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Coopération suisse: Un beau projet, une dénomination agaçante

Sous le nom de « projet de paix «, la direction du développement et de la coopération (DDC) vient de publier une intéressante brochure sur ses activités. Par exemple une action auprès des migrantes conduite par le mouvement chrétien pour la paix.
Le projet s’appelle Wisdonna. En Suisse, plus de 20 % des migrantes n’ont pas de documents de leur pays d’origine leur reconnaissant une véritable formation de base scolaire ou professionnelle. Un quart seulement des jeunes migrantes débutant un apprentissage parviennent à le conduire à son terme.
L’atelier Wisdonna a pour but de favoriser les contacts entre les jeunes migrantes et les entreprises ou les centres de formation. L’expérience est novatrice, car ce ne sont pas des Suissesses qui jouent le rôle d’intermédiaire, mais des étrangères, de la première génération, qui ont réussi à obtenir chez nous un certificat professionnel.
Dans les ateliers wisdonna, avec les jeunes étrangères, elles essaient également de faire passer leur expérience et d’indiquer quels sont les normes de comportements et les attitudes qu’il convient d’adopter dans les écoles et les entreprises suisses. Ce type d’expérience mériterait d’être relayé en Suisse romande. Il n’est pas sans rappeler « Retravailler », le dispositif mis en place par Evelyne Sullerot il y a une trentaine d’années afin d’aider la réinsertion professionnelle des femmes ayant cessé toute activité salariée pour se consacrer à leurs enfants.
Un petit coup de griffe tout de même. Passe encore que le projet s’appelle wisdonna, contraction probable de l’anglais wisdom, témoin, et de l’italien donna, femme. Mais celles qui servent de pont, d’intermédiaires sont baptisées les « wisninas », on passe à l’espagnol, et elles sont désignées dans la brochure de la DDC comme des « flying wisninas ». Si un projet similaire voit le jour en Suisse romande, espérons que ces dénominations grotesques seront abandonnées. Comment un projet intelligent, destiné à détruire des stéréotypes peut-il s’accompagner d’une aussi parfaite aliénation linguistique ? les ninas sont forcément pauvres, ce ne pourrait être des Frauen, et il faut qu’elles soient flying pour sacrifier à l’anglicisation ambiante. Très agaçant. jg

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