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Tournant énergétique: la chasse aux subventions est ouverte

Le détricotage de la stratégie énergétique 2050 se poursuit

Photo Martin Abegglen
Photo Martin Abegglen (licence CC)

Le prix de l’électricité est au plus bas. En cause, la stagnation économique et la montée en puissance de l’électricité solaire et éolienne, généreusement subventionnées. D’où les jérémiades des détenteurs du parc hydroélectrique qui dénoncent une distorsion de concurrence… et réclament à leur tour une aide publique. A tort.

La stratégie énergétique 2050 va bouleverser le secteur énergétique et bousculer les acteurs jusque-là dominants (DP 1989). Le développement de l’électricité solaire et éolienne, conjugué à une demande en recul, a conduit à une surproduction et à une chute des prix. Pour les électriciens, finies les vaches grasses de la première décennie du siècle – de 2000 à 2010, leur bénéfice net est passé de 652 millions à 3,9 milliards de francs. Comme ils ont dilapidé leurs réserves dans des investissements hasardeux – centrales à gaz à l’étranger et centrales de pompage-turbinage, ils se tournent maintenant vers le pot de la reprise de l’électricité au prix coûtant (RPC).

Cette demande a reçu un accueil favorable de la commission du Conseil national (CEATE). Les grandes centrales hydroélectriques disposeront de 600 millions au cours des 20 prochaines années, une somme prélevée par le fonds RPC alimenté par une surtaxe de 0,6 ct par kWh (1,1 ct dès l’an prochain). Une générosité infondée à un double titre.

Le coût de production des centrales anciennes est bas, plus bas encore que le prix actuel du marché. Une aide publique n’est donc pas justifiée. Par ailleurs il paraît paradoxal de construire de nouvelles installations ou d’améliorer le rendement des barrages existants en situation de surproduction, ce qui va contribuer à amplifier la baisse des prix… et pourrait conduire à augmenter les subventions. Enfin il semble risqué de procéder à des investissements lourds et de longue durée, alors que se dessinent des solutions décentralisées de stockage de l’électricité, plus légères et plus souples.

La même CEATE a suivi le Conseil fédéral qui veut renoncer à fixer une durée de vie pour les centrales nucléaires existantes. Ces dernières pourront fonctionner aussi longtemps que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire donnera son feu vert par période de 10 ans.

Si l’on ajoute que la CEATE a supprimé de la loi sur l’énergie les objectifs de réduction de la consommation, on constate que le champ d’action est largement ouvert aux acteurs chargés de la production énergétique.

Dans ces conditions, le volet des mesures d’économie aura de la peine à se faire la place qu’il mérite, aussi bien d’un point de vue écologique qu’économique.

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