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Point de vue: La ville mal-aimée

Après les votes négatifs du corps électoral de la Ville de Genève sur l’aménagement de la Place des Nations, la création d’un parking souterrain et un plan localisé de quartier, plusieurs propositions plus ou moins revanchardes ont été émises par les partisans des projets rejetés. Le Parti libéral, notamment, propose que les citoyens travaillant dans la commune de Genève puissent également se prononcer sur de tels objets. Dans un registre plus sérieux, rappelons l’appel lancé dans ces colonnes (DP 1359) pour que les acteurs participant aux négociations sur les projets d’aménagement entretiennent des liens plus étroits avec leur base.
Mais le nœud du problème n’est pas là. L’explication se trouve plutôt dans les rapports de défiance qu’entretient avec la ville la majorité de ses habitants.
La ville ne recoupe pas la commune, pas plus qu’elle n’est composée d’un ensemble de communes. La ville en fait ignore les frontières communale, cantonale et même nationale et suscite de nouvelles frontières, par exemple en englobant une portion de commune. Les termes de banlieue et de périphérie sont trompeurs : Onex, Vernier, Lancy font partie intégrante de la ville construite durant la période du « miracle helvétique ».
Reconnaître la ville aujourd’hui, c’est tracer ses limites. La ville exprime d’abord un lieu, une morphologie, un contenant, une forme qui ne se réduit ni à sa partie médiévale ni aux contours qu’elle a adopté aux XVIIIe et XIXe siècles. Ë l’intérieur de ces limites, tous les habitants, genevois, meyrinois, onésiens, lancéens ?, suisses et étrangers ont un destin commun. Aux portes des villes, on devrait afficher l’inscription qui figurait à l’entrée des cités hanséatiques : « L’air de la ville rend libre ».

Une culture hostile à la ville

Ce destin commun fort et créateur de liens vaut bien un collège électoral unique Ð qui ne supprimerait pas pour autant les communes et les quartiers Ð compétent pour décider si tel projet pour la Place des Nations, la Place Neuve, un quartier, une zone de villas embellit la ville et améliore la qualité de vie de ses habitants.
Mais ne rêvons pas. Tout se ligue pour empêcher cette émancipation, pour retenir les citadins dans des structures périmées qui favorisent le contrôle social : des communes, source de gaspillage et de doublons, notamment en matière d’aménagement du territoire ; et surtout une culture hostile à la ville, propre à la Suisse, qui conduit à combattre tout projet qui vise à étendre, embellir et développer la ville au nom de la protection de la campagne. Daniel Marco

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