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Quand le Conseil fédéral sauvait une grande banque

Qui se souvient de la Banque populaire suisse?

L’opération de soutien public à UBS ne constitue pas une nouveauté, une atteinte unique au principe du libre marché. La Basler Zeitung (18.10.08) le rappelle, sur la base d’un ouvrage de l’historien économique Jan Baumann, Bundesinterventionen in der Bankenkrise 1931-1937 (Zurich, 2007). Domaine Public avait déjà décrit le sauvetage de la Banque populaire suisse en 1933 (n° 1111, 14.01.93).

La grande dépression des années 1930 frappe la Suisse de plein fouet. L’instabilité monétaire fait fuir les capitaux, ce qui affaiblit les possibilités de crédit. Si les banques cantonales résistent, les banques d’affaire se voient contraintes de limiter leurs prêts à l’industrie. Le bilan cumulé des sept plus grands établissements privés recule de 6,42 à 4,157 milliards de francs entre 1932 et 1935. Seules deux d’entre elles s’en tirent sans réorganisation profonde. Par contre la Banque populaire suisse, la deuxième du pays, est aux abois. Très engagée à l’étranger où elle avait cru pouvoir se refaire, elle souffre de la limitation du transfert des devises. En septembre 1931, des clients inquiets commencent à retirer leurs avoirs. Et les coopérateurs – la BPS est constituée sous forme coopérative – exigent le remboursement de leurs parts. La banque réagit en limitant les retraits à 800 francs, ce qui amplifie la panique. La Banque nationale délègue l’un de ses directeurs aux commandes de la BPS, ce qui n’empêche pas les réserves de fondre. En 1933, pertes et risques se montent à 100 millions de francs. Mi-octobre, la banque demande au Conseil fédéral de souscrire 100 millions de francs de parts nouvelles. En un mois et dans le plus grand secret, le gouvernement, avec l’aide de la BNS, débloque une aide de 100 millions, avalisée sans contestation par le Parlement au mois de décembre. A l’avantage de la BPS, sa taille et son image de banque des petits épargnants. D’autres établissements n’ont pas eu ce traitement de faveur, à l’image de la Banque d’escompte de Genève, lâchée par le gouvernement cantonal.

Nouvelle crise soixante ans plus tard. La BPS, créée «pour le bien-être de ses membres» mais qui ambitionne de jouer dans la cour des grands, ne peut se relever d’une spéculation malheureuse sur le cours de l’argent. Le Crédit suisse avale la banque coopérative, augmentant ainsi ses fonds propres et héritant d’un portefeuille clientèle considérable.

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