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«Too big to fail», toujours

Le niveau des fonds propres des grandes banques n’est toujours pas satisfaisant

Photo Urbanmkr
Photo Urbanmkr (licence CC)

Le dossier de la régulation bancaire ne fait plus la une des médias. Totalement absent de la campagne électorale, il constitue pourtant un enjeu autrement plus sérieux pour la sécurité du pays que le prétendu chaos de l’asile et l’invasion fantasmée de l’immigration.

Daniel Zuberbühler n’a rien d’un agitateur anticapitaliste. Il fut directeur de la Commission fédérale des banques et vice-président de la Finma, l’actuel organe de surveillance des marchés financiers, il connaît donc bien le sujet.

Or, affirme-t-il, les grands établissements bancaires disposent de trop peu de capitaux propres pour faire face aux risques auxquels ils sont exposés. En cause, le modèle utilisé par les grandes banques, qui sous-estime ces risques. Pour preuve, les banques cantonales et régionales qui évaluent leurs risques liés aux prêts hypothécaires selon un modèle imposé par l’autorité de régulation; elles concluent à un risque trois fois plus élevé que celui d’UBS et Credit Suisse.

C’est dire que si ces dernières doublaient leur capital, elles courraient encore un risque plus important que leurs concurrentes locales. Une situation inacceptable pour des établissements d’importance systémique, à savoir dont la chute entraînerait des dégâts si considérables pour l’économie nationale que la collectivité se devrait d’intervenir. Un scénario que nous avons connu en 2008 et que la Suisse ne voudrait plus voir se reproduire.

La Suisse il est vrai n’est pas restée inactive après le coma financier d’il y a huit ans. Elle a pris des mesures, mais sans hâte et avec beaucoup de prudence, puisque le Parlement n’a adopté le premier train de mesures qu’en 2011. Or, la loi sur les banques lui aurait permis d’intervenir immédiatement. Mais on ne bouscule pas le secteur bancaire. On le consulte, on négocie et, pendant ce temps, les banques systémiques – celles qui sont trop importantes pour que l’on puisse envisager leur mise en faillite – continuent de représenter un danger pour l’économie nationale et de bénéficier du soutien implicite des pouvoirs publics.

UBS et Credit Suisse, même s’ils ont diminué la voilure depuis 2008, représentent encore plus de 50% de la somme des bilans de toutes les banques helvétiques, soit cinq fois le PIB. Dans son rapport publié le 1er décembre 2014, le groupe d’experts dirigé par le professeur Aymo Brunetti le reconnaît: la mise en œuvre des mesures adoptées jusqu’à présent ne suffira pas à résoudre le problème du too big to fail (page 44). C’est aussi l’avis du directeur de la Finma, un ancien d’UBS.

Sergio Ermotti, patron d’UBS, admet qu’il faut relever quelque peu le montant des fonds propres. Il dénonce par contre le corset réglementaire de plus en plus étouffant, qui prétend contrôler les activités de la branche. Cette surréglementation aurait coûté l’an passé un milliard de francs à sa banque, la plus grande de Suisse, sans compter les coûts pour les clients.

Dès lors pourquoi la branche ne propose-t-elle pas une solution simple qui tout à la fois détricoterait ce corset et éviterait l’intervention de l’Etat en cas de faillite: des fonds propres représentant 20 à 30% du bilan, contre 4 à 5% prévus à l’échéance de 2019? Ainsi, les grandes banques se détourneraient des affaires à risque qu’elles entreprennent encore sans filet de sécurité, mais qui peuvent rapporter gros.

La réponse est simple: des fonds propres de cet ordre de grandeur signifieraient un taux de profit sensiblement plus bas et la fin des rémunérations extravagantes d’aujourd’hui. Bref, des banques qui se limiteraient à récolter l’épargne pour permettre l’emprunt et les investissements productifs.

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