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Infantilisation de la pauvreté

Deux démarches complémentaires pour la prévention de l’endettement

Photo Peskaour
Photo Peskaour (licence CC)

«Le Conseil fédéral prend dans les meilleurs délais les mesures pour prévenir l’endettement des jeunes». Cette vigoureuse recommandation de la Commission fédérale de la consommation est vieille de 7 ans. Elle date de février 2005.

En août 2007, la Commission fédérale de la jeunesse renouvelle la compresse. Dans un important rapport Jeunesse et pauvreté, un tabou à briser, elle demande une interdiction de la publicité pour le petit crédit et veut financer la prévention de l’endettement des jeunes par une contribution des instituts de crédit à la consommation.

Le Conseil fédéral nomme les commissions consultatives. Mais il ne semble pas entendre leurs recommandations. Il a fallu deux initiatives parlementaires pour que la question soit inscrite à l’agenda politique. La première, sur l’interdiction de la publicité, lancée par la vaudoise Josiane Aubert (DP 1937), mobilise contre elle les instituts de crédit et les publicitaires. La seconde met l’accent sur la prévention. Acceptée par les commissions des deux Chambres, ce texte déposé par le Conseiller national genevois Hugues Hiltpold doit encore être validé en plénum.

Les jeunes de 18 à 25 ans représentent près de la moitié des personnes à l’aide sociale. Mais la pauvreté s’installe bien avant l’âge de la majorité. On assiste à un véritable phénomène d’«infantilisation de la pauvreté» affirme la Commission fédérale de la jeunesse. Les causes en sont multiples, à commencer par le culte de la consommation qui incite les jeunes à s’endetter.

Pour démentir le slogan «Pauvre un jour, pauvre toujours», il faut mener une campagne de préventions d’une grande ampleur. La Commission de la jeunesse demande de la financer par un prélèvement de 1% du chiffre d’affaire des instituts de petit crédit. L’idée est reprise par l’initiative Hiltpold. C’est en quelque sorte le principe du pollueur payeur. L’idée n’est pas neuve. Depuis des lustres, 10 % des recettes de la taxation des alcools sont affectés à la prévention de l’alcoolisme menée par les cantons.

Les deux initiatives parlementaires, soutenues par des représentants de tous les partis, sont complémentaires. Ce tir groupé est une force. Il pourrait devenir une faiblesse par une compétition entre les deux textes. Déjà les publicitaires suggèrent, plutôt que d’interdire la pub (Tages-Anzeiger 17 janvier), de renforcer la prévention pour s’attaquer aux causes profondes de l’attitude dépensière des jeunes.

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