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Les sondages à l’épreuve de la démocratie

Les élections municipales à Paris et le vote suisse sur l’initiative « Oui à l’Europe» ont révélé, dans un contexte contrasté, le rôle nouveau des sondages.
Jusqu’ici, c’est avant tout leur fiabilité qui était mise en cause. A quoi, traditionnellement, il était répondu qu’un sondage n’est jamais qu’un instantané, une photographie d’opinion datée. Toute projection sur le futur, celui de la votation, est un autre exercice, à risque. Les paramètres pouvant changer, comme pour la météo prédite plusieurs mois à l’avance. Or la vraie question qu’il faut poser n’est pas celle de la fiabilité prévisionnelle, mais celle plus subtile des interférences entre les médias, les sondages et les états-majors des partis politiques.
A Paris l’an dernier, les sondages ont démontré (mais était-ce une révélation ?) que Jean Tiberi n’était pas en mesure de gagner les élections et que Philippe Seguin (mais était-ce un scoop vu sa stature nationale ?) était le plus représentatif des successeurs papables. Sur la base de cette étude de marché, l’état-major a pris sa décision. En Suisse, les premiers sondages sur les initiatives populaires font apparaître des réponses en général favorables. On n’a pas oublié les résultats extrêmement positifs pour le référendum constructif qui s’est écrasé ensuite en votation populaire. Or, sur les sujets d’importance, les sondages sont élevés par les médias, grands acheteurs de ces produits, au niveau d’événements. Par nature les médias consomment, créent, fabriquent l’événement. Ainsi les premiers sondages qui donnaient un 50-50 pour l’initiative « Oui à l’Europe» sont devenus, dans les médias romands, un fait politique. Immédiatement les responsables des partis, jusque-là réservés, ont changé de ton. Du vote blanc, ils ont passé au oui enthousiaste. Sans « l’événement » des premiers sondages ni l’assemblée des délégués du PDC, voire celle du Parti radical n’aurait eu la même tonalité. Ces congrès, à leur tour, ont été haussés au niveau d’événements. Ils l’étaient en partie par mise en boucle réussie.
La question de savoir si le sondage influence le citoyen, le poussant à suivre le vent favorable ou à y résister, n’est donc pas la bonne. Ce qu’il faut détecter, c’est, très en amont, le rôle qu’ils jouent, en tant que prétendus événements médiatisés, sur les responsables politiques, faiseurs et suiveurs d’opinion. Que le résultat des votes populaires nous plaise ou nous déplaise, la confrontation finale avec la décision des citoyens est un exercice de santé démocratique. AG

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