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Libre circulation des personnes: non à une prise en otage

Deux tentations à écarter pour la gauche et les syndicats

«Sans convention collective, pas de libre circulation des personnes». Ce slogan, apposé sur un petit camion lors de la récente manifestation organisée par Unia à Zurich pour fustiger la dénonciation de la convention collective (CCT) par les patrons de la construction, fait problème. Il annonce la reprise du ménage à trois courants qui déjà avait prévalu en 2005 à l’occasion de la création d’Unia, né de la fusion de la FTMH et du SIB, et plus récemment lors du débat sur les mesures d’accompagnement de la libre circulation des personnes.

Le premier courant, issu de l’extrême gauche et de la gauche du PSS, refuse la libre circulation des personnes découlant des accords entre la Suisse et l’Union européenne, suspectée d’entraîner un dumping salarial aux dépens des salariés travaillant en Suisse. Largement battu en 2005, ce courant renaît, à la faveur de l’instabilité sociale que provoque l’absence de CCT. Revoilà la peur du plombier polonais! Un courant dont les positions sont proches de celles de l’UDC, et qui comme cette dernière désigne les étrangers, proches ou lointains, comme responsables de tous nos maux: à Genève, l’ennemi immédiat, c’est le frontalier français. Il faudrait s’interroger sur la capillarité permanente entre les idées de l’UDC et celles d’une partie de l’extrême gauche, voire de la gauche du parti socialiste, notamment à propos de l’entrée de la Suisse dans l’Europe.

Le deuxième courant, le plus important, est opportuniste et ratisse large. Il utilise la menace d’un vote négatif, lors du référendum, de plus en plus vraisemblable, annoncé pour 2009, sur les accords helvético-européens, à des fins qu’il estime honorables: faire revenir les patrons à la table des négociations. Mais, comme en 2005 – il maniait alors cette menace pour obtenir des mesures d’accompagnement plus rigoureuses – il néglige le danger de reprendre, même sans y croire, les thèses xénophobes et la mascarade que représente la menace de voter «non» pour finalement faire volte-face.

Enfin, le troisième courant, minoritaire, acquis à l’Europe et à la solidarité internationale, estime que face aux tentatives bien réelles de dumping salarial d’une partie des patrons, il ne s’agit pas d’entraver la marche de la Suisse vers l’Europe, ni de brandir une menace qui stigmatise d’autres travailleurs et travailleuses, ni même d’appeler à une aide massive de l’Etat contre les agissements du patronat. Pour remplir leur rôle de défense des salariés, les syndicats doivent et peuvent compter sur leurs propres forces: manifestations, actions revendicatives, politiques… et renforcement de leurs effectifs.

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