Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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Derniers commentaires

Claude Bossoney sur Les enjeux de la fuite et de l’accueil des réfugiés
Bon article sur un sujet complexe et combien difficile. Une aide efficace dans les pays proches des zones de conflit (un nouveau drame de ce type se joue au Bangladesh avec les Rohingyas) est certainement une bonne chose. Elle à été préconisée par des membres de l'UDC. Ne pourrait-on pas les prendre au mot et leur demander de participer activement à une telle aide et d'accepter un financement sérieux de la Confédération? Par ailleurs, il existe encore des situations où la La notion de «persécution» garde toute sa valeur. C'est le cas en Érythrée, où un régime dictatorial enrégimente ses jeunes adultes dans un service militaire de durée indéterminée. Les déserteurs sont passibles de lourdes peines. Malgré cela, le SEM a durci sa juridiction et décide, un peu à la louche, qui est digne de l'asile et qui ne l'est pas. Mais le double langage est patent: on refuse l'asile à certains parce qu'ils ne courent aucun danger, mais on se garde de les renvoyer de force chez eux car le risque de mauvais traitement en cas de renvoi est trop important! (En langage populaire, il s'agit d'une argumentation de faux-culs) Il ne leur reste alors que le travail au noir ou la vente de drogues pour survivre. Cela justifie une sévérité plus grande contre ces Africains malfaiteurs. La boucle est bouclée.
Mathieu Capcarrère sur Pourquoi une société sans cash n’est pas souhaitable
Le titre de l'article aurait dû être "Ne privatisons pas la monnaie numérique" ou "Plaidoyer pour une monnaie numérique publique" et non "Pourquoi une société sans cash n'est pas souhaitable". En effet, la plupart des reproches faits à la monnaie numérique relève de sa réglementation (traçabilité, exclusion bancaire, utilisation des données à titre commercial, etc.) et non du fait qu'elle soit numérique, ce que d'ailleurs la fin de l'article admet à demi-mots. D'ailleurs la plupart des arguments sont juste faux: - le cash est certes issus de la banque centrale mais n'est accessible qu'au bon vouloir des instituts bancaires privés - en cas de crise, c'est bien le retrait massif (et impossible en pratique) qui fait s’effondrer le syst. bancaire et, en général, enlève toute valeur au cash. - il est possible de stocker de la valeur sous plein d'autres formes (des métaux précieux, un appartement ou autre papier valeurs). Et même un argument ridicule: - "l’argent liquide est apprécié de la population qui utilise beaucoup les espèces et notamment les grosses coupures comme le billet de 1’000 francs"... Combien de Suisses normaux utilisent des billets de 1'000 aujourd'hui pour autre chose que de l'argent non-déclaré? Pour un ménage standard, quel pourcentage de ses dépenses se faits en cash, 10%, 15%, 20% maximum? Combien de "catégories sociales qui n’ont pas accès à un compte bancaire" utilisent les billets de 1'000 frs? La masse monétaire sous forme de billets de 1'000 frs en Suisse montre au contraire la quantité d'argent gris, voire sale, circulent dans notre pays. Le fait qu'on puisse toujours acheter un bien immobilier en cash en Suisse devrait poser beaucoup de question à toute personne cherchant à lutter contre la corruption et l'évasion fiscale. Le cash numérique pose beaucoup de questions - et un cash numérique public ne les exclut de loin pas toutes. Mais ce genre d'article n'éclaire pas beaucoup la question.
Noel Benalou sur Pourquoi une société sans cash n’est pas souhaitable
Une société sans cash est une aubaine pour les banques. Elle pourrait également nuire à la liberté des citoyens et en exclure un grand nombre. C'est pourquoi Il est hautement souhaitable que l'émission de la monnaie numérique soit confiée à une banque centrale et non à des officines privées qui pourraient exploiter sans scrupule nos données personnelles à des fins commerciales. La réduction des coûts des banques privées dans une société sans cash n'est pas forcément synonyme d'un surcroît de bien-être collectif, mais elle a toutes les chances de déboucher sur une restriction de nos libertés en nous livrant pieds et poings liés à l'arbitraire des banques et en nous privant d'exercer notre responsabilité budgétaire. Enfin on ne comprend pas la logique selon laquelle la technologie devrait renforcer le rôle des banques privées et affaiblir les institutions publiques telles que la Banque centrale. La monnaie est un bien public, certes la technologie peut en accroître l'efficacité de la gestion, mais elle ne semble pas impliquer une privatisation de la monnaie. Enfin rappelons que la BNS a été créée en réaction aux sérieux inconvénients engendrés par l'émission des monnaies par des banques privées.
weibel sur Les droits politiques entre domicile et nationalité
"Par ailleurs, si l’on défend le principe selon lequel les personnes soumises à un ordre juridique doivent pouvoir participer aux décisions qui les concernent, il n’est pas possible de priver sans autre les nationaux non résidents de leurs droits politiques. Car la distinction entre les lois qui touchent potentiellement les expatriés et celles dont ils n’auront pas à subir les conséquences reste difficile à établir." C'est la seconde phrase qui inspire mon commentaire. Innombrables sont les exemples de ce type de raisonnement. Lorsqu'entre deux états qui s'opposent il n'est pas possible de définir une limite précise, il faudrait renoncer à les distinguer l'un de l'autre. Je suis toujours frappé de constater combien des personnes qui se disent cultivées peuvent ignorer une notion que les mathématiques connaissent depuis longtemps, le calcul infinitésimal: ce n'est pas parce qu'entre le blanc et le noir il y a infinité de nuances de gris qu'il est impossible de constater que le noir n'est pas blanc et que le blanc n'est pas noir. Ah! si seulement la culture des gens qui se prétendent cultivés pouvait toujours s'étendre jusqu'à refuser d'admettre sans honte aucune qu'ils ne connaissent rien aux mathématiques! Combien plus apaisée serait la société: les gens se comprendraient tellement mieux les uns les autres!
Curieux sur Les droits politiques entre domicile et nationalité
Je me souviens d'un monsieur très sympathique que j'ai connu. Il m'avait raconté qu'un de ses ancêtres avait été un révolutionnaire genevois coupeur de têtes à l'époque, et avait ainsi pu sauver la vie à Charles Pictet de Rochemont, dont il était sauf erreur le jardinier, et l'ami, bien que d'un autre bord politique. Puis le vent avait tourné et c'est donc le jardinier qui s'est retrouvé menacé de la guillotine. Pictet de Rochemont, reconnaissant, lui a sauvé la mise et l'a aidé à s'établir avec sa famille en Crimée, pays dans lequel il avait fui lui-même durant la révolution, qu'il avait aidé à développer et où il connaissait tout le monde. La famille en question s'est donc établi en Crimée, y a fait souche et y a acquis de grands domaines. Mais, par précaution, on a toujours fait renouveler le passeport suisse des enfants. Si bien que quand la révolution bolchévique est arrivée, la famille a été protégée par son passeport et à pu retourner au pays des aïeux: Genève et ainsi éviter de mourir tous d'une balle dans la nuque en tant que grands propriétaires qu'ils étaient devenus. Le monsieur dont je parle est devenu quelqu'un en Suisse dans l'horlogerie et le journalisme, très anticommuniste bien entendu. Certains le reconnaîtront peut-être. Je ne sais pas s'il vit encore. J'ai raconté cette histoire pour dire qu'en un certain sens la nationalité est plus importante que le domicile. Mr Delley plaide la cause que chacun devrait pouvoir voter à son domicile même s'il n'est pas un national. C'est l'idée qu'on veut nous imposer mais elle est contestable. Elle vise essentiellement à garantir que les Suissesses et les Suisses ne restent pas maîtres chez eux mais soient rapidement majorisés par les votes des étrangers même pas naturalisés, qui donc ont forcément une autre mentalité. Il faut résister à cet argumentaire. C'est un abus de réclamer les droits civiques sans faire l'effort de s'intégrer et d'acquérir la nationalité. On peut avoir été établi dans un pays pendant des siècles sans jamais en être devenu citoyen et le jour venant où les autochtones dudit pays d'accueil vous mettent devant le choix: la valise ou le cercueil, alors on se souvient de sa nationalité. Et c'est le salut. C'est la preuve que la nationalité est plus importante que le domicile. En Allemagne la culture du droit du sang est ancrée. C'est ainsi que vivent aujourd'hui dans ce pays des millions de "Volksdeutsche" qui ont été rapatriés de Russie, et d'ailleurs, après la guerre. Il y a actuellement une volonté politique mondiale d'éradiquer toute appartenance ethnique. C'est ainsi que l'Allemagne, pays occupé rappelons le, à été contrainte de renoncer au droit du sang. En Italie d'aujourd'hui la classe politique veut imposer le jus soli a tout prix, contre l'opinion publique, pour être bien sure de faire disparaître rapidement l'ethnicité italienne. Il est clair qu'en Suisse aussi on veut nous imposer ce changement culturel et l'article de Mr Delley va dans ce sens.
Noel Benalou sur Du quantitatif au qualitatif
Dans tout manuel de macroéconomie on apprend que le bien-être d'un pays dépend de sa productivité. C'est sans doute la raison pour laquelle l'évolution de cette variable économique a toujours été scrutée avec un soin particulier. A ce propos, l'article de M. Ghelfi nous montre dans le cadre de l'économie suisse, de manière documentée et argumentée, que le lamento sur la faiblesse de la productivité suisse n'a pas de fondement solide, à tout le moins au regard de certaines variables macroéconomiques pertinentes telles que le chômage ou le solde de la balance commerciale. Bien évidemment la faible augmentation de la productivité du travail en Suisse est une observation statistique que personne ne conteste. En la matière, la Suisse fait moins bonne figure que ses voisins, la France ou L'Allemagne par exemple. En clair le diagnostic est bon, mais les remèdes préconisés par certains dans les milieux économiques et politiques sont fort discutables dans la mesure où le déclin de la productivité de l'économie helvétique a des causes structurelles, et par voie de conséquence les mesures conjoncturelles telles que la baisse des impôts sur les sociétés ou l'allégement des charges patronales sont totalement inappropriées. Sans parler de leur impact défavorable sur l'équilibre financier des collectivités publiques et donc sur la cohésion sociale et territoriale. En réalité, la vraie explication de la dégradation de la productivité du travail en Suisse réside dans son lien avec l'investissement. Plus précisément c'est l'investissement net qui constitue le talon d'Achille de l'économie suisse, alors que l'investissement dans les biens d'équipement et les biens immatériels comme les logiciels sont une source potentielle de progrès techniques et donc d'amélioration des gains de productivé. Proportionnellement, la Suisse est dotée d'un stock de capital plus élevé que les autres pays de l'OCDE (voir par ex. le ratio capital/PIB). Ainsi chaque année une fraction notable de ce capital devient obsolète et donc est déclassée, c'est ce qui explique que le taux d'amortissement est plus élévé en Suisse qu'ailleurs comme le montrent les chiffres d'une étude datant de 2013: le ratio amortissements/PIB s'élevait à 20,7% en Suisse, alors qu'il était de 18,1% en France, de 13,2% en Grande-bretagne et de 15,7% aux Etats-Unis. L'augmentation de l'investissement net pourrait être le remède à la faiblesse structurelle de la productivité du travail. En clair, pour résoudre l'énigme de la faiblesse de la productivité du travail en Suisse, nous devrions expliquer les causes du recul de l'investissement: en gros celles-ci sont d'ordre structurel et démographique. La tertiarisation de l'économie et le vieillissement de la population semblent avoir un impact négatif sur l'investissement. En Suisse comme ailleurs une part élevée de la main-d'oeuvre est occupée dans les services. Cette tertiarisation se traduit inéluctablement par un recul de l'investissement et donc par une faible intensité capitalistique. D'autre part, la société suisse vieillit, à l'instar des autres sociétés. Or, dans une société avec une forte proportion de retraités, ce qui semble être le cas de la Suisse, nous devrions nous attendre à une chute du taux d'épargne global par un arbitrage en faveur de la consommation présente. La conséquence en est une contraction du marché des capitaux, et donc un investissement moindre. Bien évidemment s'agissant d'un phénomène aussi complexe que celui de la productivité, il existe d'autres facteurs explicatifs sa faible croissance. Un dernier mot en ce qui concerne le recul de la consommation des ménages, par suite du ralentissement du flux migratoire et du retour des travailleurs étrangers européens chez eux, vu que la zone Euro connaît actuellement une reprise économique avec un reflux du chômage: cette inquiétude n'a aucun fondement sérieux car ceux qui avancent cet argument semblent raisonner en économie fermée et négligent donc les autres composantes de la demande globale: on pense naturellement aux exportations et à la dépense publique. En dépit de la surévaluation du franc, l'économie suisse pourrait accroître la part de ses exportations en raison de sa compétivité hors prix. Enfin une baisse de la consommation intérieure pourrait être compensée par un surcroît de la dépense publique sous forme d'investissements dans les infrastructures, la formation et le soutien public à la recherche scientifique.
Daniel Badoux sur Transition énergétique: ne nous reposons pas sur nos lauriers
Intéressant, toutefois cet article néglige le lien entre la réduction de l'impact écologique et la réduction du revenu (PIB). Le plafonnement des émissions de GES et de la consommation d'énergie évoqué, alors que le PIB a augmenté, est surtout le fait de l'exportation des industries et de l'importation des produits à bas coûts, tout en rapatriant les revenus dans les sièges sociaux... Une mise en œuvre sérieuse de la soutenabilité écologique ne saurait se passer du sacrifice de nos niveaux excessifs de pouvoir d'achat.
Jean-Jacques ISAAC sur Prévoyance vieillesse 2020: l’occasion manquée
Oui, merci à Domaine Public,dont je suis un abonné de longue date. Je souscris au commentaire d'André De Coulon. Merci aussi en particulier à Jean-Daniel Delley, qui a analysé tout cela avec un zèle et une compétence remarquables. Et puisqu'on parle de la brochure explicative, l'avez-vous remarqué? A Genève, la consigne de vote des socialistes était deux fois non. On ne parlait pas des socialistes genevois, mais “des“ socialistes tout court. Or, pour ce sujet fédéral, il eût été honnête de présenter la consigne du double oui du Parti socialiste suisse, quitte à ajouter une ligne pour le Parti socialiste genevois.
Laurent Ducommun sur Coup de projecteur sur les élites suisses
Bien d’accord avec vous, Weibel. Je suis de ceux que le mot élite horripile. On confond élites et pouvoirs. Sans être cynique, le propre de quelqu’un qui a du pouvoir est d’abord de le conserver, voire de l’agrandir. Caton l’Ancien, qu’on pourrait situer politiquement aujourd’hui entre la droite conservatrice et la droite dure, disait déjà : “Non seulement le pouvoir corrompt, mais il corrompt absolument”. Pour moi, c‘est une illusin de croire que les élites apportent beaucoup aux progrès d’une société. Par essence le pouvoir ext conservateur, et les innovations - pour utiliser un mot à la mode - ne viennent pas de lui, ni des élites qui le composent. D’où viennent-elles alors? J’aime bien répondre en citant ce proverbe africain: “Plein de petites gens font dans plein de petits coins plein de petites choses qui font changer la face du monde". Pour caricaturer, les élites sont là pour se reproduire entre elles et n´intéresent qu’elles-mêmes et les journaux people. Un exemple final et bien connu: il y a quelques années la Belgique s’est trouvée sans gouvernement nommé pendant près de deux ans; or le pays ne s’est jamais aussi bien porté que pendant ce temps et s’est méme permis de dèclarer la guerre (sauf erreur à la Libye). Tout cela pour dire que DP est riche d’articles captivants, mais que dèbattre des élites est un sujet en revanche très superficiel, à mon avis.
Laurent Ducommun sur Prévoyance vieillesse 2020: l’occasion manquée
Il est toujours délicat, en tous cas pour les lecteurs, qu’un citoyen lambda, comme moi, discute avec un intellectuel lettré et connu, comme vous. Je me permets juste cependant de revenir sur un point que vous soulevez: la longueur du teste, reproche que j’ai fait, et qui vous laisse sans force. Je précise que ce n’est pas simplement la longueur du texte, mais aussi sa complexité, qui posaient problème. Pour affiner ce point, je me permets aussi de citer les résultats d’études, qui ont montré pourquoi les quotidiens les plus lus sont, chez nous, 20 min, le Matin et Blick. Contrairement à ce que beaucoup pensent par erreur, ce n’est pas l’attirance pour des faits divers, la vie des people et les catastrophes de toutes sortes qui attirent le lecteur, mais bien le vocabulaire limité et la brièveté des articles dans ces journaux. Une forte minorité de citoyens en effet ont un vocabulaire limité à mille mots environ, et une compréhension de textes limité à quelques paragraphes. La lecture de journaux autres que ceux cités, a fortiori les explications en rose des notices de votation, n’est en conséquenve que du charabia illisible et incompréhensible pour eux. Ces citoyens sont donc à la limite de l’illetrisme hélas, et cela pose un problème fondamental En effet une démocratie ne peut fonctionner que par un ensemble de citoyens qui ne sont ni analphabètes, ni illettrés. A mon humble avis, la lutte contre l’illetrisme, dans nos pays riches, devrait pouvoir bénëficier de moyens considérables, financiers, humains et politiques, et cela est un problème bien plus important que les prestations de retraite, ou l’avenir de l’agriculture, p. ex.
Hugues Poltier sur Prévoyance vieillesse 2020: l’occasion manquée
Gauche modérée, pragmatique? kesako? Aujourd'hui, ça veut dire "macronien"? En ce cas, pas étonnant que vous ayez voté non… Quant à l'argument de la longueur du texte, l'argument me laisse les bras ballants. Bon, on aura sous peu la mouture PLR-UDC+ralliés du PDC; le texte sera plus bref: élévation de l'âge de la retraite et diminution des rentes. On ne pourra pas se plaindre de la complexité du dossier soumis au peuple, là…
Laurent Ducommun sur Prévoyance vieillesse 2020: l’occasion manquée
J'étais typiquement l'électeur qui devait voter deux fois OUI au scrutin d'hier. De gauche modérée, pragmatique, sachant que seuls les compromis en Suisse peuvent faire avancer les choses, j'ai pourtant voté NON à PV2020 et OUI à la TVA. Pourquoi? Parce que, comme beaucoup de citoyens, j'ai en horreur de ces paquets législatifs. Qui a lu cet ensemble de pages roses de la notice explicative? Qui en a compris les fondements et aboutissants? Personne. La population veut des questions simples. Le grand perdant de ce vote est Alain Berset. Intelligent, compétent, travailleur, il manque pourtant de l'essentiel, le sens politique. Tout au long de la campagne, il avait l'air d'un professeur ancien style, qui expliquait aux bons Suisses ce qui était bon pour eux. Et au lieu de prendre le DFAE il va continuer sur une voie sans issue.
Marie-France de Meuron sur Patients complexes et approche globale
La complexité des morbidités du patient est à l'image de la complexité des systèmes concernés qui s'appliquent à trouver une solution pour chacun des éléments. Ainsi, je dirais qu'on oeuvre dans l'horizontalité d'un être humain. Mais qu'en est-il de son essence profonde, autrement dit de ce qui l'anime vraiment, de ce qui fait qu'il tient le coup et se soumet aux différentes thérapies pas toujours confortables? Il serait judicieux de s'adresser à son être "vertical" celui qui le fait rester debout - quitte à être assis dans un fauteuil roulant - dans l'existence, qui l’incite à rester vivant. En prendre conscience peut aider quelqu’un à ne pas rester prisonnier d’un état plus ou moins stationnaire. Il peut s’agir d’une raison qui le retient sur terre (pour quelqu’un d’autre) ou encore il reste prisonnier de concepts ou de blessures affectives qui gaspillent ses forces vitales et l’empêchent de restaurer une partie au moins de ses fonctions organiques. Seulement voilà, si un médecin s’occupe de ces dimensions, une juriste de Santésuisse dira qu’il s’agit de santé et non de maladie, donc qu’une telle prestation auprès d’un malade n’est pas remboursable... Dans la multiplicité des services offerts, il serait judicieux que des thérapeutes se développent dans cette dimension ontologique.
André de Coulon sur Prévoyance vieillesse 2020: l’occasion manquée
En tout cas Domaine public n'a pas ménagé sa peine pour soutenir le projet à travers l'excellent dossier réalisé et c'est tout à son honneur. Une fois encore je me dis "heureusement que Domaine public existe pour faire barrage à l’obscurantisme" (même si cette fois cela n'a pas suffi). De mon point de vue Domaine public est un concentré de clairvoyance, d'intelligence et de sensibilité assez rare . Continuez. Merci de tout coeur.
weibel sur Coup de projecteur sur les élites suisses
Si j'ai bien compris, Madame Jaggi comme le Professeur Mach rangeraient Monsieur Donald Trump dans la catégorie des élites. Quelle dérision! Croire, et vouloir faire croire, que l'élection au Parlement suise ou le titre de professeur d'umiversité rangent de facto parmi les élites. Quel mépris aussi pour les personnes qui ont d'immenses mérites sans avoir un instant souhaité que ces mérites soient publics, ou sans jamais avoir espéré qu'ils leur accordent un pouvoir particulier. Bien attristante vision de l'humanité.
Hugues Poltier sur «Dieselgate»: la dérobade fédérale
Les commentaires sont assez surprenants: norme "mal conçue" (de quoi s’autorise ce jugement ?) dit l'un, justifiant, quoi qu'il en dise, le logiciel-triche: il fallait donner les apparences d'y satisfaire pour livrer des véhicules Diesel. Nos autorités ne peuvent rien faire là contre, dit le 2nd. Implication: non le politique, mais les industriels et le marché décident des normes. Le gouvernement – RFA, FR et autres – se couche devant "ses" constructeurs (ils sont la prospérité et la fierté de l'UE), les autorisant en toute légalité et sérénité à empoisonner l'air que nous respirons (la norme, c’était «pour semblant»: on vous contrôlera bidon). Les problèmes sanitaires induits sont de la petite monnaie, qui ne compte pas (ça tombe bien: avec la privatisation rampante de la médecine, ça compte de moins en moins dans les budgets publics). Or, rappel: la norme est motivée par des considérations sanitaires. Pourquoi ne pas l'appliquer, simplement, sans finasserie? ton moteur émet trop de particules fines? on ne l'homologue pas, point barre. Impossible hurlent-ils aussitôt… qui sont ces "ils-elles"? Pourquoi la liberté d'industrie et de commerce s'accompagne-t-elle partout, plus ou moins selon les régions du monde, du droit imprescriptible d'empoisonner? Pourquoi trouvons-nous cela "normal", "dans l'ordre des choses"? Parce que c'est le prix à payer de l'"activité économique"? – …oui finit par répondre "il-elle" – Or, aucune raison à ce que ce prix ait une limite. Suite nécessaire: cet empoisonnement (ses multiples facettes, pas slt les particules fines) ira jusqu’à ruiner les conditions environnementales qui ont rendu possible la vie humaine sur terre. Prix il est vrai "insignifiant" au regard des profits engrangés par ces compagnies et leurs actionnaires et des "emplois" que cela nous a procurés…
Hugues Poltier sur La liberté économique contre les droits humains
Pleinement d'accord avec vous. Cela faisait un bail que DP n'avait rien publié de tel. Alors même que ce qui y est décrit est le "usual business" des sociétés transnationales (STN). Ad Weibel: Le "droit" ici n'est pas colombien : il est celui qu'impose la STN au pays, comme condition à l’activité économique sur son territoire (avec pots-de-vin pour ses dirigeants; qui, s'ils résistaient à ces "amicales pressions", seraient bientôt liquidés, physiquement ou politiquement ; en somme : le pot-de-vin ou la mort). Ce "droit" résulte du rapport de force entre un pays et une STN le dépassant en puissance. Phénomème répandu, connu depuis des années: Brigitte Alepin, Chavagneux et Palan, Nicolas Shaxson, Xavier Harel, Saskia Sassen, Naomi Klein, Alain Deneault, plus anciennement F.-X. Verschave (FrançAfrique), et alii documentent ces questions avec force enquêtes, rapports, etc. Sans aucun écho ou presque; faut pas cracher dans la soupe… Donc, "on" ne sait pas. Un peu comme les Allemands disaient ne rien savoir des camps de la mort… Par son rejet de l'initiative pour des STN responsables, le CF énonce que les STN doivent jouir de la sécurité juridique dans leurs activités offshore = jouir d'un blanc-seing où rien ne leur est interdit: éliminer, s'emparer de terres, contaminer, exploiter à la limite de l'esclavage, n'être astreint à aucune obligation de réparation, etc., sans compter, cerise sur le gâteau, l’évasion des profits vers les « paradis fiscaux » (G. Zucman). Au nom de quoi ce rejet de l'initiative ? Au motif que si les STN de CH y étaient astreintes, elles subiraient un désavantage compétitif. Sonne comme un aveu de l'exactitude du diagnostic des initiants. Cynisme? Sinistre? Autre? La Suisse, pays à haute tradition humaniste ? Ne semble pas s'étendre à l’autre lointain et pauvre… Bon, c’est pas la Suisse, c’est les STN. C’est pas nous. On peut s’en laver les mains…
Laurent Ducommun sur Patients complexes et approche globale
Même si je ne suis qu'un observateur de notre système de santé comme tout citoyen, je vous donne raison sur toute la ligne. Malheureusement ce que vous préconisez serait une véritable révolution, et vous connaissez tout comme moi l'inertie de tout système établi, surtout lorsqu'il y a d'énormes sommes financières en jeu comme dans celui de la santé. C'est donc aux politiques de jouer, mais il faut de fortes personnalités pour promouvoir des réformes profondes. Bien qu'Alain Berset en est une certainement, nous constatons la difficulté qu'il a à agir. Peut-être que la présence d'un médecin parmi les conseillers fédéraux depuis hier aidera-t-il un peu à tester de nouvelles voies dans le domaine de la santé, même si Ignazio Cassis est plus libéral que solidaire, à première vue.
Pierre Desponds sur «Dieselgate»: la dérobade fédérale
Le site du TCS https://www.tcs.ch/fr/tests-conseils/conseils/environnement-mobilite/affaire-vw.php répond à quelques questions intéressantes à ce sujet. On veut donc faire croire aux propriétaires de ces véhicules qu'une simple "mise à jour" (admirez le choix des mots) du logiciel, qui dure moins de 30 minutes, permet de mettre la voiture aux normes sans diminution de ses performances (vitesse, consommation). Si c'était le cas, VW n'aurait pas eu besoin de truquer ses logiciels!
Albert Jaussi sur «Dieselgate»: la dérobade fédérale
Je ne pense pas que l'on puisse faire des reproches à nos autorités, car elles ne peuvent rien faire de plus que l'Europe et particulièrement que l'Allemagne d'où le scandale vient, pour les automobilistes trompés. Les USA ont leur machinerie juridique des "class actions" avec des "punitive damages" qui peuvent atteindre des sommes astronomiques fatales et forcent les "out of court settlements". En Europe continentale, vu la différence des systèmes juridiques, l'industrie réagit d'une manière très légaliste et même dans les cas de défauts durant la garantie, les actions sont souvent limitées par les conditions générales, même en Allemagne où le droit des CG est pourtant assez restrictif. Dans tous les cas, si l'on veut des dédommagements, la voie du tribunal civil est inévitable au cas par cas, onéreuse et il est quasiment impossible de prouver par exemple le dol. Reste le geste commercial qu'on appelle en allemand "Kulanz". Malheureusement, l'industrie surtout allemande peut se permettre de passer outre pour les raisons suivantes: (a) une part considérable des voitures de la classe moyenne et moyenne supérieure sont des voitures d'entreprises qui les offrent en "fringe benefit" à leur employés, (b) la volonté politique de protéger l'industrie automobile est très forte, même plus chez les socialistes du SPD que chez la CDU. Le SPD avec ses "Betriebsräte" est le parti de l'industrie automobile, comme il est celui de la lignite polluante, comme il porte une grande responsabilité des contrats de travail asymétriques des 15 à 20 % d'employés en régime de bas salaires et des rentes misérables. Même le Ministre-Président du Baden-Württemberg, le Vert Kretschmann, perd sa contenance lorsque que l'on lui parle de voitures électriques, vu le poids énorme de l'industrie automobile dans son "Land". Mme Merkel est déçue des tromperies de l'industrie, mais ne fait rien qui puisse faire mal à cause des sacrosaintes places de travail. Quant à la réputation , on ne peut que citer la phrase célèbre "ist der Ruf mal ruiniert lebt es sich weiter ungeniert". Petit aparté : j'ai joué au Wal-O-Mat allemand et répondu aux 38 questions: mes opinions correspondent pour 74 % aux positions des Verts, pour 72 % à celles Die Linke, 65 % CDU et seulement 58 % SPD. Comment est-ce possible?

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