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Canton de Genève: La pierre et la femme adultère

Voltaire a été convoqué par la défense de Hani Ramadan, au nom du droit de dire cela même que l’on combat. Or la question n’est pas celle du droit d’expression, que personne ne remet en cause, mais celui du contenu acceptable ou non de ce qui a été dit, notamment la justification au nom de la justice divine de la lapidation de la femme adultère. Combattre de telles infamies («Ecrasez l’infâme») a été l’engagement total de Voltaire, le premier à organiser des campagnes d’opinion pour sauver Calas, pour dénoncer la condamnation du chevalier de la Barre à qui l’on arracha la langue avant de le mettre à mort pour blasphème. Voltaire n’a cessé de souligner l’absurdité d’une interprétation littérale de livres décrétés saints et de la parole révélée ; il ne méritait pas d’être cité comme témoin de Hani Ramadan.

Ne pas accepter l’inacceptable

La condamnation à la lapidation d’une femme prétendument adultère suscite et a déjà suscité des réactions mondiales dont les autorités du Nigeria ont dû tenir compte. Le refus de la charia se heurte ici à une opposition qui n’est pas le fait du docteur en théologie ou d’organisations habilitées professionnellement pour défendre les droits de l’homme, c’est une protestation de fond, spontanée, sans frontière, qui unit hommes et femmes. Choisir, comme l’a fait Hani Ramadan, le forum du Monde, qui est lu par les élites de la francophonie, c’était tenter, en utilisant le prestige international de Genève, de mener une contre-offensive sur le point vulnérable du fondamentalisme. Mais affirmer que c’est la justice divine qui dirige le bras de la justice pénale ne peut être reçu par l’opinion mondiale ; le sectarisme se heurte à la libre ingérence d’hommes et de femmes, non politisés, de toute croyance, qui simplement n’acceptent pas l’inacceptable et qui expriment sans argumentation philosophique ce refus.
Hani Ramadan, peut-il, sans contradiction, défendre publiquement une interprétation de l’Islam radicalement fondamentaliste, avec des conséquences sur le rôle de la femme et la forme de la justice, et participer à l’école genevoise et aux valeurs dont elle se réclame, la laïcité notamment ? Il est légitime que le Conseil d’Etat ait souhaité que la question soit publiquement débattue et qu’une enquête prépare sa décision définitive. ag

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