Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963

Derniers commentaires

Albert Jaussi sur No Billag: les effets pervers d’un individualisme égoïste
D'accord avec J.D. Delley. Ce qui m'étonne le plus (un euphémisme), c'est d'avoir entendu par 2 fois le même reproche au CF: de ne pas avoir de plan B. La 1ère fois de la part d'un initiant zurichois, la 2ème fois de la part de Monsieur Rime. En d'autres termes, si l'initiative devait être acceptée, c'est le CF qui devrait répondre des conséquences néfastes. Laissez-nous jouer à la démocratie directe avec des initiatives même extrêmes, c'est notre droit, mais malheur au CF s'il y a des conséquences néfastes. Une mentalité d'enfants gâtés sans responsabilité. Donc non libres. C'est la négation de la démocratie directe.
Durussel André sur Nouvelles approches de l’œuvre de Gustave Roud (1897-1976)
Grand merci à Micha Sofer pour sa lecture attentive et ses appréciations autour du Cahier No 13 (avec Marcel Raymond). Particulièrement, sans le nommer, "Par delà les eaux sombres", ce recueil de 1975 publié à l'Age d'Homme, cité en p. 175, qui est l'un des plus poignants textes de Marcel Raymond. De mon côté, j'ai eu le privilège de bien connaître Vio Martin et Georges Borgeaud, "cet oiseau tombé du nid..." (Cahier No 12). Vio Martin était intervenue auprès de la SSE pour qu'il reçoive une aide, car il n'avait pas d'assurance maladie...(p. 125). Au sujet du Cahier No 14 (Avec Bertil Galland), je trouve en effet que ce dernier "écrase" un peu Roud dans ce cahier de correspondances, en racontant ses propres expériences d'éditeur.
Micha Sofer sur Nouvelles approches de l’œuvre de Gustave Roud (1897-1976)
Pour qui habite le bout du lac, il est difficile de suivre la publication des Cahiers G. Roud. Merci donc de signaler la sortie du n° 16. J'aimerais vous dire tout l'intérêt que j'ai eu à lire, en 2009, la correspondance échangée entre G. Roud et Marcel Raymond, parmi les plus belles et les plus émouvantes qu'il nous a été donnée de lire. Il est rare en effet qu'un prof. d'université se confie à un poète et réciproquement. Ici, la qualité humaine des deux écrivains nous permet de suivre le moindre tremblement de leur conscience.
François Schmitt sur CH-UE: naïveté et arrogance
Jean-Daniel Delley a entièrement raison. Les exigences de l'UE, présentées il y a plus de 10 ans, sont parfaitement normales. C'est la Suisse, et elle seule, qui est responsable de la confusion actuelle. La cause en est l'absence totale de politique européenne du Conseil fédéral. Ses membres ne cessent de se contredire les uns les autres, les partis participant au CF ne tentent même pas de se mettre d'accord. Personne ne dément jamais les slogans mensongers d'un parti qui ne mérite pas d'en être. Au contraire, il a toute liberté de répandre chaque jour depuis plus de 25 ans sa haine de l'UE, de la paix, de la solidarité et de la coopération entre les peuples.
weibel sur L’avenir est à l’automatisation des trains
Le rail tente de résister à la route. A l’évidence, l’économie de personnel que la technologie rend superflu y contribue. Monsieur Béguelin a raison de le souligner. Mais en même temps, la route suit la même logique. Les camions et automobiles qui se suivent automatiquement, à quelques mètres l’un de l’autre, qui occuperont des pistes plus étroites qu’aujourd’hui, et donc plus nombreuses sur une même largeur d’autoroute, sans conducteurs, c’est pour demain, disons dans 20 ans, en 2038. Je rappelle que la nouvelle étape d’infrastructure ferroviaire, actuellement en procédure de consultation, porte jusqu’à 2035 ! En même temps, il est probable que les camions et les voitures consommeront pour la plupart de l’énergie électrique, soit par des batteries, soit par des piles à combustible. De ce fait, les atteintes que ces véhicules portent à l’environnement et à la santé seront si réduites qu’elles ne seront guère plus graves que celles du chemin de fer. Le problème de capacité des infrastructures posé par la cohabitation de véhicules circulant à des vitesses différentes est en grande partie résolu sur la route: les camions y circulent aujourd’hui presque aussi vite que les voitures, et il est probable que l’écart se réduise encore. Il est incompréhensible que le chemin de fer n’ait pas fait l’effort de réduire la différence entre la vitesse des trains de voyageurs et celle des trains de marchandises. Les nouveaux tunnels du Gothard et du Lötschberg ont été conçus pour permettre une vitesse de 250 km/heure, mais les trains de marchandises les plus récents ne les parcourent qu’à une vitesse maximum de 160 km/h! C’est insensé: plutôt que de se suivre toutes 2 ½ minutes, train de marchandise et train de voyageurs ne peuvent se suivre que toutes les 10 minutes, 6 trains par heure plutôt que 24! Le chemin de fer peut sans doute encore avoir un rôle à jouer en Suisse. Les CFF font leur boulot, ils font ce qu’ils peuvent pour contrôler les coûts dont ils sont comptables. Mais la foire d’empoigne à laquelle se livrent les cantons pour obtenir plus de chemin de fer, comme en témoigne l’actuelle procédure d’attribution des crédits d’investissement pour la prochaine étape d’aménagement PRODES, mène le chemin de fer à la ruine. L’Assemblée fédérale, l’OFT, qui devraient arbitrer ces conflits, se montrent incapables de le faire. J’en veux pour preuve: 1) lors des décisions de la 1ère étape d’investissement du programme de développement stratégique, en 2014, l’Assemblée fédérale a fait passer le montant total des 3,5 milliards proposés par l’administration à 6,4 milliards, et 2) en 2014, l’OFT avait annoncé un coût total du programme de développement stratégique de 42,5 milliards. Aujourd’hui, 4 ans plus tard seulement, le rapport explicatif de l’OFT accompagnant la procédure de consultation établit ce coût à 58,75 milliards. En 4 ans, le coût du même projet de développement stratégique explose de 40%!
curieux sur CH-UE: naïveté et arrogance
Je suis désolé mais je trouve que nous ne devrions être ni naïfs, ni arrogants, ni resquilleurs, ni free riders, ni quémandeurs, ni rosinenpickers, ni rien de ce genre. Je pense tout simplement que nous devrions faire preuve de dignité. S’il y a un prix à payer pour cela, je suis tout à fait d’accord de le payer. Mais je pense qu’en faisant preuve de dignité nous tirerions mieux notre épingle du jeu que nous ne le faisons aujourd’hui avec cette attitude humiliante de quémandeurs. Nous devrions dire à nos partenaires de l’UE que nous n’accepterons jamais un accord institutionnel évolutif qui équivaudrait à la capitulation définitive de notre souveraineté. Et nous devrions leur dire aussi que nous ne voulons pas être membre du marché unique. Nous voulons rester un pays tiers. Les intérêts de notre économie sont suffisamment garantis par les règles de l’OMC. Nous avons d’ailleurs l’ambition de commercer avec le monde entier, pas seulement avec l’UE, et rester libres de conclure des traités de commerce avantageux avec tous les pays du monde, comme nous avons réussi à le faire notamment avec la Chine, et pour cela nous ne voulons pas être engoncés dans le carcan commercial de l’UE, qui nous lierait les mains. Nous n’avons pas besoin de dire les choses de cette manière, crue, mais cette pensée doit nous guider et nous devons notifier à l’UE que nous voulons rester un pays tiers et ne désirons pas d’accord cadre évolutif. Tout irait tout de suite beaucoup mieux. Ca c’est ce que nous voulons, ou que nous devrions vouloir si nous étions gouvernés par des gens qui défendent nos intérêts avec dignité et non par des gens à plat ventre devant l’étranger, quémandeurs et prompts à accepter tous les empiétements de la part de l’UE. Et ce faisant nous défendrions beaucoup mieux nos intérêts tandis que depuis des années nous cédons toujours parce qu’étant demandeurs nous sommes vulnérables. C’est pourquoi nous nous faisons blouser à tous les coups. Il faut que ça cesse. Il faut dire à nos partenaires que nous ne demandons plus rien. Moyennant quoi, je ne vois pas au nom de quoi l’UE devrait nous pénaliser. Encore une fois les pays de l’UE vendent plus de biens et de services chez nous que nous en vendons chez eux. Elle n’a donc pas d’intérêt, sauf le réflexe dominateur et impérialiste, de se tirer dans le pied en gênant le dynamisme économique d’un pays qui est une petite locomotive et tire en avant une partie de l’économie des pays voisins et absorbe au moins 300'000 frontaliers qui sans cela seraient des chômeurs. Au fond tout l’argumentaire officiel des euroturbos consiste à nous dire: nous sommes plus faibles car nous sommes 8 millions et l’UE 500 millions. Donc nous ne faisons pas le poids. Donc nous ne pouvons pas nous permettre l’Alleingang (mot d’ailleurs tendancieux, pour désigner l’indépendance et la défense légitime de nos intérêts). Conclusion: nous devons tout simplement nous mettre à plat ventre et nous soumettre à tout sans conditions. C’est inepte. Tout au long de son histoire la Suisse n’a jamais fait le poids. Jamais. Elle a toujours veillé jalousement à son indépendance et défendu ses intérêts. Tout au fond on sent que ce discours de la servitude volontaire ne traduit pas du tout des considérations politiques rationnelles et encore moins économiques. Pour ces gens notre existence comme non membre de l’UE est tout simplement un scandale. Nous n’avons pas droit à l’existence car notre existence est un affront aux efforts que font les gens éclairés de l’univers pour parvenir à un monde unifié selon la raison.
weibel sur L’abonnement de transport «tout-en-un»
Vous relevez que ce ne sont pas mes chiffres que je cite, je vous en sait gré. Je partage votre avis sur la qualité de toutes ces analyses des coûts et avantages "externes" des différents moyens de transport. Ce qu'il faut savoir, c'est que les études portant sur les externalités ont été menées depuis au moins 30 ans, dans toute l'Europe, qu'en Suisse ce sont 4 offices fédéraux qui se sont penchés sur la question, l'Office fédéral des transports, l'Office fédéral des routes, l'Office fédéral du développement territorial, et L'Office fédéral des statistiques. D'innombrables mandats d'étude ont été confiés à des bureaux d'étude spécialisées dans ce domaine. Ceci étant, je n'ai aucun moyen de savoir si vos chiffres sont plus solides que ceux des graphiques auxquels j'ai renvoyé mes lecteurs. Ils sont en tous les cas officiels!
weibel sur CH-UE: naïveté et arrogance
Il n'en reste pas moins que l'UE a signé tous les accords bilatéraux jusqu'aujourd'hui sans la condition de l'accord cadre dynamique qu'elle veut imposer maintenant. Il n'y avait donc nulle naïveté ni aucune arrogance chez nos négociateurs de croire qu'ils arriveraient à ce résultat, et d'entreprendre les négociations: ils ont réussi! Ce qui frappe dans votre argumentation, c'est que vous placez la Suisse dans la situation d'un pays qui ne peut rien négocier, parce que plus petit que l'UE ("Arrogance de penser que nous serions capables d’imposer à l’Europe nos conditions."). Autrement dit, vous placez toute la question dans un rapport exclusif de force, et aucunement dans un rapport de droit, de bonne foi, de morale. En outre, ce faisant, vous dénigrez ceux qui pensent le contraire, vous en faites des naïfs et (ou) des arrogants. Le respect des petites entités, des minorités, c'est encore la Confédération suisse qui l'a le plus profondément ancré dans ses institutions, en respectant les cantons, les minorités linguistiques, etc. Auriez-vous écrit, lors de la fondation de la Confédération "arrogance de penser que le canton d'Uri soit capable d’imposer à la Suisse ses conditions?". Non, décidément, je ne vous suis pas. Vous persistez à prétendre que la Suisse a été la seule partie aux accords à en tirer un bénéfice, sous-entendant que l'UE n'y a rien gagné. Ce n'est évidemment pas comme ça que ça s'est passé, l'UE a elle aussi tiré profit de ces accords. Comme tout bon accord, les accords bilatéraux ont profité aux deux parties, même sans accord institutionnel.
Hugues Poltier sur CH-UE: naïveté et arrogance
Les auteurs des deux premiers commentaires semblent juger que la "resquille" ( des autres, le "free riding" en anglais) est un droit inaliénable à la souveraineté helvétique. Tous les avantages pour nous et les charges pour les autres, tel semble être un "accord" acceptable pour la Suisse suivant nos commentateurs. Curieux tropisme dont je me demande comment il est seulement possible, comment il est seulement argumentable. Or, à preuve, il l'est… Mais laissons là ma stupéfaction… Juste ce rappel: dans l'affaire HSBC, aucune poursuite n'a été engagée contre la banque par le MPC … alors que, la preuve en a été moult fois administrée, des violations des lois fédérales contre le blanchiment, la fraude fiscale, la création et l'usage de dépôts par des dictateurs, etc. ont été commises en nombre par la banque. Pas une poursuite contre la banque… mais, pour faire bonne mesure, par contre, harcèlement en règle du "messager", condamné pour violation du secret bancaire. Faut-il aussi rappeler les "évadés" allemands du fisc, planquant leur fortune mobilière derrière les verrous du secret bancaire à la sauce helvétique – et la grotesque pantalonnade de l'espion suisse Daniel M. en mission spéciale pour enquêter sur ces fuites et arrêté pris la main dans le sac? Mais, en tout cela, n'est-ce pas, nous ne faisons qu'exercer notre droit souverain… En somme, être souverain serait le nom d'un droit de pillage généralisé sur les autres; et comme le pays est petit, ça tombe bien… Et au nom de notre souveraineté, nous "exigeons" que les autres ne regimbent jamais, soumis qu'ils devraient être à un devoir illimité de la respecter … La Suisse officielle, toujours plus empressée à punir ceux qui mettent au grand jour ses turpitudes que leurs auteurs… pas nouveau, certes, mais pas très engageant non plus plus pour de prochaines collaborations, n'est-ce pas? Avec un tel "bilan", les indignations de Cassis et consorts (dont nos commentateurs) sur le fait que la Suisse figure sur la "liste grise" relèvent une fois de plus la capacité de nos édiles à jouer les vierges effarouchées. Et ce qui est extraordinaire, c'est que nul.le ne juge utile d'évoquer épisodes … le faire semble relever de la faute de goût; montrerait chez celui.celle qui s'y risque un tropisme "unschweizerisch". Bien sûr, je ne l'ignore pas, l'UE a aussi ses pratiques bancaires et fiscales plus que douteuses: Deltour nous en a fait la démonstration. Mais, bon, ses auteurs sont membres de plein droit de l'UE: va-t-on s'étonner qu'elle s'occupe d'abord des "paradis fiscaux" de "l'extérieur"? Et en plus, la Suisse n'est pas si grosse que cela: pensez, un peu plus de 7 millions dans une Europe d'un demi milliard d'habitants… Combien de temps encore notre pays fera-t-il le poids pour obtenir les conditions de l'Alleingang?
Albert Jaussi sur CH-UE: naïveté et arrogance
Je vois dans les réactions du CF l'expression d'une frustration. Dans le dossier européen, le CF se crée lui-même un canevas complexe qui veut tenir compte de toutes les situations imaginables et, sur cette base irréelle, cherche la quadrature du cercle. On s'oriente exclusivement vers l'interne et ne remarque pas qu'en procédant ainsi, on tourne son postérieur envers l'autre partie que l'on ignore ainsi. Car dans le dossier européen, il faut surtout ne pas prendre de décision et gagner du temps. En faisant abstraction des positions de l'autre partie que l'on ne veut pas entendre, on propose alors un deal qui devrait permettre à l'autre partie d'être plus patiente. On veut acheter du temps. Ce qui est humiliant pour l'autre partie et abaisse le niveau d'honnêteté intellectuelle. La réponse fuse au bas niveau voulu pas le CF. Il ne reste plus qu'à rouler la mécanique par frustration. Le pire, c'est que c'est seulement pour la galerie et pour cacher sa frustration. Car le résultat final est déjà connu: il faudra presque tout lâcher, car il est impossible de remettre en cause les bilatérales. C'est maintenant l'UE qui prend la main et peut, si elle est gentille, mettre la forme tenir compte des frustrations helvétiques. Elle le fera sans doute.
Christophe Schouwey sur L’abonnement de transport «tout-en-un»
Merci pour cet article. Ce genre d'abonnement est très positif, surtout avec l'arrivée de la voiture autonome, qui permettra de rendre le "taxi" meilleur marché que la voiture privée. L'augmentation du trafic sera alors telle qu'il ne sera alors vraiment plus du tout défendable de laisser un accès libre et gratuit des centres ville aux véhicules ne transportant qu'une seule personne. Quand aura-t-on la sagesse de comprendre que comme les stades, les routes ont des limites de capacités?
Christophe Schouwey sur L’abonnement de transport «tout-en-un»
M.Weibel, je doute fortement de vos chiffres concernant la voiture. Loin d'être des vaches à lait, les automobilistes utilisent gratuitement une grande partie du sol des villes. Essayons pour voir de vendre aux enchères les rues à des entreprises qui pourraient faire payer les automobilistes, et on rigolerait, et on respirait peut-être mieux. Même les places de parc son gratuites dans de nombreuses localités, alors que, par exemple, un campeur doit payer le sol sur lequel il plante sa tente. Je doute qu'il soit possible de chiffrer réellement les coûts de santé et d'environnement. Puisque apparemment vous pensez que tel est le cas, veuillez, je vous en prie, m'indiquer l'adresse où je peux réclamer un dédommagement pour le temps de ma vie que j'ai passé à subir le bruit et la puanteur des automobiles (dont je devrais, j'en conviens reverser une grande partie à cause de mes voyages en avion, mode de transport grossièrement trop bon marché). La source que vous citez (merci), l'OFS, évalue les coùts de santé et d'environnement du trafic routier à 70 francs par mois, par habitant de la Suisse. Si pour une somme aussi faible je pouvais être débarrassé du fléau des voitures, j'achète tout de suite! Cela ne prend bien sûr pas en compte la pollution engendrée par l'importation du pétrole, la pollution de l'air, le bétonnage de vastes surfaces pour les routes et les parkings, etc.
Benoit Genecand sur CH-UE: naïveté et arrogance
L' UE n'est pas le gentil. La Suisse n'est pas le méchant. Ce que l'on peut dire de la limitation à une année est simple: c'est une pression assez maladroite pour faire plier la Suisse dans la négociation sur l'accord cadre. Assez maladroite parce que vraisemblablement contraire aux accords de l'OMC. Cela dit, l' UE peut tout a fait faire pression et exiger un contrat cadre avec la Suisse. C'est son droit. Aux Suisses de voir si cette nouveauté institutionnelle est acceptable. Je persiste à penser que le problème principal n'est pas là. Ni dans le milliard (milliards trois en fait) de cohésion. Si la Suisse pouvait retrouver une maitrise du flux migratoire en provenance de l'UE, la signature d'un accord cadre et du paiement de cohésion me sembleraient des contre-parties acceptables.
Jean-Daniel Delley sur CH-UE: naïveté et arrogance
Nos deux commentateurs illustrent parfaitement l'attitude de naïveté et d'arrogance que nous dénonçons dans notre article. Naïveté de croire que nous pourrions bénéficier des avantages de notre participation au marché unique sans en adopter les règles. Arrogance de penser que nous serions capables d'imposer à l'Europe nos conditions. La Suisse reste dans tous les cas souveraine: accepter les règles du jeu ou persister à choisir celles qui nous plaisent, mais alors en étant prête à payer le prix de ce qui s'apparenterait à de la resquille.
Curieux sur CH-UE: naïveté et arrogance
Il est incompréhensible que l'attitude de l'UE, qui est celle d'un maître chanteur, ne suscite pas la révolte et l'indignation de DP. Sauf erreur nous sommes une démocratie. Dans une démocratie le peuple n'émet pas des souhaits, il fait des CHOIX, définitifs. Çes choix ont ensuite à être respectés par tous les démocrates. Depuis une génération le peuple Suisse par tous ses votes à manifesté son refus fondamental d'être soumis à un processus évolutif, pilote par l'étranger, et dont il ne posséderait pas les clés. Cette volonté ferme, réitérée mainte fois, doit être respectée une fois pour toutes. L'UE fait du pédantisme institutionnel. Elle a en la Suisse un partenaire extrêmement fiable, sérieux, qui de surcroît achète des pays de l'UE plus de produits et services que ces 28 pays réunis n'en vendent en Suisse. Par conséquent il serait de l'intérêt bien compris de l'UE de prendre soin de ce partenaire et ne pas tenter de lui imposer des automatismes tatillons, absolument inutiles pour la bonne march des relations économiques, et qui ne visent qu'à satisfaire la soif des fonctionnaires bruxellois pour l'uniformité. Uniformité des normes techniques sur la courbure des cornichons etc., mais pas seulement. Celà s'étend aussi à des questions institutionnelles impliquant les libertés, les droits populaires, etc. Or celà n'est pas négociable. Tout le système d'abus démocratique permanent appelé UE, est fondé sur un chantage qui est le suivant: nous exercerons une discrimination économique entre les pays qui acceptent de se soumettre jusque dans le moindre détail à toutes les évolutions tatillonnes de notre droit dans tous les domaines et les autres. Les premiers auront un accès privilégié au marché unique, les autres se verront pénalisés - économiquement. Il s'agit d'un chantage monstrueux et c'est pourquoi l'on doit considérer que l'UE doit être combattue de toutes les manières jusqu'à que le monde soit enfin débarrassé de cette monstruosité comme il a été débarrassé de l'URSS. Il n'est pas tolérable qu'un organisme international prétende forcer des évolutions POLITIQUES dans des pays tiers, qui n'en veulent pas, en leur disant: si vous ne vous soumettez pas, alors nous allons vous étrangler économiquement. L'équivalence boursière n'est pas une affaire de l'UE. Elle est offerte à des places boursières, comme celle de Hong Kong notamment, qui n'ont aucun lien avec l'Europe. La Suisse est hautement qualifiée pour participer à ce système. En soumettant l'agrément de la bourse suisse dans le système (problème technique de nature exclusivement économique) à une condition politique qui n'a rien à voir avec la question (la soumission de la Suisse à un traité colonial mettant sa démocratie sous tutelle) l'UE tombe le masque. Elle fait apparaître au grand jour son procédé de forfaiture par le mélange des genres. Elle montre son vrai visage: celui, grimaçant, d'un maître chanteur et d'une puissance impérialiste qui n'a cure de l'indépendance ni des choix démocratiques souverains d'un pays comme la Suisse, qui ne veut pas adhérer au processus politique (ou plutôt dont le peuple ne veut pas y adhérer, les dirigeants c'est autre chose, mais en démocratie c'est le choix du peuple qui compte), qui ne veut même pas participer au marché unique, car elle entend rester un pays tiers, qui se contente de vouloir commercer avec ses pays voisins selon les règles de l'OMC, ce qui est aussi dans l'intérêt bien compris de l'UE au plan économique, et ce que donc l'UE devrait faciliter si elle suivait une finalité économique rationnelle et non un projet de domination politique illégitime. Le point positif dans cette situation est que celles et ceux qui avaient encore des doutes sur la vraie nature du pouvoir européiste et sur les méthodes de ses représentants, sont désormais fixés. Tout le monde sait désormais que nous avons affaire à des maîtres chanteurs. Par conséquent le peuple suisse, qui n'est pas prêt à abandonner, pour une question technique mineure concernant la bourse, ses libertés démocratiques durement conquises en sept siècles de lutte, sait qu'il doit résister, dusse-t-il pour celà risquer de perdre des plumes. Nous ne pouvons pas nous soumettre de manière abjecte à un chantage tout aussi abject.
weibel sur CH-UE: naïveté et arrogance
DP écrit: "Dès lors qu’elle a compris que la Suisse ne visait plus cette adhésion, l’Union a voulu institutionnaliser ces relations pour garantir la reprise de son droit en constante évolution, son application correcte et permettre la résolution d’éventuels conflits entre les parties". Je partage parfaitement votre avis: 1. c'est l'UE qui veut institutionnaliser, pas la Suisse, et 2.c'est l'UE qui veut soumettre la Suisse à l'évolution de son droit à elle, l'UE. Mais alors, pourquoi jugez-vous que la Suisse doit se plier aux demandes de l'UE? L'UE a bien sûr le droit de souhaiter changer la nature ou au moins certains paramètres de la situation actuelle, mais la Suisse, de son côté, a le droit de se déclarer satisfaite de la situation actuelle, et de refuser le changement proposé par l'UE. Et bien sûr, puisque les accords bilatéraux sont en quelque sorte des contrats, l'UE peut dénoncer les accord bilatéraux existants, mais devra compenser les dommages financiers causés à la Suisse par cette dénonciation. Vous écrivez aussi: "Nous sommes demandeurs des accords bilatéraux, lesquels sont indispensables à la santé de notre économie." C'est évidemment faux: la Suisse a conclu avec l'UE des contrats, appelés accords bilatéraux, signés par les deux parties: la Suisse a proposé au cours de ce dernier quart de siècle à l'UE des accords bilatéraux, l'UE est entrée en matière, des négociations ont été menées, l'UE y avait ses intérêts, la Suisse les siens, et le résultat de ces négociations a été signé par les deux parties qui y ont toutes deux trouvé des avantages suffisants pour compenser d'éventuels inconvénients. La Suisse souhaite des extensions des accords bilatéraux, c'est vrai, mais c'est l'UE qui y met une condition que les citoyens suisses ne semblent pas disposés à accepter: que l'arbitrage de conflits portant sur l'ensemble des accords bilatéraux, même ceux qui sont déjà signés, soient soumis à la juridiction de l'autre partie aux contrats, l'UE. La phrase que vous auriez dû écrire, c'est: "Nous sommes demandeurs d'accords bilatéraux supplémentaires". Tout le débat politique et publique, je pense, porte sur la différence entre votre phrase et celle-ci. En fait, l'UE semble au moins aussi intéressée à soumettre l'ensemble des accords bilatéraux avec la Suisse à la juridiction de Cour de Justice européenne que la Suisse est intéressée à des accords complémentaires. Vous écrivez encore: "L’Europe exige que nous acceptions les règles du jeu de son marché unique". L'UE n'a strictement rien à "exiger!" - à quel titre le ferait-elle? l'UE? combien de divisions? "exiger?", non mais des fois! Pour stopper définitivement toute velléité des Suisses d'accepter un accord institutionnel dynamique avec l'UE, rien de tel que déclarer: "L’Europe exige que nous acceptions les règles du jeu de son marché unique"...
weibel sur L’abonnement de transport «tout-en-un»
Il convient de se méfier. Il manque à cette description des expériences scandinaves un facteur non négligeable: les gens qui font usage de ces expériences paient-ils tout ce que coûte la mise en place et l'exploitation de ces systèmes? Si non, quelle est la part du coût qui est prise en charge par les collectivités publiques, les bénéficiaires étant les gens qui se déplacent selon ce système, les perdants ceux qui contribuent au fonctionnement du système, par leurs impôts notamment, sans en profiter. Dans ce cas, la différence entre ce que paient les usagers du système et son coût constitue ce qu'on appelle un coût externe: les gens qui s'en servent ne le paient pas, sont donc incités à se déplacer plus selon ce système. Bref, ce paramètre essentiel manque dans cet article. En Suisse, pour ce qui est du seul chemin de fer (c'est-à-dire sans les autres transports publics), il est notoire que ses usagers paient moins de la moitié de que coûte leur transport, l'autre moitié, la plus grosse, étant prise en charge par les collectivités publiques, la Confédération, les cantons et les villes. ( https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/mobilite-transports/couts-financement.assetdetail.3482543.html ). Cette seconde part constitue l'essentiel des coûts externes du chemin de fer. Sans cette prise en charge par les collectivité publiques, les prix payés par les clients du chemin de fer devraient être doublés: inutile de le préciser, le chemin de fer disparaîtrait. ( Pour rappel: la route n'est subventionnée qu'à raison de 10%, si on tient compte de ses coûts environnementaux, de santé, et d'accidents, et est bénéficiaire de près de 10% si on ne tient pas compte de ses coûts-là. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/mobilite-transports/couts-financement.assetdetail.3482536.html ). Il est donc possible qu'à 130 euros par mois, les expériences décrites rencontrent un grand succès. Mais si d'aventure le coût qui devrait être pris en charge par les cobayes était du double ou du triple, leur enthousiasme serait probablement singulièrement refroidi.
Rouget Alain sur Un premier pas encore timide contre le réchauffement climatique
Excellent article de René Longet. C'est bien de viser une réduction des émissions de CO2. Mais il ne faut pas oublier que le seul critère vraiment valable est le taux de CO2 effectif dans l'atmosphère. Or ce taux peut augmenter, même si les émissions diminuent. Pour la simple raison que la capacité de la nature (essentiellement les océans et les forêts) à absorber ce CO2 diminue. Pour les océans : parce que l'eau ne peut pas fixer le CO2 sans limite ; il y a une saturation chimique, dont on s'approche. Pour les forêts : parce que l'on continue à les détruire plus vite qu'on ne reboise. En bref, si le taux de CO2 réel continue à augmenter, c'est que nos efforts sont insuffisants. Mais cela ne concerne pas seulement la Suisse, bien sûr ! Certains climatologues pensent qu'on ne s'en tirera pas sans retirer artificiellement le CO2 de l'air. Ceci est une autre paire de manches!
Noel Benalou sur Les jongleurs de la finance dédaignent les filets de sécurité
L'activité de lobbying est fluctuante à l'image de la conjoncture économique: en période de crise, souvent provoquée par leur appétit insatiable pour le risque et donc pour l'appât du gain à court terme, les banques adoptent un profil bas tout en sachant que les contribuables et la banque centrale volent à leur secours en raison notamment du risque systémique. En période d'accalmie le lobby bancaire reprend du poil de la bête et réclame le démantélement du dispositif réglementaire. Lequel est censé pourtant protéger non seulement la société de la socialisation des pertes, mais aussi les banquiers eux-mêmes contre leur propre excès et leur vision myope. Le seul enseignement que les banques sembleraient avoir tiré de la crise de 2008 est que celle-ci est un accident de parcours et que la régulation publique est néfaste à leur business et, partant à la croissance et à l'emploi. Sans parler du fait qu'elles contineuent à se considérer qu'elles sont mieux placées que quiconque pour évaluer les risques associés aux crédits accordés à leur clientèle. Cependant il y a un hic: si ce savoir-faire avait été sans faille, on n'aurait jamais eu de crise de subprime avec la sous-estimation des risques d'insolvabilité des ménages fragiles! Par ailleurs les banquiers américains ont toujours rêvé d'un homme d'affaires à la Maison-Blanche. Leurs attentes ont été comblées avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. En effet, en accord avec ses promesses électorales, ce dernier a lancé le détricotage de la régulation bancaire et financière. Ainsi pour lui la loi Dodd-Frank est un désastre pour l'économie. Toutefois cette déréglementation bancaire est de nature à engendrer une concurrence déloyale à l'égard des autres banques de la zone OCDE, y compris les banques suisses. Par exemple UBS menace de délocaliser ses activiés pour échapper aux exigences en matière de fonds proprses, lesquelles sont plus sévères en Suisse qu'ailleurs comme nous le fait remarquer M.Delley. L'absence d'harmonisation des règles et dispositifs de régulation bancaire et financière à l'échelle internationnale accentue les mouvements de délocalisation et accroît le risque d'instabilité du système financier. Au risque de me faire l'avocat du diable, l'argumentaire des dirigeants d'UBS comporte une part de vérité, dès lors que les banques ne sont pas traitées de la même manière en matière de régulation bancaire. A cet égard, M. Delley nous invite à relativiser les plaintes des grandes banques Suisses par le fait que les banques cantonales s'en tirent bien, alors qu'elles sont soumises aux mêmes contraintes réglementaires et aux mêmes inconvients des taux négatifs de la BNS. Cette observation deviendrait sans doute pertinente si l'on prenait en considération la répartition du capital des banques entre les actionnaires privés et publics. Par exemple, le capital de la BCV est détenu à hauteur de 67% par l'Etat de Vaud, alors que le capital d'UBS est détenu intégralement par le secteur privé. En clair  la banque aux trois clés est soumise à une forte pression des actionnaires en matière d'exigence de rentabilité, sachant qu'elle a connu ces dernières années toute une série de difficultés liées au poids de provisions pour litiges et aux charges de restructuration après son sauvetage par la BNS. Quant à la BCV, elle continue de distribuer de généreux bénéfices, année après année, à ses actionnaires privés et au canton de Vaud. Ce qui frappe c'est que le dividende par action est d'une stabilité remarquable sur la période 2009-2017, et il varie dans une fourchette de 30 francs à 33 francs, et cela malgré le fait que la BCV soit confrontée au même environnement réglementaire que les autres banques.
Jean-Yves Pidoux sur L’insatiable appétit des sociétés d’électricité
Je déclare mes intérêts: je suis un fidèle de DP, et aussi directeur des Services industriels de Lausanne, et membre du Conseil d'administration de Romande Energie, d'EOS et d'Alpiq... a) L'électricité est certainement un domaine d'intérêt public, et les sociétés anonymes qui s'y activent sont souvent majoritairement en mains publiques, mais il ne faudrait pas considérer la branche comme un secteur homogène et solidaire. Des entreprises sont en situation confortable (les distributeurs et les sociétés intégrées verticalement). Mais, même en mains partiellement ou totalement publiques, elles ne sont pas nécessairement proches des purs producteurs comme Axpo ou Alpiq. En Suisse romande, elles n'en sont qu'indirectement actionnaires (via EOS, qui s'est précisément défaite de ses actifs au moment de la constitution d'Alpiq). Le paradoxe est le suivant: la législation sur l'électricité a eu pour conséquence la séparation des activités de production et de transport de l'électricité, dont la complémentarité permettait une certaine stabilité (et une opulence parfois indécente, certes) aux grands acteurs du secteur. Or, quel est l'acteur qui aujourd'hui encore bénéficie de cette non-séparation: les BKW, ou Forces Motrices Bernoises, seules à disposer à la fois d'une production propre considérable, d'un réseau de distribution qui va jusqu'aux clients finaux, et d'une participation confortable dans Swissgrid, qui gère le réseau à très haute tension en Suisse. Cette diversité permet aux BKW de se diversifier encore davantage, en procédant à des acquisitions forcenées dans les services énergétiques. Alpiq, au contraire, de par sa situation financière précaire (qui, en passant, rend assez inutile toute opération d'optimisation fiscale...), annonce devoir céder tout ou partie des segments de l'entreprise actifs dans les services, au risque de perdre encore de cette complémentarité si bénéfique aux BKW... b) Et il ne faut pas oublier que les profits considérables qui sont mentionnés par l'article de J.-D. Delley ont bel et bien été distribués sous forme de dividendes (par exemple la fameuse "soulte" issue de la création d'Alpiq, et dont ont bénéficié les actionnaires d'EOS), et ne sont plus disponibles pour les producteurs. A Lausanne par exemple, cette soulte est venue alimenter le "ménage communal" et contribuer au sauvetage de la caisse de pensions de la Ville; elle a aussi permis la constitution d'une société active dans les "nouvelles énergies renouvelables", en mains de la Ville. c) J.-D. Delley nous avait habitués à des propos plus logiques: on ne peut pas dire à la fois que des montants ont été accumulés en réserve, et qu'ils ont été dissipés dans des opérations ruineuses. Pour ce qui concerne ces dernières, il s'agit de faire une analyse différenciée: certes des achats aventureux ont été effectués en Europe. Mais l'investissement dans le pompage-turbinage, qui apparaît de nos jours comme une calamité financière, s'avérera à terme une contribution essentielle: énergétiquement et économiquement, il aura tout son sens pour la stabilisation du réseau et pour la sécurité d'approvisionnement en Suisse.

Accueil

Les auteur-e-s

Les articles

Les publications

Le Kiosque

A propos de DP