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Sciences: Serial crisis

En 1996, la bibliothèque de l’EPFZ hébergeait près de 8000 revues scientifiques. Il en restait 5000 en 2000. Dans la même période, le coût total des abonnements à ces revues passait de 3,6 millions à 55 millions de francs. Le cours du dollar, pleinement répercuté sur les abonnements, ajoutait un autre demi-million à la facture en 2000. Bref, joli jeu de mot anglais, c’est la serial crisis. Pourtant, oncques ne vit-on entreprise commerciale plus agréable. Les auteurs, même lesplus prestigieux, fournissent les articles gratuitement, sans hésiter le cas échéant à payer un supplément pour bénéficier d’illustrations en couleur. Le contrôle qualité est aussi fourni gracieusement par les pairs. Enfin, le coût total d’un tirage parfois confidentiel est répercuté pleinement sur le prix de l’abonnement, qui peut atteindreplusieurs milliers de dollars par an, prix que les bibliothèques universitaires payent avec l’argent du contribuable. Très tôt, des personnalités comme Robert Maxwellavaient compris les bénéfices juteux que l’on pouvait tirer des publications scientifiques. Pour illustration, le prix des abonnements a augmenté, en moyenne, de 11,3 % par an entre 1963 et 1990. De véritables empires, comme Elsevier, sesont construits sur ce marché captif.

L’électronique remplace le papier

Les articles scientifiques sont très standardisés et se prêtent parfaitement à la publication sur le web. Il est possible que d’ici dix ans, la forme papier des publications ait disparu. Les magazines proposent presque tous une version électronique, dont l’accès est ordinairement lié à l’abonnement papier. Les bibliothèques peuvent, dans beaucoup de cas, renoncer à l’abonnement papier, mais l’économie du tout électronique
est minime (de l’ordre de 10%). Plus intéressante, et pratiquée à grande échelle par le consortium des bibliothèques universitaires suisses, la licence électronique de site. Un seul abonnement virtuel pour tout le campus peut remplacer des exemplaires multiples éparpillés dans les bibliothèques de département. Si l’abonnement à Science coûte 650 fr. par an à une bibliothèque, la licence d’accès électronique pour le campus de l’EPFZ est de 8000 fr. Ð il faut donc une dizaine de désabonnements pour rentrer dans les prix. Et personne n’aime se désabonner de Science.
Jusqu’à présent, les éditeurs ont donc réussi à garder la logique de marché et Internet a plutôt facilité l’accès aux articles qu’allégé la facture des bibliothèques. Même après la disparition des magazines
papier, les schémas tels que “pay per view” (paiement lors de la consultation de l’article sur le net) ou ” pay to publish ” (paiement par les auteurs d’une somme pour que l’éditeur mette l’article sur son site) sont en élaboration.

Archivage universel

Une première initiative vient d’être lancée par quelquesscientifiques prestigieux pour utiliser Internet au-delà de ce mercantilisme. En effet, les articles scientifiques, du moins dans le domaine biomédical, ont une demi-vie assez courte. Après six mois, ils ne sont plus d’actualité et mûrs pour l’archivage.La pétition qui circule actuellement exige des éditeurs scientifiques de garantir l’accès gratuit et universel aux articles de leurs revues six mois après leur parution. Ces articles seraient archivés dans une banque de données centrale, et non passeulement sur le site de chaque magazine. L’éparpillement sur des sites multiples ne permettrait pas une recherche d’information efficace. Deux revues prestigieuses, le British Medical Journal et le Proceedings of the National Academy of Sciences(US), et une vingtaine d’autres, participent déjà à l’aventure du “PubMedCentral “, cette archive scientifique, citoyenne et virtuelle. Les signataires de la pétition, 25000 environ à ce jour, menacent de boycotter les revues qui ne se joindraient pas à l’archivage universel et gratuit. Internet décidément change bien les moeurs. ge

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