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Fusion syndicale: A la conquête des déserts syndicaux

Le projet du syndicat interprofessionnel (SIP) a été accepté par les congrès de la FTMH et du SIB. Géraldine Savary, rédactrice à l’Evénement syndical, s’interroge sur l’avenir de la nouvelle organisation.

Le panier des mariés est bien doté. A eux deux, la FTMH et le SIB comptent 200 000 membres, environ 500 conventions collectives dont jouissent près d’un million de salariés, c’est-à-dire presque un tiers des salariés de Suisse.
Sans nul doute donnons donc raison à Renzo Ambrosetti, président de la FTMH et à Vasco Pedrina, président du SIB : le moment est historique pour le mouvement syndical suisse, le nouveau syndicat représente une nouvelle contre-puissance sociale et les patrons n’ont qu’à bien se tenir. Les membres de la FTMH et du SIB ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Ils ont accepté quasi sans opposition de monter dans ce nouveau paquebot syndical et de joindre leurs destinées dans un avenir commun.
Bien des questions demeurent néanmoins, que les délégués ont d’ailleurs exprimées lors des deux congrès. Une question de fond d’abord. Comment additionner l’identité des deux syndicats, dont l’histoire est différente, dans une entité commune, sans pour autant perdre le capital de confiance, de proximité ou de combativité construit patiemment depuis de longues années? La région FTMH de Neuchâtel, bien implantée dans le secteur de l’horlogerie, a refusé le projet du syndicat interprofessionnel pour ces raisons-là; les Tessinois du SIB ont évoqué leurs craintes de voir le SIP se diriger vers un syndicalisme de compromis, voire de compromission.

Eviter les nouveaux corporatismes

Deuxième question, liée d’ailleurs à la première: l’architecture du nouveau syndicat interprofessionnel est encore floue. L’organisation proposée par les deux directions prévoit la création de quatre secteurs : le gros œuvre de la construction, l’industrie, les arts et métiers et les services. Autonomes juridiquement, ils seront composés des branches professionnelles. Par ailleurs le SIP a défini des régions qui pourront s’organiser en sections. D’où le danger, évoqué lors des congrès, de voir se développer bureaucratie et organigrammes abscons. En outre, la création de quatre secteurs autonomes juridiquement implique de facto un cloisonnement des secteurs qui disposeront chacun de leur trésor de guerre. Ainsi, ceux qui jouissent d’une forte syndicalisation et qui couvrent des salariés bien payés auront des moyens financiers largement supérieurs à des secteurs tels que le tertiaire, qui a pourtant la mission de conquérir des déserts syndicaux, où les travailleurs sont souvent mal payés. Le pari du syndicat interprofessionnel serait raté si la nouvelle entité servait uniquement à déplacer les corporatismes.

Un interlocuteur politique

Enfin, le nouveau syndicat interprofessionnel confirme son intention d’être un interlocuteur de poids dans les débats de politique nationale. Tout comme il a clairement affiché son ambition d’attirer de nouvelles fédérations syndicales dans son giron. Dès lors se pose la question de l’avenir de l’Union syndicale suisse. Le syndicat professionnel signe-t-il la disparition, à long terme bien sûr, de l’USS ? Son président, Paul Rechsteiner, se dit extrêmement satisfait de la création du syndicat interprofessionnel. Mais, au cas où le SIP se renforcerait plus encore, l’Union syndicale suisse risque de n’être plus qu’une agence de négociations politiques, le partenaire officiel du gouvernement.
La création d’un nouveau syndicat interprofessionnel redessine donc véritablement le paysage syndical et politique suisse. Et il représente l’indispensable réponse aux modifications du monde du travail, à la mobilité des salariés de Suisse et aux bouleversements que connaît l’économie. Reste juste à dépasser la tentation des nouveaux cloisonnements et la défense des anciens prés-carrés. gs

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