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Armée 2001: Des recrues nouvelle vague.

Les vrais enjeux de la réforme.

Les projets de réforme de l’armée sont d’importance, mais la discussion publique, pour l’instant, ne va pas à l’essentiel. Pour deux raisons. D’abord parce que la réformette consistant à envoyer, dans le cadre d’un service de la paix, hors de nos frontières, des soldats-volontaires armés sert de camouflage réussi. Le bon sens veut en effet que si l’on envoie des soldats, ils répondent à cette définition, c’est-à-dire qu’ils soient en mesure de se défendre. La vraie question est de savoir si on en envoie ou si on s’abstient. La deuxième raison c’est que la vraie réforme, celle de l’armée 2001, semble sauver le principe de l’armée de milice et n’avoir pour enjeu que l’emboîtement de l’école de recrues, dont la durée serait allongée (six mois au lieu de quatre), et la répartition des cours de répétition (chaque année, mais jusqu’à 32 ans seulement). Or cette réforme, sous les apparences sauvegardées, pose des problèmes de principe.

Et avec les formations longues?

Une armée rajeunie, plus sportive, pesant moins sur l’économie en ne lui enlevant pas, régulièrement, des hommes arrivés professionnellement à des situations de responsabilité tiendrait mieux compte et des exigences militaires et des rythmes civils.
En réalité, elle va accentuer un déséquilibre déjà manifeste. La caractéristique de l’évolution sociale est l’allongement des formations. La moyenne générale a très largement dépassé vingt ans. L’école de recrues de quatre mois, peut s’insérer, notamment pour les étudiants, durant les vacances d’été de l’université. Idem pour beaucoup d’écoles professionnelles. Une école de recrues à six mois signifie un semestre de perdu, donc un étirement de la période de formation et en conséquence un coût accru. Ce que l’économie supportait sans peine, en congé obligatoire, rétribué par l’allocation de perte de gain, est transformé en charge, coûteuse pour la jeune génération et ses soutiens. D’un point de vue économique, la proposition devrait être rejetée.
Le style de l’école de recrues n’est pas celui du cours de répète! Même si le biribi est en régression, la recrue est plus aisément manipulable que l’homme qui a des responsabilités civiles et qui doit exercer, périodiquement, ses gammes militaires. Le rajeunissement, sous ses dehors sportifs, dissimule une volonté de militarisation plus poussée, le désir d’avoir une troupe mieux tenue en main, plus malléable.
La possibilité d’envoyer des contingents de volontaires hors frontières est présentée comme une contribution de coopération internationale. En fait, les pays concernés auraient plus besoin encore de coopérants ayant des compétences professionnelles poussées. Mais répondre à ce besoin supposerait que soient tenus de servir des hommes ayant une expérience reconnue. Cette exigence est contraire à la réforme proposée, celle du rajeunissement.

Le choix

Ce que l’on pourrait appeler l’apprentissage du maniement des armes, sous réserve de spécialisation poussée, est une affaire de quelques jours. En revanche l’armée consacre beaucoup de temps à la création d’un esprit de corps, d’un style de commandement, à un apprentissage de la discipline. D’où le temps apparemment perdu à exercer un formel du salut, du marcher au pas, du «je veux pas le savoir » qui subsiste malgré toutes les modernisations parce que essentiel au fonctionnement militaire.
Le vrai choix ne serait pas celui, trompe-l’œil, d’accomplir à titre volontaire toutes ses obligations militaires en une seule fois ou non. Le choix devrait être entre un cursus militaire ordinaire et une formation rapide de l’essentiel du maniement des armes (un mois suffirait largement si l’on renonce aux exercices destinés à créer une autre mentalité) et en contrepartie une mise à disposition pour des missions d’aide internationale d’une expérience professionnelle acquise et prouvée. Ce qu’on nous présente, sous de faux-semblants coopératifs et sportifs, n’est qu’un renforcement militariste. ag

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