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Primes d’assurance-maladie et coûts du système de santé: impasses et solutions

Les contraintes sur les coûts de la santé sont nombreuses, mais des solutions innovantes existent

Photo Kecko
Photo Kecko (licence CC)

Chaque rentrée des classes voit la publication des montants actualisés des primes d’assurance-maladie. A notre grand désarroi, celles-ci augmentent régulièrement, même si les patients ne bénéficient pas de soins meilleurs.

Pas de solution miracle

Les assureurs consacrent 95% des primes au paiement des factures soumises par les assurés. Leurs réserves financières équivalent à deux mois de primes et garantissent uniquement leur solvabilité. Interdits de déficits, ils reportent nécessairement toute l’augmentation des coûts sur le montant des primes.

L’introduction d’une caisse unique pourrait éventuellement réduire les coûts administratifs, mais ne freinerait pas l’augmentation des coûts de la santé.

Le paiement à l’acte constitue une incitation à l’augmentation des coûts, mais il permet aussi une bonne disponibilité du personnel soignant. Trouver un rendez-vous chez une personne payée à l’acte est plus facile que chez une personne salariée, et ce malgré l’éthique professionnelle de l’ensemble du personnel soignant. Son abandon ne garantirait donc pas à lui seul une meilleure gestion du système de santé.

Les expériences internationales montrent l’importance de combiner différents types d’instruments afin de garantir une bonne utilisation des ressources. Mentionnons la responsabilité financière avec des budgets en rapport avec des objectifs de santé publique, des évaluations sur la qualité et une partie de paiement à l’acte afin de garantir la disponibilité des soins. Le secteur public et le secteur privé devraient être soumis aux mêmes règles.

Une approche uniquement économique ou administrative ne garantira pas la maîtrise des coûts. Il faut aussi s’attaquer aux dysfonctionnements fondamentaux de notre système de santé, tels que les prestations inutiles ou la prise en charge inadéquate des maladies chroniques.

L’introduction du dossier médical partagé devrait permettre de lutter contre les doublons. Une autre voie passe par le renforcement de l’éducation de la population et des soignants (DP 2177) pour permettre de diminuer les 30% des prestations facturées qui sont considérées comme inutiles.

Le défi des maladies chroniques

La législation, l’organisation, mais aussi le financement du système de santé focalisent actuellement sur la résolution de maladies aiguës. Les prestations de coordination (consultation d’une infirmière de coordination, par exemple) sont accessibles uniquement pour ces cas. Les personnes fragiles, dites «complexes», en sont exclues.

Or cette population est à l’origine de la majorité des coûts de notre système de santé (DP 2178). L’état polymorbide de ces patients ne permet pas d’appliquer les protocoles médicaux existants et, pour l’heure, ces malades se retrouvent segmentés entre les volets social et médical, mais aussi entre les institutions et professions prenant en charge leurs différentes maladies. Cette organisation inadaptée conduit à l’isolement des individus et à l’accélération des entrées en établissement médico-social et des hospitalisations, par exemple en cas de repli sur soi, d’absence de sensation ou de dénutrition.

Soutenir et financer les équipes de soins

Dès lors, il semble souhaitable de négocier un plan de soins partagé entre les soignants, les patients et leur entourage et d’intégrer une prise en charge à la fois sociale et médicale.

La Maison de santé regroupant plusieurs thérapeutes constitue une tentative louable. Mais ce n’est pas une solution en soi: le partage des locaux n’implique pas forcément le travail coordonné des soignants.

Une approche alternative consiste à soutenir les équipes de soins, définies au cas par cas autour du patient, et non organisées par une institution ou une profession. Elles comprennent généralement un médecin de premier recours avec lequel le patient entretient une relation de longue date. Son inclusion, tout comme celle du patient et de ses proches, est cruciale. Cette équipe doit pouvoir décider elle-même d’un plan de soins qui tienne compte des valeurs de tous les participants.

En pratique, le succès de telles équipes interprofessionnelles se heurte souvent à la volonté de chaque acteur, profession ou institution, de coordonner la prise en charge des patients. Les patients sont souvent soumis à des protocoles contradictoires établis sur la base de diagnostics multiples. Leurs vœux ne sont pas toujours respectés, notamment concernant le lieu de fin de vie.

L’Office fédéral de la santé publique met actuellement à disposition un financement pour des projets pilotes de soutien à l’équipe de soins. Afin de diversifier les retours d’expérience, l’administration fera bien de veiller à une large représentativité des acteurs bénéficiant d’un tel soutien, tant au niveau des communes pour le volet social, que des caisses maladie pour comparer les données financières des différents modèles. Pour l’heure, le canton de Genève, ainsi qu’Arsanté, avec le soutien du réseau Delta et de certaines caisses maladie, ont pris l’initiative de démarrer de tels projets.

Le nombre croissant de personnes fragiles et l’absence de réponse efficace proposée par le système de santé actuel rendent indispensable une nouvelle approche des soins. Celle-ci doit avoir pour objectif premier d’améliorer la qualité de vie des patients fragiles et de permettre leur prise en charge par une équipe de soins autonome regroupant à la fois les dimensions sociales et médicales.

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