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Derniers commentaires

weibel sur Le sous-équipement en transports publics, une «Genferei» qui dure
Oui, la comparaison de l’approche genevoise et de la zurichoise est effectivement riche d’enseignements. A Zurich vient de s’achever la Durchmesserlinie, qui comporte un saut-de-mouton, ces viaducs qui permettent d’éviter le croisement à niveau de voies. Ce saut-de-mouton a une longueur de 1'600 mètres, à un endroit il doit passer à près de 20 mètres de hauteur par-dessus un pont routier franchissant le faisceau des voies au sol, est réalisé dans l’encombrement des voies existantes. Il a coûté 203 millions, soit 127'000 francs par mètre. A Genève, il est envisagé de créer un tel saut-de-mouton à la bifurcation au Val Ombré: en arrivant de Cornavin, les deux voies de la ligne de La Plaine se séparent des deux voies de la ligne de l’aéroport. Le lecteur trouvera une description de cet ouvrage ici: http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2018/10/24/le-saut-de-mouton-de-val-ombre-295072.html Le saut-de-mouton aura une longueur de 460 mètres, il passe lui aussi par-dessus une route, ici l’autoroute, mais celle-ci repose à cet endroit au fond d’une tranchée, ce qui fait que la hauteur du saut-de-mouton est de 10 mètres seulement. Enfin, l’espace nécessaire à son installation est déjà disponible, sans encombrement de voies. Sur la base du coût du zurichois, ce saut-de-mouton coûtera environ 60 millions. L’administration genevoise, elle, avance pour ce saut-de-mouton un coût de 280 millions. S’il manque à Genève des moyens financiers pour réaliser un réseau RER performant, ce n’est pas parce que l’argent manque. C’est parce qu’à Genève, on ne compte pas. Le cas décrit ici n’en est qu’un exemple. Domaine Public a publié ici un article de portée plus générale https://www.domainepublic.ch/articles/32768 Ce sera de plus en plus difficile pour Genève d’obtenir que la Confédération y investisse dans le domaine ferroviaire. A Genève, toutes les infrastructures ferroviaires coûtent environ 5 fois plus cher que si elles étaient réalisées à Zurich. Pour résoudre le problème de capacité de son noeud ferroviaire, Genève fait des projets estimés à 4,67 milliards. Moins d'un milliard suffirait.
weibel sur CH-UE: les quatre libertés ou rien
Vous écrivez: "Dans ce contexte, la comparaison entre notre attitude et celle du Royaume-Uni présente des analogies instructives. L’Angleterre a décidé en juin 2016 de quitter l’Union européenne. Après deux ans et demi de négociations, ce pays est plus divisé que jamais sur le Brexit." La comparaison est en effet intéressante: "Dans ce contexte, la comparaison entre notre attitude et celle du Royaume-Uni présente des analogies instructives. La Suisse a décidé le 6 décembre 1992 de ne pas faire partie de l’Union européenne. Après 26 ans de négociations, notre pays est plus uni que jamais sur sa particpation à l'UE: il n'en veut pas".
Benalou sur Crises économiques et néolibéralisme (3 / 3): il y a dette et dette
Pour ma part j'ai toujours trouvé étrange que la stabilisation conjoncturelle soit l'apanage exclusif de la politique monétaire en Suisse. Quant à la politique budgétaire, elle semble jouer un rôle mineur, alors même qu'elle est l'arme appropriée pour contrecarrer les effets adverses des chocs de demande. C'est pourquoi on peut se demander si les autorités suisses ne sont pas restées prisonnières du vieux dogme de l'équilibre des finances publiques en toutes circonstances économiques. Alors que le déficit budgétaire et la dette publique sont des instruments adéquats pour lutter contre les fluctuations conjoncturelles, surtout s'ils sont utilisés à bon escient, et donc que l'Etat respecte sa contrainte de solvabilité inter-temporelle. Les autorités suisses pratiquent une politique budgétaire restrictive dans un contexte de récession avec une certaine confusion entre l'instrument et l'objectif. Le surplus du budget n'est utile, semble-t-il, que s'il est utilisé à des fins de stabilisation conjoncturelle; quand les dépenses du secteur privé se contractent face aux aléas défavorables à la demande globale. Dans son article M. Ghelfi recommande une révolution copernicienne pour que la politique budgétaire joue le rôle qui est lui dévolu habituellement dans un contexte de récession. En effet la politique budgétaire expansionniste n'est pas en odeur de sainteté en Suisse. La raison en est sans doute qu'elle doit rester passive afin de renforcer la crédibilité de la BNS, et partant éviter le conflit potentiel entre l'autorité monétaire et l'autorité budgétaire; tout particulièrement en cas de monétisation de la dette publique. De plus les autorités publiques en Suisse semblent adhérer à l'idée selon laquelle l'Etat est un agent économique ordinaire, et à ce titre il doit veiller à l'équilibre de sa contrainte budgétaire comme en atteste l'existence d'un frein à l'endettement. Sans doute le frein à l'endettement est un bon mécanisme pour protéger contre la propension naturelle des hommes politiques à la dépense à tous les échelons. Mais a priori on est enclin à penser qu'il sera d'autant plus efficace s'il est utilisé avec une certaine flexibilité, du fait des oscillations de l'activité économique en réaction à des chocs d'offre et de demande. Par exemple un endettement public destiné à financer les innovations en matière de croissance verte n'est pas un crime de lèse-majesté! C'est bon pour l'emploi et le climat, n'en déplaise aux adeptes de l'austérité budgétaire au sein de la zone euro.En effet les règles rigides de 3% de déficit et de 60% de dette publique sont totalement inadaptées à la transition écologique et à la nouvelle donne sécuritaire en Europe. De prime abord est tenté d'adhérer à l'argumentaire des autorités suisses selon lequel L'Etat doit se comporter comme un bon père de famille qui veille à l'équilibre financier du ménage, dès lors que l'on prend en considération les limites sur la pression fiscale et sur le revenu de seigneuriage en cas de monétisation répétée de la dette publique (risque d'hyperinflation). A cet égard notons que la soutenabilité de la dette publique est une question récurrente chez les partisans de l'austérité. Ceux-ci prônent en effet des mesures en faveur de l'offre et des réformes structurelles comme la flexibilité à outrance du marché du travail, pour ne pas dire l'insécurité économique généralisée à tous ceux qui vivent de leur travail. Par ailleurs le discours dominant qu'on entend sur l'insoutenabilité de la dette publique au sein de la zone euro en général et en France en particulier est en réalité un plaidoyer contre l'Etat social. Pour dramatiser la dette publique on invoque souvent la nécessité de se préoccuper du bien-être des générations futures. Bien évidemment un tel argument est discutable dans la mesure où les générations présentes ne laissent pas que des montagnes de dettes, mais aussi des actifs sous diverses formes. Sans parler des dépenses pour la formation du capital humain sous forme d'éducation en faveur des enfants et des petits enfants. Sur ce point l'argumentation développée par M. Ghelfi emporte l'adhésion. Enfin il convient de discuter l'effet de richesse associé à la détention de la dette publique. Selon certains économistes libéraux qui font jouer un rôle exagéré à la rationalité fiscale des ménages, le financement du déficit budgétaire par l'emprunt n'a aucun impact sur l'activité économique et sur l'emploi: l'emprunt public est un impôt différé qui pèsera sur les épaules des générations futures. Et comme les générations présentes tiennent compte du bien-être des générations futures, et que chaque génération adopte cet altruisme à l'égard de sa descendance et ce sur un horizon infini, alors nous devrons nous attendre à ce que l'accroissement de la dette publique se traduise par une augmentation de l'épargne des ménages en prévision des impôts futurs destinés à financer le service de la dette publique et le remboursement du principal. C'est le théorème de l'équivalence de la dette publique et de l'impôt connu aussi sous le nom de l'effet Ricardo-Barro. Sous cette hypothèse faisant jouer un rôle important à la solidarité entre les générations, la politique budgétaire est totalement inefficace. La réalité est plus complexe et plus riche que sa caricature décrite par le modèle économique de Robert Barro (1974) qui nous montre la neutralité de la dette publique en éliminant celle-ci et les impôts de la contrainte budgétaire inter-temporelle de l'Etat. Dans le monde économique réel les ménages prennent leurs décisions de consommation en fonction du revenu courant et non du patrimoine ou du revenu permanent. De nombreux ménages subissent un rationnement de crédit auprès des banques du fait que les marchés financiers sont loin d'être parfaits. En outre la solidarité intergénérationnelle n'est pas vérifiée dans toutes les familles. Dans certaines familles aisées ou riches sans doute avec une faible propension marginale à consommer, l'épargne et l'héritage sont utilisés à des fins stratégiques pour ne pas dire de chantage afin de manipuler les descendants! Pour toutes ces raisons, de nombreux ménages contraints par le revenu courant seraient ravis de consommer lorsque l'Etat ajourne le prélèvement fiscal en finançant le déficit budgétaire par le recours à l'emprunt. Tout se passe comme si l'Etat prêtait aux ménages à un taux d'intérêt inférieur à celui auquel ils auraient emprunté auprès des banques, du fait que l'Etat n'a pas le même profil de solvabilité que le ménage lambda.
Benalou sur Crises économiques et néolibéralisme (2 / 3): la demande, cette grande oubliée
La crise financiére de 2008 a au moins le mérite de nous avoir apporté la preuve que la politique monétaire conventionnelle est inefficace. D’'où la nécessité de recourir à l'assouplissement quantitatif et à des taux d'interêt négatifs afin de relancer la croissance et l'emploi via une injection massive de liquidités dans les banques commerciales (rachat des titres des dettes publique et privée par les banques centrales). Le but de ces mesures non-conventionnelles est de contrer la spirale déflationniste et d’assurer la stabilité du système financier. En principe, selon la théorie quantatitative de la monnaie, toute expansion de la masse monétaire devrait, in fine, déboucher sur l'inflation, voire l'hyperinflation notamment en cas de monétisation systématique de la dette publique. Force est de constater que l'assouplissement quantitatif pratiqué avec un certain décalage au sein de la zone euro, par exemple, a eu un faible impact sur le taux d'inflation: la BCE peine à atteindre le bon taux d'inflation fixé à 2%. De même l'arme des taux d'intérêt négatifs utilisée par la BNS n'a pas dispensé celle-ci de la nécessité de continuer à intervenir, certes de façon discréte, sur le marché des changes afin de contrer l'appréciation du franc et ses effets dévasteurs sur l’industrie exportatrice et le tourisme. Pourquoi l'inflation n'est-elle pas au rendez-vous comme cela est prédit par la théorie libérale? Bien sûr il n'est pas aisé pour le profane de répondre à cette question technique. Néanmoins je prends le risque de hasarder quelques élements d'explication à cette énigme. Sans doute le sous-emploi est-il de type keynesien: un excés d'offre généralisé. Or dans une telle situation macroéconomique les mesures de politique économique appropriées sont celles qui sont de nature à stimuler le pouvoir d'achat: baisse des impôts et des taxes, augmentation des dépenses publiques, revalorisation du salaire minimum, des pensions de retraite et des prestations sociales afin de revigorer la demande. Car en présence de l'insuffisance de la demande globale la politique monétaire est relativement inefficace. Rappelons en passant que Keynes a insisté sur cet aspect dans son œuvre maîtresse, tout particulièrement, quand l’économie est engluée dans la trappe à liqudité. Dans ces conditions l'octroi du crédit à un taux très faible ne suffirait pas pour faire boire un âne qui n'a pas soif, en l'occurence les entreprises et les ménages ne seraient pas incités à investir et à consommer davantage, Et ce d'autant si leur perception de l'avenir est pessimiste, car le pessimisme en économie est néfaste au climat des affaires et donc à l'investissement et à la croissance. Les liquidités injectées par les banques centrales sembleraient être utlisées en partie ou en totalité à des fins spéculatives par les banques commerciales dans les actifs financiers et lmmobilers et dans des matières premiéres. En tout cas de nombreux ménages et PME continuent à subir un rationnement du crédit de la part du secteur bancaire.. C'est pourquoi certains économistes sont allés jusqu'à proposer à la banque centrale de distribuer de l'argent aux citoyens au lieu de passer par les banques, lesquelles pourraient ne pas faire un bon usage des liquidités mises à disposition à un coût quasi nul (mauvaise allocation de ressources et incapacité à sélectionner les bons projets d'investissements du fait précisément de l'abondance de liquidités). Par ailleurs notons que la spirale inflationniste ne peut se déclencher tant que les salaires ne prennenr pas le relais de la hausse des prix. Or la pression sur les prix des biens et services en raison de la mondialisation conjuguée à la précarisation croissante sur le marche du travail et donc la déterioration du pouvoir de négociation des salairiés, semblerait avoir joué le rôle d’une force modératrice en matière d’évolution de l’indice des prix à la consommation, sachant que le mécanisme d’indexation des contrats salariaux et de prêts a été abandonné un peu partout dans les pays de l’OCDE. Par exemple la situation conjonturelle actuelle aux Etats-Unis semble conforter une telle explication en dépit d'un faible taux de chômage, lequel aurait donné en toute logique lieu à des tensions inflationnistes et donc à une poussée inflationniste.
Giorgio Zürcher sur La CEDH est sauve, les droits populaires aussi
Comme Christophe Tafelmacher je trouve très rejouissant que 66% des votants aient repoussé l’initiative UDC. Ce qui est triste c’est l’abstention de la majorité des citoyens. Ceci pourrait être determiné par la difficulté de comprendre l’enjeu, ce qui pourrait également expliquer la contradiction entre les resultats des deux votations citées. Il est souhaitable d’abolir les dénominations des initiatives qui créent seulement des confusions.
Giorgio Zürcher sur La CEDH est sauve, les droits populaires aussi
La majorité des votants a clairement affirmé d'en avoir assez des sorciers de l'UDC, qui veulent nous faire croire qu'ils peuvent modifier la réalité geopolitique du monde avec quelques articles de notre Constitution.
weibel sur LAMal: la solidarité mise à mal
Cet excellent article, très clair, fait réfléchir. Deux choses me frappent: 1. En maladie, la participation financière de l'Etat est d'un tiers des coûts totaux, alors que pour le chemin de fer, cette participation est de deux tiers. Comme si on pouvait plus difficilement se passer de déplacements en trains que de soins. 2. La hausse des franchises laisse penser, et croire, que ce sont les soins courants, ceux qui rassurent, qui apaisent les inquiétudes, qui font exploser les coûts de la santé. C'est probablement tout faux. 80 % des coûts de la santé sont consacrés aux deux dernières années de vie, aux deux années qui précèdent immédiatement nos décès. Ce n'est pas en agissant sur 20 % des coûts (les 20 % restants) que nous réussirons à éviter l'explosion des coûts. Mathématiquement, c'est évident. Mais socialement, ça l'est peut-être aussi: la mort n'étant pas un risque, mais une certitude, est-il raisonnable de mettre autant d'argent pour la retarder de deux ans seulement.
Christophe Tafelmacher sur La CEDH est sauve, les droits populaires aussi
Il est en effet réjouissant que 66% des votants aient privilégié la protection des droits fondamentaux, le respect des principes de l’Etat de droit et des engagements internationaux. Encore que, probablement, ce soit surtout la stabilité de la place économique suisse et de son cadre juridique qui aient été les raisons motivant le rejet de l'initiative UDC en Suisse allemande. Cela étant, on en peut pas faire l'impasse sur la contradiction flagrante sortie des urnes ce même dimanche de votations. La même proportion (à 2% près) des votants qui a affirmé ce souci pour l'Etat de droit tel que nous le connaissons a autorisé la mise en place d'une surveillance débridée des assurés sociaux. Autrement dit, de restreindre très fortement leurs droits fondamentaux et de donner aux institutions d'assurance des pouvoirs exorbitants sur certains citoyens pourtant déjà placés dans une situation de vulnérabilité. Ainsi l'esprit de l'UDC et la vision anti-libérale opposée à l'Etat de droit et au cadre protecteur des droits humains ont-ils gagné dans les urnes. Et ce n'est pas la première fois. A méditer...
Benalou sur Crises économiques et néolibéralisme (1 / 3): l’austérité n’engendre pas la confiance
Il est vrai que l'intense controverse entre keynésiens et monétaristes a tourné en gros autour de l'estimation des élasticités de la demande de monnaie et de l'investissement par rapport au taux d'intérêt. Mais ce débat a aussi porté une attention particulière à la neutralité de la monnaie à long terme comme en atteste l'arbitrage entre chômage et inflation ou la courbe de Philips augmentée des anticipations. La théorie keynésienne centrée sur la déficience de la demande globale ne semble pas avoir accordé une attention accrue aux chocs d'offre et au problème de l'inflation qui semble être son péché originel (avec la fameuse illusion monétaire), à savoir on peut déprimer le salaire réel via une hausse non-anticipée de l'inflation par les salariés. D'autre part force est de constater que les responsables politiques ont utilisé les déficits et les dettes publics de manière asymétrique: les déficits budgétaires ne sont pas apurés en période de vaches grasses. Et pour tout dire les instruments de la politique keynésienne ont été utilisés à des fins qui n'ont pas rien à voir avec le bien-être des citoyens comme cela a été démontré par le prix Nobel William Nordhaus, ce dernier a étudié les cycles politico-économiques. Néanmoins la théorie libérale centrée sur la capacité des marchés à s'autoréguler d'eux-mêmes n'a jamais pris au sérieux la situation de chômage keynésien; alors que cette configuration macroéconomique a de fortes chances de se produire dans un grand nombre de cas conjoncturels. En effet la confiance qui est chère aux libéraux a une faible probabilité de survenir si le moral des ménages et des entreprises est en berne: les entreprises licencient du personnel en réaction à une chute de la demande adressée à leur production et les salariés révisent à la baisse de leur demande de consommation de bien et services en adoptant un comportement de prudence face à la montée du chômage, un peu à l'instar des couples de la coopérative de Krugman thésaurisant les bons.. Dans une telle situation il est à craindre que le système reste bloqué durablement à un faible niveau d'activité et d'emploi en raison d'un comportement de non-coopération des acteurs économiques, si bien que la rationalité individuelle pourrait conduire à un résultat non souhaitable au plan collectif. Enfin il n'est pas excessif d'affirmer que nous ne disposons pas aujourd'hui d'une théorie qui tient compte des perturbations venant des marchés financiers : le risque systémique, le blocage du marché interbancaire, l'intégration des marchés financiers au plan mondial et la spéculation débridée. En clair le monde a besoin d'un nouveau Keynes. En attendant ce messie de l'économie, c'est le pragmatisme des banques centrales qui prévaut et c'est la vision de l'austérité avec ses réformes structurelles néfastes au monde du travail qui semble dominer au sein de la zone euro sous l'œil vigilant de la vertueuse Allemagne. En rappelant que ce pays a construit sa prospérité et ses excédents commerciaux colossaux sur le dos des cigales de l'Europe du Sud.(les Grecs empruntaient à des taux allemands pour acheter des voitures allemandes de luxe).
Beat Burgenmeier sur Crises économiques et néolibéralisme (1 / 3): l’austérité n’engendre pas la confiance
C'est du réchauffé. Le débat entre monétaristes et keynésiens se heurte aujourd'hui à de nouvelles réalités: Le fonctionnement des marchés financiers est complexe. Dans le passé, la théorie monétaire se concentrait sur la variable nominale des variation des prix ("inflation") et la théorie keynésienne ne faisait qu'intervenir le taux d'intérêt comme seule variable d'explication de sa célèbre "trappe de liquidité". Or, aujourd'hui le fonctionnement des marchés financiers fait interagir plusieurs variables explicatives en même temps. Une politique économique moderne a quitté le terrain du dogmatisme binaire et cherche "par tatonnement" une prescription qui a les effets escomptés. Aussi longtemps que certains acteurs du système financier international continuent à souffrir du manque de confiance et de manque de liquidité, la politique monétaire reste expansive (et tant pis pour l'inflation), tandis qu'une politique keynésienne se trouve limitée par les déficits publics (et tant pis pour la relance).
Azote sur Le Pacte des Nations unies pour les migrations est conforme à l’intérêt de la Suisse
Décidément tout est bon pour rabaisser notre ministre Ignazio Cassis: le milieu socialo-tiersmondiste ne lui pardonne pas d'avoir levé un coin du voile qui cachait les activités (et la finalité) de l'UNRWA. Ainsi dans le cas qui nous occupe maintenant, un ministre plus "motivé" aurait pu court-circuiter des commissions parlementaires "mal avisées" et trop curieuses; cela aurait aussi montré qu'on a quelque chose à cacher aux parlementaires. Quel manque de confiance dans leur sagesse!
norbert maendly sur La CEDH est sauve, les droits populaires aussi
Sous prétexte de droits fondamentaux, les Suisses se sont privés de leur droit à être différents et surtout de choisir leur différence. En matière de droit fondamental c'est un autogoal. La Suisse est de plus en plus comme les autres pays, d'ailleurs son attractivité en est d'autant réduite. Ce vote aura un impact positif pour les affairistes sans frontières et les radicaux dont on a déjà plus le droit de critiquer l'idéologie. Bref être Suisse ne voudra bientôt plus rien dire sauf subir un peu plus la mondialisation dont les effets se font déjà cruellement sentir chez nos voisins français.
Curieux sur La peste noire et la Fête des vignerons
Très intéressant. Surtout l'étymologie des noms Bujard, Davel, Décastel, Ducret... que je ne connaissais pas. On ferait mieux mieux de se souvenir de ça et pratiquer la même politique aujourd'hui. Les patronymes devraient être systématiquement helvétisés. Cela devrait aller de soi. Le sympathique joueur de tennis Stan Wavrinka devrait s'appeler Wavrinquaz, Jacques Neirynck, Neirinque, etc. Aucun naturalisé ne devrait pouvoir porter un nom imprononçable ou bizarre dans l'une des langues nationales. Tous les patronymes d'origine étrangère devraient impérativement acquérir une consonance française, allemande ou italienne. L'intégration est à ce prix et celà devrait même faire l'objet d'une loi. Autrefois cela allait de soi dans tous les milieux sociaux, les plus populaires comme les plus huppés. J'ai appris que la famille saint galloise Zollikofer avait une grande importance économique à Lyon et dans le midi de la France au XVIIe siècle. Elle y était connue à l'état civil sous le nom de Sollicoffre. Joli, non? Surtout pour des marchands. Buonaparte devient Bonaparte. La famille des banquiers français d'origine zurichoise Hottinguer (prononcer Ottingre) anoblie au titre de baron par Napoléon, avait modifié l'orthographe de son nom Hottinger en ajoutant un u après le g, sinon cela se serait serait prononcé Ottingé, selon les règles de l'orthographe française. Le nom des grands industriels français de l'acier Schneider, se prononce Chnèdre et non Chenailledère. La prononciation locale doit primer. Herr Trump (Troump), allemand, devenu américain s'appellera Trump, Eisenhauer deviendra Eisenhower, et ainsi de suite. C'est normal.
Curieux sur Surveillance des assurés: une méfiance qui ne prévaut pas à l’égard des contribuables
J'ai voté contre cette surveillance des assurés, précisément parce qu'en tant que défenseur du secret bancaire je ne veux pas que s'installe, et soit accepté, un esprit fouille m... et mesquin, qui un jour ou l'autre serait étendu au mouchardage des épargnants et de leur bas de laine durement gagné.
Lecoultre Richard sur Surveillance des assurés: une méfiance qui ne prévaut pas à l’égard des contribuables
Nous assistons à deux phénomènes: D'une part, on dénonce de plus en plus les élus qui confondent la caisse publique et leur portemonnaie, ce qui devrait les inciter à plus d'honnêteté. En fait, c'est la population qui se dégoûte de la politique en pensant: Tous pourris. Cet état d'esprit favorise les requins qui rêvent de faire main basse sur toutes les régies officielles profitables et surtout sur les biens immobiliers nationaux (la gestion privée est tellement plus efficace!). D'autre part, à Berne comme dans beaucoup d'autres capitales, et surtout à Bruxelles, de plus en plus d'élus ne se soucient plus du bien-être des populations, mais de la prospérité des sociétés multinationales. Evidemment que ce n'est pas la grande presse aux mains de Tamédia et d'autres qui va dénoncer ces dangers.
Laurent Ducommun sur Surveillance des assurés: une méfiance qui ne prévaut pas à l’égard des contribuables
Bien d'accord avec JDD. La fameuse maxime de JdLF dans les "Animaux malades de la peste": «Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir» acquiert ici tout son sens. On attrape les petits poissons qui trichent aux assurances sociales, mais on ne court pas après les gros requins qui fraudent le fisc à tout va. La question fondamentale reste ouverte: pourquoi les petits poissons, qui sont l'immense majorité des citoyens, votent pour punir les petits poissons (la loi sera acceptée, d'après moi, hélas) et pas les gros requins? Peut-être tout bêtement parce que la grande majorité des petits poissons rêvent un jour de devenir un gros requin, en jouant à des loteries ou au casino, ou encore d'une autre façon. Triste rêve, car si improbable.
Jean-Jacques Isaac sur La Suisse s’enferre dans un modèle fiscal dépassé
Merci, Monsieur Delley, pour cet excellent résumé. On parle peu de cette spoliation dans les médias. Vous comblez cette lacune. Quant à l'argument selon lequel les autres nous remplaceraient si nous n'adoptions pas cette politique injuste, il est, comme vous le suggérez, dangereux: à ce compte-là, on pourrait alors se permettre toutes les injustices. Si nous ne vendons pas des armes à l'Arabie saoudite, d'autres le feront à notre place. Si nous refusons de soutenir des pays qui exploitent les travailleuses, d'autres ne se gêneront pas de s'engouffrer dans la brèche... Non, je trouve peu rigoureux de défendre ce type de raisonnement. Il est inquiétant de voir la majorité de la classe politique accepter le projet fiscal actuel sans prendre la distance nécessaire!
Lecoultre Richard sur AVS 21: des contre-propositions originales
Il me semble avoir compris de bonnes idées dans ce texte, mais comme c'est compliqué!
Danielle Axelroud sur La retraite à 65 ans? Pas contre des cacahuètes!
Oui, effectivement, les femmes sont plutôt bien traitées dans l'AVS, qui a une fonction redistributive, pour autant qu'elles soient mariées. Quant aux bonifications pour tâches éducatives, elles correspondent à un salaire annuel de 3'480 francs. Ce n'est pas lourd. Et ce bonus est partagé entre les époux. Mais invoquer le principe de l'égalité pour aligner l'âge de la retraite des femmes sur celui des hommes, après le fiasco de la révision de la loi sur l'égalité, c'est juste une provocation!
Cretton sur Développement technique: une autodestruction inévitable?
Bravo. Pour une fois un article qui décolle sur "l'économie". Ajouter quelque points. A moins d'être mystique autocentré sur son nombril, on en est rendu à appliquer à la civilisation la phrase d'Albert Einstein : "il n'y a pas de référentiel privilégié dans l'univers". Cela veut dire que ce qui nous arrive à nous arrive partout dans l'univers. Avec le programme SETI on les a cherché, les civilisations extraterrestres capables de faire autant de bruit dans le ciel que nous ! Et avec les découvertes des exoplanètes à la pelle, l'hypothèse - absurde car allant contre la même phrase d'Einstein - comme quoi notre situation serait privilégiée dans l'univers, est de plus en plus infirmée par l'observation, et cela en rajoute une couche. Considérez encore le second corpus de lois fondamentales, celui du milieu dont on ne veut surtout pas parler (la mécanique quantique et la relativité générale, c'est plus sexy, plus Julesvernien, on peut faire plein de startrekeries débiles avec). Je veux dire les premiers et seconds principes de la thermodynamique. Un corpus dont Albert Einstein à dit qu'il était "si fondamental que je doute qu'il soit un jour infirmé". Et mettez-le dans le même panier de l'absence de référentiel privilégié. Et vous obtenez je pense, en gros, le livre. Que je n'ai pas lu encore. Qu'en tant que physicien je n'aurais pas vraiment besoin de lire vu que je n'ai pas besoin de croire ni à l'astrologie ni à l'économie. Mais que je vais lire quand même, pour saluer l'effort. Reste que tout n'est pas dit. De même que pas tous les adolescents ne crèvent pas des conneries qu'ils font, on peut espérer qu'un certain nombre de civilisations s'en sortent. Sous cette hypothèse, les étoiles sont silencieuses parce que les civilisations qui ont survécu à l'hubris cannibale de la croissance, n'ont plus besoin de gueuler j'aime-j'aime-pas dans l'univers. Et c'est pour cela qu'on ne les entends pas. Et considéré ainsi, c'est un cadeau qu'elles nous font (car on à déjà le pandémonium ici, alors si en plus il nous arrive du fond du ciel... ). Couchons-nous donc sur cet espoir fou de ces civilisations ayant atteint vraiment ce qu'on pourrait appeler la pensée. Et avec comme corollaire l'espoir tout aussi fou de pouvoir aussi encore en être. Même si l'entropie, la haine et la bêtise qui montent, rendent cet espoir de plus en plus ténu.

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