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Kingdom of Heaven : Les croisades saisies d’incertitude

Si vous aimez le grand cinéma populaire hollywoodien, dans la veine de Lawrence d’Arabie ou de Titanic, allez voir Kingdom of Heaven (Le royaume des Cieux, même si on ne traduit plus les titres désormais) de Ridley Scott. Faire aujourd’hui un film sur les croisades qui se conclut avec la prise de Jérusalem par Saladin est un exercice sur le fil du rasoir, en nos temps d’antagonismes exacerbés entre Islam et Occident.
Le scénario est remarquable de virtuosité. Le héros qui fait avancer l’histoire est un Franc bien sûr, mais les aventuriers sans scrupules le sont aussi, ainsi que les fanatiques religieux. Saladin est un prince noble et généreux, mais il a aussi des va-t-en guerre dans son camp. Ridley Scott n’a eu qu’à puiser dans l’histoire. Baudouin IV, le roi lépreux, Renaud de Châtillon, le pilleur de caravanes, Gui de Lusignan, le prince un peu veule, sont bien tels que les chroniqueurs de l’époque les ont vus. Sans doute les templiers n’étaient pas tous les fanatiques religieux présentés sur l’écran, mais certains l’étaient sûrement.
Ridley Scott est certainement le meilleur pour filmer des batailles. Les combats sont prodigieux. Selon les spécialistes, les armes, les machines de guerre et les méthodes de combat correspondent exactement à ce que l’on sait du xiie siècle. On passera sur l’histoire d’amour qui s’écarte de la réalité historique et sur les trois dernières minutes totalement invraisemblables.
Mais ce genre de spectacle somptueux introduit sans y toucher un petit doute dans l’esprit du spectateur : rien n’est tout blanc ou tout noir, tout est toujours plus incertain qu’il n’y paraît. A son meilleur niveau, et c’est le cas ici, la grande manière hollywoodienne, sous l’apparence du divertissement, est toujours décapante et critique face aux pouvoirs installés. Finalement, le sénateur McCarthy avait raison : ces réalisateurs sont des gens dangereux. jg

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