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Biennale à Lyon: Des œuvres d’art s’exposent au fil du Rhône

Les plasticiens de toutes les cultures exposent l’art contemporain dans la Halle Tony Garnier à Lyon, tandis qu’à Martigny, on se presse devant les toiles de Van Gogh.

Que sait-on de Lyon la mystérieuse en Suisse romande ? Les autoroutes qui dégringolent vers le sud la contournent au large. Son agglomération est trop grande, ses monuments peu attractifs, ses banlieues pas très engageantes, même si les voitures ne brûlent plus à Vaulx-en-Velin. Cette ville mal centrée se dérobe. Elle tourne le dos au Rhône dont les berges ne sont que voies rapides et immeubles bourgeoisement solennels. Elle s’ouvre sur la Saône avec un urbanisme de cité piémontaise aussitôt contredit par des places très Troisième République. Il y a bien sûr le folklore de la Croix-Rousse, des Traboules ? c’est nous les Canuts, sans parler du tunnel de Fourvière dont les embouteillages constituent un rite initiatique à franchir pour tout automobiliste français qui se respecte.

Lyon est plus audacieuse qu’elle ne le laisse paraître

En fait Lyon est simplement une vraie ville active et passionnante qui s’ébroue un peu lourdement, innove avec prudence et manifeste parfois d’étonnantes audaces. Ainsi cette petite place au centre-ville transformée en jardin simplement à l’aide d’alignements de buis dans de grands pots de terre, tout en élégance et légèreté. Dans un registre opposé, on peut certes discuter de la demi-boîte de conserve géante posée par Jean Nouvel en guise de toit sur l’opéra, mais l’audace est là, loin de cette invisibilité architecturale dont la Suisse romande se fait une spécialité.
C’est à Lyon justement que se tient jusqu’au 24 septembre la Biennale d’art contemporain dans la Halle Toni Garnier. Son titre, « Partages d’exotisme » importe assez peu. L’objectif avoué est le regard posé par des artistes issus de toutes les cultures sur le monde contemporain. En fait, ils participent tous au village global et il faut lire les cartels pour repérer l’origine des participants. Rien ne distingue substantiellement les travaux des Chinois de ceux des Helvètes, deux nationalités fort bien représentées dans ce petit monde des plasticiens. Les organisateurs de l’exposition précisent dans leur programme « l’art n’existe pas ; il n’y a que des œuvres », dont acte et pourquoi pas après tout. Mais comment appréhender ces installations gigantesques, ces photos étranges, ces objets posés les uns près des autres dans un désordre savant ? L’exposition est immense. Il faut deux à trois heures pour la parcourir avec un sentiment de désorientation progressive, de perte des références.

De l’art contemporain à Van Gogh

Un Genevois amateur d’art ne mettra pas beaucoup plus de temps pour aller à la biennale de Lyon que pour aller se perdre à Martigny dans les foules qui vont admirer cet été les œuvres souvent remarquables, bien sûr, mais tout de même pas tant que ça, de ce pauvre Vincent si incompris, si suicidé, qui occupe dans l’imaginaire occidental une place située quelque part entre Guevara et Jésus.
Le problème est celui du statut de toutes ces expositions si disparates. Qu’est-ce que je vais rechercher comme spectateur à la Biennale de Lyon ou à la rétrospective Van Gogh, peut-être pas vraiment une idée de la beauté, mais, ici, la sensation de partager les mêmes valeurs et d’appartenir à la même communauté que cette foule entassée devant les toiles faites à Auvers ou à St-Rémi et là, le sentiment agréablement narcissique et snob de faire partie d’une petite élite qui s’interroge sur les productions d’aujourd’hui. En plus, pour aller d’une exposition à l’autre, c’est très facile, il suffit de suivre le cours du Rhône.
Mais si vous voulez simplement vous abandonner à quelque émotion dans la capitale des Gaules, allez au musée des Beaux-Arts, superbement rénové. Vous verrez dans le legs Jacqueline Delubac, qui fut madame Sacha Guitry à la ville et une comédienne pleine d’élégance et de frivolité à l’écran, une académie d’hommes déformés de Francis Bacon qui condense toute la condition et la douleur humaines, une toile que l’on n’aurait pas imaginée chez une collectionneuse proclamée « la femme la mieux habillée de Paris » en 1949 et qui fut le symbole même de la légèreté à la française. Finalement les œuvres d’art révèlent ? jg

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