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La fin du deux en un

A priori, l’idée de Moritz Leuenberger semblait bonne. Associer la création d’une banque postale à la privatisation de Swisscom permettait de contenter la gauche Ð qui d’ailleurs n’en demandait pas tant Ð et la droite, friande de libéralisations à tous crins. Moritz Leuenberger pouvait ainsi confirmer le succès de sa méthode idéologiquement funambulesque : vendre une part du public au privé, offrir une partie du privé au secteur public, le tout dans un même emballage, comme les lessives qui lavent et qui adoucissent en même temps.
Aujourd’hui, le Conseil fédéral retire son projet. La débâcle Swissair est passée par là, montrant les conséquences financières, sociales et politiques d’une gestion totalement privée d’une entreprise à forte valeur symbolique. De plus, même la direction de Swisscom pourtant fort empressée, il y a moins d’une année, à larguer les amarres publiques, n’est plus demandeuse. Les grandes concentrations dans le secteur des télécommunications ralentissent et, en l’état, Swisscom s’en tire plutôt bien. Exit, donc, l’idée de la privatisation.
Du coup, la création d’une banque postale est-elle envisageable ? Du point de vue strictement pratique, La Poste réunit toutes les conditions du succès. L’implantation géographique des bureaux de poste fournirait à la future banque une base de déploiement efficace. L’importance des transactions financières en Suisse permettrait d’espérer le développement d’une banque postale rentable, concurrentielle face au secteur bancaire privé.
Malgré cela, la décision du Conseil fédéral est raisonnable. D’une part, la banque postale aurait essuyé le tir groupé des milieux bancaires et de leurs lobbies politiques, peu désireux que La Poste, avec ses bureaux disséminés sur tout le territoire, marche sur leurs plates-bandes.
Sur le fond, le financement des services postaux par la banque conduit à une situation identique à celle qui prévalait pour les PTT : un système de subventions croisées qui suppose qu’un secteur rentable compense les coûts d’un service déficitaire.
Et le résultat final, constaté d’ailleurs dans des pays ayant mené la même opération, conduirait vraisemblablement à la future privatisation de la banque postale. Pour La Poste, retour à la case départ. Et c’est tant mieux. Car les enjeux ne manquent pas. La Poste doit réorganiser ses bureaux, faire face à la libéralisatio Ð même ralentie Ð du marché, imposée par l’Union européenne ; et réfléchir, à terme, à la définition et aux missions du service postal. GS

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