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Armée : A petits pas dans le siècle

Les isolationnistes sont en colère. La réorganisation de l’armée, annoncée jeudi dernier, court-circuiterait la réforme «XXI» à peine entamée, au mépris de la volonté populaire exprimée en mai 2003. Leur colère est compréhensible. En effet, deux des mesures à concrétiser d’ici 2011 heurtent de front leur conception rétrograde de la défense nationale : la réduction drastique des effectifs chargés de la défense du territoire – de neuf brigades de combat à une seule, soit 18 500 hommes et femmes – et le renforcement du contingent de maintien de la paix à l’étranger.
En réalité, les nostalgiques de l’armée de papa mènent un combat d’arrière-garde qu’ils ont déjà perdu il y a deux ans. Car le projet «Armée XXI» n’a jamais été conçu comme un modèle coulé dans le bronze, mais comme un cadre destiné à évoluer en fonction de la nature et de l’importance des menaces. Les mesures présentées aujourd’hui – retour du fantassin affecté aux tâches de sûreté intérieure, troupe de combat réduite et valorisation des missions à l’étranger – prennent en compte cette évolution. De fait, le contexte international aurait justifié qu’elles soient introduites en 2003 déjà. Mais le choc aurait été politiquement trop violent et le risque que capote «Armée XXI» trop grand. Aujourd’hui les difficultés financières viennent à point nommé pour justifier ces adaptations.
L’institution militaire, au-delà de sa stricte fonction de défense, constitue l’un des piliers identitaires du pays. Un pilier qu’il n’est pas facile de mouvoir. Ce n’est donc pas un hasard si le nouveau train de réformes ne touche ni aux effectifs globaux – seul change leur répartition entre les missions – ni à l’obligation de servir. Pourtant le débat est loin d’être clos. La mission de soutien aux autorités civiles en cas de catastrophes et de menaces contre la sécurité intérieure pallie l’absence d’une police fédérale et les insuffisances de la protection civile ; elle justifie le maintien de l’obligation de servir qui produit des soldats dont on ne sait que faire pour la défense du territoire. Reste également posée la question de la défense en solitaire, au milieu d’un continent qui ne nous est pas hostile et qui progressivement construit une défense commune. Enfin la part de la Suisse aux opérations de maintien de la paix reste encore bien modeste, au vu des avantages que nous retirerions d’un monde moins conflictuel. jd

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