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Suisse- Brésil: les illusions du libre-échange

La négociation d’accords de
libre-change avec les Etats-Unis et autres pays du BRIC
(Brésil, Russie, Inde, Chine) est plus une
illusion de chineur qu’un véritable but stratégique.

La visite au Brésil de Doris Leuthard ne doit rien au hasard ou à un quelconque voyage d’agrément. C’est une étape dans l’offensive économique en direction du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le but stratégique de la Suisse est de conclure des accords de libre-échange avec ces cinq pays émergents appelés à devenir des poids lourds de l’économie mondiale. Pour Berne, le temps presse. Face à la difficulté des négociations multilatérales au sein de l’OMC les poids lourds du commerce mondial recherchent des débouchés dans les pays à forte croissance par des accords bilatéraux. Si la Suisse ne réagit pas, ses entreprises seront discriminées par rapports aux concurrentes américaines ou européennes (cf. Rapport sur la politique économique extérieure).

La stratégie paraît cohérente. Sa réalisation est une gageure. Prenons le cas des relations avec le Brésil. La Suisse voudrait accéder plus facilement à ce pays de 150 millions d’habitants qui protège son industrie par des droits de douane élevés. De son côté, le Brésil défend son industrie naissante et n’accepterait pas de lever ses protections pour accéder avec ses produits industriels au petit marché suisse déjà largement ouvert avec des droits de douane proches de zéro. Il est en revanche le plus vigoureux partisan de la libéralisation du commerce agricole au sein de l’OMC. Dans ses rapports bilatéraux avec la Suisse, son seul intérêt sera de vendre plus facilement ses produits agricoles, à commencer par la viande. Comment imaginer que, dans un face à face avec Brasilia, Berne puisse promouvoir des intérêts économiques qu’elle peine déjà à défendre dans les négociations multilatérales.

L’OMC est la cible privilégiée des altermondialistes et la bête noire de nos agriculteurs. Les indices d’un déblocage des négociations décelés à Davos représentent cependant un espoir. Malgré toutes ses faiblesses, l’Organisation mondiale du commerce reste le meilleur atout des petits pays, riches ou pauvres, qui perdent tout pouvoir de négociation lorsqu’ils s’aventurent dans des contacts bilatéraux. La Suisse est un petit pays. A l’OMC, elle s’allie avec le Japon pour défendre son agriculture et se cache derrière l’Union européenne pour obtenir l’ouverture des marchés industriels. La négociation d’accords de libre-change avec les Etats-Unis et autres pays du BRIC est plus une illusion de chineur qu’un véritable but stratégique.

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