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Cinémas : La mémoire des salles obscures

Les réflexions sur la présence du cinéma dans nos villes, son évolution, son impact sur le public ont souvent l’après-guerre, 1945, comme point de départ. C’est le temps de la création des cinémathèques et des ciné-clubs. Le mérite du Spectacle cinématographique, l’ouvrage écrit par Gianni Haver et Pierre-Emmanuel Jaques, est d’éclairer le début de la présence du cinéma en Suisse jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. On découvre avec surprise un paysage au fond pas tellement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.
L’origine nationale des films en est un bon exemple. La domination des productions américaines nous semble un phénomène récent. Elle l’est en effet à l’échelle des cinquante dernières années avec une marginalisation progressive en Suisse romande de toutes les autres cinématographies, France exceptée. Mais cette situation existait déjà dans les années vingt du siècle dernier où les films venus de Hollywood représentent 60% des titres distribués dans le pays. Les grandes vedettes de l’époque : Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks ou Mary Pickford sont d’ailleurs toutes américaines.
Le discours critique apparaît très vite. La revue Kinema, bilingue, mais surtout de langue allemande, paraît en 1911. Elle publie en 1916, un texte de Carl Spitteler, prix Nobel de littérature, intitulé Ma conversion au cinéma.

L’éclosion de la
critique cinématographique
Les journaux romands se dotent de rubriques cinéma dès le début des années vingt. Elles seront confiées à de jeunes intellectuels, Jean Choux, Maurice Porta, Alfred Gehri, qui, à l’instar de la nouvelle vague française trente-cinq ans plus tard essaieront souvent de se lancer à leur tour dans le cinéma ou le théâtre. Ils défendent l’avant-garde de l’époque : Sjöström, L’Herbier ou Griffith.
Dans les années trente, des écrivains et des hommes politiques tiennent des rubriques cinéma qui interviennent dans le débat public, ainsi Jean Rubattel ou le futur syndic de Lausanne Jean Peitrequin à la Revue de Lausanne. Edmond-Henri Crisinel tient aussi rubrique au même journal. Les radicaux ne dédaignaient pas la culture. En fait la critique actuelle semble très affadie comparée à une époque où le cinéma était considéré par tous comme un enjeu politique. Merci au Spectacle cinématographique de nous l’apprendre.

Gianni Haver, Pierre-Emmanuel Jaques, Le spectacle
cinématographique,
Antipodes, Lausanne, 2003.

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