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«Monnaie pleine»: une théorie reste une théorie

Pourquoi l’initiative populaire soumise au vote le 10 juin vise à côté de la cible

Photo Vollgeld Initiative

Le 10 juin, nous voterons sur l’initiative dite pour la monnaie pleine. Elle sera rejetée, non seulement parce que la très grande majorité des élus aux Chambres fédérales, des partis politiques et des associations économiques ont déjà manifesté leur opposition, mais surtout parce que ses buts et sa mise en œuvre restent incompréhensibles pour la plupart des gens.

Le concept de la monnaie pleine peut s’apparenter à la théorie quantitative de la monnaie dont l’une des idées principales est que la monnaie représente la source de la richesse. L’économie fait l’objet de multiples théories (offre et demande, rôle de l’Etat, libéralisme, marché et concurrence, monnaie, etc.). L’histoire et les expériences ont plus ou moins validé (ou invalidé) certaines d’entre elles.

Ces théories ont généralement pour but de comprendre les mécanismes économiques, avec l’ambition de proposer des règles (certains auteurs disent même des lois) pour permettre de faire fonctionner l’économie sinon harmonieusement, du moins en évitant des crises traumatisantes (comme celle des années 1930, par exemple).

Pas une mince affaire

Les meilleures ou moins mauvaises théories expliquent une partie du fonctionnement de la vie économique. Aucune, à notre connaissance, n’en propose une vue d’ensemble un tant soit peu cohérente. Ce constat n’est pas tout à fait surprenant. Comment, en effet, parvenir à rendre compte tout à la fois du fonctionnement des entreprises publiques et privées, du marché et de la concurrence, du comportement des individus et des ménages, du rôle de l’Etat, de l’apport des changements techniques, du développement des échanges internationaux et des flux financiers, sans oublier les rêves de puissance et de grandeur des gouvernements, ni la question de l’égalité? Concilier tous ces éléments n’est pas une mince affaire.

Penser ou croire à l’existence d’une recette susceptible de faire fonctionner cet ensemble passablement disparate paraît pour le moins audacieux. Au point que tout économiste attentif à la réalité complexe du monde devrait avant tout éviter de croire qu’il détiendrait la Vérité.

Les partisans de la théorie de la monnaie pleine n’ont pas cette modestie. Ils prétendent que la régulation de la monnaie et du crédit constitue le vecteur principal pour assurer un fonctionnement sans à-coups de l’économie. Ils frisent le délire (DP 2041) en pensant pouvoir à la fois mettre de l’ordre dans le chaos, éviter des crises économiques et financières, protéger l’épargne, interdire aux banques de créer de la monnaie scripturale lorsqu’elles accordent des crédits aux entreprises et aux particuliers. Le Message du Conseil fédéral explique par le menu toutes ces questions, plus quelques autres.

Capacité d’adaptation

Les intentions des auteurs de l’initiative ne sont pas en cause. Il y a certainement une demande réelle de la population qui souhaite que l’épargne soit protégée (ou plutôt devrait-on dire «mieux protégée», car elle l’est déjà), que l’Etat ne doive pas voler au secours de grandes banques (banques dites systémiques) qui perdent pied parce qu’elles se sont lancées dans des opérations manifestement spéculatives, et qui souhaite également ne pas être entraînée une nouvelle fois dans une crise douloureuse comme celle de 2008.

Cette idée de monnaie pleine n’est toutefois qu’une théorie parmi d’autres. Aucun pays ne l’a mise en œuvre ni envisage de le faire. Pour la bonne raison — ou les bonnes raisons — que si cette conception pouvait éviter certains défauts du système actuel, elle en engendrerait d’autres. Même dans un régime de monnaie pleine, les banques ne cesseraient certainement pas de prendre des risques inconsidérés pouvant aller jusqu’à menacer leur existence. On ne saurait davantage imaginer que le même régime pourrait mettre le système bancaire suisse à l’abri de turbulences internationales — la crise de 2008 est partie des Etats-Unis et a contaminé la quasi-totalité du système financier mondial.

On peut évidemment déplorer l’instabilité de nos systèmes économiques. Mais tout instables qu’ils sont, ils ne fonctionnent dans l’ensemble et dans la durée pas trop mal, notamment parce qu’ils ont une certaine capacité d’adaptation. Ce ne sont certes pas des mécaniques parfaites. Mais peut-on croire qu’il en existe qui soient tout à la fois parfaites et humaines?

Des failles à combler

Les principales failles du secteur financier mises en évidence par la crise de 2008 concernent d’abord la proportion insuffisante de fonds propres (capital et réserves) dont les banques doivent disposer par rapport aux crédits qu’elles accordent. Par ailleurs, on a décelé des lacunes dans la gestion de leurs risques ainsi que dans la surveillance exercée sur le monde de la finance, tâche assumée en Suisse par la Finma pour les banques en général et par la BNS pour les cinq banques systémiques d’importance nationale. Sous l’égide de la Banque des règlements internationaux (BRI), les gouvernements ont décidé de combler les failles et les lacunes constatées (mesures connues sous le nom de Bâle 3).

Il ne faudrait pas croire cependant que lesdites mesures sont la fin de l’histoire. Dix ans après la crise, les milieux bancaires, en Suisse et ailleurs, tentent de les remettre en cause. Elles seraient, disent-ils, trop contraignantes et leur application tatillonne. Le 6 mars, le Conseil national a approuvé à une large majorité une motion de sa commission de l’économie et des redevances, tendant à retirer une partie de ses pouvoirs à la Finma, avec l’argument qu’elle outrepasserait ses compétences réglementaires. Le texte adopté se substitue à une initiative parlementaire du conseiller national Alfred Heer (UDC), qui proposait carrément d’intégrer la Finma dans l’administration fédérale…

La monnaie pleine n’apporte pas de réponse à ces problèmes. L’interdiction faite aux banques de créer de la monnaie scripturale et le transfert à la Banque nationale suisse de la totalité de la création monétaire qui s’en porterait garante (d’où cette notion de «monnaie pleine») suffiraient-ils vraiment pour stabiliser le système financier et pour assurer un développement plus harmonieux de l’économie? Ce sera le sujet d’un prochain article.

(A suivre)

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Discussion

  • 1
    Mario Jelmini

    Parmi les nombreuses personnalités qui soutiennent ouvertement l’initiative «Monnaie pleine», je citerai:
    – Dr Markus Rauh, ex-président du Conseil d’Administration de Swisscom SA
    – Dagobert Kuster, jusqu’à 1992 Directeur de la Schweizerische Volksbank Basel
    – Dr oec. HSG Hans Zuberbühler, ancien Directeur UBS
    – Dr Christoph Zenger, copropriétaire de la société zougoise de conseil en placements Covasys & Zenger, qui a dirigé le fonds de placement UBS
    – Sergio Morandi, économiste, banquier und entrepreneur
    – Michael Derrer, entrepreneur et professeur d’économie, juge de district, membre du comité directeur du parti vert-libéral d’Argovie
    – Lukas Erb, Liestal, économiste, chef des finances d’un hôpital
    – Raimund Brichta, expert en matière de finances, journaliste financier
    – Dr Bernd Lüthje, économiste et directeur de banque, ancien Président du Conseil d’administration de la NRW.Bank
    – Dr Thomas Mayer, fondateur du Flossbach Research Institut, ancien économiste en chef à la Deutsche Bank
    – Dirk Müller, expert financier, auteur de divers livres, connu sous le nom de “Mr Dax”
    – Adair Lord Turner, académicien,, ancien directeur de l’autorité britannique de surveillance des marchés financiers, auteur du livre «Between Debt and Devil»
    – Götz Werner, fondateur de «dm-drogerie markt GmbH & Co. KG», le plus grand consortium pharmaceutique d’Europe (env. 3500 filiales et 59’000 collaborateurs)
    – Pierluigi Zanchi, entrepreneur et municipal de la ville de Locarno
    – Jean-Pierre Gérard, chef d’entreprise et économiste, membre honoraire du conseil de la politique monétaire de France, président-fondateur du groupe IMI (composants pour l’horlogerie), président du club des numéros uns mondiaux français à l’exportation, président des cercles de réflexion «G21» et «Institut Pomone (Pour une Organisation Monétaire Nouvelle en Europe)»
    – Miguel Angel Fernandez Ordonez, ancien Président de la Banque d’Espagne
    – Mark Joób, professeur de sciences économiques à l’université de Sopron, chercheur à l’université de Zurich
    – Peter Ulrich, professeur émerite d’éthique économique à l’université de St-Gall
    – Philippe Mastronardi, professeur émérite de droit public à l’université de St-Gall
    – Patrick Schüffel, professeur et directeur de l’institut de finance de la Haute école de gestion de Fribourg
    – Irmi Seidl, économiste, chargée de cours de l’université de Zurich, éditrice du livre «La société post-croissance – des concepts pour l’avenir»
    – Sergio Rossi, professeur agrégé de macroéconomie et d’économie monétaire de l’Université de Fribourg
    – Peter Hablützel, expert en histoire contemporaine, sciences politiques et administration publique, ancien directeur de l’office du personnel fédéral
    – Bernd Senf, professeur émérite d’économie politique, Ecole supérieure d’économie et de droit, Berlin
    – Helge Peukert, prof. d’économie politique à l’université d’Erfurt
    – James Robertson, cofondateur de la New Economics Foundation, Oxon, UK
    – Joseph Huber, professeur émérite de sociologie économique et environnementale, université Martin Luther de Halle
    – Richard Werner, professeur et titulaire de la chaire de finance internationale, directeur du Centre for Banking, Finance and Sustainable Development à l’université de Southampton
    – Jean-Claude Werrebrouck, Professeur honoraire de l’université de Lille 2.

    Lire les déclarations de ces personnalités en faveur de l’initiative sur les pages web http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/entrepreneurs-et-financiers/ et http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/scientifiques/. Se pourrait-il que tous ces grands pontes “frisent le délire”?

  • 2
    Jean-Marc Heim

    M. Ghelfi tente de nous embrouiller avec ses théories incompréhensibles. C’est bien la stratégie des adversaires de l’initiative que de projeter sur la monnaie pleine tous les défauts du système actuel, dont notamment sa complexité.

    La monnaie pleine n’est pas une théorie, car elle existe déjà et a toujours existé. D’ailleurs, aujourd’hui les banques n’utilisent que de la monnaie pleine pour leurs paiements entre elles. Seuls nous autres, privés et entreprises non bancaires, n’avons plus que 10% de monnaie pleine à disposition (les pièces et les billets), alors que tous nos paiements électroniques (90% de la monnaie en circulation) doivent obligatoirement se faire par une créance bancaire (monnaie scripturale privée des banques). La différence entre ces deux types de monnaie est de taille : la monnaie pleine de la Banque nationale est garantie à 100% par l’Etat, alors que la monnaie scripturale des banques n’est qu’une promesse de paiement qui dépend de la solvabilité de la banque.

    La question que pose l’initiative Monnaie pleine est donc très simple : voulons-nous conserver une monnaie garantie par l’Etat via notre Banque nationale, tenue par l’intérêt général du pays, ou voulons-nous la remettre en mains d’entreprises privées telles que UBS et CS, tenues que par les intérêts privés de leurs actionnaires majoritairement étrangers?

    La votation sur l’initiative No-Billag vient de démontrer que plus 70% des citoyens tiennent à conserver un service public de média, afin de garantir une objectivité qui ne soit pas détournée par des intérêts économiques privés. Si l’information est garante de la démocratie, la monnaie en est une condition fondamentale de sa souveraineté. Ainsi, tous les citoyens qui ont voté Non à No-Billag devraient voter Oui à l’initiative Monnaie pleine.

    L’initiative Monnaie pleine vise simplement à ce que tous les citoyens puissent avoir droit à de la monnaie pleine sûre, et non seulement les banques.

    Qu’y a-t-il là de compliqué, de théorique ou de dangereux?

  • (1) L’initiative Monnaie pleine (IMP) aborde un seul sujet: Qui doit créer notre argent, le Franc Suisse? La BNS ou les banques commerciales? – Aujourd’hui, la majorité de la population pense que c’est la BNS. Hors, en réalité, ce sont les banques commerciales qui créent le 90% du Franc Suisse, en forme de monnaie scripturale, en octroyant des crédits. L’IMP veut donc mettre en place ce que la majorité de la population croit déjà être la réalité : c’est la BNS qui crée l’argent, le Franc Suisse.

    (2) Le Conseil Fédéral, le Conseil National, et le Conseil des États n’ont pas saisi l’occasion de recommander l’IMP et de donner un signale positif pour un transfert du pouvoir de création monétaire d’entités privés (banques commerciales) vers une entité démocratiquement légitimé (BNS).

    (3) Le présent article de Jean-Pierre Ghelfi parle du système financier au sens large, sujet qui n’est pas au même niveau que l’IMP. Ainsi il compare des pommes et de poires et s’embrouille…

  • 4
    Nicolas Crettenand

    La monnaie pleine n’est pas une théorie, mais une réalité déjà aujourd’hui – sauf que c en’est pas pour tout le monde! Les banques commerciales privées utilisent de la monnaie centrale pour faire leurs échanges, ce qui revient à utiliser de la monnaie pleine. Les citoyens et entreprises utilisent du cash (billets, pièces), ce qui est aussi de la monnaie pleine, mais qui représente aujourd’hui que 10% de la masse monétaire. L’initiative Monnaie pleine veut juste que les autres 90% (argent scriptural électronique sur vos comptes bancaires courants) soient aussi de la monnaie pleine, à savoir de l’argent sur et protégé.

    En résumé, l’initiative Monnaie pleine pose la question: “Qui doit créer l’argent? Les banques commerciales privées qui ont leurs intérêts privés ou la Banque nationale suisse qui a pour mandat l’intérêt public?” A vous d’y répondre le 10 juin!

  • Une monnaie pleine est censée, selon ses promoteurs, nous débarrasser des crises bancaires, et donc éviter aux contribuables de mettre la main à la poche pour sauver les banques systémiques en cas de risque de faillite. Mais en réalité, comme l’explique M.Ghelfi à juste titre, cette belle idée créerait plus de problèmes qu’elle n’en résout si elle venait à être mise en œuvre. En effet elle pourrait engendrer le chaos!

    Par ailleurs, l’initiative “monnaie pleine” assigne implicitement une mission de planificateur central à la BNS en matière de prévision de la croissance de la masse monétaire. La banque centrale pourrait ne pas avoir une connaissance intime des besoins du secteur privé en l’occurrence ménages et entreprises. Autrement dit la BNS ne saurait pas se substituer aux banques commerciales, lesquelles sembleraient avoir une connaissance plus fine sur le profil des candidats au crédit, et partant être en mesure d’écarter les projets jugés non viables. Une croissance monétaire fixée par la BNS pourrait ne pas répondre de manière satisfaisante aux besoins de l’économie, En clair la création monétaire est endogène en ce sens que ce sont les agents privés qui déterminent leurs projets de consommation et d’investissement de manière décentralisée et c’est au secteur bancaire d’y répondre en matière de prêts avec le concours de la banque centrale.

    Pour protéger les citoyens contre les excès des banques et celles-ci contre leur propre imprudence, l’outil approprié est la régulation publique c’est-à-dire l’exigence des fonds propres pour éviter la socialisation des pertes, et donc de faire passer les contribuables à la caisse en raison du risque systémique des grandes banques.

  • 6
    Meier Christoph

    MP propose seulement de régler un des paramètres de notre système économique: la création monétaire. L’argent est à l’économie ce que l’air est au moteur de la voiture: il sans valeur intrinsèque mais indispensable en quantité précise, sinon le moteur s’arrête. M Ghelfi admet qu’environ 90% de l’argent en circulation est créé par les banques. Mais, si vous pouviez créer de l’argent presque librement, n’auriez-vous pas automatiquement tendance à en créer trop? Les banques cèdent régulièrement à cette tentation, créant des bulles spéculatives à répétition comme en 1929 et en 2008, et des centaines de fois entre les deux. De 1992 à 2008, les banques ont créé presque 4 fois plus d’argent que nécessaire pour compenser l’augmentation du PIB. Ces crises ne résultent donc pas d’une quelconque pénurie, elles sont le produit d’un système financier débridé.

    MP propose une solution aussi simple qu’efficace. Elle stabilise le système financier, sécurise l’argent sur nos comptes tout en rapportant de l’argent à l’Etat. C’est une solution élégante qui s’attaque à la racine du problème sans aucun effet négatif, ni pour l’économie, ni pour les clients des banques, tout au contraire! Avec MP, il n’y aura plus que des «billets». Les comptes en banque seront comme des «coffres» individuels contenant l’argent appartenant aux clients, mais géré par la banque. En cas de faillite de la banque, le client ne subit aucune perte. Pour la transition, si nécessaire, les banques achètent ou empruntent à la BNS les billets nécessaires pour transformer toute leur monnaie scripturale, leurs promesses d’argent, en MP. (Aujourd’hui, les banques ont tellement de réserves auprès de la BNS qu’elles peuvent transformer tous leurs comptes courants en monnaie pleine / monnaie BNS, du jour au lendemain.)

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