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Merci, non merci

«Thank you for choosing Swissair ». Telle fut pendant des années la phrase-slogan concluant le message adressé par le chef de cabine aux passagers, à la fin de chaque vol. Phrase sympathique, slogan fort, parce qu’à la fois habile et sincère. Les clients, satisfaits, se trouvaient à la fois confortés dans leur choix et invités à partager la fierté d’une compagnie d’aviation qui se sentait nationale.
Aujourd’hui, nous avons envie de dire un grand merci au personnel de Swissair, à celui qui aura porté jusqu’à la plus amère des fins l’uniforme des ailes civiles suisses. Au bureau de vente, au guichet d’enregistrement, au sol ou dans les airs, les employés de Swissair auront fait face et rendu service dans les mille et une circonstances, souvent stressantes, de la vie de transporteur aérien ; le tout avec un attachement à l’entreprise qui a régulièrement placé Swissair parmi les sociétés « servies » avec la plus grande ferveur et conviction.
Un zèle et un désintéressement qu’on n’a pas retrouvés au bel étage, là où se croisent directeurs et administrateurs. Eux ne méritent aucune reconnaissance, sauf peut-être Mario Corti, préposé aux missions rendues impossibles par des prédécesseurs et des collègues irresponsables. Dans les dix dernières années, ils auront cédé à toutes les modes managériales : diversification à outrance, collaborations éphémères, fusions et acquisitions en chaîne, risettes aux accrocs de la « shareholder value », « outsourcement » tous azimuts. Au terme d’un vol aussi hasardeux, même le meilleur pilote ne saurait poser en douceur sur la piste principale du « core business », que d’ailleurs plus personne ne sait où situer.
Pas de merci ni de pitié pour ces dirigeants de l’ère Brüggisser/Honegger, qui ont oublié leur mission, mais non leur indemnité de départ. Notre vaine rage poursuit également certains de leurs collègues qui, à l’instar de l’administrateur genevois Benedict Hentsch, se maintiennent sans vergogne à une hauteur manifestement supérieure à leur niveau de compétences. D’où les banquiers tirent-ils ce sentiment d’omniscience ? Accepteraient-ils un ingénieur, un hôtelier, un industriel, un philosophe même, à la tête d’un seul de leurs établissements financiers ?
Question désinvolture, le Conseil fédéral se distingue aussi. D’accord, il ne peut que déplorer les licenciements prévus, sauf à devoir financer un vaste plan social en puisant dans les fonds publics. Mais comment peut-il paraître cautionner la rupture d’engagements (envers Sabena et les deux anciennes sociétés AOM et Air Liberté) dont le non respect va directement remettre en cause la ratification des Accords bilatéraux par la Belgique et la France ?
Une belle histoire, une grande tristesse, une vaine colère et une image gravement ternie, celle de notre pays. YJ

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