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Genève: La victoire du «cantonalisme» universitaire

Les Parlements des cantons abritant une Université traitent leur Haute Ecole comme s’il s’agit d’une propriété et dans un esprit étroitement local. Ainsi la plupart d’entre eux ont révisé leur loi universitaire sans coordination aucune, alors même qu’on ne cesse de prôner la coopération, la mise en réseau, une meilleure répartition des tâches. Comme si l’organisation et les missions des Hautes Ecoles constituaient un problème spécifique pour chaque canton.
Ainsi il a fallu trois ans aux députés genevois pour réviser la Loi sur l’Université. Une révision qui ne satisfait ni la gauche, ni la droite ni l’Université elle-même. Il faut dire que l’Alma mater ne brille pas par un sens politique particulièrement aigu et n’exerce pas toujours son autonomie à bon escient : comptes peu clairs, nominations contestées, promotion des femmes trop lente; les députés ont eu le sentiment d’être menés en bateau. D’où leur volonté de serrer un peu la vis. Un premier projet a suscité une levée de boucliers au sein de l’Université, tous corps confondus. A noter que cette dernière n’a jamais été en mesure de faire une proposition cohérente au pouvoir législatif.
Au final, c’est donc un compromis boiteux qui a passé la rampe. La loi reste beaucoup trop détaillée pour une institution qui jouit d’un statut d’autonomie. Elle met en place une nouvelle structure, le Conseil de l’Université, qui réunit les représentants des différents corps universitaires et des politiques et dont le président sera désigné par le Conseil d’Etat. La construction est incohérente car cet organe va s’occuper de problèmes internes tout en surveillant l’Université du dehors. Si les autorités veulent vraiment une Université autonome, elles doivent lui laisser le soin de sa gestion interne et non la régler avec une loi et dans tous les détails. L’autonomie justifie un organe représentatif des corps universitaires qui dialogue avec le rectorat. Mais l’Etat, qui concède le statut d’autonomie, est légitimé à contrôler la réalisation du mandat confié. C’est la tâche d’un organe externe, une sorte de conseil d’administration où les universitaires n’ont pas leur place. L’approche cantonaliste a engendré un bricolage qui mélange les genres et ne va pas aider l’Université à se développer. jd

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