Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
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Derniers commentaires

Jean-Claude Eggimann sur Social-démocratie, les nouvelles approches
Intéressantes, ces notions de pensée rapide et pensée lente. On peut cependant se demander si la première est encore une "pensée". Quant à la réflexion, longue par définition, elle est pour mois la condition sine qua non de l'exercice de la démocratie, donc la grande faiblesse de ce régime politique, car les conditions culturelles de la réflexion ne sont réunies que pour une minorité des citoyennes et citoyens. D'où, en situation compliquée, le succès des slogans populistes, aliments de la pensée dite rapide (elle est plutôt absente).
Weibel sur Européens, encore un effort pour la mobilité durable
L’objectif poursuivi par les tenants de la comptabilité des coûts externes est de renchérir le prix à faire payer par les usagers des transports et de leurs infrastructures, afin de réduire la demande dans la perspective du développement durable. A l’évidence, les subventions des pouvoirs publics sont des coûts externes, qui réduisent le prix à payer pour le transport, et contribuent de ce fait à augmenter la demande. L’OFS a récemment publié son rapport sur les Coûts et le financement des transports de la route et du rail en 2014 : Coûts et financement des transports - Route et rail 2014, Neuchâtel, septembre 2017. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/mobilite-transports/couts-financement.assetdetail.3482331.html. On y trouve (tableau G4, page 4) que les voyageurs ne paient que 3,808 milliards sur un total de dépenses nécessaires à leur transport de 8,579 milliards. Pour ce qui est du transport des marchandises, ce document indique (tableau G8, page 6) que les possesseurs des marchandises transportées paient 1,032 milliards sur un total de dépenses de 1,936 milliards. Au total, voyageurs et marchandises additionnés, les usagers du chemin de fer en Suisse paient 4,840 milliards alors que le chemin de fer en dépense 10,515. La différence de 5,675 milliards, prise en charge par les collectivités publiques, est donc un coût externe. Leur internalisation exigerait le doublement des tarifs du chemin de fer. Que penser de ce taux de 54% pour soutenir le trafic ferroviaire, essentiellement d’intérêt privé? On pourrait comprendre un tel taux pour le subventionnement public de la santé, dont l’importance est indiscutable: on n’abandonne pas à sa maladie une personne qui n’a pas les moyens financiers de se soigner. Eh bien, il n’en est rien. La part des coûts de santé assurés par les collectivités publiques est de 22,9 milliards, sur un total de 77,8 milliards, soit 29 % seulement. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/sante/cout-financement/financement.html. Le chemin de fer pourrait sans doute contribuer encore, comme le souhaite Monsieur Longet, à un système de transport efficace. Malheureusement, victime d’a priori idéologiques que personne ne contrôle, il se précipite de plus en plus vite contre le mur des réalités économiques. Ce n’est pas l’Office fédéral des transports qui le préservera du choc final.
Weibel sur Social-démocratie, les nouvelles approches
Evoquer le populisme, c’est insulter une bonne partie des citoyens. «La droite populiste, elle, ne s’embarrasse pas de longs discours. La droite populiste fait usage de concepts simples, de slogans qui ne renvoient pas tant aux intérêts matériels qu’à des valeurs-refuges telles par exemple que la sécurité, la fierté, l’indépendance… Bref, la droite populiste parle aux tripes. Le discours populiste s’adresse typiquement à la pensée rapide. En jouant sur la peur et la frustration, il tire avantage de cette forme de pensée: perception de la réalité en noir et blanc, une simplification qui apporte un sentiment de sécurité.» Monsieur Delley, vous combattez le populisme. Ce faisant, vous partagez implicitement l’avis des populistes: comme eux, vous considérez que les gens auxquels ils s’adressent ne sont accessibles qu’à des «concepts simples, des slogans», à des arguments qui «parlent aux tripes», «qui s’adressent typiquement à la pensée rapide, en jouant sur la peur et la frustration», à des gens dont la forme de pensée se limite à une «perception de la réalité en noir et blanc, à une simplification qui apporte une sentiment de sécurité». Bref, des gens de peu. Je suis d’avis que les citoyens doivent être respectés en tant que citoyens, quelles que soient leurs convictions. Et je pense que des articles tels que celui que je commente ici portent tort à votre parti. Les citoyens n’ont ni à être choyés, ni à être humiliés: ils doivent être convaincus. La proposition de Monsieur Haidt a dans ce contexte retenu mon attention: «Non, le vote reflète d’abord un système de valeurs; il possède une dimension morale: 'Le choix politique s’apparente moins à un acte d’achat qu’à la fréquentation d’une église.'». Voilà une phrase qui place le débat à des années-lumières de la notion de populisme. Elle range le point de vue du citoyen dans le champ des valeurs spirituelles plutôt que dans celui du l’intérêt matériel immédiat, simpliste, tripal, rapide, méprisable.
Curieux sur Un passeport ne suffit plus à légitimer sa nationalité
Si Ada Marra trouve qu'on a pris trop de temps pour la considérer comme une Suissesse à part entière, alors je lui suggère de lire l'article consacré à l'illustre famille Orelli de Zurich, dans le Dictionnaire Historique Suisse: Je cite un passage de cet article: http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F20179.php "Aloisio ( -> 1) est l'ancêtre de la branche zurichoise, aussi appelée Orell. Ses fils Franz et Johann Melchior Aloys ( -> 23) exportèrent des filés et des tissus de laine et de coton vers l'Italie du Nord. Tous deux furent admis en 1592 à la bourgeoisie de Zurich, mais sans droit d'accès aux charges politiques. Johann Melchior Aloys et ses descendants fondèrent au XVIIe s. les sociétés commerciales de soieries, nommées d'après leurs différentes maisons familiales (zum Mohrenkopf, im Tiefenhof, zum Spiegel, zur Sonne, zur Stelze et zum Gemsberg). Selon la statistique des exportations, elles étaient à la tête du commerce zurichois en 1700, au milieu du XVIIIe s., elles se trouvaient encore au troisième rang et en 1797 au neuvième. [...] les O. se virent refuser l'octroi [des droits politiques] en 1606, 1639 et 1673. Ce n'est qu'en 1679 [soit 124 ans après l'établissement de la famille à Zurich en 1555] que le Grand Conseil accorda à toutes les branches de la famille un droit de cité complet, après que les O. eurent envisagé de transférer leurs entreprises à Berne; lors du vote, 124 des 212 membres du Conseil durent se retirer en raison des liens de parenté (parfois jusqu'au troisième degré), les O. ayant conclu au XVIIe s. des mariages avec plusieurs familles dirigeantes."
Durussel André sur Raiffeisen, coopérative pour la forme
Excellent article qui situe bien l'évolution de cette banque, et surtout le sens de cette "coopérative" dont les assemblées générales annuelles sont surtout là pour avaliser sans problèmes les chiffres et les rapports, puis se retrouver autour d'un repas généreusement offert. Dans celle dont je fais partie depuis une cinquantaine d'années, ce repas a lieu d'une manière décentralisée dans les petits restaurants des villages vaudois de la région. Cela est fort sympathique, essentiellement pour les coopératrices et coopérateurs d'origine rurale. Ils représentent encore une grande partie des clients Raiffeisen d'aujourd'hui, ainsi que des artisans et des responsables de PME, ceux-là même qui ont connu la petite caisse villageoise d'autrefois, ouverte le soir par le secrétaire communal. Parmi les 173 milliards de francs des crédits hypothécaires mentionnés, il y a par exemple ma petite hypothèque au premier rang, à taux fixe de 1,25% pour cinq ans (2016-2021) qui grève ma maison familiale construite il y a onze années. Cette banque de proximité m'a toujours donné entière satisfaction. Or, en tant que titulaire d'un compte d'épargne sociétaire depuis un demi-siècle, le taux d'intérêt est actuellement de 0,1% . Cette situation démontre en effet que les privilèges du coopérateur, propriétaire de parts sociales, ne sont là que pour la forme, mais pratiquement vidées de leurs avantages. Ce respect des principes du fondateur Frédéric-Guillaume Raiffeisen (1818-1888) est-il oublié?
Jean-Claude Eggiman sur Quelques pistes pour l’avenir de la gauche
Mais il n’y a pas besoin d’être de gauche pour préconiser - et réaliser - de la “redistribution primaire”; preuve en soit Macron en France…
Jean-Pierre Ghelfi sur «Monnaie pleine»: mettre les choses au point… autant que faire se peut
1. Ces textes ne sont pas plus tendancieux que ceux des initiants — et même plutôt moins. 2. La crise de 2008 a conduit la BNS à recourir à des moyens d’urgence qualifiés de non conventionnels. Elle a, comme les autres banques centrales, augmenté massivement la masse monétaire pour limiter les conséquences de la crise et elle a aussi introduit des intérêts négatifs pour contrer une revalorisation excessive du franc. Ces deux objectifs ont été largement atteints. Dans ce contexte de crise et en application de l’initiative monnaie pleine, les augmentations de la masse monétaire auraient dû être distribuées à la Confédération, aux cantons et/ou aux ménages. Solution curieuse. 3. L’octroi de crédits subprimes a été encouragé par le gouvernement Bush en application d'une loi de 1977 (community reinvestissment act) permettant d’obtenir une garantie de l’Etat (federal deposit insurance corporation) pour des prêts hypothécaires consentis à des familles à revenus modestes. Les taux d’intérêt étaient alors bas, de sorte que ces crédits ont enregistré une forte croissance. La situation s’est retournée à partir de 2005, lorsque la FED a procédé à des hausses des taux d’intérêt. Mais ce ne sont pas, pour autant, les crédits eux-mêmes qui sont à l’origine de la crise. Celle-ci résulte bien en fin de compte d'une évaluation erronée, du côté des banques comme des débiteurs hypothécaires, de l’évolution de la valeur des biens et/ou de celle des risques encourus. Enfin, par quel miracle la crise des subprimes qui a débuté au Etats-Unis n’aurait pas atteint le système bancaire helvétique (monnaie pleine ou pas) ? Elle s’est propagée à l’ensemble du monde. Elle a plongé l’économie suisse dans la récession, et elle a impliqué outre-atlantique de grandes banques suisses qui ont leur maison-mère ici.
Gérald Mermet sur «Monnaie pleine»: mettre les choses au point… autant que faire se peut
Vous dites dans votre texte que la BNS ne peut pas assumer à la fois la gestion de la masse monétaire, au sens de l'initiative, et celle des taux d'intérêts. C'est l'un ou l'autre. Vous passez sous silence ici que la BNS ne fait actuellement ni l'un ni l'autre. Elle essaie vainement d'influencer la valeur du franc par des moyens pour le moins non conventionnels, soit un taux d'intérêt négatif et une augmentation astronomique des liquidités dans le bilan des banques. Le dernier paragraphe de votre texte est également très tendancieux. Vous dites que ce ne sont pas les crédits accordés par les banques qui sont à l'origine de la crise de 2008. Or, la spéculation sur les titres américains pourris liés à l'immobilier n'a pu se faire qu'au moyen de montants énormes utilisés par les banques pour spéculer pour leur propre compte ou prêtés à des hedge funds. Cette spéculation ne serait plus possible en passant par des francs suisses.
Albert Jaussi sur Quelques pistes pour l’avenir de la gauche
On écrit beaucoup sur ce sujet depuis quelque temps, heureusement, car il était temps. Tous les diagnostics ont leur part de vérité et méritent d'être discutés, même le tabou de l'immigration et des réfugiés sur lequel la gauche devrait prendre la main pour définir des solutions concrètes. Nolens volens, la gauche a vécu en 30 ans une véritable subversion du fait (i)de l'attraction de ses valeurs permanentes pour les universitaires avec une sensibilité humaniste et (ii) du poids que ces derniers ont pris dans le discours et les programmes, souvent avec une propension certaine à l'utilitarisme à la Stuart Mill, philosophiquement parlant. La gauche social-démocrate a pris une touche élitaire, avec une sensibilité postmoderne marquée pour les minorités de toutes sortes, parfois au détriment même de valeurs fondamentales dites universelles telles que liberté, justice, égalité; aussi en relation avec la notion de laïcité. Mais la minorité importante que constitue les ouvriers et les travailleurs avec emplois de plus en plus précarisés a été laissée pour compte, en contradiction avec les principes voulus. Un manque de sensibilité dans liberté, égalité et fraternité, une carence au niveau de l'éthique à mon avis. Sans éthique, pas de gauche. Pour reconquérir ce terrain perdu, la gauche doit dès maintenant mettre les mains dans le cambouis, aller de nouveau (oui, de nouveau!) à leur rencontre avec des propositions concrètes et simples réalisables rapidement, en commençant au niveau du quartier et de la commune, même en soutien à des institutions telles que Caritas et l'Entraide protestante, et en faisant si besoin est pression sur les services sociaux officiels trop bureaucratisés. Sur le moyen/long terme, il est juste de préparer au niveau politique des programmes de redistribution primaire. Mais c'est notre rôle de gauche d'être dès maintenant activement solidaire et de donner confiance et courage à ces personnes, pour les aider à sortir de la dépendance aliénante de l'aide sociale. L'aide sociale qui coûte cher est la cible permanente des attaques de l'UDC, du PLR, des Verts Libéraux et en partie du PDC.  Je ne peux pas m'imaginer qu'une personne de sensibilité de gauche, libre et responsable vive bien cette situation.
Nicolas Perrin sur Quelques pistes pour l’avenir de la gauche
"Le véritable affrontement opposerait conservateurs et progressistes, mondialistes et nationalistes." Votre article nuance bien cette affirmation. Toutefois, la gauche évite peut-être ces questions et les laisse sans réponse. Peut-on être progressiste et de gauche, sans se compromettre? Peut-on questionner la mondialisation, non pas au niveau des idées, mais de manière à lutter contre ses effets? Il me semble que la gauche gagnerait à élaborer un programme positif (ce qui est visé et non ce qui est combattu). Cela mériterait peut-être de mieux mettre en évidence ce qui est fait, ce qui n'a pas pu être fait et ce qui reste à faire. Cela permettrait de rendre lisibles les différentes décisions politiques en montrant en quoi elles sont une contributions ou un échec en regard d'un projet de société. Deux défis sont alors à relever en regard des enjeux présentés dans l'article. Premièrement, il s'agit de prendre en compte les défis qui rassemblent. L'insécurité du travail, de l'habitat, de l'alimentation... concerne l'ensemble des citoyens qui soutiennent le projet de la gauche. Les questions de chaque minorité devraient peut-être être abordées sous l'angle de ce en quoi elles concernent l'ensemble des personnes souhaitant une alternative au néolibéralisme et à l'individualisme. Deuxièmement, la question du travail dans le secteur tertiaire reste peu problématisée. Les gains de productivité touchent la santé de tous les travailleurs. L'augmentation de l'âge de la retraite, dans les conditions de travail actuelles, est une illusion, sans compter qu'il faudrait qu'il y ait du travail pour tout ceux qui devront travailler plus longtemps. Oui, la gauche s'oppose souvent dans un travail courageux. Mais elle s'oppose et cherche parfois des compromis. Cette démarche, incontournable, ne sera lisible que si elle s'inscrit dans une véritable projet qui permet de situer explicitement chaque décision.
nadia braendle sur Quelques pistes pour l’avenir de la gauche
Analyse qui fait avancer la réflexion au-delà des éternels constats décourageants. De plus cet article donne des pistes. Travailler en amont plutôt que de courir, toujours en retard, pour réduire les dégâts.
Jean-Jacques Isaac sur Papyrus, le papier qui libère
Merci pour cette leçon d'histoire pratique et locale. Il est intéressant en effet de situer le contexte de cette opération relativement exemplaire, et il faut imaginer ce que peut représenter pour une personne qui travaille chez nous depuis longtemps le passage de l'obscurité à la situation régulière que confèrent des papiers en règle.
Claude Bossoney sur «Monnaie pleine» (suite): en quête de réponses pratiques
Étonnant que le sujet d’une prochaine votation ne provoque pas plus de réactions! La première raison est certainement due à la complexité du problème. Comme le dit justement Werner Vontobel, cité dans l’article, pour la plupart des gens la réaction face à l’initiative est: «monnaie pleine, je ne m’en sors pas.» Ce problème pose les limites de la démocratie directe: est-il judicieux de poser au peuple une question aussi technique? Vontobel le dit d’une autre manière lorsqu’il renonce à discuter l’argument des bulles spéculatives, «trop compliqué pour des laïcs!» Il faut en effet être grand maître économiste pour en comprendre la gnose. La seconde raison est que l’économie est tout sauf une science exacte. Incapable de prévoir les crises économiques, elle peut par contre doctement nous expliquer pourquoi et comment elles se sont produites. Il n’y a ainsi pas de vérité en économie mais des sentiments: lorsque Vontobel nous dit que le système bancaire dual est la cause du succès de notre économie, c’est un point de vue. Je gage que les partisans de monnaie pleine sont d’avis que ce système est justement la cause des difficultés récente de cette économie. La troisième raison est que ce sujet est porteur d’émotions, particulièrement depuis 2008; il ne se passe pas de mois sans que l’on nous rapporte un scandale lié aux activités d’une de nos grandes banques d’affaires. Les banquiers mettent eux-mêmes de l’huile sur le feu, en s’offusquant des règles qu’on leur impose et qu’ils ont eux-mêmes provoquées. Enfin les salaires indécents qu’ils s’octroient ne provoque pas d’empathie pour la profession. Je ne sais ce que je voterai en juin prochain mais s’il faut un nouveau président de la banque nationale pour faire face à ses nouvelles responsabilités je proposerais Federer. Il est populaire, n’aura pas besoin de salaire, et avec lui la qualité du service sera garantie.
Marc Lebon sur «Monnaie pleine» (suite): en quête de réponses pratiques
J'ai lu avec intérêt l'article de M. Ghelfi. Il est vrai que les conséquences de l'initiative seraient complexes. Une critique efficace devrait néanmoins essayer de ne pas déformer à l'excès le projet sous peine de se dévaloriser elle-même. J'ai le sentiment que l'article en question passe à côté de certains points essentiels et se satisfait d'approximations qui enlèvent son mordant à la critique. Certaines affirmations me semblent discutables, sinon erronées. 1) "Le moyen proposé – accorder à la Banque nationale le monopole de la création monétaire – ne permettrait pas d’y parvenir." Ne serait-il pas judicieux d'écrire que ce monopole figure dans la constitution actuelle? 2) La monnaie pleine «ne rapportera pas d’intérêts». C'est l'argent placé sur les comptes courants et les comptes d’épargne qui ne rapportera pas d'intérêt. Les banques commerciales continueront à prêter de l'argent contre intérêts, après analyse des risques, comme aujourd'hui. Elles continueront à accepter l'argent des clients qui souhaitent voir leurs placements rémunérés et le géreront comme aujourd'hui. C'est leur métier et il le restera. Simplement, le client choisira en connaissance de cause de placer son argent avec risques et intérêt ou de laisser son argent sur un compte courant ou d'épargne. Dans ce second cas, son argent n'appartient pas à la banque qui gère uniquement l'infrastructure, il est garantit par la BNS. En cas de faillite de la banque, il lui est simplement restitué. 3) Les banques commerciales "ne pourront plus compter sur ce qu’elles appellent la marge d’intérêts, soit l’écart entre les intérêts facturés sur les prêts accordés et ceux versés sur les dépôts d’épargne." Comment est-il possible à M. Ghelfi d'ignorer que les prêts accordés par les banques ne proviennent pas, dans leur grande majorité, de l'argent placé sur les dépôts d'épargne? Si initiative n'avait qu'un avantage, ce serait bien celui d'avoir mis en lumière la création de 90% de l’argent en circulation par les banques commerciales. M. Mirabeau, adversaire déclaré de l'initiative décrit très bien le phénomène (Le Temps, 19 mars 2018): "Actuellement, les banques commerciales peuvent créer elles-mêmes de la monnaie scripturale, laquelle représente près de 90% de la masse monétaire, le reste étant constitué des pièces et billets mis en circulation par la BNS. Ainsi, lorsqu’elles octroient un crédit à un client, les banques inscrivent le montant correspondant à l’actif de l’emprunteur et comptabilisent chez elles un engagement, ce qui revient à créer de la monnaie scripturale." Ce n'est en général donc pas "l’écart entre les intérêts facturés sur les prêts accordés et ceux versés sur les dépôts d’épargne" qui rémunère les prêts accordés par les banques. La monnaie scripturale créée par la banque lors d'un prêt ne lui coute que d'avoir entre 5 et 10% de fonds propres en regard du prêt. La banque encaisse la totalité des intérêts payés par le débiteur. Dans le cadre de la "Monnaie pleine", les banques devraient emprunter à la BNS l'argent qu'elle prêtent si elles ne l'ont pas en caisse. Elles devraient donc payer un intérêt à la BNS pour cet argent emprunté, avant de le prêter plus loin à leurs clients. Le bénéfice de la création monétaire reviendrait à la BNS et par son intermédiaire aux pouvoirs publics et à la population. Les banques commerciales seraient rémunérées uniquement pour leur travail et pour les risques qu'elles prennent. Elles perdraient le bénéfice de la création monétaire, réservé constitutionnellement à la BNS. C 'est une des raisons de leur opposition au projet! 4) "Comment la BNS s’y prendra-t-elle pour déterminer à intervalles réguliers la quantité nécessaire de monnaie (pleine) nécessaire pour être en phase avec le développement de l’économie?" Les crédits aux particuliers et aux entreprises continueront d'être accordés de manière décentralisée par les banques commerciales, qui possèdent une bonne connaissance de leur clientèle et de leurs besoins. Ce sont les emprunts des banques auprès de la BNS pour disposer de l'argent nécessaire qui seront un signal déterminant pour la BNS afin de déterminer la quantité de monnaie utile. 5) "Une augmentation excessive par rapport à une évolution moins favorable de la conjoncture pourrait enclencher un processus inflationniste." Une masse monétaire excessive constitue un élément nécessaire pour le déclenchement d'une inflation. Elle n'est de loin pas un élément suffisant. 6) "Dans le système actuel, la BNS pilote l’évolution de la conjoncture, la demande de monnaie et de crédits par le canal des taux d’intérêt. Elle peut les faire varier à la hausse en période d’inflation ou au contraire à la baisse en temps de récession. Avec la monnaie pleine, ce pilotage se ferait exclusivement par le biais de la masse monétaire. Elle ne pourrait faire simultanément les deux manœuvres. L’expérience des dernières décennies montre que le pilotage par les taux d’intérêt est préférable et plus efficace." Puisque les banques commerciales devront emprunter la majorité de l'argent qu'elles prêtent à la BNS, celle-ci aura les mêmes moyens qu'aujourd'hui pour agir sur les taux d'intérêts qu'elle exige, et par conséquent sur la masse monétaire. 7) "La situation inverse – celle où il faut retirer de la monnaie en circulation parce que la conjoncture s’échauffe – soulève des problèmes beaucoup plus trapus. Devra-t-on demander à la Confédération ou aux cantons ou aux citoyens de restituer une partie de l’argent qu’ils ont reçu précédemment et qu’ils ont probablement dépensé dans l’intervalle?" Lors de l'octroi d'un prêt par une banque, on a aujourd'hui une création de monnaie scripturale. A l'inverse, lorsque le prêt est remboursé, il y a destruction de monnaie. Dans la cadre de la monnaie pleine, lorsque le prêt est remboursé, en principe, l'argent est rendu par la banque commerciale à la BNS. En modulant ses taux d'intérêts demandés aux banques, la BNS pourra comme aujourd'hui agir sur la masse monétaire. ++++++++++++++++++++++ Je ne suis pas économiste et je parie qu'un spécialiste pourra trouver des erreurs dans mon argumentation. Ce que je souhaite montrer ici, c'est que l'article de M. Ghelfi ne donne pas l'impression d'une analyse objective de l'initiative.
Antoine Wasserfallen sur La participation de Suisses à la traite négrière
Vous allez rire: je disposais d'exemples numériquement bien plus importants que ceux rassemblés par cet excellent conservateur et historien (j'en ai même publié des bouts, notamment sur la veuve F...). Malgré mes exemples plus importants (quantitativement je veux dire), cela avait peu d'importance (quantitative, car oui c'est affreux déjà pour une personne enlevée) en regard des vrais flux totaux. A l'évidence de qui étudie cette histoire nationale (suisse, donc) de l'esclavage, les Helvètes s'en foutaient pas mal, ou même pire se tenaient à l'écart de ces commerces. On n'est pas dans les armoires de Nantes, si j'ose dire (trafic triangulaire pour celle et ceux qui connaissent). 'Circulez, rien à voir', pas vraiment mais pas grand-chose de plus. Chercher le scandale historique sous cet angle c'est de la sexologie à la loupe. L'oeil du cyclone est vraiment centrée sur nos amis français, anglais, arabes, portugais ou néerlandais. Nous les purs des montagnes alpines de nos vallées, pour une fois on n'a pas fauté ... au moins cette fois. Pas mal tout de même. Avec mon épouse noire (chanteuse) descendante d'esclaves à l'arrivée cubaine, nous estimons tout de même que ce brassage violent de l'histoire humaine a amené le jazz sur base des mélopées des déportés. Donc reconnaissant à l'amertume de l'esclavage d'avoir donné cet immense coup de sac du loto aigre doux sur l'humanité et sa culture. C'est la vie. C'est l'histoire. Il n'en sort pas que du mauvais. On reste dans la vision de la 'vallée de larmes'. PS www.arisotoche.ch contient mes sources qui seront bientôt déposées aux archives neuchâteloises; sinon voir A. Wasserfallen (et al.) sur Les Borel (thèse EPFL - disponible en ligne en texte intégral - , ou Cabédita 'Les Borel ...' et autres - 'd'un rivage à l'autre', BPUN Ne). Vous y trouverez même les prix d'achat des esclaves et leurs rendements financiers annuels ... considérés comme résultant de traitements cruels et finalement peu rentables ...
Mario Jelmini sur «Monnaie pleine»: une théorie reste une théorie
Ce qui compte, ce n'est pas la liste en soi mais les raisons qui poussent les personnalités qui figurent dans cette liste à se prononcer en faveur de l'initiative Monnaie Pleine. Pour connaître leurs arguments, j'ai donné les références: http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/entrepreneurs-et-financiers/ et http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/scientifiques/.
Ruhal Floris sur «Monnaie pleine»: une théorie reste une théorie
Une telle liste n'est aucunement un argument! Est-ce un aveu de faiblesse?
Christiane Roh sur Le rôle majeur des Anglais dans le tourisme en Suisse au 19e siècle
Pour quelque chose d’un peu plus illustré et plus facile à lire, on peut acquérir celui-ci: “Slow train to Switzerland: one tour, two trips, 150 years and a world of change apart” by Diccon Bewes C’est un compte rendu du premier voyage organisé de Thomas Cook à travers les Alpes, que l’auteur refait de nos jours en s’appuyant sur le journal d’une des ladies qui y avait pris part. Il existe je crois aussi une traduction française.
Meier Christoph sur «Monnaie pleine»: une théorie reste une théorie
MP propose seulement de régler un des paramètres de notre système économique: la création monétaire. L'argent est à l’économie ce que l'air est au moteur de la voiture: il sans valeur intrinsèque mais indispensable en quantité précise, sinon le moteur s’arrête. M Ghelfi admet qu’environ 90% de l’argent en circulation est créé par les banques. Mais, si vous pouviez créer de l'argent presque librement, n'auriez-vous pas automatiquement tendance à en créer trop? Les banques cèdent régulièrement à cette tentation, créant des bulles spéculatives à répétition comme en 1929 et en 2008, et des centaines de fois entre les deux. De 1992 à 2008, les banques ont créé presque 4 fois plus d’argent que nécessaire pour compenser l’augmentation du PIB. Ces crises ne résultent donc pas d'une quelconque pénurie, elles sont le produit d'un système financier débridé. MP propose une solution aussi simple qu’efficace. Elle stabilise le système financier, sécurise l’argent sur nos comptes tout en rapportant de l’argent à l’Etat. C’est une solution élégante qui s’attaque à la racine du problème sans aucun effet négatif, ni pour l'économie, ni pour les clients des banques, tout au contraire! Avec MP, il n’y aura plus que des «billets». Les comptes en banque seront comme des «coffres» individuels contenant l’argent appartenant aux clients, mais géré par la banque. En cas de faillite de la banque, le client ne subit aucune perte. Pour la transition, si nécessaire, les banques achètent ou empruntent à la BNS les billets nécessaires pour transformer toute leur monnaie scripturale, leurs promesses d’argent, en MP. (Aujourd’hui, les banques ont tellement de réserves auprès de la BNS qu’elles peuvent transformer tous leurs comptes courants en monnaie pleine / monnaie BNS, du jour au lendemain.)
jacques vallotton sur Après No Billag, ouvrir le vrai chantier du paysage médiatique suisse
Excellent papier qui remet l'évolution de la SSR dans un contexte historique et décrit les enjeux futurs avec l'arrivée de la numérisation. Les menaces d'une forte privatisation des nouveaux vecteurs sont bien réelles et la place du service public risque de rétrécir de manière drastique si on laisse trop de latitude aux lobbies des médias privés d'affaiblir la SSR. Le rôle de la politique est primordial pour éviter de dangereux déséquilibres.

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