Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

Prix agricoles : Plus il vend, plus il perd !

Les acteurs de la filière alimentaire suisse sont comme le camelot Philibert. Plus ils vendent, plus ils perdent. C’est en tous cas les conclusions de l’étude du groupe présidé par Anton Cottier, conseiller aux Etats fribourgeois. Il y a deux ans, les agriculteurs bloquaient les installations de la Migros qu’ils accusaient, comme d’autres distributeurs, de s’octroyer de confortables marges et de ne pas répercuter sur les consommateurs la baisse des prix à la production. But du groupe Cottier, financé par la Migros, et qui réunissait tous les acteurs de la branche y compris l’Office fédéral de l’agriculture : obtenir une transparence des prix et des marges. Le verdict déposé après neuf mois de travail est surprenant.

Vendre ce n’est pas gagner
Tout le monde perd de l’argent dans le secteur du lait et de la viande de bœuf et de la pomme de terre. Les distributeurs ne peuvent pas se permettre d’éliminer viande fraîche, fromage et patates de leur assortiment. Ils consentent donc des «sacrifices» sur ces articles et se rattrapent sur d’autres. Cette compensation est évidemment beaucoup moins facile pour les paysans producteurs.
Les agriculteurs sont forcément déçus du résultat de cette étude. Ils pensaient pouvoir clouer les distributeurs au pilori. Ils ne le peuvent pas. Dans un communiqué d’une opacité aveuglante, l’Union suisse des paysans conteste, sans le faire vraiment, «l’augmentation des marges brutes en aval». Mais elle renonce à une bataille de chiffres, sans doute pour éviter que l’on décortique également le calcul des marges des producteurs.
L’analyse des marges soulève en effet quelques questions pièges. Chez les agriculteurs, quels domaines sont pris en compte pour déterminer les coûts ? Pourquoi les distributeurs étrangers se contentent-ils de marges inférieures à celles des grands groupes suisses ? Le résultat de l’étude sur la transparence des prix va sans doute disparaître rapidement dans les oubliettes. Tous les acteurs de la filière se tiennent désormais par la barbichette.

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/8626 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/8626

Thématiques

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP