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Accidents maritimes: Arrêter de naviguer à vue

Pour lutter contre la dégradation progressive des océans, pourquoi ne pas imaginer une Agence internationale de la mer, avec un pouvoir de contrôle et de sanction ?

Le récent naufrage dans la Manche d’un navire chargé de produits chimiques pose une nouvelle fois la question de la responsabilité. Responsables, bien sûr, les affréteurs peu regardants sur la fiabilité des bateaux utilisés, les transporteurs guère rigoureux quant à la qualification des équipages engagés, les instances de contrôle qui délivrent généreusement les autorisations de naviguer, les Etats incapables de se mettre d’accord sur des règles efficaces.
Mais cette recherche de responsabilité ne conduit pas au cœur du problème. La mer n’appartient à personne, donc à tout le monde. Chacun en use à sa guise Ð dépotoir et champ d’exploitation illimité de ressources naturelles Ð sans souci du lendemain. Comme si les océans disposaient d’une capacité infinie de régénération. Mon professeur de philosophie, un père dominicain, illustrait très concrètement le problème : le vélo de sa communauté monastique était fréquemment hors d’usage parce que personne n’en assumait la responsabilité ; personne ne s’en sentait propriétaire.

Les Etats ne parviennent pas à un consensus

L’usage des eaux internationales fait l’objet de traités, insuffisants à faire face à la forte croissance des activités humaines et dont le respect est insuffisamment contrôlé. Les Etats n’aboutissent que difficilement à un consensus, et lorsqu’ils y parviennent, il porte sur le plus petit dénominateur commun, à savoir le strict minimum. Au sein de l’Europe déjà, la Grèce et la Hollande résistent à une réglementation plus efficace et la France, présentement à la tête de l’Union, peine à faire avancer le dossier quand bien même elle souffre très directement des atteintes répétées à l’environnement marin. De même à propos des droits de pêche qui, malgré le très visible épuisement des ressources, privilégient les intérêts à court terme au détriment du développement durable.
A l’évidence, les Etats se révèlent incapables de gérer ce patrimoine commun de l’humanité. Mais alors qui pourrait faire l’affaire ? Une agence internationale, dépositaire des droits de propriété sur la mer, sur la base d’un cahier des charges, dotée des moyens de contrôle nécessaires et d’un pouvoir de sanction, habilitée à prélever des taxes sur tous les utilisateurs pour financer son activité.
Mais voilà, seul un traité international pourrait donner naissance à une telle agence, un traité dont les Etats seraient le maître d’œuvre. Retour à la case départ. Dans l’attente d’un gouvernement mondial, seules les opinions publiques sont à même d’infléchir le laxisme des autorités étatiques dans la gestion des biens collectifs. A condition qu’elles ne sombrent pas dans l’indifférence une fois retombée l’émotion suscitée par la dernière catastrophe. jd

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