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Développement durable: revenir aux fondamentaux

Vingt-cinq ans après le Sommet de la Terre, vers une économie de la durabilité (1/2)

Photo Ed. Lambda
Photo Ed. Lambda (licence CC)

Dans quelques semaines, cela fera 25 ans que s’est tenu le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, un des plus vastes rassemblements que l’ONU ait organisé. C’est là qu’a été mise en musique la notion de développement durable conçue cinq ans auparavant par la Commission des Nations Unies sur l’environnement et le développement, dite Commission Brundtland, du nom de sa présidente.

Parmi les engagements pris, on peut relever bien sûr les textes officiels âprement négociés, comme l’Agenda 21 (programme pour le 21e siècle), les 27 principes de Rio ou encore les accords sur la biodiversité et le climat, ouverts à la signature à cette occasion. Mais aussi les déclarations de parties prenantes, ainsi que d’organisations économiques, en particulier à l’appel de l’industriel suisse Stefan Schmidheiny.

Ce que durabilité veut dire

On a pris l’habitude de présenter le développement durable comme l’intersection entre l’économique, l’environnemental et le social, et des notions telles que «durabilité faible» sont apparues, jouant sur une substitution partielle du capital naturel par le capital financier. Face à ces interprétations quelque peu réductrices, il est temps de revenir aux sources.

La notion de développement durable signifie en effet une réorientation assez fondamentale de notre mode de production et de consommation, en fonction d’un partage des ressources planétaires entre tous les humains d’aujourd’hui et de demain. Ainsi le développement durable est «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs», sachant que, pour la définition des besoins, on partira des besoins essentiels des plus démunis, «à qui il convient d’accorder la plus grande priorité».

Il est intéressant que cette notion soit apparue au moment même où, avec la chute du Mur, d’aucuns proclamèrent la fin de l’histoire («There is no alternative», Margaret Thatcher). Dès l’origine, le développement durable s’est présenté comme une réponse au laisser-aller, laisser-faire et à la théorie dite de la main invisible pour laquelle l’intérêt général résulte de la poursuite par chacun de ses intérêts individuels. Il établit, tout au contraire, un objectif partagé dans lequel les intérêts de chacun sont invités à s’insérer.

La durabilité, un concept économique

La durabilité nous appelle à réviser le concept économique dominant, qui depuis les 18e et 19e siècles, entend «libérer les forces productives». Ce credo commun au capitalisme et au socialisme a été appliqué avec grande efficience et à large échelle depuis la révolution industrielle, et demeure le fil conducteur implicite voire explicite des comportements. Plus profondément, notre programmation instinctive, héritée de la nuit des temps – et qui n’a guère intégré les effets de son action – continue à nous faire croire que la nature est infinie, qu’il n’y a qu’à se servir.

Or, aujourd’hui, l’humanité est en passe de franchir des limites environnementales globales, et porte atteinte à des paramètres fondamentaux de la vie sur Terre, tels le climat, les océans, la biodiversité, les ressources minérales et énergétiques non renouvelables (sinon à échelle géologique), les forêts, les sols. A noter que le jour où l’humanité commence à vivre à crédit, par rapport aux ressources naturelles, survient chaque année plus tôt («Jour du dépassement»). Tout cela sans même remplir les promesses sociales (égalité des chances, ascension sociale, plein emploi) qui pouvaient un temps légitimer la «société de consommation».

Une vision claire et réaliste

L’économie de la durabilité est ainsi une économie qui s’insère dans les capacités de la nature à nous fournir en moyens de vivre et à digérer nos rejets. Elle doit dès lors se référer à la notion d’empreinte écologique, mesure de justice globale qui explicite la part à laquelle chaque territoire a droit.

Seule une économie circulaire, fondée sur le réemploi de la matière, avec un écobilan global positif, peut répondre à cette exigence, sur fond de réparabilité, de développement immatériel et d’une hiérarchie des besoins, en offrant également une cohésion sociale, un supplément de sens et des emplois pérennisés. Soit, pour citer le Programme des Nations Unies pour l’environnement, «une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources».

De nombreux traités internationaux, dont le plus emblématique reste l’Accord de Paris de décembre 2015 sur le climat, s’inscrivent dans cette perspective. Sa concrétisation la plus actuelle est celle validée en septembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies, sous la forme des 17 objectifs et 169 cibles de développement durable de l’Agenda 2030. Pour financer cet Agenda, il faudrait mobiliser entre 3’500 et 5’000 milliards de dollars. Un chiffre conséquent! Mais qui ne représente que 5% du PIB mondial. Cela devrait être à portée de main, pour peu qu’on en ait la volonté politique.

Article suivant: Développement durable: l’état de la situation (DP 2164).

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