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L’Espace Arlaud à Lausanne propose une riche exposition des œuvres de Gaspard Delachaux

«Gaspard Delachaux. Un monde à part», Espace Arlaud, Lausanne, jusqu’au 15 juin

Gaspard Delachaux est l’une des valeurs sûres de l’art en Suisse romande. Né en 1947 à Lausanne, il a enseigné depuis 1987 la sculpture à l’Ecal. De surcroît, ses œuvres, régulièrement exposées, jouissent de la faveur d’un large public.

Les vastes volumes de l’Espace Arlaud lui consacrent une grande exposition (102 sculptures, 42 dessins, un choix parmi ses 200 carnets et 6 films d’animation). Il faut commencer la visite au sous-sol par une salle que l’on parcourt avec une lampe de poche. Se dévoile alors par étapes une importante série de sculptures, que l’on pourrait croire retrouvées sous la terre ou dans un tombeau. Certaines d’entre elles, par leur hiératisme, font songer à l’art mésopotamien ou hittite.

Le sentiment de l’étrange est au cœur de l’œuvre de Delachaux, que l’on qualifiera, faute de mieux, de semi-figurative. Voici une barque de pierre, mais elle est habitée par un serpent à tête d’humanoïde. Voilà un indéfinissable quadrupède à trompe d’éléphant, mais en est-ce vraiment une?… Voilà encore une sorte de robot à la tête enfoncée dans sa carapace, d’où n’émergent que le sommet du crâne et les yeux.

D’autres œuvres offrent quelque ressemblance avec des déités égyptiennes, tel Khnoum à la tête de bélier. C’est dire que l’on est dans un monde mi-réel, mi-imaginaire et onirique. Un monde à part peuplé d’êtres hybrides, entre animalité et humanité, qui traduisent les doutes de l’artiste face à une société en pleine mutation. On notera sa prédilection pour des espèces de scarabées. L’un d’entre eux pourrait représenter le «cafard» de La Métamorphose de Kafka.

Mais les sculptures de Gaspard Delachaux séduisent aussi par la beauté et la noblesse originelle du matériau. L’artiste travaille essentiellement la pierre: granit noir de Belgique, marbre rose du Portugal, calcaires de Bourgogne, travertin rouge d’Iran, et surtout pierre grise de Soignies. Tandis qu’il polit certaines parties de ses œuvres, il laisse à d’autres la rugosité qui met en valeur le grain de la pierre. Un peu comme, à l’Académie de Florence, les fameux Prisonniers de Michel-Ange, dont les formes semblent s’arracher à la matière. Le visiteur de l’Espace Arlaud est même invité à toucher, caresser les sculptures: au regard s’ajoute ainsi l’approche tactile.

L’exposition présente aussi de grands dessins de Delachaux et, dans la salle intitulée «Le laboratoire des idées», un choix de ses carnets. En 20 années de croquis préparatoires, 70’000 bestioles ont été dessinées! Certaines pages de ces carnets sont assorties de réflexions sur la création artistique ou sur le regard du public moderne.

A propos de public, il faut dire que même les enfants, plus accessibles que les adultes «raisonnables» au monde de l’imaginaire, du merveilleux, du fantastique, y trouveront leur compte en visitant cette exposition. Les personnages de Delachaux ne ressemblent-ils pas à ceux de leurs BD et de leurs dessins animés? L’artiste s’est d’ailleurs lui-même mis récemment au dessin d’animation. L’un d’entre eux, par exemple, représente un personnage se muant en une sorte de serpent, d’où il renaît comme embryon puis être humain.

Dans les combles, on peut découvrir, allongé sur une chaise longue, une sorte de vidéo sur écran géant. Le spectateur y voit défiler des nuages, d’où vont naître lentement les formes animalières étranges que l’artiste aime.

C’est dire que cette exposition, qui met en valeur une œuvre profondément originale, mérite d’être vue par grands… et petits.

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