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Agriculture : La valeur économique du paysage

Beat Kappeler, chroniquer pour Le Temps et la NZZ, a semé le trouble en calculant le taux de productivité d’un paysan qui travaille à temps plein. Il obtient un chiffre ridiculement bas, bien inférieur à celui d’un manœuvre, d’une coiffeuse, etc ? Il a expliqué son calcul simple dans Le Temps du 11 octobre : partir de la valeur brute de la production agricole, chiffre officiel, calculer la valeur nette en déduisant les subventions et les provisions, et diviser par le nombre de travailleurs.
Les responsables paysans ont répliqué que ce calcul ne tenait pas compte du rôle multifonctionnel dévolu à l’agriculture, notamment celui de l’entretien du paysage, tâche qui est la sauvegarde d’un patrimoine collectif.
Mais cette qualité est-elle mesurable ? On se heurte à l’une des limites du calcul économique et des données du produit intérieur brut (PIB). Rappelons, dans ce débat souvent évoqué dans DP, un exemple classique. Si une villa était construite en pleine pente des vignobles du Lavaux, le coût des travaux serait pris en compte dans la croissance (PIB), mais les dégâts à l’environnement et au patrimoine ne seraient pas mesurés. La perte considérable ne serait enregistrée par aucun indicateur.

Les coûts du paysage
Pourtant, dans le cas de la productivité paysanne, un calcul serait possible. Si l’entretien du paysage est une tâche qu’exige la collectivité, il faudrait compter à combien reviendrait ce travail s’il était accompli par des «jardiniers» spécialisés, libérés de tout souci de récolte et de rendement. Si ce calcul théorique pouvait être établi, il augmenterait d’autant la productivité paysanne puisque les agriculteurs assument cette tâche.
Les subventions ont notamment pour rôle de rétribuer ce travail. Correspondent-elles au coût de l’entretien du paysage ? Partiellement en tout cas. Les subventions particulièrement élevées pour l’agriculture de montagne correspondent au coût que représenterait un entretien «jardinier» de sites d’accès aussi difficiles.
Quoi qu’il en soit, la restructuration de l’agriculture est en marche. Ce qui compte, c’est son accompagnement à la fois social – à quelles conditions sortir de la profession ? comment favoriser une retraite anticipée ? – financier – revente des domaines et désendettement – et professionnel – comment gagner des marchés ou des niches d’excellence ? Pour quatre ans, jusqu’en 2007, l’agriculture dispose d’un crédit fédéral de quatorze milliards. C’est un délai court pour préparer et accompagner sa mutation.

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