Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

Transports publics et voiture… What else ?

Les transports publics ne gagnent plus de parts de marché. Pour se déplacer en Suisse, l’usage multimodal de la voiture et du train reste prioritaire

Photo Corentin Bechade
Photo Corentin Bechade (licence CC)

Pour leurs déplacements, les usagers utilisent massivement les transports publics mais ne renoncent pas pour autant à la voiture. C’est le principal enseignement d’une étude menée par le Service d’information pour les transports publics (LITRA), en collaboration avec l’Union des transports publics (UTP) et l’Office fédéral du développement territorial (ARE). 

Depuis une décennie et malgré des investissements considérables, la part des transports publics dans les déplacements et les distances parcourues stagne. La hausse impressionnante du trafic voyageurs au cours des dernières années résulte pour l’essentiel de la croissance démographique soutenue du pays, associée à l’allongement des distances moyennes parcourues.

Parallèlement, la Suisse demeure largement un pays d’automobilistes, le trafic motorisé représentant en moyenne 50 % des déplacements et autour de 65 % des distances parcourues. Le nombre de voitures a explosé, passant de 3,5 millions en 2000 à 4,6 millions en 2020.

Des as de la multimodalité

Les Suisses recourent très volontiers aux transports publics pour se rendre sur leur lieu de travail ou de formation. Mais pour leurs achats et leurs loisirs, ils privilégient la voiture, pratiquant donc de manière intensive la multimodalité. Voilà qui explique la croissance parallèle de l’usage des transports publics et individuels depuis plusieurs années. 

Parmi les facteurs qui fondent le choix des moyens de transport, du côté de l’offre, l’étude de la Litra mentionne la durée du trajet, son coût ainsi que le confort. Du point de vue de la demande, le choix du moyen de transport est fortement conditionné par des contraintes liées au type d’activité, à la destination et aux horaires. Ces paramètres rèvèlent les différences marquées de répartition modale en fonction du motif de déplacement.

On observe également que les modes de vie, les valeurs et les habitudes exercent une grande influence. La majorité des usagers utilisent un moyen de transport, car il correspond simplement à leur routine et/ou à leurs préférences. 

Où, quoi, comment ?

Les auteurs soulignent l’importance du territoire et de sa configuration. Il influence la demande par le biais des distances, mais aussi de l’offre en facilitant ou non le déploiement et la combinaison des différents moyens de transport. On comprend donc bien que les communes urbaines et denses enregistrent des parts modales bien plus élevées que les territoires périurbains ou ruraux. 

L’étude confirme également qu’à qualité égale de desserte en transports publics, les régions germanophones enregistrent systématiquement des parts modales plus élevées en leur faveur qu’en Romandie ou qu’en Suisse italienne. 

Pour finir, les auteurs préconisent d’agir en parallèle sur l’offre (diminution des tarifs, amélioration des cadences et du confort) et sur la demande (encourager la démotorisation des ménages, améliorer l’image des modes de transport), sans oublier l’aménagement du territoire qui doit mieux coordonner l’urbanisation avec les transports. 

Encourager une modalité de déplacement en particulier et décourager simultanément celles qui la concurrencent s’avère efficace. C’est l’option prise par la Suisse: favoriser les transports publics et freiner, mais pas trop, l’utilisation de la voiture. 

Multimodalité encore, c’est sûr

Nous avons noté (DP 2231) la fringale de mobilité des habitants de la Suisse qui ne cessent de se déplacer de plus en plus souvent et loin. La qualité des réseaux ferroviaire et routier stimule cette fringale, une qualité qui par ailleurs ne cesse de s’améliorer grâce notamment aux investissements garantis par les fonds de la Confédération. 

Est-il possible de ralentir cette multimobilité en faveur des transports publics ? Des initiatives ont été prises pour les déplacements de loisirs (DP 2282). Mais on en connaît la complexité et les limites, car il s’agit de répondre à une demande très diversifiée et changeante.

Il faut mentionner les effets pervers de la pandémie. Les transports publics risquent de souffrir de la crainte de la promiscuité et de la pérennisation du télétravail. La politique climatique va-t-elle influencer les pratiques de mobilité ?

On sait que cette dernière est responsable d’un tiers de la consommation d’énergie et des émissions du pays. Les changements de pratique passent par l’introduction de mesures d’incitation financières, de taxes et de contraintes légales telles que prévues par la loi sur le CO2, récemment adoptée. Reste que la multimodalité a encore de beaux jours devant elle si l’on pense à l’électrification de la voiture et du vélo.

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/38065 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/38065

Thématiques

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP