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Ecarts de valeurs sur sociétés cotées en bourse

Même en période de vacances, la crise ne prend pas de repos. Et nous non plus, dans notre volonté de comprendre

Photo Santi Villamarin
Photo Santi Villamarin (licence CC)

Chaque jour amène son lot de mauvaises nouvelles, entre affaires bancaires et désindustrialisation. La semaine écoulée fut particulièrement riche, grâce à Barclays et Automobiles Peugeot PSA ou Credit Suisse et Swissprinters (Imprimeries IRL).

Les sociétés concernées jouent avec les nerfs de leurs relations: salariés, autorités, actionnaires, investisseurs. Ces derniers sont les seuls dont les comportements et motivations intéressent assez pour que l’on ait construit un indicateur mesurant indirectement le niveau de leurs attentes et leur degré de confiance, exprimés dans un rapport mal connu et pourtant significatif: le Price to Book Value Ratio(PBR).

En français, on parle de rapport entre prix du marché et valeur comptable, entre capitalisation boursière et actifs nets. Un rapport supérieur à un signifie que le cours de l’action de la société XY multiplié par le nombre des actions cotées représente une valeur dépassant celle des fonds propres inscrits dans le dernier bilan publié. Inversement, un rapport inférieur à un signifie que la société YZ vaut moins en bourse que le montant des capitaux mis à disposition par les actionnaires. Plus le rapport PBR est positif, plus l’entreprise crée de la valeur et plus l’investisseur prend confiance dans le potentiel de développement de la société. Plus il est négatif, plus elle détruit de la valeur et appauvrit l’actionnaire.

Calculé au moins deux fois par semaine, l’indicateur PBR permet des comparaisons intéressantes entre les pays, les branches et les sociétés. Sur 93 sociétés observées en Suisse, seules 21 font un score inférieur à un, ce qui veut dire que 77% d’entre elles créent de la richesse. Cette proportion descend à 69% pour les 387 sociétés d’Europe occidentale considérées. Parmi les plus performantes, on retrouve sans surprise, tous pays confondus, les sociétés pharmaceutiques et alimentaires. A l’autre bout du classement, les sociétés bancaires et financières, les constructeurs d’automobiles et les distributeurs d’énergie forment la majorité des sociétés ayant un PBR négatif.

Dans le Low Ten des sociétés les moins gratifiantes pour leurs actionnaires, on retrouve dans notre pays: Swiss Life (0,30), Credit Suisse (0,60), Alpiq, UBS (0,70) et Swiss Re (0,80). En Europe, les douze ratios les plus négatifs concernent dix banques (dont quatre italiennes et trois françaises) et deux constructeurs d’automobiles (Peugeot PSA avec 0,15 et Renault avec 0,34).

Le cas de Credit Suisse mérite commentaire. La semaine dernière, son président annonce qu’il accroît enfin les fonds propres de la seconde banque de Suisse qui soit Too Big To Fail. Et les augmente jusqu’à se rapprocher d’un coup des exigences de Bâle III auxquelles les banques devront se conformer intégralement dès 2018. Le tout grâce notamment à la réduction des effectifs et de la rémunération des personnels ainsi qu’aux achats faits par le Quatar, qui ne cesse de s’offrir de nouvelles sources de soucis et de profits à travers le monde, et par une société de gérance d’actifs où oeuvre présentement Philipp Hildebrand, ancien président de la Banque Nationale Suisse.

C’est justement la BNS qui avait mis en garde en juin dernier, sur un ton exceptionnellement clair, les dirigeants de Credit Suisse; ces derniers avaient pris de très haut les injonctions auxquelles ils viennent de se conformer platement. La bourse a immédiatement salué cette décision, avant de se raviser dès le lendemain. On en est désormais à compter les jours du directeur Brady Dougan, discrédité par sa propre arrogance et son ahurissante inconstance.

Côté PBR, le mauvais score de Credit Suisse aurait pu se stabiliser si l’accroissement des fonds propres avait entraîné une plus durable augmentation de la capitalisation boursière. Or le cours ne cesse de glisser, exprimant et renforçant une nouvelle défiance à l’égard d’un titre qui ne fait de loin plus la fierté de la cote. Et ce n’est pas fini: certains mouvements laissent présumer que les opérateurs visent, par des achats-ventes concertés, à égaliser à environ 13 francs les cours des actions d’UBS (présentement autour de 10 francs) et de Credit Suisse (16 francs).

La géométrie immanente y trouvera peut-être son compte, mais certainement pas les actionnaires, depuis longtemps déshabitués à bénéficier de cette Shareholder Value tellement en vogue il y a encore une dizaine d’années.

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