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Coûts de la santé : Entre improvisation et bricolage

Le départ de Ruth Dreifuss devait enfin permettre d’empoigner sérieusement le problème des coûts croissants de la santé. Et l’arrivée de l’énergique Pascal Couchepin était la garantie d’un rythme accéléré des réformes. C’est la même antienne que les bourgeois ont entonnée après la cinglante défaite de l’initiative socialiste «La santé à un prix abordable» le mois dernier.
En réalité, le Parlement patauge depuis bientôt trois ans. Et ni le «handicap» Dreifuss ni le «bonus» Couchepin n’y changent grand chose. Pour preuve, le bricolage et l’improvisation qui ont marqué la dernière session parlementaire.
La concurrence, le principe directeur qui doit enfin permettre de maîtriser la croissance des coûts de la santé ? On en a déjà fait l’expérience avec les caisses : débauche publicitaire, opacité de l’offre, course aux bons risques et coûts élevés des transferts d’assurés. Mais là où elle pourrait être vraiment efficace, le Parlement recule : pas question d’exiger des médecins qu’à efficacité égale, ils prescrivent des médicaments génériques.

Des réformes gâchées
Le salut doit venir de la fin de l’obligation faite aux assureurs de contracter avec tous les médecins établis. Les cantons détermineront pour chaque spécialité le nombre de praticiens nécessaires à la demande. Et chaque assurance devra traiter au minimum avec ces effectifs. Mais les cantons ont-ils les moyens de cette planification ? On voit déjà poindre les magouilles et les approximations qui présideront à la détermination de ces chiffres. Un bon point tout de même pour le Parlement : les assurances devront contracter avec les réseaux de santé (DP n° 1535 et 1558). Mais manque encore l’incitation pour que les assurés s’affilient à ces réseaux.
Après l’échec de l’initiative socialiste, les partis bourgeois ont reconnu la nécessité d’alléger les primes de la classe moyenne également. Pour atteindre l’objectif social fixé, les primes ne doivent pas dépasser une certaine proportion du revenu familial, 200 millions supplémentaires ont été libérés. Mais personne ne sait si l’enveloppe financière sera suffisante. Même flou en ce qui concerne les rabais consentis sur les primes des enfants : silence radio sur le financement et grande incertitude quant au cercle des bénéficiaires – arrosage généralisé ou aide ciblée en fonction du revenu.
Par contre, le Parlement n’a pas osé faire le pas de la «fédéralisation» de la médecine de pointe et de la planification des équipements lourds. Le projet retourne au Conseil des Etats. On comprend Pascal Couchepin qui envisage de laisser aux caisses maladie le soin d’annoncer cet automne les hausses de primes pour l’an prochain.

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