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Verbatim: Seront-ils vraiment majoritaires ?

Le débat aux Chambres sur l’initiative « Oui à l’Europe » a déchaîné les passions de la droite dure. Morceaux choisis à déguster sans accompagnement dans la perspective d’une future votation populaire (r n).

Hans Fehr, UDC, ZH, CN (secrétaire de l’ASIN)

« Oui à l’Europe » est de toute façon une dénomination trompeuse, parce que l’Europe n’a pas grand-chose à faire avec l’Union européenne. Avant tout, l’initiative est l’expression d’une pulsion quasiment pathologique qu’ont certains milieux et qui consiste à vouloir nous lier dans une Union européenne qui est totalement étrangère à notre essence même. Ceci bien qu’ils sachent tous que la Suisse n’a qu’à y perdre.

Peter Föhn, UDC, SZ, CN :

Regardez donc par-dessus la frontière. Ouvrez les livres d’histoire. La seule chose que nous devons faire, c’est Ð tout comme nos ancêtres – consacrer suffisamment d’attention à notre formation et à notre volonté au travail, laquelle est largement supérieure à la moyenne.

Christian Waber, parti évangélique BE, CN :

On a dit qu’il fallait être reconnaissant à l’Union du fait qu’il n’y a pas eu de guerre durant les cinquante dernières années en Europe. C’est faux. C’est le mérite d’Etats indépendants, c’étaient des Etats qui dialoguaient entre eux, signaient des accords, c’est-à-dire des Etats qui faisaient ce que la Suisse a toujours fait au milieu de l’Europe et du monde.
Au fond, qu’est-ce que l’Union européenne ? A mon sens une énorme absurdité. Pourquoi ? Il y a une concentration du pouvoir dans les mains de quelques Etats et de leurs politiciens. Les décisions sont anonymes. Personne ne connaît les gens qui sont aux leviers du pouvoir. On exclut les minorités et les traditions. On se remet à penser en termes de blocs et d’isolement face au monde, parce que l’Europe réussit très bien à se protéger contre d’autres blocs plus petits. Il y a un brassage unitaire au lieu d’individualités.
Quel est donc la voie de la Suisse ? Elle consiste à conserver les institutions actuelles et les droits populaires. A être un phare pour tous ceux qui ont un grand déficit démocratique. Il est intéressant de constater que les nations qui ont le plus grand déficit en la matière s’orientent de plus en plus sur les institutions de notre pays.

Christophe Blocher, UDC, ZH, CN :

Il en va de l’indépendance de ce pays. Il est écrit dans la Constitution que : « La Confédération suisse protège la liberté et les droits du peuple et elle assure l’indépendance et la sécurité du pays » (Art. 2, al.1 Cst). C’est également un devoir pour vous ! Vous l’avez promis par serment. J’ai l’impression d’avoir en face de moi une assemblée de parjures. Vous en avez encore fait un article du code pénal : « Celui qui aura commis un acte tendant à porter atteinte à l’indépendance de la Confédération ou à mettre en danger cette indépendance, ou à provoquer de la part d’une puissance étrangère, dans les affaires de la Confédération, une immixtion de nature à mettre en danger l’indépendance de la Confédération, sera puni de la réclusion ou de l’emprisonnement pour un à cinq ans » (Art. 266 al. 1 CP). Je vous invite donc à retourner à vos affaires en disant face à tout ceci : Non, nous restons indépendants et neutres, comme nous l’avons tous juré.

Bruno Frick, PDC, SZ, CE (rapporteur)

Si nous adoptons aujourd’hui de manière contraignante le but de l’adhésion, on exclut par principe d’autres options, également réalistes. Il pourrait s’agir d’un second paquet bilatéral dans plusieurs années, d’un EEE bis, ou d’une sorte de contrat d’association d’un nouveau genre ; l’Union elle-même est en train de se transformer pour son élargissement à l’Est.

Maximilian Reinmann, UDC, AG, CE :

Que signifie « Oui à l’Europe » ? Moi aussi, je dis oui à l’Europe ! C’est notre continent, c’est également notre principal partenaire commercial, c’est nos voisins etc. Je dis oui aux accords bilatéraux, je dis oui à d’autres accords du même type s’ils sont dans notre intérêt. Mais je dis non à une adhésion de la Suisse à l’UE. L’UE ne peut pas prétendre à elle seule incarner l’Europe. Il y a également l’institution du Conseil de l’Europe ; il est formé de plus de 40 membres. A cette Europe, je dis oui.

Thomas Pfisterer, Rad, AG, CE (ancien juge fédéral)

Si j’ai bien compris notre ordre juridique, nous ne connaissons pas l’institution de la décision de principe ou de but.

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