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Les Moocs, un nouvel avatar d’Internet

Les promesses, mais aussi les difficultés et limites, de la formation en ligne

Photo Nicolas Nova
Photo Nicolas Nova (licence CC)

L’acronyme Mooc (Massive Open Online Course) est affreux pour certains francophones, mais la réalité de cette Formation en ligne ouverte à tous («Flot» – alternative pas vraiment meilleure et qui n’a pas pris) est très séduisante.

De nombreuses universités proposent aujourd’hui des cours à suivre sur Internet, parfois destinés au grand public, mais parfois aussi très pointus, à l’intention de spécialistes d’un domaine précis. Ils s’accompagnent généralement d’attestation de réussite pour celles et ceux qui ont surmonté les évaluations. Ces cours sont très faciles à trouver sur le web.

Le fonctionnement d’un Mooc est simple. Dès qu’il est inscrit, le participant reçoit un code qui lui permet de se connecter à un site où il trouvera au jour dit tous les documents, vidéos du cours, questionnaires et autres instruments d’évaluation pour la semaine. Et chaque semaine il découvrira de nouveaux éléments.

La plupart des Moocs proposés par l’EPFL sont très techniques et réservés à des experts. Mais une plateforme commune du nom de Coursera réunit les Moocs de la plupart des institutions universitaires de la planète. C’est également le cas sur le site Edx. On y trouve aussi bien un cours sur la musique des Rolling Stones dispensé par l’Université de Rochester que des sessions consacrées au comportement et au bien-être des poulets par des biologistes de l’Université d’Edimbourg. Pour les francophones, un site fort bien fait rassemble tous les Moocs proposés par les universités françaises. Ces Moocs, comme dans la vie réelle des formations universitaires, ont un début et une fin. On ne peut s’y inscrire n’importe quand et les contenus ne sont disponibles que pendant une durée limitée.

Le Mooc est-il l’avenir de la pédagogie? C’est en tous cas un moyen très attrayant et complémentaire à la relation directe entre le professeur et l’élève. Pour l’instant, ce sont avant tout les Universités qui créent des cours à distance.

Comme toujours avec Internet, une idéologie sous-jacente fait voir la vie en rose. Les Moocs seraient le moyen idéal pour permettre aux populations déshéritées du tiers-monde d’avoir accès à une éducation de haut niveau. Une vision plus critique les analyserait comme une arme de l’Occident pour uniformiser les manières d’être et de s’exprimer, à la manière des réseaux dits sociaux. La réalité du développement de ces cours en ligne rendra sans doute rapidement ces schémas de pensée obsolètes. Dans quelques années, il sera passionnant d’examiner par exemple l’impact des cours conçus pour le continent africain à l’image de ceux mis sur pied par l’EPFL.

On parle moins du coût que représentent les Moocs, souvent en grande partie invisible, généralement non explicite dans le budget des universités. Des chiffres divers circulent, de 40’000 à 100’000 francs et même parfois nettement davantage pour la réalisation d’un cours. Mais tout dépend des éléments pris en compte. Les heures de travail des enseignants sont mises à la charge du poste pour lequel ils sont rémunérés; le bénévolat est répandu et les universités ne manquent pas de ressources techniques en informatique et en moyens audiovisuels, avec des responsables ravis d’en faire bénéficier les auteurs des Moocs. L’apparition de lignes budgétaires spécifiques risquerait de faire disparaître rapidement la parenthèse enchantée des Moocs gratuits. Cette situation transitoire est tout à fait typique d’Internet où le passage de la gratuité du départ aux prestations payantes ne se fait jamais sans heurts ni sans larmes.

Dans nos contrées, les universités ne seront sans doute pas bousculées par les Moocs, qui ne représentent pour elles jamais qu’un complément; les écoles secondaires non plus, où la présence physique de l’élève reste indispensable. Les plus menacées sont à coup sûr les institutions d’éducation pour adultes comme les Universités populaires, les Ecoles-clubs et autres centres de formation permanente. A moins que ces institutions ne prennent elles-mêmes l’initiative de créer leurs propres Moocs!

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