysans y contribuent également. Dans le cadre de la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’agriculture ne remplit pas les objectifs qui lui ont été fixés. Méfiante à l’égard des mesures de protection de l’environnement et confiante dans une UDC qui combat systématiquement ces mesures, va-t-elle enfin prendre conscience de ses intérêts? | Jean-Daniel Delley

Roger Köppel, sélectionneur raté

Le rédacteur en chef de la Weltwoche et conseiller national UDC cultive méchanceté et étroitesse d’esprit. Dernier exemple en date, son appréciation de l’équipe suisse de football, la Nati: «Une troupe expérimentée de mercenaires étrangers, pour l’essentiel originaires des Balkans, complétée par quelques Africains naturalisés», le résultat de «la non-utilisation de la préférence nationale dans le football». Or c’est précisément sa capacité d’intégration qui fait la force de la Suisse. «Qualité suisse», s’auto-qualifie l’UDC. Qualité périmée et qui sent le moisi. | Jean-Daniel Delley

Monnaie pleine: l’Anglais vote pour Winkelried

Donc Martin Wolf, chroniqueur réputé du Financial Times, espère que les Suisses vont approuver l’initiative «Vollgeld»: c’est une expérience qui vaut d’être tentée, il faut bien que quelqu’un prenne le risque, écrit-il. On a envie de lui répondre: «Messieurs les Anglais, tirez les premiers!» | Jean-Pierre Ghelfi

Novartis et l’avocat de Trump

Le CEO de Novartis, Vasant Narasimhan, l’a admis. Le mandat de 1,2 million de dollars donné à Michael Cohen, l’avocat personnel de Donald Trump, était une «erreur». Il n’a pas éclairé le géant bâlois sur les intentions de Donald Trump en matière de politique de santé.

Un jour plus tard, la Maison Blanche a confirmé l’interdiction faite à Medicare, la plus grande assurance-maladie des Etats-Unis, de négocier des baisses de prix pour les médicaments avec les entreprises pharmaceutiques. Novartis pourra donc rapidement éponger les frais de ce contrat malvenu. | Jean-Daniel Delley

Antinomies économiques

L’école économique autrichienne est doublement en vue ce dimanche 29 avril. Avec un compte-rendu de la conférence sur cette «économie politique de la liberté» donnée à la Ligue vaudoise. Avec aussi la chronique hebdomadaire de Beat Kappeler, ancien secrétaire central de l’USS, qui célèbre la théorie de l’utilité marginale et l’esprit d’initiative de l’entrepreneur comme seules réponses pertinentes à Karl Marx. D’analyses économiques certes valables, l’auteur du Capital aurait tiré des conclusions qui ont égaré ses partisans. | Yvette Jaggi

Quand le deuxième pilier s’effrite

La société d’assurance Axa renonce à offrir la prévoyance professionnelle complète. Dès 2019, elle ne garantira plus les rentes vieillesse – branche devenue difficile à rentabiliser – mais seulement des prestations en cas de décès ou d’invalidité. Les risques liés au placement des capitaux de la caisse de pension collective seront transférés à des fondations distinctes, selon des modalités qui seront proposées aux 40’000 PME concernées pour la gestion d’un capital-rentes de 31 milliards de francs.

La décision d’Axa, qui n’est pas la première du genre, a été prise en France et rendue publique peu après la suppression du nom de Winterthour dans la raison sociale. | Yvette Jaggi

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