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Prévenir vaut mieux que prédire

Science: il ne suffit pas qu’un projet se veuille ambitieux et séduisant pour justifier l’investissement

Photo Laura Gastelum
Photo Laura Gastelum (licence CC)

L’ordinateur deviendra-t-il la nouvelle Pythie? Un projet à un milliard d’euros ambitionne de prévoir les évolutions  – économiques, sociales, politiques, militaires, environnementales notamment – de notre planète. Un simulateur du monde en quelque sorte. Et si nous nous engagions plutôt à prévenir les crises dont nous ne connaissons que trop bien les causes?

Le projet intitulé FuturICT – ICT pour technologies de l’information et de la communication – est copiloté par Dirk Helbing, un physicien de l’Ecole polytechnique de Zurich, spécialiste des systèmes complexes. FuturICT regroupe des dizaines d’instituts universitaires de par le monde qui, tels des senseurs, vont enregistrer en temps réel toutes les données disponibles grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (réseaux sociaux, traces numériques des achats, localisations par les téléphones portables, statistiques,…).

Ces données alimenteront des modèles de fonctionnement de l’économie, de la finance, de la santé, de l’environnement naturel, des conflits, entre autres, dont nous pourrons observer l’évolution. Et, à partir de ces observations, tenter de faire des prévisions de manière, le cas échéant, à éviter ou atténuer une crise.

La démarche consiste à opérer des simulations à grande échelle grâce à la puissance de superordinateurs capable de digérer une avalanche de données de tous genres.

Dirk Helbing a étudié les mouvements de foule (La Mecque, le métro londonien, une autoroute saturée) et en a tiré des enseignements utiles pour leur gestion. Mais passer de phénomènes circonscrits et peu complexes au fonctionnement de l’économie, aux conflits sociaux par exemple, représente un véritable saut quantique. Un saut d’autant plus risqué que la qualité des informations récoltées n’est pas assurée, le contrôle des multiples sources dont elles proviennent n’étant pas possible.

Ce désir de prévoir des évolutions et de désamorcer éventuellement leurs conséquences fâcheuses est louable. Mais l’immense et coûteuse machinerie mise en oeuvre pour ce faire occulte le fait que nous connaissons déjà les moyens de répondre aux principaux défis auxquels est confrontée la planète. Que ce soit la faim, l’instabilité économique que provoque la spéculation financière, la raréfaction des ressources naturelles, le changement climatique, des solutions existent pour affronter ces problèmes. Au lieu d’investir pour en prévoir les évolutions, il serait plus efficace d’agir dès maintenant pour en éradiquer les causes.

L’ordinateur ne remplacera pas la volonté politique.

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