Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963

Derniers commentaires

Durussel André sur Deux artistes vaudois sortent du «purgatoire»
A l'heure où le bâtiment où se trouve le Musée Eugène Burnand est en sursis pour deux années, il est en effet important de souligner l'importance de ce peintre vaudois et de ses œuvres exposées à Moudon. Grand merci à Pierre Jeanneret pour cette contribution certes brève, mais essentielle. Ce "Millet protestant" a en effet marqué toute la génération de nos ancêtres. Mon grand-père maternel possédait une lithogravure qui illustrait la parabole des ouvriers dans la vigne (Matt. 20, v.1-6). Elle fait partie du célèbre volume in quarto de 151 p., avec 61 dessins et 11 planches hors texte, ainsi qu'une une préface de Eugène Melchior de Vogüé, membre de l'Académie française, un ouvrage édité chez Berger-Levrault à Paris en 1908. Lors d'une conférence dans ce musée moudonnois, le 1er oct. 2017, le professeur Daniel Marguerat a porté un regard de théologien sur ces œuvres religieuses en particulier, dont le nombre et l'importance sont à souligner. J'ai moi-même donné un exposé sur 8 paraboles de cet ouvrage de 1908 à des groupes d'aînés de 5 paroisses de l'EERV, de 2014 à 2017) . Ces notes (non exégétiques) sont à disposition des lecteurs de DP qui souhaiteraient en prendre connaissance.
Jean-Claude Eggimann sur Mondialisation: le rôle des fonds d’investissement
Curieusement, l'auteur de l'article esquisse les solutions au problème qu'il évoque: les fameux "fonds de pension" qui "exigent" une rentabilité élevée des capitaux investis servent aux travailleurs précisément des rentes de retraite, soit des salaires différés, et il n'est pas interdit auxdits travailleurs qui le peuvent -et ils sont plus nombreux qu'on l'imagine- à épargner dans des fonds de placement qui, eux aussi, "exigent une bonne rentabilité" des actions qu'ils gèrent. D'ailleurs le système de participation des travailleurs est de plus en plus introduit par les "bons patrons"; c'est peut-être là que politiciens et syndicalistes devraient agir.
Longet sur Le fédéralisme, cache-sexe des bâtisseurs depuis 40 ans
Cher Bernard, quel plaisir d'avoir de tes nouvelles par ce biais! J'ai bien précisé que la densification ne pouvait pas se poursuivre indéfiniment. Il y a en effet un solde migratoire positif mais aussi une propension à utiliser davantage de surface par individu. La désagrégation des familles, spécialement suite aux divorces (un mariage sur deux finit en divorce), sont à mon avis une cause bien plus importante de l'extension des zones à bâtir que la migration. Trop souvent le souhait de devenir propriétaire se traduit par la villa pavillonnaire car on oublie encore trop la PPE en immeuble urbain ou semi-urbain. Bref il y a une multitude de causes, et à ne focaliser que sur le solde migratoire on s'éloigne d'une approche systémique qui est seule à même à rendre compte de la complexité du réel. Faire à l'inverse de la question de la migration un non-sujet est tout aussi faux, et chaque territoire a une capacité d'accueil limitée, nous avons à nous réapproprier la notion de limites et de nous engager en tant qu'individus et en tant que pays pour que chaque être humain puisse vivre dignement dans son pays, sur sa terre, ainsi que de privilégier en toutes choses le savoir-faire et les compétences locales d'abord.
Longet sur Le fédéralisme, cache-sexe des bâtisseurs depuis 40 ans
Vos propos soulignent les miens: les cantons qui ont fait leur travail sont traités de la même manière que ceux qui ont encore du travail à faire, c'est bien un des points faibles de l'initiative. Mais il faut aussi constater que les manières de mettre en oeuvre les précisions successives apportées par le législateur aux objectifs de la loi n'ont pas vraiment de portée contraignante aussi longtemps que des dispositions d'exécution concrètes font défaut. Je suis par principe fédéraliste, car je crois à la subsidiarité et à la décentralisation. Mais il y a des enjeux qui ne peuvent pas souffrir trop de disparités, qui correspondent bien plus à des différences de ressentis et de proximité avec divers intérêts particuliers, qu'à des situations appelant objectivement des réponses différenciées. Que diriez-vous si la protection des forêts, des eaux, de l'environnement étaient gérées selon les répartitions des tâches propres à l'aménagement du territoire, en fonction des rapports de force politiques liés à ce dernier sujet? Cela paraîtrait non seulement choquant mais fort inapproprié par rapport aux enjeux.
Bernard Sartorius sur Le fédéralisme, cache-sexe des bâtisseurs depuis 40 ans
Tout à fait d'accord. Mais malgré l'exigence adéquate de densifier les constructions sur le domaine bâti et dans les zones à bâtir, on ne pourra pas éviter que la Suisse ne devienne un Singapour européen tant que nous aurons une augmentation nette de la population immigrée d'environ 50'000 à 80'000 personnes/année - nécessitant la construction d'une zone urbanisée pour un demi-million (chiffre bas, la réalité est très probablement plus élevée) de nouveau d'habitants tous les 10 ans. Je sais que cette pensée n'est politiquement pas très "correcte" mais réaliste. La Suisse ne peut pas être un pays d'immigration massive. Nous n'avons pas les espaces du Canada, de l'Australie, de la Russie etc.
Ruhal Floris sur «Deal»: les mauvaises bonnes idées de Fernand Melgar
Cet article n’apporte pas grand chose. La problématique de la drogue est bien connue et il ne s’agit pas de ça. L’occupation par les dealers de l’espace public urbain surtout à proximité des écoles est simplement insupportable et Melgar a raison. Et ces dealers sont bien identifiables par la couleur de leur peau, alors parler de contrôle au facies est un peu ridicule.
Laurent Ducommun sur «Deal»: les mauvaises bonnes idées de Fernand Melgar
En tant que simple citoyen, j'ai énormément apprécié la politique préconisée par le regretté Olivier Guéniat, et que vous semblez partager. En revanche vous axez votre commentaire sur le racisme qu'inspire les dealers, et là je ne vous suis pas du tout. A l'époque à Berne, je passais tous les soirs à proximité du Kocherpark, et les habitants du quartier étaient aussi remontés qu'aujourd'hui à Lausanne contre ce trafic à ciel ouvert, mais à l'époque les trafiquants n'étaient pas différenciables de bons Suisses comme nous. C'est vrai que le trafic à Lausanne est essentiellement tenu par des étrangers, mais ne va-t-on pas au marché parce que les vendeurs sont des agriculteurs, ou dans les hôpitaux, parce que la plupart des soignants sont étrangers, ou encore ne va-t-on pas en bateau à Evian, parce que la plupart des passagers sont Français ? Non, bien sûr. Pour moi la problématique de la drogue est vaste. Au Guatemala, d'où je viens de passer quelques jours, le marché de transition entre l'Amérique du Sud et les Etats-Unis est tenu surtout par de Guatémaltèques. Et le problème est bien bien plus sérieux qu'ici, les statistiques officielles du pays disent qu'il y a, en raison surtout de ce trafic et pour un pays de 17 millions d'habitants, environ quinze à vingt morts PAR JOUR, donc environ 120 morts par semaine, 500 par mois, 6'000 par année, et cela depuis des années... Quand, en Suisse, s'intéressera donc en priorité au recyclage de l'argent sale, qui fait vivre chez nous des tas de financiers, des tas de gérances immobilières, et aussi certains politiciens pas trop regardants sur cette problématique? La grande majorité des politiciens sont en effet des démagogues dans ce domaine, la priorité est pourtant de combattre les têtes du trafic, et elles sont bien plus connues qu'on ne veut l'admettre. Le racisme est une chose, le coeur du problème de la drogue est bien plus vaste qu'une couleur de la peau, et Melgar a eu raison de pousser ce coup de gueule.
Richard Lecoultre sur Questionner la mondialisation
Le monde évolue selon des modes: hier le christianisme, puis le communisme, et aujourd'hui, nouvelle religion résolvant tous les problèmes, la loi du marché. Selon ses grands-prêtres, tout le monde possède les mêmes capacités, la même immoralité, et vise les mêmes buts; tout le monde est béni par l'esprit d'entreprise, de vente et surtout de concurrence; tout le monde doit croire que le fric fait le bonheur puisqu'il permet de tout acheter. Soyons reconnaissants à la grande presse qui se garde bien de démentir ces mirifiques théories, étant elle-même propriété des principaux bénéficiaires du système. Quant aux partis politiques, ils ne voient aucun intérêt à informer complètement et correctement les populaces qui pourraient soudain renoncer à leurs services routiniers. Tant que nous aurons de quoi consommer, il n'y a guère de risques que la situation change.
Richard Lecoultre sur «Deal»: les mauvaises bonnes idées de Fernand Melgar
Est-ce considéré comme une déchéance, dans ce pays, de parler de "trafic" de drogues, de "trafiquants" et de "surdoses". Craint-on de manquer de persuasion en se contentant des mots français?
Cavin Jean-François sur Le fédéralisme, cache-sexe des bâtisseurs depuis 40 ans
Le fédéralisme, un cache-sexe? Pour le Canton de Vaud, cette accusation est injuste, pour ne pas dire injurieuse, car l'Etat y impose depuis de longues années une politique d'aménagement relativement stricte. La zone agricole est préservée. Les sites aussi. On peut discuter de l'ampleur de zones constructibles dans certaines communes rurales, peut-être trop vastes, mais qui restent proches des localités historiques et permettent de maintenir de la vie dans les campagnes.
Cavin Jean-François sur «Deal»: les mauvaises bonnes idées de Fernand Melgar
Bien sûr, on ne sait comment venir à bout du fléau. Mais le semi-amalgame entre le maintien de l'ordre dans la rue et de prétendues tendances au racisme anti-Noirs ne clarifie pas le problème, bien au contraire.
Curieux sur La transformation de la défense aérienne
Questions à l'expert Fontanellaz. Notre armée ne devrait-elle pas se doter de: -hélicoptères de combat? -drones? -missiles? pour des missions défensives et offensives avec un rayon d'action d'au moins 500 kilomètres à partir de nos frontières. A mon avis, ce serait nécessaire pour assurer une réelle dissuasion et une défense adéquate de notre territoire.
Azote sur «Deal»: les mauvaises bonnes idées de Fernand Melgar
Je n'adhère absolument pas à ce prêchi-prêcha socialo-tiersmondiste. Melgar a été très courageux. Ce n'est pas en pointant le doigt vers d'autres problèmes suisses comme le racisme que vous allez résoudre les problèmes de consommation de drogue.
Noel Benalou sur Questionner la mondialisation
L'article de M. Ghelfi a le mérite de nous montrer les limites et les méfaits de la mondialisation qui nous a été présentée par les partisans du libre échange ou plutôt du capitalisme débridé avec ses marchés financiers supposés efficients comme la seule voie pour faire le bonheur du genre humain ! Bien évidemment il n'est pas question de contester le rôle du marché en matière d'allocation des ressources, mais force est de constater que les forces de marché semblent d'autant plus efficaces quand elles sont encadrées par des institutions efficaces, des instances de coordination internationale et des poltiques économiques destinées à corriger les inégalités, les nuisances en tout genre et à donner des incitations adéquates aux acteurs économiques La mondialisation qui est essentiellement la transposition de la libre concurrence à l'échelle mondiale, n'a pas réussi à enchanter le monde contrairement aux promesses de ses thuriféraires. Avec son cortège d'inégalités dans la distribution des revenus, l'asphysie de la planète due à la pollution, la désindustrialisation comme dans le cas de la France, le déclassement des individus peu ou prou qualifiés, la montée du sentiment d'identité face aux vagues migratoires souvent exploité par les mouvements nationalistes ou populistes en raison des tabous de la gauche européenne! Par exemple le déclin industriel de nombreuses régions en France a jeté de nombreux ouvriers et employés dans les bras du Front national. La prospère et industrielle Suisse est confrontée au même problème d'identité en dépit d'un faible taux de chômage : L'UDC a su créer un capital de sympathie auprès des catégories qui n'ont pas été suffisamment accompagnées par les pouvoirs publics en matière d'emploi, de formation et d'aide au logement. En tout cas le monde qui émerge sous nos yeux impuissants n'est pas celui qui est promis par la théorie libérale et selon laquelle l'ouverture des frontières à la mobilité des biens et services, et des facteurs de production devrait améliorer le sort du plus grand nombre de manière significative. En effet le commerce international peine à vérifier dans le concret du réel ce qu'il est convenu d'appeler le théorème de l'égalisation des prix des facteurs.. Certes la mondialisation a amélioré le sort matériel des populations qui n'avaient rien au départ tout en accentuant l'exploitation de celles-ci, souvent d'ailleurs sans respecter les normes sociales, sanitaires et environnementales. En revanche elle a mis sur la paille de nombreux travailleurs dans le vieux monde industriel. Bien sûr le commerce international n'est pas un jeu à somme nulle. La libre concurrence produit un gâteau de taille maximale mais il n'est pas sûr que les parts soient égales entre les pays et à l'intérieur de chaque pays, d'où la nécessité de recourir à la mise en place des politiques destinées à corriger les inégalités de revenu inhérentes aux forces du marché. En outre la mondialisation nous administre la preuve que le monde globalisé va droit dans le mur en ignorant les principes élémentaires de l'analyse économique : la mondialisaiton est portée par les firmes multinationales, lesquelles sont en permanence à l'affût des régions à bas coûts salariaux et sociaux et de la fiscalité douce. le raisonnement de ces acteurs économiques est vicié à la base car il semble ignorer l'idée selon laquelle les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent : actuellement les biens et services sont produits dans les éspaces économiques à faibles coûts salariaux et ils sont écoulés dans le vieux monde industriel supposé disposer d'un pouvoir d'achat conséquent et illimité: le problème est que si le processus de délocalisation et de l'externalisation des activites se poursuit, il existera une forte probabilité pour tarir les sources de revenu et donc du pouvoir d'achat dans le monde occidental, à moins que les firmes multinationales augmentent les salaires dans les pays émergents et pauvres pour compenser la contraction des débouchés en Europe et aux Etats-Unis. La mondialisaiton heureuse régie par une logique myope et supposant un pouvoir d'achat illimité dans les vieux pays industrialisés veut le beurre, l'argent du beurre et le sourire des travailleurs dépouillés de leurs outils de travail ! Par ailleurs le commerce international agit comme le progrès technique dans ses conséquences ultimes sur l'emploi. Cela suppose la mise en place des mécanismes de compensation pour les perdants pour que le processus d'ajustement s'accomplisse sans douleur sociale. La mondialisation semble être fondée sur le mercantilisme industriel : le pays le plus agressif à l'exportation peut imposer une désindustrialisation aux autres. A cet égard l'Angleterre du XIX ième siècle en constitue une parfaite illustration dans la mesure où ce pays avait entièrement joué son industrialisation sur une stratégie de croissance de ses exportations en augmentant de manière concomitante ses importations agricoles. Les autres pays avaient dénoncé à juste raison l'échange inégal que ce partage des tâches imposait. Selon la logique de Ricardo, le papa de l'avantage comparatif, il suffit que les travailleurs migrent du secteur en déclin vers les secteurs en expansion pour que tout le monde y gagne. La réalité est bien évidemment moins rose que ce scénario optimiste. La raison en est que la capacité d'embauche des secteurs exportateurs n'est pas illimitée. En général les échanges jouent au travers du phénomène d'élimination des plus faibles et d'expansion des plus forts. Le commerce international détruit les firmes les moins efficaces et contribue à augmenter la productivité d'ensemble... La conséquence fâcheuse la capacité d'entraînement des survivants sur l'ensemble de l'économie est limitée.Les meilleures firmes ne semblent pas en mesure d'embaucher tous les perdants comme c'est le cas dans le raisonnement de Ricardo. En résumé le commerce international fonctionne selon une logique néodarwienne où les plus fragiles disparaissent et les meilleurs prospèrent sans que les forces du marché suffisent à offrir aux premiers une réinsertion assurée. Le problème est de savoir si les mécansimes d'accompagnement sont possibles pour que les gagnants volent au secours des perdants. Comme il est peu probable que cette éventualité se réalise, nous ne devrons pas être surpris que la mondialisation ne soit plus en odeur de sainteté auprès des peuples.
Curieux sur Juges étrangers: quand la volonté de chauffer la salle tient lieu de réflexion
Je n'aime pas ce sophisme consistant à dire que "un État n'existe que par la reconnaissance que lui accordent ses pairs". Ainsi en 1648, en 1815 la Suisse serait apparue comme État "... non par auto-détermination mais par la volonté des grands États que celà arrangeait" nous dit l'auteur de cet article. Il s'agit là d'un discours très répandu parmi ceux qui veulent à tout prix enterrer l'indépendance et la souveraineté de notre pays. L'argument est un mensonge insupportable pour tout Suisse qui aime son pays car il revient à lui dénier tout simplement son existence. En effet on inverse la chaîne causale: les grands États, les "Puissances", la "communauté internationale", reconnaissent certes la Suisse, mais s'ils le font c'est la reconnaissance d'un fait accompli. Ils constatent la volonté d'exister d'une entité indépendante, qui s'est imposée depuis de siècles par des actes de souveraineté, des batailles gagnées, parfois perdues mais par dela les vicissitudes, une volonté farouche de se défendre, par la force et par la diplomatie, et finalement ces grands États, ces Puissances, cette communauté internationale, sanctionnent cette autodétermination de fait, en en prenant leur parti. Il arrive même, comme ce fut le coup de génie de Charles Pictet de Rochemont au Congrès de Vienne, que les diplomates suisses ont réussi à persuader les Puissances que c'était dans leur intérêt d'avoir une Suisse comme Etat tampon entre elles. Dans ce cas là encore, il s'agit de la volonté d'exister d'un pays: la Suisse, intelligemment présentée par un habile diplomate, un patriote, qui parvient à s'imposer par consentement mutuel. Mais dans tous les cas la volonté d'autodétermination est première, la reconnaissance est seconde. C'est ce que nient, contre l'évidence, les sophistes qui veulent tuer la Suisse comme État souverain. Il en va de même du droit international. Certes un État souscrit des obligations librement, mais il le fait, non pour se conformer à la "raison", ni dans le souci de contribuer à un ordre mondial fondé sur les droits de l'homme, ou autres. Il le fait uniquement parce qu'à l'instant T il estime à tort ou à raison que c'est son intérêt. Ces engagements n'en restent pas moins révocables. Ainsi par exemple au moment où la Suisse a accepté le principe de la libre circulation des personnes, on pensait que c'était bon pour le pays. L'expérience ayant prouvé que c'était mauvais, le 9 février 2014 le souverain a décidé de reprendre en mains la chose et, si les grands États se montraient peu ouverts au réaménagement du cadre existant, de résilier le traité sur la libre circulation des personnes. Des dirigeants infidèles ont violé la Constitution et trahi les citoyens. C'est un autre problème. Il y a eu un acte de souveraineté: l'acceptation de l'initiative sur l'immigration de masse. Et une forfaiture de la part du Parlement. Ceux qui prétendent justifier cette forfaiture argumentent que l'acceptation d'un accord international est, non un acte de souveraineté mais une adhésion irrévocable à un nouvel ordre du monde fondée sur le droit et le règne des juges. C'est une sorte d'eschatologie. Nous serions donc ligotés pour l'éternité. Nous n'aurions donc plus le droit de nous soucier de problèmes qui mettent en jeu notre existence même (comme une migration excessive et incontrôlée). Peu importe si nous disparaissons, en tant qu'entité indépendante, seule compte la Cité universelle messianique niant les peuples et les nations. Jusqu'à quand devrons nous subir des mensonges qui nous nient en tant que peuple et volonté d'exister librement?
Richard Lecoultre sur La démocratie toujours à conquérir
La survie de la démocratie dépend de l'intelligence ou du bon sens des citoyens, de l'information que leur gouvernement et les médias veulent bien leur fournir, et surtout de leur volonté d'exercer leur pouvoir. En revanche, l'idéal de la loi du marché est de remplacer les pouvoirs démocratiques encore prévalents dans la plupart des pays européens par le pouvoir des grandes compagnies multinationales. Les populations sont déjà conscientes de cette réalité en observant les activités de certaines banques ou sociétés chimiques. Dans les pays solidement démocratiques, comme il est risqué d'attaquer brutalement les droits existants, les sociétés exercent leur ambition subrepticement en noyautant la presse et la publicité, en corrompant les dirigeants, en minant les structures étatiques ("moins d'Etat, plus de liberté"), en faisant raboter l'instruction publique, en poussant aux privatisations, ... La gabegie des pays déjà sous l'entière coupe des nouveaux maîtres cause des misères sordides et des émigrations massives vers les pays pas encore alignés, où les miséreux retrouvent leurs dirigeants tout heureux, eux aussi, d'y trouver un peu de calme et de sécurité. Mais les uns végètent dans des baraquements et les autres festoient dans des hôtels de luxe!
Durussel André sur La démocratie toujours à conquérir
Les réflexions fondamentales que propose Madame Yvette Jaggi au sujet des menaces qui pèsent sur la démocratie sont fort intéressantes et dépassent le contexte européen. La véritable démocratie repose en effet sur des réalités non chiffrables (idées, convictions, sensibilités). C'est ce que Denis de Rougemont nommait "Culture". Pas uniquement une affaire de partis...ou de fric.
Benoit Genecand sur Projet fiscal 17 contre AVS: un «deal» amer
Je salue cette prise de position qui vient alimenter un débat clôt bien trop vite (précipitamment?). Ai moi-même de grands doutes sur cette "solution". D'abord pour des raisons démocratiques. Le mélange de deux sujets compliqués ne facilitera pas la compréhension par la population. Ce mélange supprime surtout le droit légitime de dire ce que l'on pense séparément de chacune des deux propositions. Ensuite la solution est sur le fond inadéquate. Ce deal favorise les détenteurs du capital au détriment du travail. il privilégie les rentiers et futurs rentiers (baby boomers) au détriment des plus jeunes.
Albert Jaussi sur La démocratie toujours à conquérir
"En revanche, toutes les études et observations confirment que la gouvernance démocratique est incompatible avec un système comprenant ces fortes inégalités sociales" et "les corrections sociales généralement apportées en Europe ne suffisent pas à éviter que le système démocratique ne soit miné par les inégalités croissantes, et ce dans tous les pays". Madame, vous avez tout dit par ces mots. J'ajouterais que dans le cas particulier de l'importante Allemagne, le modèle, le SPD a joué le rôle moteur dans l'établissement d'un socle de bas salaires de 20-25 % des travailleurs à contrats "flexibles", avec des revenus réels inférieurs à ce qu'ils étaient en 1990. On peut en déduire que la création d'un tel socle dans l'économie mondialisée est indispensable si l'on veut réduire drastiquement le chômage et protéger les travailleurs syndiqués, et ainsi donc il est aussi inévitable de prendre des risques qui pourraient miner la démocratie au nom de l'économie. Soit on est pour la compétitivité, ou pour la démocratie. Les deux ne vont pas ensemble dans le monde actuel....? Le PS suisse n'aurait jamais toléré ça. Le SPD est l'exemple de la crise de la social-démocratie européenne, qui s'est plantée et doit se remettre fondamentalement en question ou disparaitre.
Laurent Ducommun sur Juges étrangers: quand la volonté de chauffer la salle tient lieu de réflexion
A mon avis la phrase centrale de votre commentaire est la suivante: “Bref, j’ai le sentiment que beaucoup de gens ont une conception implicitement élitiste de la démocratie, et qu’ils préfèrent une démocratie bridée à une démocratie directe ayant un potentiel dramatique.” D’abord la phrase célèbre, de Churchill: “La démocratie est la pire sorte de gouvernement… à l’exception de toutes les autres!” Ensuite, un fait: l’UDC, c’est l’Union Démocratique du Centre, en français, et tout ceux qui suivent un peu de près la politique suisse savent bien que ce nom est totalement usurpé, et que la démocratie interne à l’UDC est tout sauf exemplaire; en conséquence l’UDC est mal placée pour parler de démocratie. En plus, en Suisse, ce n’est pas le peuple qui est souverain, mais le peuple ET les cantons, c’est plus qu’une légère nuance… A propos du peuple, je cite J.F. Aubert dans son son fameux petit traité sur les institutions suisses: “Et voici le premier défaut: le système repose sur une abstraction. On parle du peuple comme d’une personne qui aurait une volonté: le peuple a tranché, il a dit ceci, cela. En réalité, Il faut avoir une forte imagination, ou une rare aptitude à la synthèse, pour voir l’unité là où tout n’est que diversité. Le peuple suisse, c’est l’ouvrier d’Olten, le coiffeur de Lugano, le vIoloniste de Saint-Gall, le camionneur de Brougg, l’étudiant de Genève, le paysan de Trubschachen, la barmaid de Bâle, le menuisier de Bôle, le jeune cadre de Winterthour, le retraité CFF de Martigny, qui n’ont pas grand-chose de commun. Tout ce qu’on leur demande, c’est,·précisément, d’avoir la nationalité suisse; et c’est encore d’être sains d’esprit et d’avoir vingt ans. Quand ils remplissent les trois conditions, on les enfourne dans la grande statue d’airain à tête de peuple qui rend, tous les trois mois, ses oracles devant un parterre de scribes chargés de les consigner.” Quant à moi, oui, je préfère donc une démocratie que vous dites bridée. Nos élus, tant cantonaux que fédéraux, sont élus pour gouverner; et gouverner, c’est être pragmatique, à savoir agir dans l’esprit des lois, et non obéir à leur lettre. Plus encore, obéir aveuglément à la lettre d’une loi ou d’un article constitutionnel voté, c’est la voie, peu à peu, qui mène l’instauration d’un Etat totalitaire; à mon avis, dans une démocratie qui fonctionne, c’est la raison du gouvernant élu qui doit primer, pas l’émotion des électeurs, un jour de votation. Cela, ce n’est pas une démocratie élitiste, comme vous l’affirmez, mais une démocratie tout simplement rationnelle.

Accueil

Les auteur-e-s

Les articles

Les publications

Le Kiosque

A propos de DP