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Edito : Le Loetschberg cloué au sol

Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut ?
(Juliette Greco)

Le
contraste est saisissant. Mercredi, l’Europe fêtait, sous l’œil envieux
du monde entier, le décollage de l’Airbus géant. Jeudi, les autorités
cantonales bernoises et valaisannes se retrouvaient deux mille mètres
sous terre pour marquer le percement du tunnel du Loetschberg sans
susciter la moindre dépêche dans les journaux des pays limitrophes.
En
termes technologiques et écologiques, l’A380 représente certes une
performance, mais en aucun cas un changement de paradigme. Il
transportera simplement un peu plus, en polluant un peu moins. En
revanche, les transversales alpines (NLFA) et la politique de transfert
des marchandises de la route au rail constituent un progrès
considérable sous l’angle écologique et économique. L’impact direct
dépassera largement les vallées alpines : c’est jusqu’à Rotterdam,
Hambourg et Gênes que les riverains des axes de transport en
bénéficieront. L’effet de contagion est considérable, comme le montre
l’introduction en Allemagne d’une taxe poids lourds. Tout bien
considéré, c’est donc le Loetschberg qui aurait mérité les honneurs des
gazettes, et non pas l’A380.
Ce contraste est un formidable
révélateur de l’isolement européen de notre pays. Tout d’abord au plan
financier. Alors que plusieurs pays européens financent solidairement
les dix milliards d’euros de développement de l’A380, la petite Suisse
paie seule une facture similaire pour des infrastructures qui
bénéficieront avant tout aux pays européens voisins.
Cela souligne
aussi notre isolement politique. Il est ahurissant qu’aucun ministre
des transports européen n’ait fait le déplacement pour cet événement.
Et l’on se demande pourquoi le Département fédéral des affaires
étrangères n’a pas saisi cet événement pour mettre en évidence la
contribution suisse à l’Europe des transports ? L’occasion était
d’autant plus précieuse que nous sommes à la veille de deux votations
difficiles. Mais il est vrai que les trains, l’argent, les relations
extérieures et la politique économique relèvent de quatre départements
distincts, dont les bureaux sont séparés par des blocs de granit plus
dur que celui du Lötschberg. rn

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