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Expresso

Credit Suisse, balayez devant votre porte

Sur une pleine page publicitaire dans la presse quotidienne, Credit Suisse s’oppose à l’initiative «Entreprises responsables». La banque prétend notamment que l’avalanche d’actions en justice qui guette les entreprises porterait atteinte à «la réputation de la place économique suisse».

Et vous Credit Suisse, qui persistez à financer l’extraction des combustibles fossiles, qui ne cessez de payer des amendes pour des actes délictueux, qui prêtez les yeux fermés et illégalement au Mozambique (DP 2145), vous souciez-vous de la réputation d’un pays dont vous empruntez le nom ?

Faut-il que les opposants à l’initiative soient aux abois pour faire appel à un soutien aussi douteux.| Jean-Daniel Delley 

Quand les femmes deviennent utiles à l’économie

«L’économie suisse dit NON à l’initiative inefficace Entreprises responsables». Avec ce texte, la publicité affiche le portrait de 18 personnes, dirigeantes ou cadres d’entreprises, parmi lesquelles 8 femmes. On pourrait donc penser que les femmes occupent près de la moitié des postes de direction dans l’économie helvétique, relève Infosperber.

Pas encore et de loin, hélas. Mais comme les sondages indiquent qu’une forte majorité des citoyennes soutiennent cette initiative, les opposants – pour la plupart réfractaires aux quotas – ciblent la gent féminine, y compris en truquant visuellement la réalité.  | Jean-Daniel-Delley

Néo-colonialisme, vraiment ?

Les conseillères nationales Isabelle Chevalley (Verte libérale) et Elisabeth Schneider (PDC) voient dans l’initiative populaire «Entreprises responsables» une manifestation de néo-colonialisme. La Suisse s’arrogerait le rôle de policier de la planète.

Une critique pour le moins surprenante qui occulte le vrai néo-colonialisme: celui des multinationales qui soudoient les autorités locales, malmènent les populations et détruisent l’environnement.  | Jean-Daniel Delley

Slalom politique

Les organisations économiques et les partis bourgeois vont freiner la Politique agricole 22+ qui déplaît aux paysans. Ils ont déjà soutenu une augmentation du budget de l’agriculture alors qu’ils ne cessent de prôner une libéralisation du secteur. 

En contrepartie, l’USP baisse le ton sur les accords de libre-échange qui vont notamment faciliter l’importation d’huile de palme, concurrente directe de l’huile de colza indigène. Et, elle s’associe à la campagne contre l’initiative Multinationales responsables, alors qu’habituellement elle ne prend pas position sur les objets qui ne la concernent pas directement. Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné. | Jean-Daniel Delley

Un combat contre des moulins à vent

Ainsi donc les «Amis de la Constitution» lancent le référendum contre la loi Covid. Déclarée urgente, cette loi perdra automatiquement sa validité au 31 décembre 2021. Si les référendaires réussissent leur opération, la loi Covid sera abrogée un an après sa promulgation soit le 27 septembre 2021. Ils peuvent donc espérer raccourcir de trois mois la durée de vie de ce texte qu’ils abhorrent. Mais suivant l’évolution de la pandémie, le Conseil fédéral sera en droit de renouveler ses mesures «liberticides» en s’appuyant sur la loi sur les épidémies. | Jean-Daniel Delley

Blanchiment, no problem?

Plaidant devant leurs pairs, Vincent Maître et Christian Lüscher, tous deux avocats, ont obtenu du Conseil national le refus d’entrer en matière sur un renforcement de la loi sur le blanchiment d’argent (DP 2296). Dans ce dossier, ont-ils plaidé, la Suisse fait montre d’un comportement exemplaire.

Depuis, le responsable démissionnaire du Bureau de communication en matière de blanchiment a dénoncé les dysfonctionnements du contrôle. Et l’autorité de surveillance des marchés financiers avertit : la version adoptée récemment par le Conseil des États viderait le système de contrôle de sa substance.

De quoi faire revenir le parlement à la raison? Jean-Daniel Delley

Migros et Coop font impression commune

Outre les quotidiens romands du groupe Tamedia auquel il appartient, le Centre d’Impression de Lausanne (CIL) produit l’édition française des hebdomadaires Migros Magazine (504 700 exemplaires) et Coopération (623 441 exemplaires). De plus, dès ce vendredi 21 août, Coop s’offre un encart hebdomadaire dans 20 minutes, également imprimé par le CIL. Opération analogue en allemand par le CI de Zurich. En clair: Coop et Migros, les deux premiers détaillants, éditeurs et annonceurs de Suisse, se retrouvent clients du principal imprimeur de journaux du pays. Une situation qui met en cause la liberté de la presse. | Yvette Jaggi

Cacophonie statistique

Dans un premier temps, l’Office fédéral de la santé publique annonce que les sorties en boîtes de nuit portent la principale responsabilité de la contamination par la Covid-19. Erreur rectifiée ensuite: non, c’est d’abord l’environnement familial qui est en cause. Les médias relaient l’information sans prêter attention au fait que l’origine de 40 % des cas reste inconnue. Et qu’une contamination constatée dans le cadre familial peut très bien être due à la fréquentation d’une boîte de nuit. | Jean-Daniel Delley

A celui qui a, on donnera encore

L’automne passé, le parlement a fait passer la déduction fiscale par enfant de 6 500 à 10 000 francs, contre l’avis du Conseil fédéral. Aujourd’hui, toujours contre l’avis du gouvernement, il augmente le plafond des versements au 3e pilier déductibles du revenu imposable.
Ces deux décisions profitent d’abord aux revenus élevés, comme l’a rappelé en vain le Conseil fédéral.  | Jean-Daniel Delley

Faux calcul

Le conseiller aux Etats zurichois Ruedi Noser (PLR) a trouvé l’œuf de Colomb. Pour assurer le financement futur de l’AVS, il suffirait de fixer à 67 ans l’âge de la retraite pour les hommes et les femmes. En compensation, les salariés obtiendraient deux semaines de vacances supplémentaires, un bonus correspondant aux deux ou trois années de prolongation du travail.

L’idée ne manque pas d’attrait pour autant qu’elle s’applique à l’ensemble des personnes salariées. Rendez-vous donc dans 45 ans pour voir ce système pleinement fonctionner. Car il ne devrait pas être question d’une retraite à 67 ans avant d’avoir bénéficié de ce bonus durant au moins ce nombre d’années…  | Jean-Daniel Delley

De l’art d’exploiter une crise

Les géants de l’industrie du tabac ont trouvé une nouvelle occasion de défendre leur business. Une étude méthodologiquement peu solide, dont l’auteur principal a eu par le passé des liens étroit avec RJ Reynolds et Philip Morris International, conclut que des fumeurs actifs pourraient être protégés d’une infection symptomatique du covid-19. Par ailleurs le don de dispositifs respiratoires de la part d’une industrie responsable de nombreux troubles pulmonaires est particulièrement cocasse.| Rédaction

Climat: BNS insouciante

La Suisse ne doit pas trop craindre le changement climatique. Eloigné des océans et dépourvu d’industries lourdes, notre pays a su bien assurer son capital matériel et les banques établir des centres de calcul redondants. Les risques pour l’économie et le système financier sont donc modérés, voire faibles, estime la Banque nationale.

Cette appréciation confirme la myopie de nos banquiers centraux qui persistent à investir dans les énergies fossiles. | Jean-Daniel Delley

Quand Tamedia protège ses profits du covid-19

Plus préoccupé de préserver sa confortable marge bénéficiaire que de solidarité, Tamedia décrète le chômage partiel et en appelle à l’argent public. Signez ici l’appel lancé par des personnalités des médias et de la politique à Pietro Supino, président du Conseil d’administration du Groupe TX. | Rédaction

Credit Suisse, une banque aux pieds d’argile

«Tidjane Thiam laisse Credit Suisse sur de bonnes fondations» titre Agefi. Comme la plupart des commentateurs, le journal économique n’observe la réalité que par le petit bout de la lorgnette: chiffre d’affaires, bénéfice… En fait, le patron poussé dehors n’a rien entrepris pour réduire les activités de sa banque dans les énergies fossiles. Pas plus qu’il n’a reconnu les erreurs majeures de la banque dans l’octroi de crédits au Mozambique (DP 2017).

Bref, les fondations de Credit Suisse n’ont rien de solides face aux défis du réchauffement climatique et de la pauvreté des pays du tiers-monde. | Jean-Daniel Delley

Armes: éthique étique

Le Conseil fédéral rejette l’initiative populaire visant à interdire le financement des fabricants d’armes. Une initiative qui notamment aurait des répercussions négatives pour la Banque nationale, les caisses de pension, la place financière et industrielle suisse, puisqu’elle restreindrait les possibilités de placements.

L’éthique d’accord, mais à condition qu’elle ne coûte rien. | Jean-Daniel Delley

Le canton du Valais sait ce qu’est une PME, chic!

Il impose plus légèrement les sociétés dont le bénéfice n’excède pas 250’000 francs: 11,89% au lieu de 12,66%. Pour les favoriser, il aurait aussi pu augmenter le taux de celles qui enregistrent un bénéfice supérieur. | Danielle Axelroud Buchmann

FR: Vonlanthen et la responsabilité des multinationales

En 2017, le conseiller aux Etats fribourgeois Beat Vonlanthen se prononçait pour un contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables. Mais ces dernières s’y opposent comme à l’initiative, craignant que le peuple préfère l’original à la copie. En mars 2019, le Conseil national adopte un contre-projet. Vonlanthen le combat aux Etats: il préside l’Association suisse des cimentiers dont l’un des principaux membres est la multinationale Lafarge Holcim. | Michel Rey

Mozambique: la Suisse tous azimuts

L’ambassadeur de Suisse au Mozambique a contribué de manière déterminante à la fin de la guerre civile dans ce pays.

Credit Suisse et une banque russe avaient accordé un crédit de 2 milliards de dollars à ce même pays, dont on sait qu’une partie a servi à financer l’achat d’armes pour la poursuite de cette guerre (DP 2145). | Jean-Daniel Delley

Médicaments: quels coûts justifient ces prix?

Les prix des nouveaux médicaments, notamment ceux issus de la biogénétique, atteignent des sommets: des centaines de milliers, voire des millions de francs. Pour leur défense, les entreprises pharmaceutiques évoquent la grande efficacité de ces nouveaux produits et la nécessité de financer la recherche.

Depuis des années, les dépenses de recherche de Novartis, par exemple, stagnent aux environ de 9 milliards de dollars. Par contre celles du marketing et de la distribution ne cessent d’augmenter, actuellement à plus de 12 milliards. | Jean-Daniel Delley

L’indécence de Sergio Ermotti

«La grande gueule de la nation», titrait la Wochenzeitung le 8 août. C’est de Sergio Ermotti, patron d’UBS, qu’il s’agit. Un homme qui ne cesse d’exiger moins de réglementation bancaire et des allégements fiscaux. Et qui évoquait il y a deux ans le départ d’UBS sous des cieux plus cléments.

Infosperber cite cette information du Fonds monétaire international: parce que les grandes banques suisses bénéficient de facto d’une garantie de l’Etat (too big to fail), elles peuvent se financer à des taux préférentiels. Un avantage estimé à 26,7 milliards de francs pour les années 2011/2012. | Jean-Daniel Delley

Détonante Fête des vignerons

Une fois par génération, des milliers de figurantes et figurants célèbrent à travers chants, danses et musiques les métiers de la vigne. Une fête populaire dont nous aurions aimé profiter au-delà du spectacle.

Mais quelle violence nous arrache à cette beauté durant plus d’une heure? Des avions militaires venus faire leurs cabrioles à 110 décibels au-dessus de nos têtes. De quoi faire fuir celles et ceux ne souhaitant pas associer la beauté du spectacle à des simulations de guerre. | François-Xavier Viallon

Quand le législateur ne se préoccupe pas des effets de ses décisions

La révision de la loi sur les prestations complémentaires (PC) a prévu à juste titre d’augmenter l’allocation logement. Mais elle a également réduit le montant de cette allocation pour les concubins et les colocataires, égalité de traitement avec les couples mariés oblige. Cette réduction va obliger nombre de bénéficiaires de PC en colocation à chercher un logement individuel ou une place dans un établissement de soins, ce qui leur donnera droit à une allocation plus élevée.

L’économie attendue de 7 millions se transforme en une dépense supplémentaire qui pourrait atteindre 50 millions de francs. | Jean-Daniel Delley

Une politique fiscalo-sociale pour les riches

Le Parlement a porté à 25’000 francs au maximum la déduction sur le revenu pour frais de garde des enfants. Or l’on sait que les déductions fiscales profitent d’abord aux revenus élevés, comme l’a montré Bernard Dafflon dans son ouvrage Panorama des impôts en Suisse (chap. 3). Car ces derniers sont plus à même de cumuler les déductions (frais professionnels, épargne, prévoyance…) et ces déductions cassent la progressivité du taux d’imposition. | Jean-Daniel Delley

SSR: le coût du fédéralisme

Dans le cadre de son programme d’économies, la SSR veut centraliser ses sites de production. Le Conseil national s’y oppose au nom du fédéralisme. Or la SSR est contrainte de faire des économies puisque les autorités ont plafonné ses ressources – baisse de la redevance, interdiction de la publicité en ligne. Les parlementaires n’ont pas compris que le fédéralisme a un coût. | Jean-Daniel Delley

L’angle mort du 2e pilier

Le faible niveau des taux d’intérêt et l’augmentation de l’espérance de vie exigent une réforme du 2e pilier. Les voix ne manquent pas qui proposent une réduction des rentes et une élévation de l’âge de la retraite.

Rudolf Strahm, un analyste vigilant et critique du dossier, rappelle que la gestion de fortune et l’administration des caisses de pension engloutissent chaque année plus de 5 milliards de francs, soit un franc sur sept versés aux rentiers. La crédibilité d’une prochaine réforme dépendra de la volonté politique de réduire ce fromage. | Jean-Daniel Delley

Médicaments en deshérence

Des centaines de médicaments et vaccins ne sont plus disponibles. Leur production est concentrée dans un petit nombre d’usines, souvent dans le tiers-monde, ce qui fragilise la sécurité de l’approvisionnement. Ils sont anciens et plus couverts par des brevets, donc bon marché. Ils n’intéressent plus l’industrie pharmaceutique qui préfère développer des médicaments contre les maladies rares et les cancers, plus profitables.

Va-t-on longtemps encore laisser le coût de la santé exploser du fait de géants soucieux surtout de satisfaire leurs actionnaires? | Jean-Daniel Delley

Pas de récession pour les agios

Les réserves d’agios affichent une croissance insolente. On le savait (DP 2211), c’est désormais confirmé: en l’espace de 8 ans, leur montant a largement triplé pour atteindre la somme astronomique de 1’411 milliards de francs! Les dividendes exonérés d’impôt ont encore de beaux jours devant eux, les limitations introduites par la RFFA ayant tout du cataplasme sur une jambe de bois. Il faut désormais multiplier par six les pertes fiscales chiffrées en 2012 (DP 1949)… | Danielle Axelroud Buchmann

Mixité parlementaire

Lors de leur dernière séance, en pleine année féministe, les membres de la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats (douze hommes et une femme) ont décidé par 6 voix contre 5 et une abstention de renoncer au seuil de représentation des sexes au sein des directions des sociétés cotées en bourse.

Ces messieurs sont-ils si certains d’être réélus? Gageons que nombreux seront les bulletins portant exclusivement le nom de femmes cet automne, lorsqu’il s’agira d’élire nos représentants aux Chambres… | Danielle Axelroud Buchmann

La Suisse au Parlement européen

Deux millions de ressortissants l’Union européenne vivent en Suisse. 1,7 million d’entre eux disposent du droit de vote et pourront désigner leurs représentants au Parlement européen en mai prochain.

La Suisse préfère rester à l’écart de l’Europe. Mais cette dernière est bien présente en Suisse. En quelque sorte, nous sommes Européens par procuration. | Jean-Daniel Delley

Relance: comme je dis, pas comme je fais

La conjoncture va ralentir. Tous les pronostics vont dans ce sens. C’est aussi le cas en Allemagne, généralement considérée comme le «moteur» des économies européennes, Suisse comprise. Partant de ce constat, Serge Ledermann écrit dans Le Temps: «L’Allemagne doit donc utiliser sa marge de manœuvre fiscale pour relancer sa machine économique en investissant dans des secteurs modernes et prometteurs.»

Pas la moindre allusion à la possibilité pour la Suisse d’en faire autant, elle qui dispose d’une marge de manœuvre fiscale encore plus importante… | Jean-Pierre Ghelfi

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