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Bilatérales: Dangereuses exigences irréalistes

Déblocage des négociations bilatérales, on s’est mis d’accord sur le taux de la taxe poids lourds. Hélas, la manière dont les négociations ont été menées dès le début fait apparaître ce résultat comme une soumission aux exigences européennes, et renforce les sentiments anti-européens en Suisse.
C’est donc à 328 francs que l’accord a pu être conclu. 328 francs c’est le prix moyen qu’un camion de 40 tonnes devra débourser pour traverser la Suisse en 2005. Les camions propres paieront moins ( 280 francs ) et les plus polluants davantage ( 380 francs ). Ce prix apparaît ridiculement bas comparé aux précédentes offres de la Suisse et aux exigences des milieux écologistes ( pas moins de 400 francs ).
Il est, une fois de plus, l’occasion de s’interroger sur la tactique helvétique de négociation qui consiste à jouer les gros bras le plus longtemps possible pour devoir finalement se ranger aux exigences de l’autre partie. Car qui osait sérieusement imaginer que l’Europe accepterait une taxe qui aurait eu pour effet de détourner une partie du trafic devant « naturellement » passer par la Suisse sur la France et l’Autriche ? Cette intransigeance sur le seul secteur qui intéressait réellement l’Union européenne ne nous a-t-elle pas affaiblis dans d’autres domaines où nous étions demandeurs ? On peut se le demander. Et, surtout, le Conseil fédéral n’a-t-il pas une fois de plus exacerbé les sentiments anti-Européens en fixant des exigences inatteignables ?
Nous l’avons déjà dit, le report de la route au rail ne dépend pas du montant de la taxe dont sont frappés les camions, mais de la qualité du transport et de la différence globale de coût entre les deux systèmes. Cela signifie que, pour appliquer l’Initiative des Alpes, la Suisse devra financer davantage encore le transit par rail. Elle devra aussi améliorer la qualité de son offre par des investissements internes ( les nouvelles transversales ferroviaires ) et externes ( participation à des sociétés internationales de transport combiné ).
Le bas montant de cette taxe et le subventionnement du trafic ferroviaire qu’elle rend nécessaire sont le prix de notre isolement. La Suisse sera l’unique pays européen à devoir financer seul les infrastructures de transit et à les subventionner ensuite pour assurer leur utilisation. Chez nos voisins, l’Union européenne participe largement à ces travaux. Une raison de plus pour nous poser la question de l’adhésion. Nous n’y serions pas forcément gagnants financièrement : la participation aux fonds structurels européens dépasserait largement les contributions que nous en retirerions. Mais nous appliquerions une politique que nous aurions contribué à définir. pi

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