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Crise financière, dix ans après

Après 2008, vu de Suisse, ce qui a changé et ce qui reste à faire

Photo Jo N
Photo Jo N (licence CC)

Voici 10 ans, la faillite de la banque Lehman Brothers provoquait un chaos financier planétaire suivi de la plus grave récession depuis les années 1930. Seule l’intervention massive des Etats et des banques centrales permettait d’éviter le pire.

En cause, la déréglementation du système financier justifiée par une foi aveugle dans la capacité d’autorégulation du marché, de faibles taux d’intérêt stimulant l’octroi inconsidéré de crédits et la création de produits douteux – titrisation et amalgames de créances objectivement risquées, pourtant validés par les agences de notation.

Dix ans plus tard, où en est-on? Quelles leçons a-t-on tirées de cette faillite du système financier? Les Etats et les instances internationales ont réagi en imposant aux banques des règles plus strictes, notamment en matière de fonds propres, de liquidités et d’organisation. Ainsi les banques devaient pouvoir affronter de nouveaux soubresauts sans que les pouvoirs publics ne soient dans l’obligation d’intervenir pour sauvegarder l’activité économique.

La Suisse se targue d’être un élève modèle en imposant à ses banques des exigences plus élevées qu’ailleurs. Cette apparente sévérité ne fait pourtant que traduire l’importance de son secteur financier. Même si les deux grands établissements UBS et Credit Suisse ont réduit leur voilure, ils cumulent encore le tiers des crédits et des dépôts du pays. Au plan international, ils restent leaders dans la gestion de fortune. Entre 2006 et 2017, la somme de leur bilan a diminué de moitié, mais le montant de leurs actifs représente encore pour chacun d’eux 135% du PIB helvétique. En 2017, la valeur nominale des produits dérivés détenus par Credit Suisse s’élevait à 28’800 milliards de francs, soit 36 fois la somme du bilan et 687 fois ses fonds propres. Plus modeste, UBS plafonnait à 18’500 milliards, soit 20 fois le bilan et 361 fois ses fonds propres.

La manière d’apprécier les risques reste le point faible de la régulation. UBS et Credit Suisse gardent la main sur le calcul des risques auxquels ils sont exposés. En les minimisant, ils peuvent abaisser le niveau de leurs fonds propres et donc augmenter leur rentabilité. Dans son dernier rapport annuel sur la stabilité financière, la Banque nationale relève que les deux établissements trop grands pour faire faillite «recentrent progressivement leur orientation générale, se consacrant de moins en moins à la réduction de leurs activités et des actifs hérités de la crise financière, et de plus en plus au développement de stratégies de croissance et de nouvelles initiatives commerciales. Les deux établissements cherchent ainsi à accroître de nouveau leur activité et à prendre davantage de risques».

Les grandes banques critiquent le niveau exigé de fonds propres, prétendument trop élevé. Ces exigences affaibliraient leur capacité de prêter et nuiraient donc à l’économie. Pourtant les analyses empiriques prouvent le contraire: plus les banques disposent de fonds propres importants, plus elles sont actives dans le crédit. Les géants bancaires n’en poursuivent pas moins leurs pressions. On se souvient de l’éventualité d’une délocalisation évoquée par Sergio Ermotti, le patron d’UBS. En jeu, le niveau de rentabilité au bénéfice des dirigeants comme des actionnaires.

UBS tout comme Credit Suisse sont contrôlés par des groupes internationaux. En définitive, le drapeau suisse profite-t-il d’abord à la Suisse ou aux actionnaires de ce que nous persistons à considérer comme deux fleurons de l’économie helvétique? La question mérite d’être posée dans un contexte d’instabilité financière majeure où l’Etat pourrait à nouveau jouer le rôle de dernier recours. Car si la crise paraît surmontée, le système qui ne l’a pas empêchée demeure en bonne partie inchangé, comme le souligne la NZZ.

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