Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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Derniers commentaires

Benalou sur L’écrivain vaudois Etienne Barilier signe un remarquable roman historique
Une belle synthèse d'un roman d'aventure basée sur des faits historiques avec une réflexion sur la religion. Nous devrions nous méfier comme de la peste de tous ceux qui prônent la vraie religion, pour de multiples raisons. D'abord on ne sait pas ce que c'est une vraie religion, dans le cas d'espèce, la vraie religion signifie un retour aux sources et donc à nier l'évolution de l'humanité et ses acquis dans tous les domaines. Ensuite, en général ceux qui rêvent de rétablir "la vraie religion" sont des illuminés et des fanatiques. En vérité leur ambition est de rendre l'humanité esclave d'une seule vision du monde. En outre, il est frappant de constater que les défenseurs les plus acharnés de la religion de Mahomet prônent souvent le retour en arrière en l'occurrence un retour aux mœurs bédouines de la Péninsule arabique. De ce point de vue ils donnent l'impression qu'ils sont frappés d'une incapacité congénitale à se projeter dans l'avenir afin de réformer la doctrine et l'adapter à l'évolution du monde. Enfin l'auteur nous décrit comment le Mahdi, le chef religieux fanatique, a gagné la bataille des cœurs afin de dresser la population contre le colonisateur britannique. Si le colonisateur avait apporté l'éducation et la prospérité à la population locale, sans doute le chef religieux aurait eu beaucoup de peine à recruter des soldats pour marcher sur Khartoum et massacrer ses habitants. Cette observation suggère que la religion dans sa version fanatique prospère sur un terreau de misère, d'ignorance et d'obscurantisme, en rappelant que la religion islamique a toujours eu besoin de désigner un ennemi pour mobiliser les soldats du djihad. Dernier point anecdotique, j'ai vu le film sur Khartoum assiégée https://en.wikipedia.org/wiki/Khartoum_(film) et j'ai trouvé que le rôle de Mahdi joué par le Britannique Laurence Olivier était remarquable.
jacques vallotton sur L’écrivain vaudois Etienne Barilier signe un remarquable roman historique
Pierre Jeanneret, comme à son habitude, relate fort bien les éléments essentiels du dernier roman de Etienne Barilier. Il laisse entendre que c'est une oeuvre de qualité. J'ajouterais que ce roman est d'une actualité brûlante parce qu'il préfigure de la situation actuelle de l'Europe vis-à-vis du Proche et Moyen Orient. L'Occident colonistateur abandonne aujourd'hui peu ou prou cette région du monde, des peuples se libèrent, et l'islamisme radical se développe. Ces grands mouvements socio-politiques sont en germe dans le roman de Etienne Barilier. Mais cette dimension du livre n'en qu'une parmi tant d'autres. L'oeuvre d'Etienne Barilier est d'une telle richesse qu'il a un aspect total comme un grand livre classique. Depuis longtemps, je n'avais été si touché par un livre. On ne peut qu'être enthousiaste et je le recommande autour de moi. Avec "Dans Khartoum assiégée", l''auteur se situe au sommet de la littérature romande et universelle.
Claude Bossoney sur La stratégie immobilière des Transports publics fribourgeois
Et qu'en est-il des appartements protégés? Dans un pays à la population vieillissante, ce type de logements est certainement économiquement rentable, il y a pénurie dans ce domaine, socialement utile, et profitable pour les budgets sociaux des communes et du canton, soulageant les EMS de personnes encore aptes à vivre de manière indépendantes.
Richard Lecoultre sur La très controversée stratégie immobilière des CFF
Les CFF occupent plusieurs dizaines de milliers d'employés, dont la plupart ne gagnent pas des millions, mais nos grands économistes trouvent anormal que la régie se soucie de bâtir quelques appartements bon marché pour les gagne-petit. Après avoir raté la privatisation complète des CFF, M. Hans Egloff et ses compères promoteurs estiment que c'est à eux de mettre en valeur les terrains constructibles de la régie, selon leurs normes à eux. Avec la bénédiction de notre très chrétienne conseillère fédérale Leuthard, leur prétention fleure bon l'inspiration divine. La grande politique au service de la finance au lieu d'être au service de la société, quel progrès!
weibel sur CH-UE: pas de quoi monter sur ses grands chevaux
"Tous les acteurs helvétiques partagent l’objectif de lutte contre la sous-enchère salariale et des conditions de travail." Tous ne semblent pas se faire confiance résiproquement. Serait-il possible qu'il en soit qui pensent que certains de ceux qui déclarent comme eux partager l'objectif de lutte contre la sous-enchère et des conditions de travail ne sont pas sincères en le déclarant? Est-ce assez alambiqué pour être clair?
Laurent Ducommun sur «Un Bernois de moins, cela ne fait pas un Vaudois de plus»
Oui, François, tu as raison sur l'exemple. Les gens d'Amriswil sont charmants et je ne les cloue pas au pilori, sauf que j'ai un style d'écriture un brin provocateur, ce qui n'est pas la marque de DP, il est vrai. Je reviens sur le fond: il n'y a pas de mentalité suisse, ni suisse romande d'ailleurs. La Suisse reste une construction démocratique, mais parler d'esprit national, de valeurs nationales ou de patrie suisse est marcher à côté de se pompes . L'UDC blochérienne exalte ce sentiment, mais pour ses penseurs, il est limité à la Suisse alémanique. J'aime bien le 1e août, car c'est un jour férié en été, et que les feux sur les montagnes sont un très beau spectacle original. Mais ce n'est pas une fête nationale, la Suisse n'est pas une nation. La Suisse moderne, comme on le sait tous, a été d'abord fondée à l'époque napoléonienne, puis est devenu un Etat fédéral après la guerre du Sonderbund. Et rappelons qu'Il y a 100 ans, lors de la première guerre mondiale, la Suisse a failli éclater, les Alémaniques soutenant l'Allemagne, les francophones la France. Bref, il n'y a pas besoin de nation pour bien vivre ensemble, mais de tolérance et d'estime réciproques, c'est déjà beaucoup, et toutes les vraies nations n'en ont pas forcément.
Pierre Desponds sur «Un Bernois de moins, cela ne fait pas un Vaudois de plus»
Weibel a raison. Le village de mon enfance passait pour le plus bernois du canton. Il y avait des Linder mais aussi des Blaser, Berguer, Christen, Gygax, Jaggi, Klay, Loeffel, Moser, Rufer, Staudenmann, Waber et j’en passe. Certain-e-s de la première génération n’avaient jamais appris le français. C’étaient des sortes de doubles-nationaux, plutôt que des apatrides, d’où la plaisanterie citée. A part sa prémisse fausse, l’auteur de l’article est pourtant dans le juste par la suite.
François Brutsch sur «Un Bernois de moins, cela ne fait pas un Vaudois de plus»
A lire Wikipedia ou le DHS, je te trouve un peu dur de clouer ainsi au pilori Amriswil, que j'ai apparemment traversée en faisant le tour du Bodensee à vélo... C'est plutôt ta curieuse contrainte d'y assigner les habitants à résidence qui peut poser problème, comme ce serait le cas pour n'importe quel urbain transplanté dans une telle bourgade, même sans le handicap de la langue (alors qu'une caractéristique essentielle de la Suisse est que la ville, la nature ou la montagne est à deux pas où que l'on soit - et même sans voiture).
Laurent Ducommun sur «Un Bernois de moins, cela ne fait pas un Vaudois de plus»
J'aime le football et la Suisse. J'ai regardé pas mal de matches du dernier championnat du monde en Russie, mais je ne soutenais aucune équipe en particulier. Je suis plutôt fan des équipes africaines, de la Croatie et du Japon; cette dernière est la seule qui m'a paru jouer honnêtement. Je trouve ridicule de jouer encore par pays: les drapeaux, les hymnes nationaux, les spectateurs colorés par pays, je trouve cela très 19e siècle. Comme toutefois il faut bien vivre par pays, je serais pour que les sélections par pays soient ceux de joueurs de toutes nationalités, mais jouant dans le pays, l'année précédente. C'est sûr que les équipes d''Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et de la France seraient puissantes, et par exemple, dans l'équipe d'Angleterre, il n'y aurait peut-être aucun joueur de nationalité anglaise... J'aime la Suisse, parce que c'est le pays où je vis, que j'y ai mes racines, mais parler d'esprit national suisse est complètement ridicule, même pour moi dont les ascendants sont d'origine suisse, au moins depuis le Moyen-Age, et alors que j'ai travaillé 30 ans à Berne, dans le privé comme dans le public. La Suisse est une belle construction de gens très différents qui ont appris à vivre ensemble le moins mal possible, et cela s'arrête là. Il y a quelques rares personnes en qui tous les Suisses ou presque se reconnaissent, Federer en est un exemple. Francophone, presque partout en France (pas dans les grandes villes) , je me sens chez moi, nous partageons la même culture. En revanche il y a des coins de Suisse alémanique où je me sens totalement étranger. Je prends l'exemple peut-être extrême de la ville d'Amriswil, 12'000 habitants environ, qui a pourtant été un centre culturel européen important (qui le sait en Suisse romande?). Si vous êtes Suisse francophone, que vous connaissez mal la Suisse alémanique, allez déménager à Amriswil, sans voiture, et restez dans la région sans aller dans les grandes villes proches (Constance, Saint-Gall, Winterthur et Zurich). Alors, si après un ou deux mois, vous n'êtes pas interné dans un hôpital psy, c'est que vous êtes mentalement vachement solide...
weibel sur «Un Bernois de moins, cela ne fait pas un Vaudois de plus»
Je proteste. L'histoire se termine par ce commentaire, suscité par l'accent alémanique du nouveau citoyen vaudois: "ça fait un vaudois de plus, mais pas un suisse allemand de moins". C'est tout différent! ça prouve l'inverse de ce que veut démontrer l'auteur de cet article.
Richard Lecoultre sur La mondialisation en phase terminale
Qui se rappelle les noms et l'année où trois énergumènes décrétèrent que les Etats étaient des filous incapables de se gérer et abusant de la bienveillance de leurs citoyens contribuables ? Dès lors, l'élite pensotante de l'économie mondiale n'a cessé de rabâcher ces condamnations, ce qui permit à Thatcher et Reagan, tôt suivis par les socialistes Blair et Schröder, de bousiller les organisations de travailleurs au profit des actionnaires, lesquels consentent quand même à partager le gâteau avec les dirigeants d'entreprises. Malgré les résultats catastrophiques sur les plans sociaux, écologiques et culturels, nos autorités continuent à chanter ces rengaines. Bientôt, les Etats ruinés et impuissants dépendront entièrement des caprices des grandes compagnies internationales. N'est-ce pas une perspective prometteuse? En tout cas, on n'entend guère d'avis contraire.
benalou sur La très controversée stratégie immobilière des CFF
Merci pour cet article qui nous apporte la preuve que les CFF constituent un vrai modèle à suivre comme une alternative aux réformes libérales, lesquelles tentent d’introduire la concurrence partout au motif que le marché est l’allié du surplus du consommateur: le monopole public est mauvais pour le contribuable et coûteux pour le consommateur en terme de prix et de qualité de service. L’argument développé par les libéraux et les milieux économiques contre la stratégie immobilière des CFF ne nous semble pas pertinent. En effet on ne voit pas au nom de quelle logique on interdit à une entreprise publique gérée sur le modèle d’une entreprise privée d’opter pour une stratégie de diversification de ses activités. Rappelons en passant que Le principe de la diversification permet de réduire le risque. Ainsi une entreprise privée qui fabrique, par exemple, des maillots de bains et des parapluies dans un souci de minimiser l’impact des aléas climatiques sur son activité, et donc son profit, se voit rarement reprocher d’avoir deux activités, quand même son coût d’opportunité est plus faible dans la fabrication des parapluies que dans la confection des maillots de bain. Selon la logique de l’efficacité l’entreprise en question devrait se concentrer sur son métier de base, à savoir la production des parapluies. C’est pourquoi l’argument selon lequel une entreprise publique tels que les CFF n’a pas pour vocation de se transformer en promoteur immobilier avec une ambition sociale ne semble pas pertinent, dès lors que les CFF satisfont à certaines conditions. Dans l’histoire les chemins de fer ont été toujours l’apanage d’un monopole naturel. Or ce dernier ne peut pratiquer la tarification au coût marginal en raison de l’importance des couts fixes (infrastructures, gares, maintenance…). En clair le monopole naturel fonctionne avec un déficit financé par les contribuables en l’occurrence du budget de l’Etat. Une telle situation, qui peut être perçue comme une aberration du point de vue de la logique libérale, peut se justifier par la nécessite de maintenir l’égalité des citoyens en matière de service public, et donc la cohésion sociale et territoriale,.Alors que si l’on laissait les forces du marché opérer librement on pourrait leur faire confiance pour exclure un grand nombre de territoires et les citoyens avec. C’est ce danger que les cheminots français pointent du doigt en s’opposant à la réforme du Président Macron dont le rêve est de privatiser tous les services publics, y compris les services de sécurité! Avec leur stratégie de diversification, les CFF sont en train de faire la démonstration qu’un monopole public peut être efficace et donc se passer du soutien public en générant les ressources financières lui permettant d’investir dans les infrastructures ferroviaires, de trouver l’équilibre financier du régime de retraite et même de se payer le luxe d’offrir des logements à loyers modérés. En principe les milieux économiques, les partis politiques libéraux et l’UDC ne devraient pas se plaindre d’un excès de concurrence qui fait le bonheur des consommateurs, surtout si la proportion des locataires est relativement importante, ce qui semble être le cas en Suisse. A ce propos, il semblerait que plusieurs générations pourraient se succéder en tant que locataires dans le même logement. En tout cas, c’était le cas de certains membres de ma famille qui habitaient à Lausanne.
benalou sur La mondialisation en phase terminale
Je me souviens d’avoir lu des articles dithyrambiques à propos de la mondialisation dans les années 90. Celle-ci a été présentée comme une opportunité sans précédent pour la terre entière. Sans doute c’est la raison pour laquelle la mondialisation a suscité l’espoir d’une croissance économique soutenue dont les pays émergents seraient les locomotives. Avec des taux de croissance économique évoquant la période des Trente glorieuses, des nouveaux marchés à conquérir et de nouvelles technologies, de nombreux économistes et responsables politiques et économiques tressaient des lauriers à la libéralisation des marchés et à la croissance de l’interdépendance pour que le monde ressemble au marché du village où les individus échangent des biens, des services, des idées et des sentiments en partant du postulat que le commerce international est un jeu à somme positive: tous les participants à l’échange sont des gagnants! En tout cas de nombreux économistes ont cru et défendu l’idée que la mondialisation allait induire un bien-être généralisé (emplois, revenus, pouvoir d’achat, diversité de l’offre, atténuation des passions violentes, tolérance entre les cultures…). Sans parler de la croyance selon laquelle le commerce international est le passage obligé pour espérer une élévation du niveau de vie grâce à une meilleure insertion dans la division internationale du travail. Aussi il est piquant de rappeler que d’aucuns vont même jusqu’à évoquer l’idée d’après laquelle la mondialisation serait capable de réaliser le paradigme libéral du doux commerce, cher à Montesquieu: ll existe une forte corrélation entre la douceur des mœurs et le commerce. A l’instar de la musique le commerce adoucit les mœurs. Pour mettre fin aux préjugés destructeurs le remède résiderait dans l’essor des échanges économiques, la circulation des idées, les échanges des étudiants, les mariages mixtes, le tourisme de masse… Force est de constater qu’à l’époque tous les ingrédients étaient réunis pour que la mondialisation heureuse déploie ses effets bénéfiques pour le plus grand nombre. La question qui vient naturellement à l’esprit du profane est: pourquoi la mondialisation a-t-elle pu dérailler aussi vite au point de devenir un repoussoir notamment dans le monde occidental? Comme toujours il existe un abîme entre le réel et l’idéal. Si la mondialisation n’a pas tenu toutes ses promesses pour faire le bonheur du genre humain sous toutes les latitudes, a vrai dire, cela n’est pas une surprise. En effet la transposition de la libre concurrence à l’échelle planétaire avec sa mobilité des capitaux et de la main-d’œuvre ne débarrasse en aucun cas les marchés concurrentiels de leurs défauts habituels. Les forces du marché produisent un gâteau tout découpé de taille maximale mais dont les parts sont très inégales tant à l’intérieur d’un pays qu’entre pays, même en admettant l’hypothèse selon laquelle le commerce international est un jeu à somme positive. En gros la mondialisation est perçue et vécue comme une menace, voire comme une catastrophe sociale, car de fait elle a contribué à l’accentuation des inégalités en matière de répartition des revenus, à la généralisation de la précarité sur le marché du travail et à la stagnation des salaires sans évoquer les autres aspects indésirables tels le dumping fiscal, salarial, social et environnemental. Comme l’explique M. Ghelfi la mondialisation est une aubaine pour les directions et les actionnaires des firmes multinationales, mais elle s’est révélée être un cauchemar, notamment pour les salariés peu ou prou qualifiés. Elle s’est accompagnée d’une stagnation des salaires et elle a poussé de nombreux salariés à s’endetter pour défendre le maintien de leur niveau vie. Ainsi le crédit est devenu un vrai substitut à la hausse des salaires avec une forte probabilité de la survenance d’une crise financière, tout particulièrement quand les banques encouragent au travers de leurs innovations financières les ménages les plus fragiles économiquement à s’endetter. C’est pourquoi l’espoir des années 90 s’est peu à peu transformé en une peur collective des classes moyennes et populaires notamment dans les sociétés occidentales ou le bilan des pertes semble être plus lourd qu’ailleurs. Sans doute la délocalisation et l’externalisation des activités sur fond d’une désindustrialisation induite par le commerce international sont une incertitude croissante pour les salariés exposés à la concurrence internationale. Ce type de désindustrialisation est donc moins acceptable que le déclin inéluctable de la part du secteur industriel provoqué par le progrès technique. Dans ces conditions il ne faudrait pas que les élites et les experts s’étonnent du retour du nationalisme sous forme de patriotisme économique ou de la xénophobie et du retour des démons protectionnistes. Si la mondialisation a engendré la peur des risques économiques, financiers, informatiques et épidémiologiques, c’est parce que la communauté des Etats est désarmée face à ces menaces. A cela s’ajoute la peur des vagues migratoires en provenance de l’Afrique et du monde arabo-musulman. Bien sûr on ne peut pas expliquer tous les phénomènes économiques et sociaux par ce seul facteur émotionnel, mais le populisme qui est avant tout un rejet des élites est exploité habilement par les partis nationalistes. Car leur discours est en phase avec le ressenti et le vécu des petites gens en souffrance sociale et en quête d’identité, alors que les partis défendant la veuve et l’orphelin n’ont pas de vraies solutions pour répondre de manière appropriée aux défis de la mondialisation, en dehors des solutions consistant à verrouiller les frontières et /ou à renvoyer les étrangers chez eux! La mondialisation est un vrai idéal dès lors qu’elle tend à créer une solidarité entre les humains par-delà les frontières physiques, linguistiques et culturelles mais elle ne saurait être réalisée par les forces du marchés mues par la cupidité et la prolifération de l’espèce humaine conçue comme des parts de marchés à conquérir dans l’espace sans considérations pour la dignité humaine et le climat. C’est pourquoi la mondialisation ne pourrait être que triste tant que la question démographique n’est pas traitée à l’échelle mondiale.
Laurent Ducommun sur Après «Le Matin», «Le Constantin» sportif?
"En bref, un journal sportif est forcément un quotidien – ou n’existe pas.". Tout est dit par cette phrase de Jacques Guyaz. On peut peut aussi prendre comme exemple le quotidien sportif "L'Equipe", toujours le quotidien français le plus vendu et aussi le plus lu, hors les quotidiens gratuits. En près de 20 ans il a perdu la moitié environ de son tirage papier. Il doit aussi régulièrement licencier des journalistes (25 en janvier dernier, sur près, il est vrai, de 700 journaliste au total). En 2015, le groupe l'Equipe a perdu 30 millions d'euros, en 2016 20, en 2017 encore 10, mais espère équilibrer son bilan d'ici quelques années. Le fond du problème est le suivant: le lecteur-acheteur est-il prêt à payer bien plus qu'un café matinal pour que son quotidien favori, quelqu'il soit, subsiste? Car, sans hausse importante des abonnements et du prix au numéro, je ne donne hélas pas cher de la survie de la presse écrite à moyen terme. Ce n'est pas seulement au consommateur d'y répondre, mais d'abord au citoyen. Mais y a-t-il encore beaucoup de citoyens? Question provocatrice peut-être, mais, pour moi, là est le fonds du problème.
benalou sur Un regard suisse sur la fraude fiscale
De toute évidence la relation entre le fisc et les contribuables est loin d'être un long fleuve tranquille dans l'histoire, comme le souligne la note de lecture de M. Delley. Pourquoi cette relation demeure-t-elle conflictuelle et revient-elle sans cesse sur le tapis? Pourquoi les pays de l'OCDE ont-ils déclenché la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux, alors que la soustraction fiscale n'est pas une pratique nouvelle? Comme toujours en la matière la causalité est plurielle et la fraude fiscale dépend des convictions des citoyens, des mécanismes de contrôle de l'administration fiscale et sans doute du degré de corruption. Sans être exhaustif on peut tenter quelques éléments d'explication de l'évasion fiscale. Si certains citoyens dissimulent leurs revenus et leurs richesses à l'administration fiscale, c'est probablement parce qu'ils estiment que l'Etat n'utilise pas les recettes fiscales de manière adéquate. Tout particulièrement quand une part importante de celles-ci est utilisée à des fins clientélistes au détriment de la croissance, de l'innovation, de la réduction des inégalités sociales, et donc du bien-être social. Il pourrait y avoir des citoyens qui contestent le caractère progressif du système fiscal en ayant le sentiment à tort ou à raison que l'Etat leur confisque une part notable du fruit de leur travail, sans pour autant que la pauvreté régresse. D'autres citoyens pourraient se comporter comme des passagers clandestins: ils refusent de participer au financement des biens publics tout en espérant que le financement sera assuré par d'autres contribuables. C'est par exemple le cas de certains citoyens français, souvent riches, qui cachaient leur fortune dans les banques suisses avant l'abandon du secret bancaire, mais ils continuaient de bénéficier des services publics en France (éducation, santé, sécurité, infrastructures…) Par ailleurs, si les gouvernements européens ont déclenché une croisade contre la fraude fiscale à l'échelle internationale, c'est parce que les conséquences de la crise financière ont fortement dégradé les finances publiques et la traque des évadés fiscaux est devenue une source de revenus supplémentaires! Ainsi l'évasion fiscale est estimée à plus de 80 milliards d'euros en France. On comprend dans ces conditions que récupérer une petite fraction de ce magot pourrait mettre du beurre dans les épinards de Bercy, tout particulièrement en période de disette budgétaire et de croissance économique atone. En général, dans nombre de pays européens, le système fiscal se caractérise par des taux marginaux d'imposition relativement élevés. Or on sait depuis longtemps que trop d'impôts tuent l'impôt. Ce sont les effets désincitatifs de la pression fiscale dont l'efficacité peut être décrite à l'aide d'une courbe en U inversé. Cela suggère qu'il existe un taux d'imposition au-delà duquel la fiscalité devient contreproductive en poussant les agents économiques à ralentir leur effort et à afficher une aversion à l'égard du risque notamment en matière d'innovation. Cependant il convient de relativiser ce vieux principe de l'imposition qui n'a pas la rigueur d'un théorème mathématique. En effet le débat sur la relation entre fiscalité et croissance est loin d'être tranché. Ainsi un système fiscal fortement redistributif, comme c'est le cas dans les pays scandinaves, peut augmenter les opportunités d'investissement dans une économie de marché où le système bancaire rationne les ménages pauvres et les PME. Ainsi avec une fiscalité efficace et équitable, il serait possible de financer les études des rejetons (système de bourses) des petites gens qui triment toute l'année sans repos dominical ni vacances dans le seul souci de se constituer un bas de laine. Au fond le problème auquel sont confrontés les Etats de l'OCDE n'est pas seulement de traquer et de punir les tricheurs, mais aussi de mettre en place des mécanismes incitatifs pour augmenter le consentement de l'impôt. En clair la peur du gendarme est nécessaire mais elle ne semble pas suffisante pour induire un comportement civique. Il importe de savoir ce qui détermine le fait que les gens déclarent plus ou moins honnêtement leurs revenus: est-ce la peur de faire l'objet d'un audit fiscal? ou bien cela relève-t-il des considérations morales? Si l'éthique fiscale apparaît comme un déterminant important du consentement à l'impôt, une autre question vient à l'esprit: ces convictions éthiques constituent-elles des traits culturels comme c'est le cas en Suisse (le consentement à l'impôt y est fort) ou bien est-il possible de modifier les comportements des citoyens au travers des politiques publiques appropriées?
Curieux sur Un regard suisse sur la fraude fiscale
Je pense qu'il existe en effet un trait culturel en Suisse. Ce trait culturel n'est peut-être pas aussi antique qu'on le dit parfois mais il est ancien et il a été enraciné par environ un siècle de secret bancaire institutionnalisé, dont le pays a énormément profité ce qui a donc obligé les acteurs (administration fiscale notamment) à beaucoup de complaisance envers le contribuable suisses. Ces derniers n'ont donc pas été traités, contrairement à leurs homologues, français par exemple, en suspects à traquer en permanence, mesquinement, et en bétail à tondre. De fait la Suisse officielle avait intérêt à fermer les yeux sur les péchés fiscaux de ses propres citoyens, car elle gagnait beaucoup plus grâce aux profits énormes, et imposables, réalisés légalement par les banques grâce à l'évasion fiscale du monde entier. Le résultat est un sentiment profondément ancré chez le citoyen suisse de bénéficier licitement et légitimement, en tant que citoyen suisse, d'une LIBERTE PULIQUE à part entière, typiquement suisse: celle pour le citoyen contribuable de déterminer soi même dans une certaine mesure quels revenus on déclarera et lesquels on oubliera de déclarer. Au fond beaucoup de gens considéraient et considèrent encore cela comme un droit démocratique au même titre par exemple que le secret de l'isoloir, protégeant l'expression des choix politiques des citoyens. Cet état d'esprit très répandu a toujours suscité la rancoeur envieuse des fonctionnaires et des petits employés qui ont le sentiment que, contrairement à un avocat, agriculteur ou plâtrier peintre, eux ne peuvent rien celer au fisc et doivent payer plein pot sur leur maigres revenus. À vrai dire ce ressentiment est surtout caractéristique des fonctionnaires car pour les ouvriers et petits employés, en tant que banquier j'en ai connu beaucoup qui travaillaient "au noir" le soir, le samedi et le dimanche et économisaient des montants incroyables non facturés et non déclarés. J'ai connu des portiers d'hôtel et des femmes de ménage millionnaires à force d'épargne faite au noir. Incroyable mais vrai. II y a d'ailleurs sans doute aussi des petits fonctionnaires qui s'adonnent à ce sport pendant leurs loisirs et qui ont, eux aussi, un "compte noir", qui sait? bien garni. Et ce "goût du secret" était très fort aussi chez les travailleurs immigrés italiens, espagnols portugais et autres, puisqu'on découvre aujourd'hui les patrimoines non déclarés (la petite maison sur la Costa Brava, vendue peut-être à prix d'or et non déclarée au fisc suisse) que nombre d'entre eux possédaient et sur lesquels ils vont devoir maintenant payer des pénalités grâce au merveilleux "échange automatique". Combien de cas, parmi les belles réussites sociales de tant de gens dont les parents sont venus en Suisse avec une valise en carton et qui aujourd'hui nous gouvernent (beaucoup d'entre eux sont d'ailleurs socialistes), ne s'expliquent-elles pas par ce bas de laine secret qui aura permis à des enfants d'ouvriers de faire des études longues et gravir les échelons en Suisse? On serait sans doute étonnés si on le savait. Tout cela constitue un vécu sociologique et un tissu de réalités humaines qu'à mon avis on ferait mieux de voir du bon côté avec bienveillance. Le sectarisme n' est pas bon conseiller. Ne pourrait-on pas reconnaître honnêtement que la possibilité pour des personnes et des familles, surtout modestes, de ne pas être transparents face à l'Etat est tous comptes faits une bonne chose et non une mauvaise? En effet l'expérience prouve (le mot de Georges Pompidou là dessus est excellent) que "trop d'impôt tue l'impôt". L'existence d'un fort bas de laine en Suisse est un élément essentiel de la prospérité du pays et de sa capacite à créer des emplois. Car c'est ce bas de laine qui permet au patron de PME de traverser les mauvaises années et développer son affaire, donc d'embaucher du personnel. Il faut insister sur le fait que ceci ne concerne pas les grandes familles d'industriels ou banquiers car ces dernières n'ont pas un bas de laine mais bien des structures complexes et légales d'optimisation fiscale internationale. C'est bien autre chose. Ni les petites gens, ni le peuple suisse en général, ni l'économie, n'ont rien à gagner à une pratique des autorités fiscales qui deviendrait inquisitrice comme elle l'est dans les autres pays.
Charlotte Robert sur La mondialisation de la «bonne gouvernance»
Tout à fait juste sauf que Jean-Pierre Ghelfi attribue au Fonds la politique de son Conseil d'administration. Or le Conseil d'administration est composé des représentants de tous les gouvernements de cette planète et la Suisse y siège. Ce sont nos gouvernements qui imposent les uns aux autres ces politiques contreproductives. Le Département de la recherche du Fonds, depuis quelques années, a prouvé qu'elles sont dommageables en particulier pour la répartition des revenus. Malheureusement ces chercheurs n'ont aucun pouvoir. L'Université de Fribourg a invité le vice-directeur du Département de la recherche du FMI, M. Jonathan Ostry, pour venir donner une conférence à la mi-décembre. Vous y êtes tous bienvenus.
Jean-Jacques Isaac sur Les droits populaires servent aussi à questionner l’économie
Oui, très bien, merci à l'auteur de rappeler cette évidence à laquelle, pourtant, ne pensent pas les autorités. Au fond, il faudrait presque lancer une initiative demandant que toute initiative refusée soit suivie d'un débat obligatoire aux Chambres et cas échéant d'une recherche de solution...
Durussel André sur Deux artistes vaudois sortent du «purgatoire»
A l'heure où le bâtiment où se trouve le Musée Eugène Burnand est en sursis pour deux années, il est en effet important de souligner l'importance de ce peintre vaudois et de ses œuvres exposées à Moudon. Grand merci à Pierre Jeanneret pour cette contribution certes brève, mais essentielle. Ce "Millet protestant" a en effet marqué toute la génération de nos ancêtres. Mon grand-père maternel possédait une lithogravure qui illustrait la parabole des ouvriers dans la vigne (Matt. 20, v.1-6). Elle fait partie du célèbre volume in quarto de 151 p., avec 61 dessins et 11 planches hors texte, ainsi qu'une une préface de Eugène Melchior de Vogüé, membre de l'Académie française, un ouvrage édité chez Berger-Levrault à Paris en 1908. Lors d'une conférence dans ce musée moudonnois, le 1er oct. 2017, le professeur Daniel Marguerat a porté un regard de théologien sur ces œuvres religieuses en particulier, dont le nombre et l'importance sont à souligner. J'ai moi-même donné un exposé sur 8 paraboles de cet ouvrage de 1908 à des groupes d'aînés de 5 paroisses de l'EERV, de 2014 à 2017) . Ces notes (non exégétiques) sont à disposition des lecteurs de DP qui souhaiteraient en prendre connaissance.
Jean-Claude Eggimann sur Mondialisation: le rôle des fonds d’investissement
Curieusement, l'auteur de l'article esquisse les solutions au problème qu'il évoque: les fameux "fonds de pension" qui "exigent" une rentabilité élevée des capitaux investis servent aux travailleurs précisément des rentes de retraite, soit des salaires différés, et il n'est pas interdit auxdits travailleurs qui le peuvent -et ils sont plus nombreux qu'on l'imagine- à épargner dans des fonds de placement qui, eux aussi, "exigent une bonne rentabilité" des actions qu'ils gèrent. D'ailleurs le système de participation des travailleurs est de plus en plus introduit par les "bons patrons"; c'est peut-être là que politiciens et syndicalistes devraient agir.

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