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Edito : Le constat, le remède, le dosage

De toutes les institutions publiques, l’assurance invalidité (AI) a, financièrement, la situation la plus dégradée. Tout concourt à ce désastre : le déficit annuel, la dette, les engagements (cf. point 1 ci-contre). Le Conseil fédéral est contraint de réagir vite ; ce sera la cinquième révision de l’AI. Il en a adopté les principes.
Il joue, classique, sur les entrées et les dépenses. Côté recettes, l’essentiel sera demandé à la TVA, l’impôt qui rapporte gros pour une variation infime (cf. point 2 ci-contre). Mais la réforme essentielle concerne les dépenses. Elle a pour objectif de réduire de 20% le nombre des invalidités reconnues et donnant droit à une rente et cible particulièrement la catégorie en plus forte expansion : travailleurs et travailleuses de 35 à 40 ans souffrant d’une invalidité psychique (cf. point 3 ci-contre).
Les nouvelles dispositions sont présentées comme favorables aux deux parties : pour la caisse de l’AI, moins de rentes, donc moins de dépenses ; pour les assurés en situation de difficulté, une meilleure réinsertion dans le circuit économique. L’absence de rente serait la preuve d’une guérison réussie.
La méthode préconisée est le DPS, dispositif de détection précoce et de suivi. Car les prémices d’une invalidité psychiques sont repérables : maladies répétitives, absentéisme, hyperactivité brouillonne, etc ? Le risque est que le sujet s’installe dans son mal, pendant deux ans, jusqu’au constat de son invalidité. Le DPS doit empêcher la chronicisation du processus. Cette politique implique la mise en place d’équipes performantes de médecins et de psychologues couvrant l’ensemble du pays conjointement aux offices AI. Des projets pilotes ont été mis en place. Ils seront généralisés avant même qu’une évaluation scientifique de leur travail ait pu être entreprise.
D’autres mesures plus coercitives sont envisagées. Il n’en reste pas moins que le DPS est une visée juste, qui est malheureusement dénaturée par des considérations politiques. On ne dit pas que c’est un dispositif coûteux, si l’efficacité curative est réellement recherchée. On ne dit pas que les risques d’échecs sont malgré tout nombreux. On ne dit pas que les réussites requièrent la collaboration étroite des chefs d’entreprise (cf. 4 point ci-contre).
Le Conseil fédéral doit obtenir, et il en mesure la difficulté, une lourde augmentation d’impôts, donc il donne des gages (cf. point 5 ci-contre). En quelques mois la réduction des nouvelles rentes a passé, comme objectif, de 10 à 20%. Cela n’est pas compatible avec la prise en compte impartiale, médicale et sociale, des assurés. Une thérapeutique ne saurait avoir des effets qui passent du simple au double en fonction des majorités politiques. Il faut remettre au centre l’intérêt de la personne souffrante. ag

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