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Aide au développement : Les petits mensonges de la comptabilité créative

La Direction du développement et de la coopération (DDC)
annonce une hausse des dépenses en faveur des pays en développement,
2,206 milliards de francs en 2005 contre 1921 en 2004. Les œuvres
d’entraide, notamment Alliance Sud,
contestent ces chiffres. A côté d’augmentations réelles – en direction
de l’Europe de l’Est ou à titre humanitaire – il y a également des
artifices comptables. Le premier en date, l’adjonction des coûts de
l’asile, avait catapulté pour la première fois les dépenses au-delà de
la barre des 0,4% du Produit national brut (PNB). Le deuxième, plus
récent, transforme les créances effacées dans le cadre du programme de
désendettement en versements effectifs: un manque à gagner, déjà
amorti, gonfle fictivement l’aide suisse. Or, en dehors de ces
arrangements, l’engagement de la Confédération a plutôt tendance à
stagner, sinon à diminuer. On serait même à 0,35% du PNB, soit 1,721
milliard de francs. Les ONG critiquent ces méthodes qui masquent la
réalité et diffèrent davantage la réalisation des objectifs du
Millénaire des Nations Unies (cf. Le sommet de la honte , Charlotte Robert (cr), DP n°1659, du 23 Septembre 2005), souscrits l’an passé. Car
la barre des 0,7% du PNB, malgré les promesses du Conseil fédéral et
les souhaits exprimés par la Commission de politique étrangère du
Conseil national, reste une chimère alors que le Danemark, le
Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas ou la Suède l’ont déjà franchie.
Finalement l’amertume se teinte d’inquiétude à l’idée que l’aide au
développement paie le milliard destiné aux nouveaux pays membres de
l’Union européenne, à peine voté par le Parlement mais encore à la
recherche d’un financement. En effet les œuvres d’entraide ne veulent
pas qu’une idée généreuse, immédiatement menacée de  référendum
par la droite extrême, pénalise des projets de coopération toujours en
sursis. Voilà pourquoi, ils suggèrent que l’on utilise plutôt les
revenus générés par les Bilatérales II. Dans le cas contraire, «la
Suisse ferait payer le prix de ses accords avec l’UE aux pays pauvres
et en encaisserait elle-même les recettes» constate Peter Niggli
d’Alliance Sud.
md

Il faut ajouter aux deux éléments mentionnés ci-dessus, 23 millions
comptabilisés en tant que dons de matériel militaire à des fins
humanitaires.


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