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Nouveaux défis pour l’industrie horlogère suisse

Les «smartwatches» sont-elles vraiment des «montres» si «intelligentes» que l’on veut nous le faire croire?

Photo Kārlis Dambrāns

Les médias ont fait grand cas il y a quelques semaines de la «montre» présentée par la société Apple, qui ne peut apparemment pas être désignée autrement que comme intelligente (smartwatch).

En effet, elle proposera à son titulaire, à part l’indication de l’heure, de nombreuses applications devenues habituelles sur les téléphones portables, ainsi que de nouvelles fonctions liées en particulier à la santé (mesure de flux corporels) et au paiement électronique. Le fonctionnement de cette smartwatch (montre connectée) implique d’avoir sur soi un téléphone portable du même producteur. L’un dans l’autre, c’est ainsi une dépense (un investissement?) de plus d’un millier de francs qu’il faut envisager.

On notera que Apple, qui s’est fait une réputation d’être toujours à l’avant-garde des innovations technologiques, n’est ici que le dernier sur un marché déjà bien balisé, après d’autres, par Sony, Samsung ou LG utilisant le système d’exploitation Android de Google. Annoncé avec tout le fracas médiatique dont l’entreprise est coutumière, le modèle d’Apple ne sera même disponible dans le commerce qu’au printemps prochain!

La terrible crise des années 70

L’intérêt, en Suisse, des annonces de ces géants mondiaux de l’informatique s’est concentré sur les répercussions éventuelles pour l’industrie horlogère. Serions-nous dans une situation analogue à celle des années 70 qui avait vu débarquer les premières montres numériques de fabrication japonaise?

A l’époque, notre industrie horlogère n’avait rien vu venir. En quelques années, la main-d’œuvre employée par la branche était passée de 90’000 à 30’000 personnes. Crise terrible qui, pour simplifier, a donné naissance à la Swatch et au groupe de feu Nicolas Hayek, dénommée initialement SMH (Société de microélectronique et d’horlogerie) devenu Swatch Group en 1998, et qui s’est imposé comme le premier groupe horloger mondial.

Une autre manière de formuler ces questions serait de se demander pourquoi le Swatch Group n’a apparemment pas cherché à figurer parmi les premières sociétés dans le monde à s’intéresser à ce nouveau créneau? Car, aujourd’hui, les connaissances techniques existent en Suisse – du moins si l’on en croit un expert du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) dans un entretien publié par Le Temps.

Une sur deux cents

La raison (ou plutôt l’une des raisons) tient probablement au fait que l’horlogerie helvétique a misé depuis une quarantaine d’années sur la valeur de sa production, et non sur le nombre de pièces produites.

Elmar Mock, co-inventeur avec Jacques Müller de la Swatch, résume très bien la situation actuelle: «Sur deux cents montres fabriquées dans le monde, une seule l’est en Suisse. En revanche, le bénéfice que l’on retire de cette montre est supérieur à la somme des bénéfices des 199 autres montres. On a donc gagné la guerre de l’argent. L’horlogerie suisse a réussi à transformer du laiton en or, en créant un bijou mécanique symbolisant le travail et l’ingéniosité de l’homme. (…) En revanche, la Suisse a raté une magnifique opportunité. Il est choquant de constater que les barons de l’horlogerie suisse trouvent ce marché inintéressant. En prenant un chiffre réaliste de 100 millions de smartwatches vendues par an, ce marché pourrait peser dans les 30 milliards de dollars, soit davantage que l’ensemble de l’horlogerie suisse.»

Remarques qui nous renvoient aux questions relatives au choix de la valeur plutôt que de la quantité. Les analyses les plus pertinentes – à notre avis – que nous avons lues indiquent que l’apparition des smartwatches va faire monter la pression sur les fabricants de montres électroniques de bas et milieux de gamme, installés pour la plupart en Asie, singulièrement en Chine. En prenant un cas extrême qui serait l’élimination de toutes les montres de bas et milieu de gamme jusqu’à un prix de vente de 500 francs (Swatch, Certina, Mido et Tissot) les résultats d’exploitation du Swatch Group ne baisseraient que de 5%!

Ne pas copier les grands

Il est très vraisemblable que les horlogers helvétiques – ou du moins certains d’entre eux – proposeront lors de la prochaine foire de l’horlogerie (printemps 2015) des montres qui comporteront des senseurs spécifiques à certaines fonctions corporelles et/ou des applications correspondant à des besoins bien définis de leurs utilisateurs – en matière de sécurité, de gestion d’agendas, de communications, de trafic de paiements, par exemple.

Les horlogers ont raison de ne pas vouloir copier les géants de l’électronique et de l’informatique – d’ailleurs, dans tous les cas de figure, ils n’y parviendraient pas. Ils doivent en revanche veiller à intégrer les bouleversements technologiques pour continuer de proposer des produits qu’ils sont pratiquement les seuls à (savoir) offrir.

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