Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

L’économie suisse au premier rang

Les entreprises font mieux que résister

Image WEF
Photo WEF

Il y a quelques jours, le World Economic Forum (WEF) a rendu public son classement annuel concernant la compétitivité des pays, qui prend en considération douze critères: les institutions, les infrastructures, le développement macro-économique, la santé et l’éducation de base, l’éducation supérieure et la formation, l’efficacité du marché des biens, l’efficacité du marché du travail, le développement du marché financier, l’efficacité technologique, l’importance du marché, la sophistication des affaires, le pilier de l’innovation.

La Suisse, pour la septième année consécutive, occupe le premier rang.

Quelles que soient les réserves que l’on peut avoir sur l’intérêt et la valeur de tels rapports et classements, comment ne pas se poser la question d’un lien éventuel avec le processus de réévaluation de notre monnaie? Processus engagé depuis le début des années 70, lorsque les Etats-Unis ont mis fin, de fait, aux Accords de Bretton Woods et que les taux de change fixes ont été remplacés par des taux de change flottants (voir la série d’articles rassemblés dans DP 2095a).

Le classement du WEF n’est d’ailleurs pas le seul à mettre la Suisse en bonne position au sein des pays développés. La presse nous livre aussi, à l’occasion, des appréciations d’industriels plutôt positives sur le dynamisme de l’économie helvétique. Ainsi le 27 septembre Le Matin titrait: «Malgré le franc fort, la Suisse est séduisante». L’article faisait état des propos d’un industriel horloger, qui relevait les atouts du pays: une bureaucratie peu développée, une bonne collaboration avec les syndicats, les capacités d’innovation et l’engagement du personnel.

Il y a deux ans, le Centre européen pour la recherche économique (ZEW, à Mannheim) donnait aussi la meilleure note à la Suisse en prenant en compte cinq critères: impôts, coûts du travail/productivité, réglementations, financements, infrastructures).

Towers-Perrin, une société de conseils en matière de gestion des ressources humaines, relevait il y a sept ans le très fort engagement du personnel pour la réussite de l’entreprise dans laquelle il travaille, engagement supérieur à celui noté dans les autres pays développés. Cette société de conseils notait que ce constat représente un avantage concurrentiel qui est trop rarement pris en considération.

Evidemment, rien de tout cela n’est gratuit. Il faut pour le moins un bon climat de travail dans les entreprises. Ce qui signifie que le personnel doit avoir le sentiment que son travail, son engagement, ses avis sur l’organisation des activités sont pris en considération. Il faut aussi, évidemment, un salaire qui permette de vivre correctement.

Le rapport du WEF mentionné initialement relève que l’une des raisons pour lesquelles la Suisse continue de bien se positionner est liée à sa capacité à attirer du personnel engagé et talentueux. Avec pour conséquence d’une part de bien payer ces salariés et d’autre part d’avoir un marché du travail ouvert. Ce problème n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les entreprises installées en Suisse sont parvenues à développer des technologies et des produits haut de gamme qui les mettent de longue date relativement à l’abri des mouvements erratiques de la monnaie nationale.

Pour dire encore plus clairement les choses: le recours au seul marché du travail indigène et à des salaires médiocres n’aurait pas permis aux entreprises de constamment améliorer leurs produits pour compter parmi les meilleurs au monde, et parvenir à occuper et maintenir de telles positions dans la durée. George Sheldon, de l’Université de Bâle, relève que depuis une vingtaine d’années la proportion des actifs étrangers arrivant en Suisse avec un diplôme universitaire est deux fois plus élevée que celle des universitaires dans la population suisse.

Ne se pourrait-il pas, finalement, que la revalorisation du franc soit pour les entreprises une incitation quasi permanente à être et à compter parmi les meilleures? D’ailleurs, les toutes récentes prévisions du KOF vont dans ce sens.

Dans tous les cas, ce n’est sûrement pas en geignant sur les coûts élevés de la main-d’œuvre et les délocalisations dans des pays prétendus «meilleur marché» que l’on permettra à l’économie suisse, dans la durée, de maintenir son niveau et ses performances.

Et ce n’est évidemment pas si l’on met fin à la libre circulation des personnes que les entreprises pourront continuer de relever les défis technologiques et concurrentiels des économies globalisées du 21e siècle.

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/28191 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/28191

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP