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Edito: Du vif-argent à Yverdon

Une administration cantonale peu curieuse et une commune soucieuse d’agrandir son parc technologique confient à une petite société inexpérimentée le mandat d’éliminer des déchets dangereux. L’affaire tourne mal, bien sûr : faillite de l’entreprise et pollution du site. Une nouvelle illustration de la compétition perverse que se livrent emploi et protection de l’environnement : hier, Alusuisse refusant de filtrer le fluor de ses cheminées et menaçant de fermer son usine valaisanne ; aujourd’hui Yverdon.
L’industrie suisse de la dépollution possède une bonne longueur d’avance sur ses concurrents étrangers, dans un secteur en pleine expansion qui, pour la seule Europe, cherche 300 000 travailleurs qualifiés. Si la Suisse est en tête, ce n’est pas tant par vertu particulière qu’à la suite d’expériences traumatisantes telles que Seveso et Schweizerhalle. Dès lors elle joue un rôle déterminant dans la mise au point de la Convention de Bâle, en vigueur depuis 1992, qui règle le transport transfrontalier des déchets dangereux. Tout comme elle développe les technologies de pointe : c’est Ciba-Geigy construisant pour sa rivale Roche le seul four européen capable de détruire la dioxine.
Mais à quoi bon ce savoir si les autorités ne remplissent pas correctement leur tâche de contrôle et si des entreprises telles que Bio-dépollution à Yverdon ternissent la réputation de la branche ?`
Les techniques les plus sophistiquées ne doivent pourtant pas faire oublier une loi fondamentale dans ce domaine : on n’élimine jamais les déchets, on ne fait que les transformer. Voyez l’exemple du mercure : l’offre sur le marché dépasse la demande ce qui ne stimule pas le recyclage de ce métal. L’incinération ? En Suisse, une tonne d’ordures ménagères contient environ 800 mg de mercure et, dans le meilleur des cas, 70 mg seront rejetés dans l’atmosphère. Reste la transformation du mercure en forme très peu soluble et sa réintroduction dans les mines d’où il a été extrait Ð c’était le scénario d’Yverdon ? Dans le cas particulier, c’est le terrain avoisinant qui a tenu lieu de mine.
Prioritairement, il faut donc empoigner le problème à la source. En développant des modes de production et en fabriquant des produits plus propres. Cette évolution nécessaire, seules des taxes d’incitation la favoriseront. Ces taxes dont le principe est unanimement loué parce qu’elles respectent les mécanismes du marché et aussitôt décriées dès que se profile un projet concret. GE

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