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Cinéma: Joe le brave

My name is Joe, le dernier film du cinéaste Ken Loach montre au public ce qu’on cherche à occulter.

Ken Loach est de retour sur le sol anglais pour un nouveau volet de son œuvre sur les perdants, ces loosers dont il filme toujours admirablement la détresse et les débordements, autant que l’humour et les explosions de joie. Le réalisateur s’était courageusement aventuré dans des contrées qu’il connaissait moins bien pour y tourner Land and Freeedom et Carla’s Song. Mais il est plus à son aise dans les faubourgs britanniques où se côtoient chômeurs, dealers et toxicomanes, et parmi eux les employés des services sociaux. Au milieu d’autres paumés traînant une vie de souffrance, on découvre Joe, alcoolique repenti, interprété par Peter Mullan. Belle rencontre que cet acteur exceptionnel, efficace dans une multitude de registres, du pitre au révolté en passant par le tout tendre. Autour de lui, une bande de rigolards qu’il entraîne au foot, dont Liam, ex-toxico. Lorsque la femme de Liam replonge, le drame s’enclenche, pour se poursuivre de trafics en rechutes, d’engueulades en réconciliations, et aboutir à une fin inévitablement tragique.

Où sont les responsables du désastre ?

Le film se sert avec une habileté certaine de la dose de malheurs passés ou à venir de chaque personnage, des relations fortes et des oppositions extrêmes entre eux. Joe, qui a surmonté sa toxicomanie, se retrouve face à un camarade d’enfance, devenu un dealer cynique ; Sarah, l’infirmière bien pensante, doit endurer les crises de sa patiente accro à l’héroïne. Le scénario, malgré quelques « trucs » inutiles (la grossesse de Sarah, notamment) est tellement bien huilé que le spectateur plonge facilement dans le film. On regrettera toutefois qu’une telle efficacité ne soit utilisée qu’à exposer les confrontations des victimes du système entre elles. Où sont les responsables de ce désastre ? Qui sont ceux que ces prolos fragiles devraient affronter plutôt que se battre entre eux ? Une telle maîtrise de la mécanique filmique pourrait servir une véritable démonstration des rapports de pouvoir.
Heureusement, entre les grandes lignes du mélo, Ken Loach prend soin d’intercaler des tranches de vie, qu’elles soient tristes, drôles, voire burlesques, déployant son talent à évoquer le quotidien. Ainsi, on retient de ce film quelques images fortes parce que documentaires. Ë côté des aventures du brave Joe, des tergiversations moralisantes de Sarah l’infirmière, le film montre, simplement. Il montre ce que les tenants de la répression pure et dure ne veulent pas voir. Plus précisément, au moment où Tony Blair sort un arsenal de mesures sécuritaires à la new-yorkaise visant la « tolérance zéro », Ken Loach, accomplissant sa tâche de documentariste, montre au public ce qu’on veut lui cacher. Jacques Mühlethaler

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