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AVSplus, un contre-feu indispensable

Votations du 25 septembre 2016: un enjeu important face à l’attitude de la droite au Parlement

Photo SGB/USS
Photo SGB/USS (licence CC)

Les adversaires de l’initiative AVSplus jouent à fond la carte de la rigueur financière. L’AVS court à sa perte et seule une modération des dépenses permettrait d’assurer sa survie. Pas question dès lors d’augmenter les rentes comme le prévoit l’initiative syndicale.

Pourtant une amélioration des prestations du premier pilier est parfaitement finançable. En réalité, c’est à l’AVS elle-même qu’ils en ont, un mécanisme très redistributif dont ils craignent qu’il ne réduise la place du salaire différé du deuxième pilier et de l’épargne personnelle, encouragée fiscalement, du troisième.

L’initiative AVSplus fait partie de l’arsenal des armes disponibles dans la grande bataille du futur de la prévoyance vieillesse. Les syndicats l’ont lancée pour renforcer leur position dans la négociation d’un éventuel compromis. C’est une fonction bien connue de l’initiative populaire.

Or, les récentes décisions de la commission du Conseil national montrent une volonté de la majorité d’imposer une importante dégradation de la situation des rentiers. Voilà qui justifie un soutien sans réserve à ce contre-feu syndical soumis au suffrage populaire le 25 septembre prochain, soit juste avant les débats parlementaires sur le vaste projet Prévoyance vieillesse 2020 (DP 2061).

Revaloriser les rentes AVS ne constitue ni un luxe ni une aventure risquée. Actuellement, le niveau des rentes – au minimum 1’175 francs et au maximum 2’350 francs pour une rente simple complète – ne respecte pas le mandat constitutionnel: «couvrir les besoins vitaux de manière appropriée». Une pingrerie délibérée de manière à laisser la place à la prévoyance professionnelle et l’épargne privée, des activités fort rentables pour l’industrie financière (DP 1604). Une pingrerie qui a conduit à prévoir des prestations complémentaires (PC) pour les plus démunis, un assistanat dont les adversaires de l’initiative craignent qu’il vienne à manquer à leurs bénéficiaires si les rentes AVS augmentent!

La revalorisation des rentes demandée par l’initiative AVSplus est d’autant plus justifiée que les prestations de la prévoyance professionnelle fondent au même rythme que les rendements financiers censés les alimenter. Ce rééquilibrage (léger) en faveur de l’AVS ne constitue qu’une compensation; elle n’a rien d’un luxe.

Depuis plus de 40 ans, la part du PIB consacrée à la prévoyance vieillesse est restée stable. Comme le relève l’économiste Cédric Tille, le coût additionnel de l’initiative AVSplus ne représente que 0,63% du PIB dans l’immédiat, 0,65% à l’horizon 2030, une charge tout à fait supportable pour l’économie. Une charge utile pour l’économie elle-même, souligne Werner Vontobel, un autre économiste. L’augmentation du pouvoir d’achat des retraités générera des emplois et ne prétéritera pas les générations d’actifs, bien au contraire. Des rentiers disposant d’un revenu suffisant participent plus facilement à de multiples formes d’entraide – coups de pouce financier aux enfants et petits-enfants, garde des enfants en bas âge…

On pourrait certes préférer une augmentation unique en francs plutôt qu’en pourcentage, de manière à privilégier les rentes les plus faibles. Ou encore la poursuite de la voie initiée par la 10e révision de l’AVS. Selon ce modèle, inspiré par Fritz Leuthy, alors secrétaire de l’Union syndicale suisse, les bas revenus bénéficient de rentes plus élevées grâce à un barème en progression plus rapide au bas de l’échelle.

Et à ceux que préoccupe l’avenir de l’AVS, on suggérera de réfléchir à un élargissement de son assiette financière en prélevant des cotisations non seulement sur le revenu du travail mais également sur celui du capital.

Le moment n’est pas à faire la fine bouche. AVSplus représente la seule réponse immédiate à l’entreprise de remise en question d’une conquête sociale d’envergure – vivre une retraite digne – sous couvert de soucis financiers dans un pays qui regorge d’argent, où les excédents commerciaux et les surcroîts d’épargne ne trouvent plus, hors spéculation, d’emploi utile et rentable.

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