Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

Coupe de l’America : Sir Edmund et Alinghi

Au sortir de la Seconde guerre mondiale le Népal est
un pays fermé. Il ouvre ses portes aux alpinistes en 1950. Un
apiculteur de Nouvelle-Zélande, Edmund Hillary, conduit une expédition
à la conquête de l’Everest en 1951. C’est la première fois qu’une
ascension est tentée par le côté sud. Le Tibet était le lieu de départ
traditionnel des tentatives d’escalade. Il est bouclé depuis la prise
du pouvoir par les communistes en Chine. Hillary reconnaît les lieux,
mais il est arrêté par des séracs et de nombreuses crevasses.
En
1952, une expédition suisse, ou plutôt genevoise, avec Raymond Lambert,
tire parti de l’expérience d’Hillary, et emmène avec elle comme chef
des Sherpas un certain Tensing Norquay. Les séracs sont franchis, mais
Lambert et Tensing échouent cent mètres en dessous du sommet en raison
d’appareils à oxygène malheureusement défectueux. L’année suivante,
Edmund Hillary, avec Tensing, atteint le sommet le 29 mai à 11 h 30.
Dans cette histoire, les Suisses et le Néo-Zélandais se sont relayés,
chacun apprenant de l’expédition précédente, Tensing travaillant pour
les deux camps.
En 1995, les Néo-Zélandais gagnent la coupe de
l’America, la plus vieille compétition sportive de la planète. Ils
récidivent en 2000. Ernesto Bertarelli embauche alors les meilleurs
marins des antipodes et fait construire un bateau suisse, Alinghi, qui
lui permet de ramener la coupe en Europe d’où elle était partie en
1851. Cinquante après l’Everest, à trois mois près, c’est un autre
relais entre ces deux petits pays.
Ainsi l’apiculteur d’Auckland a
vaincu sur un terrain, l’alpinisme, que l’on croyait réservé aux
Helvètes, et les Suisses ont gagné sur l’océan qui semblait par
excellence un espace réservé aux Néo-Zélandais. Aujourd’hui, Sir
Edmund, bien sûr anobli par la reine, et qui connaît bien notre pays,
vit toujours à Auckland où il doit sûrement apprécier l’ironie de la
situation. Les livres sur la conquête de l’Himalaya oublient souvent
Raymond Lambert. Il est vrai que l’on connaît la fameuse réplique
adressée à la reine Victoria lorsqu’elle demanda qui était derrière la
goélette America en 1851: «Madame, il n’y a pas de second ?» répondit
un amiral.

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/5255 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/5255

Thématiques

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP