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Au parlement cette semaine

Dimanche et cannabis, parmi bien d’autres choses

La solution adoptée par le Parlement fâchera celles et ceux pour qui le principe du repos dominical est intangible (DP 1756). Pourtant la compétence accordée aux cantons d’autoriser l’ouverture des magasins quatre fois par an au maximum et sans justification particulière met fin à une situation peu satisfaisante. La preuve d’un «besoin urgent», qui selon le droit actuel permet une ouverture dominicale, a donné lieu en effet à des contorsions interprétatives (DP 1730).

La nouvelle règle laisse toute liberté aux cantons et tous n’en feront pas usage. C’est une bonne chose dans la mesure où la demande et les besoins diffèrent d’une région à l’autre. Et l’on est en droit de douter que la lutte contre la frénésie d’achat passe par l’instrument réglementaire, alors que le consommateur helvétique peut facilement passer les frontières pour assouvir ses besoins.

Les travailleurs du dimanche bénéficieront d’un salaire augmenté de 50% et d’un jour de repos. Par contre le parlement n’a pas su saisir l’occasion de lier cette possibilité d’ouverture à l’obligation pour les commerçants de signer une convention collective de travail. Cette condition aurait été nécessaire dans un secteur où les salariés – en fait essentiellement des salariées – sont tout à la fois peu organisés et mal payés. La majorité bourgeoise et conservatrice a refusé un compromis raisonnable et ne devra pas s’étonner si le référendum est lancé.

L’initiative populaire pour la dépénalisation de la consommation de cannabis a donné lieu à un débat peu original. Les prohibitionnistes persistent à croire qu’ils accomplissent leur tâche politique en roulant les mécaniques et refusent d’écouter les professionnels de la toxicomanie.

La loi actuelle interdit la culture, le commerce, la possession et la consommation de cannabis. Parce qu’elle est inapplicable, elle reste sans effet sur les pratiques. Par contre elle surcharge police et tribunaux qui, devant l’ampleur du phénomène, sont condamnés à l’arbitraire.

Il n’est pas question de faire de l’angélisme. Le cannabis est un produit psychotrope qui peut avoir des effets nocifs sur la santé. En dépénaliser la consommation, ce n’est pas banaliser ce phénomène de société, ni donner un signe négatif à la jeunesse. La fermeté, plutôt que de se limiter à une criminalisation sans effet, passe d’abord par une politique de prévention et de contrôle strict à l’égard des jeunes. Ce qui se fait pour le tabac et l’alcool ne serait donc ni possible ni souhaitable pour le cannabis? Il y a fort à craindre que le sentiment de bonne conscience l’emporte sur la volonté d’agir de manière efficace.

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