Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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Derniers commentaires

Durussel André sur Balades à Lausanne à travers textes d’auteurs et dessins
Les auteurs de "Lausanne, promenades littéraires" relient agréablement le passé et le présent dans cet ouvrage "grand public". Ils sont issus du monde des lettres et Stéphane Petermann vient même de prendre la présidence de l'Association des Amis de Gustave Roud (AAGR). Ce sont là des références sérieuses (et plaisantes) et, pour une fois, non polarisées (ou polluées...) d'emblée par ces idées gauchisantes qui sévissaient parmi les écrivains vaudois de ma génération... Merci à Pierre Jeanneret pour cette recension qui donne véritablement envie de découvrir cet ouvrage.
Durussel André sur Les pétards mouillés des opposants à la Stratégie énergétique 2050
Mensonges les plus grossiers ? Eh bien, non ! Pas d'accord. Les arguments des opposants n'usent pas de tels qualificatifs et leur position est fondée. Mais l'on est dans un domaine désormais idéologique et tous les arguments que l'on va nous servir ne font qu'aggraver le débat. Les thuriféraires du marché de l'électricité en sont les premières victimes.
Pierre Santschi sur Les pétards mouillés des opposants à la Stratégie énergétique 2050
Excellents commentaires sur les externalités... Mais il n'en demeure pas moins qu'a été glissée dans le paquet une modification de la loi sur le Tribunal fédéral qui restreint drastiquement les droits de recours des associations et particuliers en matière énergétique. Cet article permettrait même, vu les majorités dans l'appareil d’État (administration, CF, TF et Parlement), de produire du courant nucléaire sans espoir de pouvoir s'y opposer juridiquement, ainsi que, par la bande, notamment, cette effrayante imposture que sont les compteurs Linky, intrusion dans les foyers. Je vous laisse juge (c'est le cas de le dire): art 83 let. w de la loi sur le TF:: "Le recours est irrecevable contre: [...] w. les décisions en matière de droit de l’électricité qui concernent l’approbation des plans des installations électriques à courant fort et à courant faible et l’expropriation de droits nécessaires à la construction ou à l’exploitation de telles installations, si elles ne soulèvent pas de question juridique de principe." Cet incroyable attaque contre les droits démocratiques, glissé subrepticement comme cela se fait dans trop de lois, suffit à condamner le projet de LEne. Le NON s'impose.
Revue de web – S06E15 | Fred H sur Les pétards mouillés des opposants à la Stratégie énergétique 2050
[…] Mauvais arguments des opposants à la Stratégie Energétique. […]
Jean-Yves Pidoux sur Les pétards mouillés des opposants à la Stratégie énergétique 2050
Excellent papier! Pour une démonstration éloquente des subventions massives bénéficiant aux énergies fossiles, voir aussi l'étude du Fonds monétaire international: https://www.imf.org/external/french/np/blog/2015/051815fa.htm Les thuriféraires du marché seraient plus crédibles s'ils contribuaient à nettoyer ces écuries d'Augias et intégraient quelques externalités dans leurs réflexions et leurs calculs...
weibel sur Les pétards mouillés des opposants à la Stratégie énergétique 2050
Vous écrivez: "Partout dans le monde les différents agents énergétiques, et non seulement les énergies renouvelables, sont largement subventionnés. " Non seulement les énergies renouvelables? les hydrocarbures également? ça m'étonne. Pourriez-vous nous en dire plus? Merci d'avance.
gindrat sur Vers la transparence fiscale des multinationales
Comme d'habitude la Suisse se contente de demi mesures, qu'elle devra corriger ultérieurement. Pourquoi faire simple quand on peut compliquer.
Noel Benalou sur Stratégie énergétique 2050: un tournant certes, mais à vitesse réduite
Si j'ai bien compris l'UDC et les lobbies nucléaire et hydroélectrique (propriétaires des barrages) sont hostiles à la stratégie 2050 en partant de l'hypothèse que les énergies renouvelables sont coûteuses pour la société et sans garantie qu 'elles constituent de vrais substituts à l'énergie nucléaire. De plus la réglementation concernant l'interdiction de la construction de nouvelles centrales nucléaires ferme définitivement la porte aux innovations dans le nucléaire, par exemple une nouvelle technologie plus rassurante et plus économe en déchets. Sans parler des dommages collatéraux pour la nature ( défiguration des paysages et nuisance à la faune, par exemple le parc éolien) de de l'incertitude inhérente à la SE 2050 : personne n'est en mesure de dire comment va évoluer la technologie . Si bien que la réglementation concernant le nucléaire pourrait avoir les mêmes effets qu'un encadrement de loyers qui favorise la pénurie des logements, alors qu'il est destiné à aider les ménages les plus modestes à se loger. De toute évidence que l'on soit pour ou contre la SE 2050, force est de constater qu'il s'agit là des questions ouvertes pour lesquelles on ne dispose de réponses tranchées, en raison sans doute de l'incertitude technologique. Par ailleurs la SE 2050 privilégie la manière de produire propre avec les technologies existantes, mais elle donne l'impression au profane qu'elle n'encourage pas l'innovation dans le propre, par exemple via les subventions en faveur de la recherche et développement dans les grandes écoles ,les universités et les laboratoires des entreprises privées. Sans doute l'orientation de l'argent public vers les innovations est plus utile que les aides financières en faveur des propriétaires des barrages même en prenant en considération le fait que les usines hydrauliques produisent 60% du courant suisse. Mais ce n'est pas tout : la SE 2050 est dominée par la défiance à l'égard de la politique industrielle. Alors qu'il n'est pas excessif d'affirmer que l'Etat a un rôle à jouer pour rediriger l'innovation vers l'innovation verte dans la mesure où le secteur privé n'innove pas spontanément dans le vert. En tout cas les études empiriques montrent que les entreprises ont tendance à innover dans les domaines où elles sont déjà perforrmantes.
Noel Benalou sur Stratégie énergétique 2050: un tournant certes, mais à vitesse réduite
La stratégie 2050 vise, comment nous le rappelle M.Delley, à assurer l'autonomie et la sécurité d'approvisionnement en énergie de la Suisse, en misant notamment sur les énergies renouvelables et l'amélioration de l'efficacité énergétique. C'est une stratégie ambitieuse qui est sujette à une série d'incertitudes. C'est pourquoi les pouvoirs publics ne devraient pas se lier les mains par un chiffrage précis en ce qui concerne les objectifs quantitatifs. Pour réaliser ceux-ci la Suisse, fidèle à sa tradition libérale, privilégie les mécanismes de marché et les taxes d'incitation. En gros le but affiché est de réduire de manière drastique la part de l'énergie fossile dans la consommation globale et de promouvoir l'électricité renouvelable au détriment de l'électricité nucléaire, sachant que ce choix divise la société suisse. Cette stratégie appelle trois observations que je me permets de formuler comme suit : 1) La stratégie 2050 donne la primauté aux mécanismes de marché et aux taxes d'incitation. Elle semble négliger les subventions en faveur des recherches et développement afin d'inciter les entreprises privées à changer l'orientation des innovations technologiques. En l'absence d'un soutien public actif et conséquent, les acteurs privés n'auraient aucun avantage à changer le cap de leurs innovations technologiques. En la matière il suffit de songer aux innovations autour du moteur thermique dans l'industrie automobile. Ainsi la stratégie 2050 ne semblerait pas prendre en compte ce problème qui est en fait une défaillance du marché au même titre que les externalités ou un bien collectif. 2) La stratégie vise à réduire les émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Il n'existe pas l'ombre d'un doute que les énergies propres que la Suisse cherche à développer et l'amélioration de l'efficacité énergétique dans les secteurs tels que le bâtiment et les transports vont avoir un impact sur le climat, mais force est de constater que celui-ci sera epsilonesque compte tenu de la taille du pays. En effet, dans ce domaine la stratégie ne peut être que mondiale. D'où la nécessité d'une coopération internationale renforcée comme dans le cadre de la Cop 21. Même en cas d'un accord international, celui-ci est loin d'être contraignant pour les parties contractantes, sans doute en raison de l'inévitable problème du passager clandestin et de la tragédie des biens communs (le climat est un bien commun) : pour des raisons purement égoïstes certains acteurs sont conduits à faire un effort minimal en espérant que les autres feront l'essentiel du travail pour le bien commun. Avec un tel comportement non-coopératif on sait que l'issue est la catastrophe, en l'occurrence le déclenchement d'un processus irréversible en matière de réchauffement climatique. A cet égard l'Administration Trump vient de nous fournir la preuve que l'engagement sur un accord international ne pèse pas lourd face à la tentation d'améliorer le bien-être matériel des citoyens au détriment de la protection de l'environnement. En effet le Président américain vient de tresser des lauriers au « magnifique charbon propre » en relançant l'exploitation des mines de l'Etat de Virginie occidentale, et cela malgré le fait que les gisements d'emploi se trouvent davantage dans le secteur de la santé que l'Administration veut démanteler que dans les mines de charbon. En résumé, dans ce domaine la stratégie 2050 n'est sans doute efficace que par sa valeur d'exemplarité pour les autres pays. 3) La stratégie 2050 est basée sur un scénario hautement optimiste en matière de création d'emplois: une croissance verte compenserait les pertes d'emplois liées aux fuites de carbone. Une telle hypothèse est problématique dans la mesure où La taxation des émissions de carbone comporte une forte probabilité d'occasionner des coûts supplémentaires pour les industries nationales exposées à la concurrence internationale, tout particulièrement quand celles-ci sont fortement émettrices de gaz à effet de serre. En tout cas une forte taxe carbone unilatérale a toutes les chances de pousser les entreprises à délocaliser leur production dans les autres régions du monde où elles pourraient polluer à moindre coût. Dans le cas contraire elles perdraient leurs parts de marché (domestique ou à l'export) au profit des firmes localisées dans les pays qui ne sont pas trop regardants en matière de pollution. En conséquence une politique unilatérale comme celle qui est sous-jacente à la stratégie 2050 pourrait déplacer la production et les emplois vers des pays moins responsables et au final elle aboutirait à une redistribution de production et de richesse sans bénéfice écologique significatif.
Curieux sur Faut-il privatiser les banques cantonales?
Pour une fois je suis tout à fait d'accord avec DP. Cette idée de privatiser tous les services publics devient insupportable. Mais il faut dire aussi que cette manie nous vient du consensus de Washington, de la stupide idée de "gouvernance mondiale", ainsi que de l'Union Européenne, et la gauche a été pour toutes ces idées. Dans tout celà on retrouve à la racine l'universalisme républicain progressiste? C'est pourquoi la gauche est coresponsable de cette funeste évolution. Voila pourquoi c'est plus difficile pour elle de s'opposer à des inepties comme celle de privatiser bêtement les banques cantonales. Étant donné que l'UDC a les mains liées par ses alliances parlementaires patronales avec le PLR (qui la trahit à chaque occasion des qu'il s'agit de souveraineté) il n'existe pas de force politique tellement opposée à ce processus de démantèlement des services publics et de tout ce qui est régalien. J'appelle de mes vœux une alliance des souverainistes de gauche (cheminots, postiers, etc., défenseurs résolus des services publics) et de droite (populistes, partisans de la primauté du droit suisse sur le droit international, partisans d'un contrôle strict de l'immigration par la résiliation immédiate de l'ALCP).
Domaine public | Criminalité des étrangers: des personnes au-delà des statistiques - asile.ch sur Criminalité des étrangers: des personnes au-delà des statistiques
[…] de Jacques Guyaz, publié sur le site Domaine Public, le 9 avril 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site Domaine […]
Durussel André sur Stratégie énergétique 2050: un tournant certes, mais à vitesse réduite
Une réponse discordante aux arguments de Jean-Daniel Delley: Non! L'UDC n'avance pas des chiffres fantaisistes ni des conséquences imaginaires. Ce n'est d'ailleurs pas le seul parti qui s'oppose courageusement à cette stratégie-bidon, mais tout le mal est ainsi et désormais porté sur l'UDC. En réalité, le petit et moyen consommateur captif pour de nombreuses années encore sera le grand perdant, puisque les taxes pour lui (taxes fédérales selon art. 15b de la LEne) ont déjà augmenté de 250% dès 2014. Ces taxes, en plus du courant consommé, représentent déjà le 50% env. de sa facture annuelle (pour mon cas auprès de Romande Energie avec 13'219 kWh /an) Je suis plutôt PLR et j'ai travaillé dans le domaine nucléaire en Suisse. Il n'y a pas que l'UDC qui, pour le moment, estime que cette forme de production d'énergie est nécessaire, mais aussi les exploitants de Beznau 1 et 2, Gosgen et Leibstadt! De plus, couvrir la Suisse d'éoliennes industrielles pour quelques % de renouvelable est la pire des solutions.
Albert Jaussi sur Stratégie énergétique 2050: un tournant certes, mais à vitesse réduite
J'ai hésité quant à ma position face à cette votation, exactement à cause des ambitions castrées bien expliquées par Jean-Daniel Delley. Mais je voterai pour le programme de Doris Leuthard car son rejet serait faussement compris comme un plébiscite pour le nucléaire. C'est ce que l'UDC a réussi à faire croire, ce qui est ridicule.
Coquoz sur Criminalité des étrangers: des personnes au-delà des statistiques
Ah ces thèmes où l’on parle d’étrangers! Pourquoi est-ce que ce sont des thèmes qui accrochent autant? Pourquoi DP tente-il une fois encore de rétablir une vérité guère contestable par ailleurs, comme quoi le paramètre «étranger» n’est pas un élément explicatif pertinent en rapport avec la criminalité, en tout cas bien moins que le niveau socio-éducatif? Car, même si l’on admettait (ce qui est faux!) que les étrangers, toutes considérations de sexe, niveau socio-éducatif prises en compte, étaient 2 ou 3 fois plus criminels que les suisses, qu’est-ce que cela changerait? Il n’en resterait pas moins que la plupart des étrangers sont de bonnes personnes ne commettant pas de délits et qui s’intègrent plutôt bien. Bref, cela ne changerait rien! Je soupçonne que les thèmes où l’on parle d’étrangers sont sensibles parce qu’on s’y trouve à la confluence de deux sentiments contradictoires. D’une part, nous avons une inclinaison naturelle, quasi biologique, à classer les choses et les gens en groupes, et à leur attribuer des caractéristiques faciles d’emploi (donc forcément simplistes). Cette inclinaison naturelle a une conséquence très tangible dans l’organisation clivante de nos sociétés: on est ou on n’est pas citoyen suisse ; on est ou n’est pas éligible pour une prestation sociale, etc. D’autre part, nous avons une morale naturelle nous invitant à respecter chaque être humain, et à lui attribuer la même valeur fondamentale. Ces deux sentiments à eux seuls ne nous aident pas forcément à résoudre des questions pratiques et pragmatiques de politique des étrangers, mais ils tendent à nous donner des signaux contraires sur ces sujets. Et au milieu de ce malaise, nous avons là aussi une inclinaison naturelle: celle de trancher arbitrairement en faveur d’une valeur offrant des choix simples. On a donc d’un côté les militants «favorables aux migrants», qui prennent dès lors des positions qui impliquent très clairement une option fondamentale de libre circulation mondiale, sans qu’ils en aient mesuré les conséquences, et surtout sans qu’ils aient à prendre les décisions et responsabilités effectives en rapport avec les implications inévitables de leurs positions, en termes budgétaires et d’utilisation de ressources naturelles notamment. On a de l’autre côté les militants restrictifs de la migration (que les premiers qualifient souvent «d’anti-étrangers», dans un curieux élan simpliste et stigmatisant) qui trouvent que «ça ne va pas», et «qu’il y a des abus», sans qu’ils soient en mesure de préconiser autre chose que des vœux généraux et inutiles à l’image de l’initiative contre l’immigration de masse ou les initiatives cantonales sur la préférence nationale sur le marché de l’emploi, initiative qui en restent toutes à des généralités prudentes, car le stade de la mise en œuvre nous confronte à des difficultés pratiques considérables, et surtout nous oblige à faire des choix douloureux sur ce qu’on est prêt à perdre sur un plan, pour gagner quelque chose sur un autre plan. Et pourtant, il y a des questions pratiques circonscrites qui méritent une réponse pragmatique, s’il en existe. Pour rester dans le domaine de la criminalité et des infractions au droit suisse: Que fait-on avec les centaines de ressortissants d’Afrique du Nord en situation illégale en Suisse, qui vivotent en partie de petits délits? Quels sont les éléments très concrets qui nous empêchent de les renvoyer, même si c’est un type d’action publique qui est et restera toujours désagréable à exécuter? J’aimerais beaucoup que les services compétents fournissent des réponses exhaustives et compréhensibles à cette dernière question. Ou encore: tous les cantons suisses, mais surtout le canton de Genève, traitent la loi fédérale sur les étrangers comme si c’était un chiffon de papier encombrant. En effet, le nombre de situations illégales est tel qu’on ne peut que conclure qu’il y a un immobilisme choisi dans le gestion du phénomène et de ses causes multiples. Quels sont les éléments très concrets qui empêchent que la législation soit appliquée, que des sanctions dissuasives soient prévues et appliquées pour les employeurs contrevenants (entreprises et particuliers), et que des mesures soient prises, par exemple pour améliorer l’offre de garde d’enfants et d’aide à la personne (notamment par une libéralisation et une simplification de la mise en place de services utilisant les forces de travail locales) ?
Coquoz sur Faut-il privatiser les banques cantonales?
Je hais Avenir Suisse. J’en ai honte car cela contrevient à mes principes de bienveillance universelle. Mais à quoi tient cette aversion viscérale qui me monte des tripes quand j’entends parler la plupart de ses représentants? Une partie vient peut-être de leur ton doctoral prétentieux, non corrélé au niveau réel de leurs compétences. Ou est-ce le rabâchage de principes simplistes dont le caractère soit-disant universel a été démontré comme faux? En tant que libéral convaincu de la puissance créatrice et auto-organisatrice de la liberté au sein des organisations et des communautés humaines, je déteste que l’on brandisse la liberté comme un absolu, qui n’aurait pas à se frotter à de nombreuses autres valeurs, ainsi qu’aux caractéristiques des individus et des groupes humains, qui rendent l’évaluation des choix politiques probablement aléatoire, mais au minimum extrêmement difficile. Du coup cela me met le plus souvent de mauvaise humeur lorsque je lis Avenir Suisse, de la même façon que les musulmans modernes doivent détester lire Hani Ramadan, ou les chercheurs en psychologie sociale doivent détester lire L.Ron Hubbard (et Avenir Suisse aussi d’ailleurs). Je suis allé à la source évoquée par M. Ghelfi, et j’ai à nouveau ressenti le malaise susmentionné en lisant M. Samuel Rutz. Je me permets d’évoquer un exemple (qui permettra peut-être à un contradicteur de me tancer si je pèche moi aussi par simplisme). M. Rutz présente 3 exemples d’objections contre les privatisations «qui ne résistent pas à un examen détaillé». 1er exemple: «En vendant les entreprises publiques, des dividendes lucratifs vont être perdus» serait non pertinent parce que «plus la rentabilité d’une entreprise est haute, plus grandes seront les recettes de sa privatisation». Et alors ? L’acheteur d’une entreprise publique va proposer un prix incluant le futur flux actualisé de dividendes, certes. Mais le flux sur combien d’années? Sur le court terme, bien sûr que la collectivité peut trouver un certain avantage à vendre. Mais sur le long terme, c’est TOUJOURS une perte. Ce qui m’irrite également avec les libéraux à la sauce Rutz et consorts, c’est qu’ils sont largement présents dans les rouages de l’Etat, dans les sociétés publiques et para-publiques. On les entend en boucle asséner des grandes vérités générales, inutiles pour les décisions de terrain, mais on ne les entend jamais (me semble-t-il, ou ai-je mal écouté?) nous offrir de retentissants mea culpa humbles et contrits, des analyses détaillées de leurs erreurs passées. Car c’était souvent bien eux qui étaient aux commandes lors des échecs, des errements et des crises, dont nous payons collectivement le prix. M. Ghelfi en a donné plusieurs exemples parlants.
Coquoz sur PV2020: un meilleur bilan pour les femmes que les référendaires le prétendent
Merci pour cette tentative de revue synthétique de la révision de la prévoyance vieillesse. Isabelle Moret a raison de souligner ce que perdent les femmes avec la hausse de l’âge de la retraite, ceci pour obtenir quelques avantages intéressants, qui profitent à tous, donc aussi aux femmes, mais avec une correction encore très imparfaite des inégalités de pertes de revenus liées à la prise en charge inégalitaire des enfants et des personnes dépendantes (travail à temps partiel, carrière freinée,...). Ces inégalités de revenus se traduisent de façon criante à la retraite en observant les 1’471’000 personnes touchant l’AVS (647’000 hommes, 824’000 femmes). Parmi ces personnes, 455’000 hommes touchent une rente de 2e pilier (montant moyen de 2900 Sfr/mois), contre seulement 265’000 femmes (montant moyen de 1500 Sfr/mois) [chiffres 2015 tirés des références de l’article] Chaque femme est légitimée à faire son décompte personnel de ce qu’elle va perdre ou gagner. Avec la réforme, la perte financière sera bien réelle pour les femmes sans revenu salarié, qui entreront une année plus tard dans l’AVS. La perte sera par contre rarement financière pour les femmes qui ont un emploi. La majorité des femmes garderont durant leur 65e année le travail (et le salaire) qu’elles avaient à leur 64e année. Pour celles-ci, la perte sera un sentiment légitime d’injustice avec une réforme qui ne leur offre aucune compensation SPECIFIQUE DIRECTE hormis l’abaissement de la déduction de coordination. Il est intéressant d’évoquer un argument partiellement pertinent mis en avant par la droite: «le supplément AVS de 70 Sfr ne servira à rien vu qu’il sera compensé par une baisse correspondante des prestations complémentaires (PC)». Avec 197’000 bénéficiaires de PC à l’AVS [https://www.bsv.admin.ch/bsv/fr/home/sozialversicherungen/el/statistik.html], on voit que l’argument est loin d’être non pertinent. Mais ce chiffre est à mettre en comparaison avec les 1’274’000 autres bénéficiaires de l’AVS qui n’ont pas de PC. Parmi ces derniers, il y a bien sûr le futur retraité Alain Berset que Mme Moret tentait de présenter comme un futur bénéficiaire de la réforme sur le dos des femmes. Mais il en a des milliers d’autres qui sont bien moins confortablement lotis que M. Berset. Il me semble clair que les femmes ne peuvent pas dire «Youpi » avec la réforme sur la table. Mais la bonne question me semble être bien sûr: «Quelle est l’alternative qui a des chances de réunir une majorité?». La réponse est vraisemblablement: «Aucune». Ou une alternative pire encore. Ou bien le statu quo? Mais le statu quo peut difficilement le rester, vu que des ajustements sont obligatoires du fait de la situation financière de la prévoyance vieillesse. Le soit-disant «status quo» sera certainement une situation pire que maintenant. Car on ne peut pas décider par votation qu’il y aura de l’argent dans les caisses, de même qu’on ne peut voter pour qu’il fasse beau en été. On ne peut que décider dans quelles poches sera pris l’argent.
Domaine Public | Exilés de l’Europe de l’Est en Suisse pendant la guerre froide - asile.ch sur Exilés de l’Europe de l’Est en Suisse pendant la guerre froide
[…] parue sur le site Domaine Public, le 15 mars 2017. Cliquez ici pour lire la recension sur le site Domaine […]
Albert Jaussi sur Contrôler l’immigration: pourquoi des contingents s’imposent
Même dans le régime de la libre circulation des personnes, il n’y a pas de permis d’établissement ou de régime de frontalier sans contrat de travail (je laisse de côté les indépendants et les retraités provenant de l’UE qui, pour pouvoir s’établir, doivent prouver des conditions d’indépendance financière). Qui dit contrat de travail dit employeur. L’employeur est, tout comme l'est l'Etat, un partenaire important du tissu économique et social et il en découle une responsabilité. Des mesures accompagnatrices doivent être telles qu’elles sont un rappel permanent de cette responsabilité. C’est la voie à suivre. C’est en vérité la voie libérale. Par contre, fixer des contingents par voie légale, c’est déresponsabiliser les employeurs qui se limiteront à geindre, soit réagir au lieu d’agir. Les employeurs doivent aussi anticiper le marché du travail et le climat politique et s’organiser en conséquence. Par exemple, avec les moyens informatiques et de communication, on peut sans autre avoir une partie de ses ingénieurs, de ses commerciaux, contrôleurs, juristes et j’en passe dans d’autres pays de l’UE tout en étant dirigés de Suisse (plus difficile dans l’horlogerie avec le Swiss Made il est vrai). Quand les employeurs ne sont pas disposés à faire leur boulot comme ils le font si bien en ce qui concerne leurs marchés de ventes ou l’évolution des cours de change, des taux d’intérêts et des régimes fiscaux, s’ils réagissant au lieu d’agir, il en résulte une loi d’application tordue et tirée par les cheveux et représente une provocation pour la droite nationaliste. Geindre c’est une position mentale d’assisté, celle que les mêmes milieux économiques reprochent aux pauvres qui eux sont en général plus prévoyants.
Jeanneret Pierre sur De «l’initiative de crise» à l’action publique face à la crise des «subprimes»
Excellents, ce rappel historique d'une initiative mise au pilori comme «rouge» et la corrélation opérée avec la situation actuelle.
Noel Benalou sur Contrôler l’immigration: pourquoi des contingents s’imposent
Merci M. Coquoz pour votre commentaire pertinent. J'ai apprécié l'idée selon laquelle on peut éviter la gestion bureaucratique des quotas et des contingents de main-d'oeuvre étrangère par la création d'un marché où s'échangeraient les permis de travail. A ce propos vous avez attiré l'attention, à juste raison, sur l'éventualité d'en évincer les petites entreprises et les exploitations agricoles. Sans doute la solution à ce problème de discrimination résiderait dans la distribution gratuite de permis de travail aux petites entreprises et dans l'allocation d'une grande part des droits à utiliser les travailleurs étrangers via une procédure d'enchères aux grandes entreprises. D'autre part l'argent collecté par ce mécanisme devrait être affecté aux cantons vertueux qui font des efforts pour réduire leur demande de main-d'oeuvre étrangère et donc pour compenser les perdants de l'ALCP. De toute manière c'est par une une politique incitative responsabilisant ses acteurs économiques et valorisant ses propres ressources humaines que la société suisse pourrait apaiser le malaise social et identitaire engendré par une croissance économique gourmande en capitaux et en main-d'oeuvre étrangers. C'est pourquoi la politique fiscale menée actuellement par la Suisse est de nature à nourrir le flux migratoire. De ce point de vue, je partage l'argument de M. Delley selon lequel la concurrence fiscale entre les cantons n'est pas bonne pour le travail local , s'il n'est pas accompagné par des mesures en matière d'éducation, de formation et de soutien actif à l'encouragement du travail féminin. Comme chacun sait, en économie il n'y a pas de repas gratuit, et par conséquent on ne peut avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. Il est illusoire de chercher à s'abstraire au dilemme entre le confort matériel procuré par une croissance souvent polluante et le confort identitaire de l'entre-soi avec une baisse du niveau de vie à la clé.

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