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Le rôle des crises financières dans la montée des populismes

L’analyse historique est passionnante et montre que d’autres facteurs interviennent également

Photo Stan Jourdan
Photo Stan Jourdan (licence CC)

Du Brexit à l’élection de Donald Trump en passant par la montée du Front national en France, la liste est longue d’événements venant accréditer l’idée selon laquelle la crise financière de 2007-2008 et ses multiples soubresauts sont au moins en partie responsables de la montée des populismes et de la tentation du repli national.

Si elle trouve désormais un certain écho dans l’opinion publique, la thèse d’un lien de cause à effet entre crise financière et populismes est-elle pour autant fondée?

Le vote pour l’extrême-droite augmente d’un tiers

Une recherche récente, qui se distingue par son ambition scientifique, a analysé ce phénomène de manière systématique dans 20 démocraties avancées entre 1870 et 2014, passant au peigne fin plus de 100 crises financières et 800 élections.

Les résultats sont d’une netteté accablante. Les crises financières augmentent en moyenne d’un tiers le vote pour l’extrême-droite, engendrent une fragmentation politique qui rend la gouvernance post-crise plus difficile et déclenchent différentes formes de contestation sociale dans les rues (grèves générales, manifestations).

Les récessions «normales», c’est-à-dire qui n’impliquent pas de crise financière, ne produisent pas de tels effets. Cette différence s’explique par le fait que les crises financières sont perçues comme un échec de la part d’élites politiques entretenant des liens de collusion avec la finance.

Autre explication: les crises financières ont généralement des répercussions massives et spectaculaires (chômage, faillites) et impliquent des opérations de sauvetage des banques avec de l’argent public. Ces opérations sont financées par des réductions des dépenses publiques et des hausses d’impôts et sont par conséquent très impopulaires.

Un retour à la normale après 10 ans?

Mais l’étude comporte aussi un résultat qui se veut plus rassurant: les effets des crises financières s’estompent après 5 ans, et 10 ans plus tard la vie politique reprend son cours normal. Or, 10 ans après 2007, nous nageons toujours en pleine flambée de populismes d’extrême-droite mais aussi dans une certaine mesure d’extrême-gauche. Comment cela se fait-il? Deux types d’explication sont possibles.

D’une part, outre l’intensité et la longueur de la crise, sa gestion en Europe – et en particulier l’échec des politiques d’austérité soutenues par tous les partis de gouvernement historiques – a provoqué une désaffection de l’électorat de ces partis vers de nouvelles forces politiques.

D’autre part, même si la crise financière joue un rôle important, elle ne constitue pas, à elle seule, une explication suffisante. D’autres facteurs, exogènes à la crise, favorisent la poussée des mouvements radicaux.

L’impact des politiques d’austérité

En Europe, les élites politiques ont opéré dès 2010 un tournant vers l’austérité dans la gestion de la crise, arguant qu’il s’agissait non pas d’une crise d’origine financière mais d’une «crise des dettes souveraines». Ce discours met l’accent sur la responsabilité des gouvernements nationaux dans la débâcle financière et non sur ses causes économiques et financières.

La crise a ainsi été présentée comme résultant d’une succession d’erreurs commises par de «mauvais élèves» de l’Europe. Cette manière de voir a profondément divisé l’Europe et suscité une réaction politique divergente. Dans la plupart des «pays débiteurs» (Grèce, Espagne, Italie, Portugal, Irlande, Chypre), les mesures d’austérité ont plutôt favorisé l’essor d’une extrême-gauche réclamant une solidarité européenne plus forte. Dans les «pays créanciers» (Allemagne, Autriche, Finlande, Pays-Bas, France, etc.), on a plutôt assisté à une poussée de l’extrême-droite refusant la solidarité européenne.

Cette dimension politique de la crise est importante pour comprendre la dynamique qui a porté la montée du populisme en Europe.

La mondialisation

Mais la montée en puissance des partis populistes s’explique par d’autres facteurs, non strictement financiers. En ouvrant les frontières, la mondialisation induit un sentiment de déstabilisation économique et un trouble identitaire dans certaines couches de la population, qui se traduisent par une aspiration au repli sur soi et une quête de réconfort dans une société homogène et protectionniste.

Sur le plan interne, les étrangers deviennent les boucs émissaires de tous les maux et les discours xénophobes prolifèrent sur la diabolisation de cette confortable victime expiatoire. Sur le plan externe, la crise des réfugiés et les attentats terroristes sont mis en avant pour légitimer la nécessité d’un retour des contrôles aux frontières nationales. Le discours populiste s’abreuve également d’une critique de l’establishment qui cristallise l’exaspération des citoyens face aux scandales financiers, ainsi qu’aux affaires de corruption qui égrènent l’actualité. Superposés à la crise financière, ces facteurs constituent de puissants ressorts pour les partis populistes.

Et la Suisse?

Le cas de la Suisse inciterait plutôt à relativiser tout lien de cause à effet trop univoque entre crise financière et montée du populisme et à privilégier une analyse plus sensible à une pluralité de facteurs en interaction.

Davantage que l’impact socioéconomique de la crise, qui reste très modéré en Suisse, c’est peut-être le succès d’autres partis populistes européens qui a contribué à galvaniser encore davantage l’UDC, qui domine le paysage politique depuis 1999. Il est vrai que nous assistons ces dernières années à une multiplication des consultations populaires initiées par l’UDC qui, comme l’explique François Cherix, joue un double jeu en étant à la fois un parti gouvernemental et une force démagogique et populiste qui dicte l’agenda politique du pays par des propositions irresponsables qu’elle parvient parfois à faire triompher. Cela a été le cas en particulier avec son initiative «contre l’immigration de masse», approuvée de justesse par le corps électoral et les cantons le 9 février 2014.

Le discours de l’UDC est caractéristique de cette nouvelle extrême-droite qui se développe en Europe dans le sillage de la crise, qui se nourrit d’une hostilité à l’égard de l’Union européenne et capitalise sur les questions d’ordre migratoire. La crise n’en est pas la seule cause, mais elle joue plutôt un rôle d’amplificateur.

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Discussion

  • Je suis désolé mais je ne suis pas d’accord avec cette antienne, sans cesse répétée, selon laquelle l’UDC serait d'”extrême droite”.

    Je suis né en 1959. D’après le souvenir que j’ai du grand vieux parti radical dans les années 1970, son positionnement était exactement le même que celui de l’UDC d’aujourd’hui. Aucune différence. Souveraineté nationale, politique migratoire restrictive, attachement indéfectible à l’armée de milices, réticence à se rapprocher de l’Union Européenne. C’était un peu le principe: chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées. Il me semble qu’il y avait un consensus massif sur cette politique, à peine nuancée par la participation socialiste au Conseil fédéral qui avait surtout un effet conservateur: celui de garantir un certain progrès social, auquel on était attaché, précisément par esprit conservateur. On maintenait un acquis. Selon moi ce sont les partis dits bourgeois, comme les radicaux et les conservateurs chrétiens-sociaux, devenus PDC et virant à gauche lentement mais surement, et même les socialistes, bref tous les partis de gouvernement, et même l’UDC au temps de Léo Schlumpf, qui ont glissé vers l’internationalisme, le laxisme dans tous les domaines, la réformite scolaire aigüe, la dérégulation sociale et sociétale, le multiculturalisme, l’immigration, et toutes sortes d’évolutions vers ce que le grand sociologue Zigmunt Baumann, décédé récemment, appelait la “société liquide”.

    J’y vois la conséquence du principe pas d’ennemi à gauche, qui interdit de privilégier la stabilité et impose un mouvement planifié vers ce qu’on appelle le “sens de l’histoire”, mais en réalité cette évolution n’est pas spontanée, elle est voulue et pilotée de manière volontariste.

    Cette évolution et ce glissement, qui s’est fait comme subrepticement en allant à l’encontre du réel désir des gens, a créé un sentiment d’anxiété dans une population qui constatait la dégradation de son bien être réel au fur et à mesure de l’ouvertures des frontières, la dérégulation, la remise en cause de l’acquis social, évolutions appuyées par tous les partis mainstream y compris le socialiste. Tout cela a créé un vide, que l’UDC n’a fait que combler par un effet de vases communicants.

    Je suis CERTAIN que si les partis bourgeois et les socialistes étaient restés sur les mêmes positions depuis les années 1970 au lieu d’abandonner les acquis de la Suisse et de vouloir la dissoudre dans l’Union Européenne, tournant, surtout sur ce dernier point, clairement le dos aux souhaits de la population, jamais l’UDC n’aurait connu cette ascension.

    Alors maintenant on nous dit qu’il y a une poussée “populiste” à cause de la crise. Sans doute, cela accentue le mécontentement, mais je suis certain que si nos autorités avaient réagi comme elles l’ont fait pendant les années 1970, en “exportant le chômage” comme on disait à l’époque quand on voulait critiquer la politique de droite rondement menée, c’est à dire tout simplement en disant aux travailleurs étrangers: nous n’avons plus d’emplois à vous offrir, donc nous ne renouvelons pas vos permis, eh bien il n’y aurait en Suisse aucun populisme. Et il n’y en aurait aucun non plus aux Etats-Unis ni nulle part.

    Je crois fondamentalement que c’est là que se trouve la cause du problème. En renonçant au droit souverain de tout pays, quel qu’il soit, de réguler son immigration en fonction des besoins de l’économie, en voulant abolir toute souveraineté et en créant un multilatéralisme artificiel qui finit par devenir complètement dysfonctionnel, on fonce dans une impasse, et on s’expose à une réaction automatique des corps électoraux cherchant à rétablir l’équilibre. Ce n’est pas du aux crises financières. Les crises financières il y en aura toujours, mais elles ne provoquent des soubresauts que parce que les états ne sont plus en mesure de maîtriser les paramètres. Or, aux yeux des gouvernés, la maîtrise de ces paramètres, dont dépendent les conditions d’existence stables des populations, sont essentiels pour qu’ils respectent la légitimité du pouvoir.

    Un pouvoir qui n’a plus la maîtrise du destin national, un pays où les citoyens ne se sentent plus maîtres chez eux, perte en légitimité – inévitablement. Et c’est parce que le pouvoir n’est désormais plus perçu comme légitime, ou qu’il est devenu moins légitime, qu’en Suisse des initiatives sont acceptées qui ne l’auraient jamais été dans les années 1970. Aucune des initiatives Schwarzenbach n’a été acceptée. On en a pourtant tenu compte. Le 9 février 2014 une initiative a été adoptée et le pouvoir s’assoit dessus, faisant un bras d’honneur aux gouvernés. Quand la sanction se fera sentir pour cet affront, on parlera de populisme. On aura tort. On n’aura que ce qu’on mérite.

  • A priori on est enclin à accorder davantage de crédibilité aux études qui tentent de nous expliquer les phénomènes sociaux et économiques sur des bases empiriques et scientifiques. Ainsi l’article que nous présente M. Virgile Perret établit une corrélation entre la crise financière et la montée du populisme, mais, il est vrai, sans négliger de mentionner les autres facteurs qui jouent un rôle plus ou moins variable sur la capacité de tolérance de la population d’un pays à l’égard des étrangers.

    Tout d’abord faisons deux remarques d’ordre méthodologique : 1) une corrélation statistique entre deux grandeurs n’est pas synonyme de causalité, si bien que la causalité est plurielle, comme cela a été souligné par l’auteur à propos du cas suisse.2) Il se pourrait aussi qu’il existe des facteurs qui influencent à la fois la cause et l’effet simultanément, de sorte que l’on peut être en présence du paradoxe de Simpson : par exemple comme dans le cas d’une corrélation entre la consommation de la bière et la libido ou les redoublements et les notes obtenues au bac, notamment lorsqu’on négligé un facteur exogène appelé facteur de confusion qui peut agir aussi bien sur la cause que sur l’effet. Ainsi si l’on prend en compte le niveau scolaire des élèves, on comprend que les notes faibles obtenues au bac reflètent leur niveau scolaire au départ et non pas le fait de les avoir fait redoubler, de même c’est leur niveau scolaire qui explique leurs redoublements. En conséquence ceux-ci ne sont pas responsables des notes obtenues à l’examen.

    Dans le cas de la crise des supbrimes de 2008, il n’est pas impossible que la stagnation des salaires réels ait poussé de nombreux ménages américains à s’endetter auprès des banques pour accéder à l’appartement ou à la maison de leur rêve. Or les banques sont rarement en panne d’imagination en matière d’innovations financières pour répondre à ce type de demande, avec toutefois le risque de fabriquer des bulles immobilières avec des prêts à des ménages insolvables,c’est ce qui s’est passé avec la crise des subprimes aux Etats-Unis . A cela s’ajoute la déconnexion entre les élites globalisées la masse des citoyens souvent largués. En effet la mondialisation et la concurrence internationale ont tendance à accroître la taille du gâteau national, mais souvent avec des parts de plus en plus inégales lors du découpage de celui-ci. Ainsi l’ouverture au commerce international, sans mesures d’accompagnement, comporte une forte probabilité de dépouiller les travailleurs non qualifiés et donc de creuser les inégalités de revenus. Dans ces conditions on ne peut reprocher aux perdants, surtout en l’absence de mécanisme de compensation à leur endroit,de demander davantage de mesures protectionnistes et de contrôle des flux migratoires. A cet égard l’histoire montre que de telles revendications trouvent souvent des relais auprès des partis nationalistes et xénophobes.

    Dans le cas de la Suisse, la crise financière a joué un rôle indirect dans la réaction hostile de la majorité de la population à la libre circulation des personnes. En tout cas on observe une concomitance entre la montée de repli national et le déclenchement de la crise des dettes souveraines en Europe comme en attestent les statistiques du solde migratoire de la Suisse. En effet, la crise financière partie des USA a contaminé l’Europe, quoique de manière variable selon les pays, en se traduisant in fine par une crise de dettes souveraines. Celles-ci ont eu au moins le mérite de montrer au grand jour tous les défauts de la monnaie unique, et tout particulièrement l’absence de la solidarité budgétaire au niveau européen , et donc l’incohérence de la macroéconomie : un pouvoir monétaire unique face à une pluralité de pouvoirs budgétaires indépendants et sans mécanismes de transferts.

    L’augmentation du chômage dans de nombreux pays européens voisins ou non de la Suisse a provoqué un afflux de travailleurs en quête d’un emploi et/ou d’un salaire meilleur et ce flux n’a cessé de se renforcer au fil du temps. Sans doute en raison des réponses inappropriées apportées à la crise au sein de la zone euro : L’Europe a tenté de lutter contre la récession et le chômage de masse par des politiques d’austérité.Si bien qu’il n’est pas déraisonnable d’attribuer le vote du 9 février 2014 en Suisse à la politique économique menée en Europe sous la férule du ministre allemand de l’économie et peut-être au fait que la Suisse soit restée un îlot de prospérité dans un océan de récession et de pessimisme généralisé.

    Par ailleurs il est frappant de constater que la Suisse peine à trouver une solution consensuelle à l’équation consistant à respecter le choix imposé par sa démocratie directe et son contrat avec l’UE en ce qui concerne la libre circulation des personnes.Pour certains  « il suffit que chacun reste chez soi et les vaches seront mieux gardées ». Une telle phrase fleure bon la douce nostalgie de l’époque où les travailleurs étrangers européens jouaient la variable d’ajustement pour l’économie helvétique : quand celle-ci se portait bien les travailleurs étrangers étaient les bienvenus, mais dès le moindre ralentissement avec une légère montée du chômage, ceux-ci étaient mis à la porte. Depuis cette époque bénie, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Ainsi le lancement de la monnaie unique et l’extension de la liberté de mouvement aux personnes, en plus de ceux des biens, des services et des capitaux ont radicalement changé la donne, du coup ils ont mis fin au confort du statu quo.

    Si l’on croit au phénomène de l’irréversibilité, il est hautement souhaitable de se projeter vers l’avenir et de tenter de trouver des solutions techniques aux impasses créées par la démocratie et les contraintes structurelles du commerce international (forte dépendance commerciale de la Suisse vis-à-vis de l’UE).

    Pour respecter le choix du peuple et honorer les accords conclus, une solution entre autres est celle qui consisterait à agir à la fois sur la demande de travail des entreprises  et sur l’offre de travail, sachant que celle-ci n’est pas infiniment élastique. Ainsi une politique publique favorable au travail féminin (garderies, égalité salariale, des mesures spécifiques en faveur de recrutement des femmes) est de nature à stimuler l’offre de travail au plan interne. Symétriquement pour décourager la demande de travail, il faudrait mettre en place un système de taxation pour les entreprises qui font appel aux travailleurs étrangers En clair en alourdissant le coût relatif du travail afin de les inciter à substituer du capital au travail, autrement dit à utiliser des technologies économisant du travail. Bien sûr ce traitement de la main-d’oeuvre étrangère est problématique dans la mesure où il sera à coup sûr dénoncé comme une mesure discriminatoire et donc incompatible avec la libre circulation. Néanmoins la parade résiderait sans doute dans la mise en place des mesures de compensation financière en faveur des pays d’origine: la Suisse utilise des travailleurs qualifiés (ingénieurs, médecins, profs , infirmières, techniciens …) pour lesquels elle n’a rien dépensé en termes de formation. C’est normal qu’elle compense les économies externes dont elle bénéficie. De tels accords existent dans le monde des agents privés notamment entre les apiculteurs et les propriétaires de verger( par exemple la Californie ou le Valais suisse), et rien n’interdit a priori de les étendre aux marchés du travail avec mobilité de la main-d’oeuvre au niveau européen.

    • 2.1
      Ruhal Floris

      Concernant la méthodologie, M. Benalou, dans son commentaire plus long que l’article original (!), oublie qu’il ne s’agit pas d’une seule corrélation mais de corrélations répétées pendant 150 ans et en outre on peut décrire le lien de cause à effet.

      Concernant l’article lui-même, le cas de l’Italie est à part, il n’y a pratiquement pas d’extrême gauche mais un parti populiste original, celui de Beppe Grillo regroupant des éléments de droites et des éléments de gauche.

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