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Santé au travail : Ces maladies sans nom

Dans le domaine de la santé, la LAMal ou l’AI sont des constants objets de débats ; il n’en va pas de même de la LAA, généralement assimilée à l’assurance accident alors qu’elle couvre également les maladies professionnelles définies par une liste précise. Aujourd’hui 4 000 nouveaux cas sont recensés chaque année, qui coûtent 18 millions par an aux assureurs, au premier chef la SUVA, alors que la totalité des cas en cours coûte environ soixante millions par année.
La Conférence romande des offices cantonaux de protection des travailleurs a essayé d’évaluer, parmi les maladies non reconnues par la LAA, la part imputable aux conditions de travail. Des études réalisées à l’étranger ont permis d’effectuer des recoupements. Le résultat est assez stupéfiant : une maladie psychique sur dix, un tiers des troubles musculo-squelettiques (dont le fameux mal au dos), entre 5% et 20% des maladies cardio-vasculaires et de 4% à 10% des cancers seraient dus à l’environnement professionnel, ce qui représenterait entre six et douze milliards de francs financés par les primes LAMal et non par la LAA, puisque non reconnus comme troubles professionnels.

Le silence coupable du Gouvernement
Le Conseil fédéral a déclaré en 1999, dans une réponse à une interpellation du conseiller national Peter Baumberger (Rad/ ZH) «que les coûts des problèmes de santé au travail atteignent en Suisse plusieurs milliards de francs», et depuis, plus rien, le silence. Et si l’on considérait que ces quelque dix milliards ne doivent plus être financés par la LAMal, soit par la population, mais par la LAA, autrement dit par les employeurs ? On imagine d’ici le cataclysme politique. Les entreprises, non sans raisons, parleraient d’une augmentation insupportable des charges qui seraient de toute manière reportée sur les prix, donc sur les consommateurs. Il est clair que cette voie, présentée sous cette forme brutale, est impraticable.
Par contre, une panoplie de mesures incitatives pourrait être imaginée afin que les entreprises prennent des mesures pour diminuer ces pathologies liées au travail. Jean-Claude Rennwald (Soc/JU) propose une taxe de trente francs par année et par salarié versés par l’employeur pour financer la recherche et la prévention. C’est une piste parmi d’autres. Souhaitons que le Conseil national issu des élections de cet automne empoigne réellement ce problème.

Les informations utilisées dans cet article sont tirées de la brochure Santé au travail et indifférence politique, éditée par l’Institut universitaire romand de santé au travail, Lausanne.

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