Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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Derniers commentaires

weibel sur Un sournois travail de sape de la démocratie
Oui! Vous avez parfaitement raison sur ce point. L'argumentation que vous développez est imparable: dès le moment où le Tribunal fédéral ou une Cour constitutionnelle ad hoc auront à se prononcer sur la constitutionnalité des propositions de nouvelles lois, l'initiative sur laquelle on votera le 25 novembre prochain sera non seulement acceptable, mais en outre hautement souhaitable.
Adrien Fontanellaz sur Forces aériennes: l’arbre qui cache la forêt
Merci; à vrai dire, votre constat est partagé : https://www.domainepublic.ch/articles/33137 https://www.domainepublic.ch/articles/31749 . In fine, c'est bien le corps civique et le débat démocratique qui devraient déterminer les objectifs d'une politique de défense.
J. Jacot sur Forces aériennes: l’arbre qui cache la forêt
D'accord avec Ruhal Floris, l'article d'A. Fontanellaz semble écrit avec grande compétence technique. Je suis moi-même ingénieur et je comprends bien l'enchaînement des arguments évoqués. Cependant, en tant que citoyen, je me pose d'autres questions dont les réponses devraient constituer le corps du débat: a-t-on réfléchi aux missions que nous voulons donner aux "forces aériennes de l'armée suisse"? R. Floris suggère de penser aux drones. Ce n'est peut-être pas la bonne réponse technique pour toutes les missions, mais devrions-nous pas nous mettre d'abord d'accord sur ce qu'elles devraient être? Il me semble que depuis l'échec des votations précédentes sur la question de nos avions de combat, nous n'avons pas osé remettre ce sujet important en discussion ?
Adrien Fontanellaz sur Forces aériennes: l’arbre qui cache la forêt
Merci beaucoup; les drones constituent en effet un sujet passionnant. Ils sont actuellement utilisés pour des missions de reconnaissance et de frappe contre des buts terrestres, et sont aussi dans les faits «pilotés», mais à distance, depuis le sol. Leur usage dans le cadre de missions de police aérienne – et surtout de combat aérien – relève plutôt de la prospective. A ma connaissance, ils sont plutôt envisagés à un horizon de 15 ans comme plateformes agissant en étroite coordination avec des chasseurs pilotés. Dans tous les cas, l’avènement à plus long terme d’engins de combat réellement autonomes pose aussi et surtout d’innombrable questions d’ordre juridique et éthique (la problématique des "robots-tueurs"). Enfin, le déploiement de tels engins nécessite aussi une infrastructure de soutien significative.
Benalou sur Incitations douces
L'homo oeconomicus est une fiction inventée par les économistes et largement inspirée par le héros du livre de Daniel Defoë: «Robinson Crusoë». Il incarne le comportement rationnel supposé se déployer dans une diversité de situations: l'individu doté d'un objectif et soumis à une série de contraintes agit au mieux de ses intérêts en toutes circonstances, et surtout il n'a pas intérêt à se préoccuper du bien-être des autres ni d'ailleurs à se soucier des conséquences de ses décisions sur son environnement. En effet celles-ci sont supposées être une goutte d'eau dans un océan en vertu de l’hypothèse de la taille atomistique des acteurs économiques. En clair l'interaction des individus mus par un calcul économique égoïste ne conduit pas au chaos, mais à l'équilibre et à l'ordre avec un usage optimal des ressources rares. Bien évidemment c'est le marché concurrentiel sans frictions qui est supposé réaliser cet état social optimal. Par ailleurs l'individu rationnel est supposé réagir aux incitations de son environnement: l'information n'est pas parfaite et souvent asymétrique, le pouvoir de marché comme les monopoles, la main invisible ignore les externalités positives et négatives et le risque systémique. C'est pourquoi la rationalité individuelle entre en conflit avec la rationalité collective comme cela a été démontré par la théorie des jeux avec l'équilibre de Nash.En la matière il suffit de penser à l'entreprise qui licencie du personnel en période de récession pour sauver sa peau ou bien à la banque systémique qui prête à des ménages économiquement fragiles en refilant la patate chaude à d'autres acteurs via la titrisation des créances par exemple. L'économie comportementale a pour principal mérite d'humaniser l'homo oeconomicus en injectant dans le modèle standard de la rationalité du social, de l'éthique et de l'irrationalité. Elle nous apprend que la maximisation de notre bien-être en toutes circonstances ignore nos biais cognitifs et nos émotions. En clair nous avons tendance à nous comporter davantage comme Ulysse de l'Odyssée d'Homère plutôt que comme Robinson Crusoë qui semble ignorer les personnalités qui cohabitent en lui et qui se disputent les choix et les arbitrages intertemporels qu’il doit faire en permanence. Sans doute le principal enseignement que nous pouvons retenir de l'économie comportementale, peut se résumer ainsi: nous devons apprendre à gérer rationnellement notre irrationalité. Car à même à l'intérieur des choix réputés rationnels vivent en nous des êtres en conflit. Par exemple nous voulons épargner pour préparer notre retraite ou l'avenir de nos enfants, mais nous n'y parvenons pas dans la mesure où nous avons une forte préférence pour le présent. Vivent en nous des êtres qui s'affrontent et qui se haïssent les uns les autres. Ainsi le paradigme de l'homo oeconomicus est à la peine car il ne sait pas traiter le conflit entre le souci de vivre en conformité avec un idéal et le désir de gratifications immédiates. Le problème est comment apprendre à concilier les personnalités contradictoires qui nous habitent. C'est pourquoi chacun de nous est dans la situation du héros de l'Odyssée: Ulysse connait ses tentations de céder au chant des sirènes,mais il les gère par anticipation en liant au mât de son bâteau l'être qu'il ne veut pas devenir. Par exemple, si nous devons épargner pour préparer nos vieux jours, nous avons besoin des institutions pour nous aider à ne pas tout dépenser aujourd'hui comme une assurance vieillesse, une caisse de retraite ou un placement illiquide dans une banque. Chacun de nous se bat contre l'être qu'il pourrait devenir. C'est pourquoi l'homo oéconomicus qui nous habite est à la peine car il maximise le bien-être mais à vrai dire il ne sait pas celui de qui. A ce propos on ne peut résister à la tentation d’expliquer la crise financière de 2008 par le fait que la société américaine a détaché Ulysse: la dérgulation financière a poussé les ménages vulnérables à utiliser les cartes de crédit et à contracter des emprunts hypothécaires au-delà de leurs moyens. Enfin l’économie comportementale nous renouvelle notre conception des incitations en mettant un accent particulier sur les incitations douces comme le montre l’article de Madame Jaggi. Dans le modèIe standard des économistes on sait que les comportements des acteurs économiques seraient guidés par la méthode de la carotte et du bâton. Bien que cette vision comporte une part de vérité, elle ignore cependant l’idée que les incitations ne donnent pas les résultats escomptés dans toutes les circonstances: elles peuvent se révéler contre-productives notamment lorsque les acteurs économiques font face à un problème de mutltitâches. Par exemple l’économiste française Esther Duflo du MIT montre au travers d’une expérience menée en Inde que les enseignants réagissent aux incitations financières et au contrôle de leur activité, avec pour résultat moins d’absentéisme et de meilleures perforamances scolaires, mais dans le même temps elle attire l’attention sur le fait de ne pas dénaturer le processus éducatif via des incitations mal pensées et mal testées. Ce problème de multitâches se retrouve dans beaucoup de domaines : certains acteurs du monde financier ( dirigeants et traders) confrontés à des incitations fondées sur les performances à court terme, ont adopté des comportements néfastes au long terme. De même si une entreprise régulée est récompensée généreusement pour la réduction de ses coûts, elle aura tendance à négliger la maintenance et donc à accroître la probabilité du risque d’accidents En résumé le principal message de l’économie comportementale est que les incitations ne marchent pas dans tous les cas dans la mesure où la prise en compte de motivations multiples peut briser la relation positive souvent postulée dans la théorie standard entre rémunération et effort ou résultat.
Richard Lecoultre sur Recettes publicitaires et démocratie: ce qu’en dit la Comco
"La publicité est un guide précieux qui aide le public à trouver son chemin dans un monde de plus en plus complexe" Qu'attendent les princes qui nous gouvernent pour afficher cette divine vérité au début de chaque émission de notre Société de radio-télévision suisse, au fronton de nos écoles et universités, et bien sûr du palais fédéral. Grâce à la publicité telle qu'elle se voit, nous pouvons désormais économiser toute notre instruction publique, et même le peu qui reste de la presse à but civique. Quelles économies en vue! Désormais, la seule politique prônée par nos élites ne consiste plus à veiller au bien-être de la population, mais au succès des financiers. Selon leur infaillible doctrine, les populations peuvent toujours compter sur l'effet de ruissellement.
gindrat sur Incitations douces
N'est-il pas un peu naif de ne pas flairer dans cette économie comportementale un nouveau miroir aux alouettes?
Ruhal Floris sur Forces aériennes: l’arbre qui cache la forêt
Cet article est intéressant, merci. Mais l'analyse ne prend pas en compte les drones et on peut (naïvement?) penser que ces derniers pourraient remettre en question pas mal de choses.
Albert Jaussi sur L’Islam entre dans les écoles, enfin, et sans faire de bruit
Cette information me réjouit. Je pense aux livres de 1) Ali Benmakhlouf "Pourquoi lire les philosophes arabes" Ed. Albin Michel et 2) Delphine Horvilleur et Rachid Benzine "Des milles et une façons d'être juif ou musulman", Ed. Seuil.
Albert Jaussi sur Europe des transports: un patchwork sur la terre comme au ciel
Monsieur Béguelin fait un constat réaliste. But so what? Personnellement, j'aime le train que je prends toujours pour Paris, Marseille, Cologne, Linz, Milan, Lugano, Trieste, etc. et, last but not least, à l'intérieur de la Suisse, entre autres de Kreuzlingen à Lausanne plusieurs fois par mois, le trajet de Kreuzlingen à Zurich prenant autant de temps que le trajet de Zurich à Fribourg. Le voyage en train me permet de lire, au milieu d'autres, d'entendre leurs conversations et leurs bruits. De voir les cheminots se tutoyer. La vie. C'est un moment privilégié. Aussi un endroit de travail: combien de contrats et d'opinions ai-je rédigé dans le train... Prendre l'avion est devenu désagréable, même si j'ai couvert le globe par les airs durant plus 25 ans. Je sais qu'avec le train, j'ai choisi l'option la plus chère à première vue. Mais il n'y a pas de voyage plus rentable que le voyage en train, tout considéré. Quoi qu'en pensent les controllers à lunettes et autres économistes d'entreprise, qui calculent faussement. Le train est économiquement supérieur à l'avion en Europe et bat Flixbus à plat de couture.
Benalou sur Crise financière, dix ans après
Il est incontestable que les crises font des dégâts économiques et sociaux, mais paradoxalement  elles ont  aussi  la vertu d'améliorer notre apprentissage sur les causes qui les déclenchent, sachant que nous vivons dans un monde économique et financier dominé par l'instabilité endogène. En clair les crises font partie de l'ADN de l'économie de marché et il est illusoire de prétendre les éliminer dans la mesure où une économie sans risque et sans innovation fonctionnerait en déça de ses possibilités. D'autre part les décisions prises par les acteurs économiques sont souvent entachées d'incertitude. Celle-ci n'est bien évidemment pas domesticable à l'aide des lois de la probabilité. L'enjeu n'est donc pas l'élimination complète des crises, mais la chasse aux incitations encourageant les acteurs économiques à adopter des comportements nocifs pour le reste de l'économie. En complément à l'analyse de M. Delley, Le principal enseignement que nous pouvons tirer de la crise de 2008 peut se résumer ainsi :  1) La régulation étatique et les banques centrales sont utiles, tout particulièrement dans un contexte du sauve-qui-peut: les banques tentent de brader toutes en même temps les actifs qu'elles détiennent dans leurs portefeuilles ou bien le blocage du marché interbancaire en raison d'une méfiance mutuelle généralisée des banques sur la nature des  actifs logés dans leur bilan. La crise nous a également apporté la preuve que la connaissance de l'histoire économique et monétaire est d'un secours plus précieux que les modèles théoriques des économistes, notamment ceux qui mettent un accent particulier sur l'efficience des marchés financiers. Si les bonnes décisions ont été prises pour enrayer la contagion, c'est parce que le gouverneur de la FED en l'occurrence Ben Bernanke a procédé à des injections massives de liquidité sur le marché interbancaire, en rappelant au passage que Ben Bernanke avait étudié avec soin les crises financières en tant chercheur universitaire. 2)Les innovations financières ne sont pas toujours utilisées à bon escient. Ainsi la titrisation a été présentée comme une innovation destinée à faire le bonheur des consommateurs ou des ménages en matière d'accès de crédit à la consommation ou l'achat d'un logement. Sans parler des prêts aux PME qui sont souvent rationnées par le système bancaire en matière de crédit. D'autre part les agences de notation chargées de l'évaluation de la qualité des portefeuilles de prêts sont non seulement dans une situation de quasi- monopole (trois agences contrôlant plus de 80% du marché de la notation et l'exigence de la double notation est contrôlée par ces mêmes agences) mais aussi elles sont en situation de conflit d'intérêts. Elles se sont comportées comme un professeur qui attribue de bonnes notes pour plaire à ses élèves et à leurs parents. Ainsi avec la titrisation l'émetteur perd ses incitations à surveiller la qualité des prêts, surtout s'il sait qu'il n'en subira pas les conséquences. 3) La crise de 2008 nous également a apporté la démonstration que les rémunérations pratiquées par les banques pour leurs dirigeants et les traders ne constituent pas toujours une incitation appropriée. Il va sans dire qu'il n'appartient pas à l'Etat de décider si un banquier est mieux méritant qu'un footballeur ou un animateur de télévision. Le rôle de l'Etat est de redistribuer les revenus par l'impôt. Il n'en demeure pas moins que les rémunérations pharaoniques pratiquées dans le monde financier ne récompensent pas toujours une bonne performance et peuvent être liées à de mauvaises incitations. Les bonus conséquents, les stocks-options et les parachutes dorés dont bénéficient des dirigeants ayant failli sont non seulement choquants du point de vue éthique, mais même du simple point de vue de l'efficacité dans la mesure où ces rémunérations ne sont pas des incitations adéquates. En outre l'analyse économique montre qu'une concurrence effrénée pour attirer et garder les talents ne passe pas par des salaires fixes mais par une rémunération variable. A cela s'ajoute l'idée que les excès de la finance peuvent être indépendants de l'ampleur de la rémunération dans la mesure où l'hubris peut jouer autant que les gains financiers dans la genèse des comportements dysfonctionnels comme cela a été le cas de la Société générale avec Jérôme Kerviel ou celui de Lehman Brothers avec Richard Fuld. Le système financier est-il sûr désormais? Certes les réformes de Bâles III vont dans la bonne direction afin d'inciter les banques à réduire leur appétences pour le risque, surtout quand elles peuvent bénéficier du soutien public et du concours de la banque centrale. Ainsi les ratios de solvabilité et de liquidité ont été renforcés un peu partout dans le souci de responsabiliser les banques. De plus l'Union européenne s'est doté d'un superviseur qui est logé au sein de la BCE. Quant à la Suisse, en bon élève de la communauté financière, elle a imposé des normes prudentielles à ses banques systémiques, lesquelles sont perçues par celles-ci comme sévères au regard de la concurrence au sein des pays de l'OCDE. Si les réformes sont appliquées et non dévoyées, le système pourra se révéler moins risqué qu'auparavant. Cependant la réglementation de Bâle III ne semble pas être la panacée, car il existe des zones de risque importantes. En la matière il suffit de penser au shadow banking (finance fantôme ou finance de l'ombre en français). En effet, au fur et à mesure que la régulation se fait plus contraignante, les activités bancaires ont tendance à migrer vers les banques parallèles peu ou prou régulées. Cette migration peut se faire au détriment des acteurs fragiles comme les PME, les petits déposants ou bien au détriment des finances publiques. La crise de 2008 nous a montré que le secteur non régulé a bénéficié de la liquidité publique. La prochaine crise pourrait venir de la finance de l'ombre.
Albert Jaussi sur L’Europe sociale n’existe pas: pourquoi Paul Rechtsteiner a raison
Wolf Linder a raison de mettre en exergue ce problème de l'UE et de comprendre les positions de Paul Rechsteiner, de l'USS et de la gauche historique. Je me souviens d'un livre très à gauche de Mandel lu dans ma jeunesse étudiante, dont le titre était à peu près: L'Europe sera socialiste ou elle n'existera pas. La "soziale Marktwirtschaft" élevée en dogme de justice sociale jusqu'à la fin des années 90, auquel les nouveaux membres de l'UE de l'Europe de l'Est pouvaient adhérer comme une libération, en a pris un bon coup entre-temps. Entre autre parce que la solidarité dans l'UE était devenue inexistante et les nouveaux membres ont été exploités comme producteurs à bas coûts pour les entreprises des anciens membres de l'UE, une trappe de laquelle ils n'ont pu sortir jusqu'à aujourd'hui, car ils sont mis en concurrence avec la Chine et bientôt le Vietnam. Ces pays ont été trompés, de très européens ils sont devenus des nationalistes illibéraux avec un pouvoir de veto dans l'UE. Ils s'en servent. Je le répète: Paul Rechsteiner défend une valeur fondamentale. En aparté: je vois assez en noir la prochaine votation sur la primauté du droit suisse qui n'a rien avoir avec ça et dont l'acceptation serait un ineptie juridique. Mais l'UE avec son comportement fournit des arguments indirects à ses promoteurs.
Stucki sur Brésil: le combat pour la survie des peuples indigènes
Merci pour cet éclairage de l'évolution "mondialisée" de notre humanité. Des témoignages personnels, compréhensibles, mis en perspective (dans ce cas, les élections brésiliennes), sont précieux pour comprendre un tant soit peu les réalités de notre temps.
Benalou sur Prestations complémentaires: malheur aux pauvres
Pour un étranger qui ne connait pas la Suisse, c'est une surprise que l'on y parle de pauvreté. Car il n'imagine pas qu'il puisse y avoir des fauchés et des laissés-pour-compte dans le pays des banques, des vaches grasses, des montres de luxe, des villas de rêve au bord des lacs et des hauts salaires à l'origine de l'immigration de masse. Pourtant la pauvreté existe bel et bien et elle n'est pas seulement une réalité statistique froide, mais aussi elle est vécue de manière humiliante par tous ceux qui en sont victimes, et ce d'autant que la société suisse est fondée sur le travail, le mérite et sans doute sur l'hostilité à tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'assistanat. Quand on est pauvre il est difficile d'échapper à la stigmatisation dans une société où la mise en parallèle du taux de chômage et du taux de pauvreté induit nécessairement un jugement défavorable avec un parfum victorien, du nom de la reine Victoria, sous le règne de laquelle s'est développée la vision qui consiste à rendre les pauvres responsables de leur propre situation et qu'il ne sert à rien de chercher à les encourager ou de faire ce qui est bon pour eux! On estime le nombre de pauvres en Suisse à plus de 600'000 personnes avec une diversité de situations individuelles. Le taux de pauvreté est de 7% de la population. Quant au seuil de pauvreté, il est variable selon la taille de la famille. Ainsi pour une personne seule, il est 2239 francs suisses, soit 2050 euros. Il atteint 3984 francs pour une famille composée de deux adultes et deux enfants. Cependant si l'on raisonne en terme de taux de risque de pauvreté, lequel est défini comme 60% du niveau de vie médian. le taux de pauvreté grimpera à 15,6% selon l'OFS. Certes la couverture des besoins vitaux est gravée dans le marbre de la Constitution suisse mais la pauvreté ne saurait se réduire à sa dimension monétaire, elle est aussi subjective dans la mesure où les pauvres vivent en interaction avec les autres catégories de la société avec l'inévitable comparaison, laquelle induit une certaine frustration et une perte de l'estime de soi en raison de la privation matérielle. C'est pourquoi il ne suffit pas de disposer d'un toit et de se nourrir pour ne pas crever de faim. Les pauvres ont des besoins extrinsèques dans la mesure où ils ne vivent pas une société portée sur la frugalité ou la sobriété au sens du vrai épicurisme ( modération, tempérance, équilibre). Dans ces conditions ne faudrait-il pas inscrire dans la Constitution cette notion de pauvreté subjective? Pour éradiquer la pauvreté il faudrait sans doute un plan Marshall. En tout cas la pauvreté n'est pas une fatalité et son traitement ne passe pas par une réduction des prestations complémentaires ou de la remise en cause du système de protection sociale. Mais par des solutions innovantes et la révision du système fiscal afin d'introduire une forte dose d'équité dans la redistribution des revenus. Ainsi la mise en place d'un revenu universel à condition que ce dispositif ne fasse pas la part belle au volet assuranciel au détriment du volet incitatif. Au niveau de la taxation indirecte, une révision à la hausse des taux sur le tabac, l'alcool et les jeux pourrait être une source de financement, sans parler de la taxation des gains en capital. Enfin, last but not least, la meilleure manière de renforcer les ressources financières des cantons afin qu'ils traitent de manière efficace la pauvreté en offrant de vraies alternatives aux pauvres, ne serait-elle pas de mettre un terme à leur concurrence fiscale?
Cavin Jean-François sur Après la sortie du fissile, la sortie du fossile
Dans le vaste débat sur la politique énergétique, les adversaires de l'éolien ont de bons arguments à faire valoir: c'est une énergie aléatoire, peu adaptée à notre pays (sur la carte des vents d'Europe, la Suisse est placée en zone "tranquille"), et dont même les promoteurs (subventionnés) n'attendent pas une production importante. Elle saccagerait de beaux paysages. Il ne faut pas que le remède soit pire que le mal.
Albert Jaussi sur Prestations complémentaires: malheur aux pauvres
Le Parlement (le Conseil des Etats en moindre mesure) fait de la micro-gestion et ferme les yeux sur les conséquences d'une réduction: les personnes touchées devront être soutenues en appoint par l'aide sociale des cantons et communes de résidence, avec des différences sensibles de traitement selon les cantons. Au niveau cantonal, les mêmes partis demanderont des réductions de l'impôt et s'ils réussissent dans leur tentative, comme par exemple à Lucerne, les coupes inévitables auront lieu dans le social et l'éducation. A cela s'ajoute que les personnes concernées perdent de facto leur droit de mobilité de s'établir où ils le désirent en Suisse, parce que les cantons et communes font tout pour éviter des transfuges à l'aide sociale. Même si cette restriction de mobilité est anticonstitutionnelle.
gindrat sur Prestations complémentaires: malheur aux pauvres
Quand arrêterons-nous d'administrer à grands frais un premier pilier (AVS) un second (rentes) un troisième (épargne sans intérêt) et les prestations complémentaires, plus l'AI, le chômage et les subventions maladie? Une seule institution fédérale, relayée par les cantons pourrait garantir quels que soient les besoins ce revenu universel que les Suisses furent assez idiots pour refuser.
Jean-Claude Eggimann sur Des aliments équitables partout, comme en Suisse
Curieuse vision de l'équité: que les "modestes" se contentent de la "cochonnerie" venant de l'étranger!
Marie-Thérèse sur Une petite ville dans la montagne
Sainte-Croix, what else... Se souvenir que leur réalité d'aujourd'hui est bâtie sur la désindustrialisation brutale des années 70: perte des usines de caméras, de machines à écrire et autres fleurons industriels. J'aime beaucoup cet endroit, un peu abandonné des dieux tout de même, si peu paysage montagnard suisse. En hiver tout particulièrement lorsque le stratus recouvre le Plateau, aller admirer les Alpes bernoises depuis le Grand Hôtel des Rasses après une bonne nuit de sommeil, dans cet hôtel tout de même un peu vieillot et un peu chérot (mais il faut les soutenir, non?). Le must du plaisir: laisser la voiture en plaine et emprunter le train pour découvrer un paysage tout autre que la route (que cette ligne n'ait pas disparu tient du miracle). Le pic de la tristesse? Lire que la collection d'automates du Musée Baud (toute mon enfance, ah les courses d'école à L'Auberson) court le risque d'être dispersée parce que personne n'a deux millions pour reprendre ce patrimoine inestimable. L'enjeu: le réchauffement climatique. On arrive encore à skier à Sainte-Croix Les Rasses les bonnes années. Jusqu'à quand? Ah les descentes aux flambeaux pour aller manger la fondue à la Kasbah.
Charlotte Robert sur Fête nationale: pourquoi le 12 septembre n’est pas près de remplacer le 1er août
Pour moi l'accord entre les 3 Suisses exprimait une volonté économique et financière - qui évidemment a passé par des batailles militaires -: celle de garder pour eux la manne des taxes perçues pour la traversée du Gothard. Et le Gothard reste un passage obligé dans le commerce européen. La fin du 12ème siècle est aussi le début de la surpopulation et de l'exode de nombreux jeunes qui sont envoyés par leur commune ou par leur "baillis" (comme Stockalper) dans les armées étrangères pour devenir mercenaires. Ils sont la fondation de l'ouverture économique de la Suisse au commerce international jusqu'à la création des multinationales qui contrôlent les échanges de matières premières. Et c'est bien le 1er août 1291 que la Suisse économique a commencé.

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