Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

Un communiqué où manque l’essentiel

Dimanche, mercredi, vendredi. Pour commenter le scrutin du 4 mars, il a fallu au Conseil fédéral une semaine et trois temps. Valse-hésitation. La ligne à tracer était pourtant de bon sens : il avait réclamé et le respect de sa compétence constitutionnelle et du temps pour mener à bien des réformes intérieures. Accordé. Donc à lui d’agir et de conduire sur tous les points sensibles les travaux préparatoires. Mais il a suffi que l’UDC ramasse comme une mise l’interprétation du scrutin, demande la rocade de M. Deiss et le retrait de la demande d’adhésion gelée depuis 1992, pour que le ministre des affaires étrangères s’excuse devant le Conseil des Etats si ses premiers propos avaient été mal interprétés et renvoie, hors calendrier, l’examen de l’adhésion. Cette prestation fut jugée sévèrement. Le Conseil fédéral se fendit donc d’un communiqué de mise au point molle. A la télévision romande, dans un Droit de Cité triste comme un jour sans pain, M. Deiss l’a commenté : rassurant, désarmant, lénifiant, monocorde.
La politique ainsi redéfinie met l’accent sur les bilatérales. Ce terme est trompeur. Car l’Union européenne, même si elle accepte par courtoisie de négocier sur Schengen et peut-être sur les produits agricoles transformés, donnera la priorité absolue à l’imposition des revenus d’épargne. Or ce n’est pas un sujet bilatéral. La Suisse est en position défensive. Certes, elle a des activités économiques à défendre. Mais il faut le dire aussi avec force, la protection de l’évasion fiscale n’est pas une cause nationale ; elle n’autorise pas, face à l’Union européenne, un droit d’exception légitime.
Pour le long terme, le Conseil fédéral prétend maintenir la visée. Mais dans cette réaffirmation, il laisse tomber l’essentiel : les travaux internes préparatoires. Admettons que ces réformes ne doivent pas être lancées dans le seul but de nous adapter à l’Europe. Ce serait en faire, comme le remarquait M. Deiss, autant de scrutins européens. Mais plusieurs de ces réformes sont imposées par des exigences internes. Domaine Public a déjà évoqué la fiscalité et son délai constitutionnel. Il faudrait citer aussi la réorganisation du gouvernement ; le désendettement hypothécaire, important si nous devions adopter un euro qui poussera à la hausse le taux du crédit ou encore l’affectation des réserves de la BNS, déjà amorcée et qui se présentera avec plus d’ampleur si nous rejoignons la monnaie commune.
Cette mise en perspective, mieux cette mise en chantier pour laquelle le Conseil fédéral demandait du temps avant le 4 mars est aujourd’hui absente de sa politique affichée. Le « pas à pas » a-t-il changé de préposition et de sens ? Est-il devenu stationnaire : pas de pas ? AG

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/4427 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/4427

Thématiques

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP