Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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Derniers commentaires

curieux sur Où mène l’incessante compétition fiscale?
Le réquisitoire de M. Piccand est sévère mais juste. Je suis d'accord avec lui. Je note aussi le fair play de Domaine Public qui publie ce commentaire. M. Piccand a raison: c'est précisément la gauche qui a pesé de tout son poids pour faire passer des décisions antisociales mettant gravement en danger les acquis des travailleurs suisses. Quand il m'est arrivé de développer ce même argument sur DP (en mettant l'accent sur le jurisprudence de la Cour européenne de justice rendant OBLIGATOIRE le dumping social) le modérateur m'a fait remarquer qu'une partie de la gauche est d'accord avec moi: l'extrême gauche. C'était la première fois qu'on me disait que je suis d'extrême gauche. Donc je suis d'accord avec M. Piccand, avec l'extrême gauche et je ne comprends pas comment la gauche a pu trahir à ce point les intérêts qu'elle est censée défendre. Enfin ce n'est pas tout à vrai, je le comprends bien et j'ai mon explication de ce phénomène: la gauche libérale est une création et un instrument de la haute finance internationale, au même titre que la droite ou centre droite libérale. Pourtant l'article de M. Delley aurait pu être écrit par un "populiste", notamment quand il dit: "Si l’économie tourne à plein régime, elle ne nous enrichit pas pour autant." Cet article reflète, involontairement peut-être un malaise populaire dont on parle peu, mais il est réel. Il y a un certain agacement chez les Suisses de souche, je le ressens moi-même, devant cette invasion d'"expats", qui vivent entre eux et ne parlent qu'anglais. Ils font marcher le petit commerce, oui. Par exemple le garden center Schilliger. Ils gagnent de l'argent et le dépensent. Tant mieux. Mais on commence à en avoir marre de n'être plus chez soi. Nos zottorités se mettent à plat ventre devant ces gens, en baissant les impôts pour qu'ils puisse venir, mais que restera-il pour les Bolomey et les Krähenbühl? Et puis aussi, du moment que ces multinationales mettent leurs "headquarters" en acier et en verre au beau milieu de nos vignes, pourquoi n'engagent-elles pas des "locals" et font-ils venir tous ces expats? On en a ras le bol. Les "locals" en ont ras le bol! Et on a pourtant voté pour des quotas et des plafonds d'immigration, mais les autorités refusent d'appliquer notre décision qui est pourtant devenue un article constitutionnel. Donc l'invasion continuera et le populo "local" enrage. En ce moment le PS est euphorique d'avoir gagné sur la RIE III mais cela pourrait bien être une victoire en trompe l'oeil, car en réalité on peut lire ce vote comme un vote souverainiste contre l'UE et l'OCDE, un vote xénophobe contre les expats, un vote anti-establishment certainement, bref un vote populiste et même identitaire qui annonce un climat de plus en plus Brexittrumpiste, si j'ose ce néologisme. De n'importe quelle façon qu'on mette les choses on en vient gentiment au point où il ne nous restera plus qu'une seule solution: une initiative pour résilier purement et simplement l'accord de libre circulation des personnes.
Noel Benalou sur Où mène l’incessante compétition fiscale?
Ne connaissant pas les arcanes de la vie politique de la Suisse, je limiterai mon commentaire aux seuls aspects économiques. Tout d'abord remarquons que l'article de Jean-Daniel Delley, centré sur les les limites de la concurrence fiscale, a au moins le mérite de mettre le doigt sur certaines questions importantes ignorées par la réforme de la fiscalité des bénéfices des entreprises, aussi bien celle qui vient d'être recalée par le peuple que celle qui est actuellement en discussion sous forme de plan B. En gros l'article en question semble attirer l'attention sur les externalités négatives associées à cette réforme. 1) Attirer les entreprises étrangères pour maintenir les emplois actuels et sans doute en créer de nouveaux est une bonne chose pour l'économie. Mais le revers de la médaille est que cette politique est de nature à engendrer des tensions d'abord sur le marché du travail, ensuite sur le marché immobilier, sans parler de la saturation des moyens et des infrastructures de transports, et donc de la détérioration de la qualité de ces derniers notamment aux heures de pointe. En clair une fiscalité par trop favorable aux actionnaires des multinationales finirait par se traduire par un afflux de main-d'oeuvre étrangère, en raison de la pénurie du travail qualifié en Suisse, et subséquemment par une demande accrue de logements avec son cortège de hausse de loyers, du prix de mètre carré et de la rente foncière et immobilière. Point n'est besoin d'être grand clerc pour affirmer que cette politique qui est censée faire le bonheur des citoyens ne semble pas compatible avec les préférences de la majorité d'entre eux, à tout le moins si l'on tient compte du message envoyé aux politiques par le vote du 9 février 2014. En outre le recours aux travailleurs étrangers est de nature à tirer les salaires vers le bas et par conséquent à freiner le mécanisme de la substitution du capital au travail, si bien qu'il n'est pas absurde d'affirmer que la concurrence fiscale pourrait priver l'économie d'une régulation endogène des flux migratoires par la technologie. 2) L'économie suisse tourne actuellement à plein régime, en dépit de la sur-évaluation du franc par rapport à l'euro et compte tenu de la dépendance à l'égard de la zone euro. Une baisse de la fiscalité dans un tel contexte équivaudrait à une relance par l'investissement étranger, et donc à une appréciation du franc et des tensions sur certains marchés (travail et logements), tout particulièrement si les firmes étrangères ne trouvent pas le personnel local adapté à leurs besoins de recrutement et si tant est qu'elles choisissent leur localisation en fonction du seul critère fiscal, comme semblent le croire dur comme fer les partisans de la RIE III. En résumé la réforme de l'imposition des entreprises comporterait le risque de neutraliser les effets de la politique monétaire menée actuellement par la BNS, bien qu'il faille noter que les effets de celle-ci sont en général complexes. En effet la Banque nationale pourrait être contrainte de durcir sa politique de taux d'intérêt négatifs et, partant d'aggraver la situation de certains agents économiques. Dans cette hypothèse la concurrence fiscale se traduirait par un appauvrissement des retraités. 3) Enfin last but not least toute concurrence fiscale n'est pas forcément bonne, tout particulièrement lorsqu'elle débouche sur une réduction des ressources fiscales des collectivités territoriales (cantons, communes, villes dans le cas de la Suisse). Tout le monde s'accorde sur le caractère déséquilibré de la réforme qui vient d'être retoquée et le manque à gagner a fait l'objet d'un chiffrage précis. De surcroît un argument a été avancé par les partisans de la réforme : il consiste à dire que la concurrence fiscale entre les cantons constitue un frein à l'endettement. Or, on peut démontrer sans peine que la concurrence fiscale aboutira à des gagnants et des perdants et que ceux-ci seraient probablement plus nombreux que ceux-là. Dans ces conditions il est fort probable que certains cantons recoureront soit à la solidarité fédérale, en l'occurrence l'impôt fédéral soit à la mise en place d' un programme d'austérité au détriment de la formation, de la santé ou de l'action sociale, soit encore à un relâchement de la discipline en matière d'endettement, tout particulièrement si les dépenses publiques restent constantes ou augmentent consécutivement à un apport démographique. En tout cas il est vraisemblable que la concurrence fiscale conduise à l'émergence d'un aléa moral, notamment lorsque l'impôt fédéral compense le manque à gagner des cantons et/ou à un affaiblissement du mécanisme de la discipline en matière d'équilibre des finances cantonales.
michel piccand sur Où mène l’incessante compétition fiscale?
Quand le PS commence à avoir des problèmes avec la réalité. L'inventaire économique que vous exposez en renvoyant sur le site watson est en substance celui que font depuis plus de dix ans ceux que vous traitez de populistes... Ce n'est pas grave... L'article sur watson se demande si la Suisse n'est pas schizophrénique, alors quelques petits rappels pour faire l'anamnèse d'un parti socialiste qui assurément montre ici des altérations profondes dans son fonctionnement cognitif... 1. En Suisse la libre-circulation des personnes par laquelle il faut entendre dérégulation du contrôle migratoire a été introduite pour des motifs de compétitivité. Tous les rapports de croissance du Conseil fédéral des années 90 n'ont jamais fait état que des gains de compétitivité qu'il y aurait à retirer de la libre-circulation des personnes, et il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre qu'il s'agissait de la plus drastique dérégulation du marché du travail que l'on pouvait imaginer de New-York à Singapour... ==> le PS informé de cette dérégulation du marché du travail l'a totalement défendue et soutenue. 2. Le processus de libre-circulation des personnes (par lequel dans les sphères dirigeantes, PS compris, on n'a jamais compris autre chose que dérégulation du marché du travail et du marché immobilier) est limité par deux décisions historiques dans lesquelles le PS est co-maître d'oeuvre. a. En 1999, avant que la libre-circulation ne soit introduite en Suisse, le parlement a décidé que cette question ne devait pas être soumise au peuple... La totalité des membres du PS à Berne ont voté pour que cette question soit soustraite de la volonté du peuple... et soustraite subsidiairement de la double majorité du peuple et des cantons... C'est uniquement parce que des "populistes" ont demandé le référendum que cette question pourtant primordiale a été présentée devant le peuple... et gagnée grâce à la double-majorité court-circuitée par vos soins... b. Le 9 février 2014 le peuple a exigé que l'on retourne à un contrôle migratoire face à l'UE, en réalité que l'on sorte de la libre-circulation des personnes. C'est le PS qui a été l'artisan majeur du refus par le parlement d'appliquer la volonté du peuple et l'a confisquée en violant la Constitution et dans ce que le prof. Grisel nomme un coup d'état... CQFD. De la première décision en 1999 à la dernière en 2014 concernant la libre circulation des personnes, qui est en substance une dérégulation du marché du travail et du marché immobilier, le PS a été un des artisans majeurs de l'introduction de ces dérégulations et aujourd'hui de leur pérennisation.... Sans vous le Parti Socialiste, ces dérégulations n'auraient jamais pu être introduites en Suisse. Vous êtes les premiers responsables si les jeunes de ce pays ont des loyers en hausse et des salaires en baisse [pour rappel moins 7% des salaires d'entrée des jeunes universitaires en Suisse entre 2000 et 2010...] Alors j'ai une question pour vous. Si votre dentiste vous détruit toute votre dentition, est-ce que vous retournez chez lui pour vous faire mettre des implants?
Giorgio Zürcher sur Réforme de l’imposition des entreprises: les villes en prise directe
Après la défaite de la Réforme III, étant donné que la composition des Chambres fédérales n’en resulte pour autant changée, il est souhaitable de se concentrer sur un ou deux buts seulement. Le plus important probablement c’est l’abolition de la concurrence fiscale intercantonale.
Jean-Pierre Ghelfi sur Isolationnisme américain: menace pour la place industrielle suisse
Il ne suffit heureusement pas encore que le nouveau président des Etats-Unis déclare que la Suisse doit cesser de manipuler sa monnaie pour que la BNS se mette au garde à vous. D’abord parce qu’il ne l’a pas encore fait. Ensuite parce que son administration est dans un tel beusier qu’il devrait avoir d’autres chats à fouetter. La BNS conserve toute latitude pour défendre sa monnaie. Rien ne lui interdit, si elle le juge nécessaire, de continuer d’acheter des devises. Elle dispose d’une grande marge de manoeuvre, qu’on peut chiffrer en centaines de milliards. Ce qui donne un certain répit! Considérer que la question du franc (trop) fort pourrait être réglée par un transfert du financement de la protection sociale sur les impôts directs a au moins le mérite de stimuler la réflexion. Un telle transformation — allons-y: une telle révolution —, à supposer quelle permette d’obtenir les résultats escomptés, nécessiterait des changements législatifs considérables, y compris dans des lois cantonales. Or ici, comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres pays, les salariés en ont un peu marre de passer pour les dindons de la farce: rien pour eux depuis des années, tout pour les entreprises (et leurs propriétaires). Au surplus, pour le moment au moins, avec une situation de quasi plein emploi, le problème, chez nous, n’est pas tant de stimuler l’activité économique. Dans un univers de changes flottants, il est peu vraisemblable que le renvoi à J.M.Keynes et à la parité-or puissent servir d’arguments vraiment convaincants. Car, last but not least, nos rythmes législatifs helvétiques sont tels que les négociations nécessiteraient plusieurs années. Avec l’absence totale de garantie que le projet finirait par obtenir l'onction populaire. Et sans perdre l’espoir que la situation économique finisse par se normaliser: la presse de ce dimanche 19 février relève que pour la première fois depuis dix ans tous les 28 pays de l’union européenne ont enregistré une croissance de leur économie.
Noel Benalou sur Isolationnisme américain: menace pour la place industrielle suisse
Force de constater que la politique monétaire menée par la BNS commence à atteindre ses limites, sans doute en raison de la politisation des cours de change: la Suisse figure sur la liste des pays qui sont accusés de manipuler le taux de change à des fins domestiques. D'autre part le peuple vient de rejeter la troisième réforme de l'imposition des entreprises. Si la BNS ne peut plus intervenir sur le marché des changes ou baisser davantage ses taux d'intérêt dans la zone négative sans s'exposer aux foudres de l'Administration Trump, on peut se demander si l'alternative ne réside pas dans une dévaluation fiscale: transférer le financement de la protection sociale des entreprises vers une fiscalité des revenus a l'assiette plus large, équivaut à court terme à une dévaluation réelle. Une telle dévaluation certes réduit le pouvoir d'achat des ménages à court terme, mais elle stimule l'activité économique en augmentant la compétitivité des secteurs exposés à la concurrence étrangère. En clair il faudrait que la politique budgétaire prenne le relais en cas de contraintes supplémentaires sur la politique monétaire. Dans le cas de la Suisse une telle mesure qui semble être réclamée par le patronat et considérée comme une solution au franc fort n'est pas sans inconvénients, car elle modifie la répartition de la valeur ajoutée en faveur des profits et pénalise les salariés en tant que consommateurs. En revanche elle pourrait sauver des emplois dans le secteur exposé à la concurrence internationale, pourvu qu'elle franchisse la rampe, si elle est traduite en initiative populaire. En tout cas cette proposition que la politique fiscale peut répliquer les effets d'une dévaluation monétaire remonte à Keynes: "Précisément les mêmes effets que ceux produits par une dévaluation de la livre sterling d'un certain pourcentage, peuvent être produits en combinant l'introduction d'un tarif sur les importations à celle d'une subvention équivalente sur les exportations, avec l'avantage de ne pas affecter la parité de la livre par rapport à l'or, et donc la valeur des obligations britanniques en or." En résumé la dévaluation fiscale peut stimuler l'activité économique lorsque le recours à l'instrument monétaire est contraint.
Daniel sur Les deux armes de dissuasion massive de la Banque nationale
Cet article laisse un peu sur sa faim (notamment sur sa fin). L'impression qui domine est le fatalisme, comme s'il n'y avait rien à faire. Si la BNS s'avère en définitive impuissante à affaiblir quelque peu le franc, il vaut peut-être la peine de suivre d'autres pistes, notamment en s'intéressant à ce qui renforce le franc. Pourquoi ne pas s'interroger plus sur la stratégie qui consiste à attirer des sièges de sociétés étrangères en Suisse par tous les moyens ? Au fond, Est-ce que le peuple suisse lui-même ne vient pas d'indiquer une voie de sortie en refusant la RIE III et toutes ses astuces pour permettre à des multinationales de venir abriter leurs bénéfices en Suisse et par là même de contribuer à l'appréciation du franc ? Privilégier l'économie réelle contre l'astuce financière...
Noel Benalou sur Les deux armes de dissuasion massive de la Banque nationale
Depuis le début de l'année 2017 la BNS donne l'impression qu'elle s'est résignée face à l'appréciation du franc, alors que celui-ci est quasiment à parité égale avec l'euro (vendredi 10 février 2017 un franc s'échangeait à 1,0664 pour un euro). En tout cas on n'observe pas une intervention massive sur le marché des changes et les taux d'intérêts négatifs restent également inchangés. Comment expliquer cette relative passivité des autorités monétaires, alors qu'elles ont pour mission de veiller à ce que le taux de change n'asphyxie pas l'économie? On peut avancer deux éléments d'explication à cette nouvelle attitude de la BNS. 1) Désormais la BNS ne semblerait plus libre dans la manipulation des deux instruments de sa politique monétaire en raison de la politisation de la politique des taux de changes par l'Administration Trump. En effet la BNS ne pourrait pas affaiblir le franc sans s'exposer aux foudres du département du Trésor américain, lequel a en effet établi une liste des pays accusés de manipuler le cours de leur monnaie à des fins domestiques. La Suisse y figure sans doute du fait que le surplus des comptes courants et son intervention sur le marché des changes font d'elle un pays manipulateur de devises selon les critères retenus par le Trésor américain. 2) Il semblerait que la BNS soit prête à tolérer un franc à 1,05 pour un euro pour au moins deux raisons : d'une part le secteur des exportations a largement franchi le creux de la vague :la balance des paiements helvétique demeure largement bénéficiaire. D'autre part le spectre de la déflation s'éloigne puisque l'inflation semble revenir à un niveau positif.
Randin sur Pressions sur la Finma
La supposée citation de Lenine qui est surtout l'inventeur du totalitarisme est détestable. En fait se sont les Anglo-saxons qui disent : "I trust you, but I control".
Berney Philippe sur Les deux armes de dissuasion massive de la Banque nationale
Peut être aurait-on dû accepter l'EEE et l'Euro. On n'aurait pas ce problème de nanti et on participerait courageusement à la vie communautaire de notre continent. Pourquoi n'en parlez-vous pas?
Noel Benalou sur Les deux armes de dissuasion massive de la Banque nationale
L'analyse de M.Ghelfi peut être résumée ainsi: la BNS a fait un boulot formidable dans le cadre de son mandat. Elle a donc tout a fait raison d'avoir opté d'agir au service de l'intérêt général, et cela en dépit des conséquences indésirables de ses actions sur certains secteurs, régions, investisseurs institutionnels ou banques cantonales. L'abandon du taux plancher comme bouclier protecteur n'a pas freiné l'appréciation du franc par rapport à l'euro. Néanmoins, l'adoption des taux négatifs combinée à l'intervention sur le marché des changes ont des avantages et des inconvénients avec une perception asymétrique sans doute très accentuée dans l'opinion publique. Ces mesures non conventionnelles destinées à rendre les placements domestiques moins attractifs ont permis de limiter les dégâts sur l'économie réelle, à défaut de produire pleinement les effets escomptés. Le bilan est globalement satisfaisant si l'on compare une situation d'action à celle d'une totale passivité des autorités monétaires. Et ce d'autant qu'une petite économie ouverte comme la Suisse ne peut se payer le luxe d'avoir une politique monétaire indépendante avec un taux de change fixe (implicite depuis l'abolition du taux plancher) et une libre circulation de capitaux. Ensuite M.Ghelfi s'interroge sur le bon rapport entre les réserves de changes et la richesse nationale. Plus précisément existe-il un ratio optimal entre les réserves de devises et le PIB au-delà duquel l'Institut d'émission perdrait le contrôle de la situation? Certes dans l'absolu la BNS dispose d'un pouvoir illimité en matière de création monétaire tant que ses billets sont acceptés par les agents privés. En réalité il existe un mécanisme endogène qui discipline les autorités monétaires. Si la BNS fait fonctionner sa planche à billets indéfiniment dans le souci de protéger l'économie réelle des fluctuations du taux de change (en achetant massivement des euros et des dollars dans le cas de la BNS), elle courra le risque de faire exploser son bilan avec des perspectives de pertes comptables considérables. Sans parler du fait qu'une expansion monétaire débridée pourrait déclencher un processus inflationniste, et d'autres risques tels que l'investissement par la BNS dans une devise, en l'occurrence l'euro, dont on n'est pas certain qu'elle existera encore à moyen terme. Par ailleurs il est important de noter que le pouvoir et l'indépendance de la BNS ne sont pas illimités. C'est sans doute la crise financière qui a contribué à diffuser cette impression dans le public. Certes la politique monétaire joue un rôle de premier plan dans l'économie suisse, mais elle produit des externalités qui ne sont pas forcément positives. Ainsi les mesures non conventionnelles peuvent avoir leurs gagnants et leurs perdants et la politique monétaire menée actuellement reflète une contrainte extérieure sur laquelle la BNS ne semble pas avoir de prise. Dans ces conditions il ne faudrait pas attendre trop de la politique monétaire, alors que son domaine de compétences est clair, à tout le moins dans la Constitution, à savoir créer les conditions de stabilité monétaire favorables à la croissance et à l'emploi. En règle générale, en présence d'une telle contrainte la puissance publique pourrait réaliser un second best via par exemple le mécanisme de transferts en faveur des perdants. Par exemple, les pertes encourues par les caisses de retraite par capitalisation en raison des taux négatifs de la BNS pourraient être compensées par une taxation modérée sur les plus-values des actions.
Ruhal Floris sur RIE III et le monde
Là et malgré les nombreux articles de M. Delley, on comprend encore moins qu'avant. Pour certains opposants rien ne vas changer pour les multinationales, il auront un taux plus élevé mais pourront faire des déductions, le résultat sera le même alors on ne voit pas pourquoi les actionnaires gagneraient quoi que ce soit pour les sociétés concernées. Les gagnants semblent être les entreprises suisses qui paient des impôts, moins de la moitié. A la lecture de quelques témoignages, https://www.letemps.ch/economie/2017/02/09/pme-plebiscitent-rie-iii-meme-toutes-nen-profitent, on est là aussi loin d'une arnaque au profit d'actionnaires. Quant à la Suisse "parasite" qui nous dit que le découplage n'est pas dû aux profit de brevets et non à de la surfacturation. Je suis extrêmement déçu du traitement apparemment érudit mais finalement superficiel, par manque d'exemples précis, de ce sujet par domaine public.
Noel Benalou sur La BNS mine le deuxième pilier
Merci Monsieur Béguelin pour cette analyse qui attire l'attention sur la dégradation de la situation financière des caisses de pension. En effet depuis l'abolition du taux plancher en janvier 2015, la BNS a opté pour les taux d'intérêt négatifs et les interventions sur les marchés de change pour lutter contre l'appréciation du franc. Ce changement opéré sous la pression de la divergence des politiques monétaires des grandes centrales (BCE et FED) lui a permis d'éviter les pertes comptables. Cependant la stratégie des taux négatifs inflige des pertes à des caisses de pension et d'autres agents économiques par ex certaines banques cantonales. Ainsi les caisses de pension n'ont pas d'autres choix que d'augmenter les cotisations des salariés et de baisser les pensions à verser aux retraités pour compenser les pertes occasionnées par la politique de la BNS. Effectivement si la Banque nationale maintient cette ligne de défense, il faudra s'attendre à ce qu'elle mette beaucoup de monde sur la paille. Mais en réalité la BNS ne dispose pas de grandes marges de manœuvre, car l'efficacité de sa politique est fortement conditionnée par la situation économique et politique de la zone euro, et désormais sans doute par le changement intervenu récemment aux Etats-Unis, du fait que le Président Trump a ouvertement déclaré la guerre aux pays qui manipulent le taux de change à des fins domestiques. La Suisse en fait partie quoique sa situation soit plutôt subie que choisie en raison notamment de sa forte dépendance économique à la zone euro. Pour Monsieur Béguelin l'alternative aux taux de change négatifs résiderait dans la création d'une banque dont la mission principale est de financer de" nouvelles infrastructures technologiques et la modernisation de celles existantes"; Les caisses de pensions, la BNS et d'autres banques devraient lui apporter les capitaux nécessaires, lesquels devraient être rémunérés par un taux de l'ordre de 2%. L'idée serait intéressante si elle ne présentait pas le sérieux inconvénient de contribuer à l'appréciation du franc, et donc de ruiner les espoirs de la BNS de déclencher un comportement vertueux via les taux négatifs. En effet ceux-ci ont pour but de pousser les caisses de pensions, les compagnies d'assurance et les banques à investir massivement à l'étranger afin d'affaiblir le franc et donc de donner une bouffée d'oxygène aux industries exportatrices et au tourisme. Le problème est que les organismes de protection sociale, les compagnies d'assurance et les banques ne semblent pas manifester une appétence pour les placements à l'étranger, sans doute en raison d'une aversion pour le risque. C'est pourquoi la stratégie de la BNS peine à produire les effets escomptés et suscite des interrogations légitimes sur ses choix comme celles exprimées de manière limpide dans le papier de M. Béguelin. En résumé la politique monétaire s'avère impuissante pour desserrer la contrainte extérieure d'une petite économie ouverte avec un marché de capitaux de dimension internationale. En outre elle engendre des perdants et des gagnants. Dans l'idéal il serait souhaitable de mettre en place des mécanismes de compensation, par exemple pourquoi pas une taxation des plus-values sur les valeurs mobilières? le produit de cet impôt devrait être affecté aux caisses de pension afin de contre-balancer le surcroît de cotisations sociales occasionné par les taux négatifs de la BNS.
Noel Benalou sur RIE III et le monde
La réforme fiscale des entreprises est présentée comme un jeu à somme nulle en ce sens que les gains des uns sont compensés par les pertes des autres. Ainsi pour les partisans de la RIE III, si l'initiative est rejetée le 12 février 2017, ce seront plusieurs milliers d'emplois qui vont passer à la trappe, par suite de la contraction du PIB; en revanche pour les opposants, ce seront les collectivités territoriales qui vont en pâtir si l'initiative passe la rampe, en raison notamment de la baisse des recettes fiscales qui va en résulter mécaniquement. Mais dans cette histoire, force est de constater qu'il y a un troisième larron dont le sort reste inchangé ou s'améliore quel que soit le scénario qui se réalisera le 12 février 2017, en l'occurrence les actionnaires des firmes multinationales. S'il en est ainsi c'est précisément parce que la réforme n'est pas équilibrée, comme cela a été souligné par Jean-Daniel Delley dans DP et d'autres dans les médias suisses. En principe une réforme fiscale est un jeu à somme positive, et donc consensuelle, si elle améliore au moins le sort d'un individu sans détériorer celui d'un autre. En définitive cela revient à trouver le taux de taxation qui préserve l'attractivité du territoire sans se mettre à dos les puissants voisins dont les finances publiques n'affichent pas une bonne santé du fait d'une croissance atone alimentée par le climat d'austérité au plan européen. En clair, la bonne réforme serait celle qui résout cette équation en faisant baisser la pression sur la Suisse pour qu'elle cesse d'être désignée du doigt comme le pays qui siphonne la base fiscale de ses voisins. Sachant que la fiscalité n'est en fait qu'un instrument parmi d'autres atouts en matière d'attractivité du territoire. Enfin rappelons que la RIE III autorise les entreprises à déduire les intérêts des capitaux propres afin de réduire le bénéfice imposable . Or cette idée a été expérimentée en Belgique et elle ne semble avoir aucun impact positif sur l'emploi, du fait sans doute de l'absence de contreparties pour les entreprises. En tout cas, selon le père des intérêts notionnels, le professeur Bruno Colmant, cet outil est contre-productif.
Jeanneret Pierre sur «L’Hebdo», fin du journal d’une génération
Très bon article de Jacques Guyaz, qui traduit bien en effet les sentiments d'une génération face à L'Hebdo. La disparition de celui-ci me peine, mais de manière générale, car c'est tout le problème de la survie d'une presse écrite indépendante d'esprit qui se pose à nouveau avec acuité. Je regrette la fin de L'Hebdo ...mais je ne le lisais plus depuis longtemps. Toutes mes tentatives de réabonnement se sont soldées par des échecs après quelques numéros. Articles superficiels, peopolisation ou "boboïsation" du journal... Il y a longtemps que celui-ci avait perdu le ton incisif et oublié les enquêtes novatrices de ses premières années. C'est cela probablement aussi qui a provoqué une certaine désaffectation de son public-cible.
Curieux sur «L’Hebdo», fin du journal d’une génération
C'est le meilleur article que j'aie lu sur le sujet. M. Guyaz a le don de faire revivre une époque, si proche et déjà si lointaine, par ses notations précises. Il a juste oublié l'épisode du quotidien La Suisse, sur lequel on pourrait écrire un livre entier. L'article est très réaliste en montrant que c'est une génération qui passe, et rien de plus. Mais surtout, le mérite de cet article c'est qu'il ne tombe pas dans la pleurnicherie habituelle ni dans l'appel à une presse subventionnée de propagande. J'ai entendu Jacques Pilet s'exprimer à la radio et sincèrement il m'a fait de la peine. Il avait la voix brisée, presque chevrotante, et on sentait quel crève cœur c'est pour lui que l'œuvre de sa vie soit passée par pertes et profits. J'ai toujours été plutôt énervé par le ton "piletiste" de la presse des trente dernières années, mais reconnaissons à Jacques Pilet d'avoir été un grand patron à sa manière. Il aura marqué son époque. Le grand malentendu de cette affaire, c'est que l'équipe de l'Hebdo avait certes le cœur à gauche mais ces gens n'avaient pas l'âme de vrais militants, capables de faire des sacrifices pour la cause. Ils ont voulu mener un combat, qui au début avait une part de l'opinion avec lui, et qui aujourd'hui se retrouve clairement en porte-à-faux avec l'opinion, qui a basculé. Mais pour mener ce combat ils ont accepté le confort d'un grand groupe privé capitaliste et bourgeois. Certes Micheal Ringier a le cœur à gauche aussi, du moins il a toujours combattu l'UDC et il a toujours été pro européen. Seulement quand on est un grand bourgeois capitaliste, vient un moment où on fait ses comptes. Ringier s'est amusé à sponsoriser le gauchisme welsche. Puis ça a commencé à lui coûter trop cher. Cela l'équipe de L'Hebdo aurait dû le savoir et s'y attendre des le début. Les réactions pathétiques auxquelles on assiste font penser à une femme entretenue qui, son protecteur lui coupant les vivres parce qu'il n'a plus les moyens de la garder, dit qu'elle a "droit" à sa Porsche, à ses bijoux et à ses fourrures. Ou alors elle cherche un autre sugar daddy. Et c'est le cas des supporters de L'Hebdo qui maintenant aimeraient que le contribuable entretienne les 37 danseuses de ce corps de ballet. Si l'on veut mener un combat on ne peut pas le faire grâce à un mécène. C'est une chose que DP a comprise. Il faut absolument se doter des moyens de l'indépendance financière. L'exemple de la Wochen Zeitung (WoZ), qui est sauf erreur une coopérative, montre que c'est possible. Evidemment la WoZ fait des sacrifices pour survivre. Elle sait qu'elle ne peut pas compter sur les publicités des hôteliers de luxe. La WoZ n'appartient pas à une famille de l'establishment suisse des grandes affaires. Je me souviens d'un autre petit journal militant en Suisse romande: "Tout va bien". C'était plutôt bien fait et talentueux. TVB comme on disait a eu, evidemment, des problèmes de trésorerie. Ils ont fini par renoncer. Il me semble que beaucoup d'entre eux ont été récupérés par Pilet dans L'Hebdo. Il y avait des gens vraiment d'extrême gauche dans L'Hebdo, comme par exemple Gérard Delaloye, qui vient de casser sa pipe ce qui est triste, et qui était un vrai érudit. Evidemment ca se comprend qu'on préfère être payé par Ringier plutôt que par une coopérative de gauchistes. Mais alors il faut accepter aussi les conséquences. On ne peut plus prétendre mener un combat militant. On sait à quoi on s'expose. Peut-être que si les gens de TVB avaient été des vrais militants ils n'auraient pas accepté le marché du malin tentateur Pilet. Ils auraient continué à se serrer la ceinture, et aujourd'hui il y aurait en Suisse romande une autre WoZ, sur papier ordinaire et non sur papier glacé. Tant pis.
Jacques Menthonnex sur RIE III: le salaire de la peur
Dans les débats, alors que les partisans de la RIE III mettent bien en évidence leurs craintes de la perte d'emplois et le risque de chômage en cas de refus, personne ne semble se soucier du risque envisageable d'une trop forte immigration dopée par le niveau de la fiscalité en Suisse particulièrement intéressante dans certaines situations. Autant un blocage de l'immigration peut être grandement dommageable, une croissance démographique encore plus forte que celle actuellement observée poserait des problèmes financiers à ne pas négliger (coût des infrastructures, transports, marché du logement, écoles...) et des réactions politiques violentes et destructives ...
Delley sur J’économise, tu paies
L'article ne fait pas référence à l'ensemble des tâches de la Confédération mais aux seules prestations des assurances sociales. Par ailleurs une augmentation des dépenses ne signifie pas forcément l'absence de mesures d'économies. Ainsi la croissance du nombre de bénéficiaires d'une prestation va gonfler la dépense totale, alors même que, par mesure d'économie, le montant de la prestation individuelle va baisser.
Pierre Desponds sur J’économise, tu paies
Si la Confédération n'a fait qu'économiser depuis 25 ans, il est bizarre que ses dépenses aient passé de 31,6 milliards en 1990 à 66,5 milliards en 2015. Et donc que ses recettes (fiscales pour l'essentiel) aient augmenté dans les mêmes proportions de 110% (l'inflation a été de 30% pendant la même période). A mettre sans doute en rapport avec cette phrase prêtée à Churchill: "Je ne crois qu'aux statistiques que j'ai falsifiées moi-même".
Baier Eric sur «L’Hebdo», fin du journal d’une génération
Bravo à Jacques Guyaz pour son survol de toute une génération de l'Hebdo. Les petites annonces coquines, je ne l'ai jamais su, j'étais un protestant de gauche, noblesse oblige! Le vrai problème c'est que je ne regrette pas du tout la disparition de l'Hebdo. J'était totalement rétif à la publication des 100 ou 300 Suisses dont on a le plus parlé en... Mais l'essentiel de ma réticence, c'est un séminaire que j'ai suivi dans les années 90, avec comme animatrice une journaliste de l'Hebdo. Nous assistions de façon virtuelle à une séance du comité de rédaction de l'Hebdo et nous devions choisir la UNE et les pages suivantes. Pas de probème: la part du tape-à'oeil sexy, du cinéma hollywoodien déconnecté de la réalité, était prépondérante. Finalement ces tabloids (l'hebdo n'en était pas un, mais le plaisir d'utiliser le mot prime) étaient une abominable prime à la superficialité. Au fond, que restera-t-il de l'Hebdo pour les lecteurs de Domaine Public de ces mêmes années, attachés à la critique politique sans esbroufe excessive, à la transparence, à l'authenticité. Bravo Jacques Guyaz, sans ironie.

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